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Nicolas Colsaerts remporte un Open de France 2019 spécial pour lui

Vainqueur de l’Amundi Open de France de golf 2019 au National, le belge Nicolas Colsaerts, 36 ans, démontre à tous les golfeurs, professionnels ou amateurs, qu’il faut toujours s’accrocher, et que malgré une longue période sans résultats, le jeu peut revenir, et permettre des performances très solides. Tout au long des quatre jours de compétitions, le natif de Schaerbeek a fait preuve d’une très belle capacité à dominer son jeu, et ses émotions. Avec une superbe attitude, notamment quand on le pressait de questions sur une éventuelle victoire, il est resté concentré sur l’essentiel : Ne pas faire de fautes éliminatoires sur ce parcours si souvent impitoyable. Sa dernière journée n’a pas été de tout repos, mais à la fin, il était celui qui méritait le plus la victoire.

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Au moment d’arriver à Saint-Quentin-En-Yvelines, Nicolas Colsaerts n’avait pas encore obtenu de résultats probants sur l’European Tour, et en 2019.

Il venait même d’enchaîner neuf semaines consécutives de golf, depuis le Masters Tchèque, et sans accrocher un top-10, pour environ 60 000 euros de gains, toujours pas suffisant pour assurer sa carte en 2020. Colsaerts était donc encore à la recherche d’un gros résultat, alors que les opportunités commençaient sérieusement à se réduire.

Classé au-delà de la 140eme place de la Race to Dubaï, il se retrouvait même potentiellement dans la position de devoir passer par les terribles Qualifications de fin de saison.

Une semaine plus tôt, un 76 lors du dernier tour de l’Open d’Italie (un Rolex Series) l’avait rejeté à la 64eme position, alors que les trois premiers jours avaient été plutôt solides, avec trois cartes de 72, 69 et 70.

Depuis le début de sa saison, le belge ne s’était pas économisé avec déjà 27 tournois disputés, pourtant, mis à part le VIC Handa Open en Février dernier, disputé en Australie et terminé à la 8eme place, il n’arrivait pas à enchaîner quatre tours sous le par, pour justement aller chercher une place d’honneur, et même une victoire.

En Australie, il avait joué 14 coups sous le par, et justement démontré un jeu constant pendant 4 jours.

Depuis le mois de février, sur beaucoup de tournois, une partie venait ruiner ses efforts de la semaine.

Un 78 au Maybank Championship en Thaïlande, un 76 à Oman, un 75 sur le tournoi de Sergio Garcia en Espagne, un 74 lors du dernier tour en Tchéquie, un 78 au BMW PGA Championship à Wentworth, et donc encore un 76 en Italie, à plusieurs reprises, Nicolas Colsaerts a vu sa position basculer d’un possible top-15, à une place plus reculée au classement, avec pour conséquences moins de points à la Race.

Au moment d’arriver à Paris, après plusieurs semaines à manquer de réussite, le belge aurait pu sentir de la fatigue, ou être gagné par la perte de confiance qui est souvent cruelle pour les golfeurs professionnels.

Le doute arrive facilement à s’insinuer, et agir comme un facteur aggravant. D’autant, que le climat parisien n’avait rien pour lui réchauffer le cœur.

Cependant, à en juger par son attitude sur le parcours, et parfois dans des conditions très difficiles, de pluie et de vent en rafale, Colsaerts a trouvé la « cool » attitude nécessaire, pour rester maître de son jeu, et de ses émotions.

Comme pouvait me le confier Raphael Jacquelin, sur ce parcours, il faut absolument éviter les grosses fautes, les doubles ou les triples bogeys.

De toute la semaine, Nicolas Colsaerts n’a commis qu’une seule grosse erreur, sur le trou 15, un par-4 qui lui a coûté un double. Il venait pourtant de signer un magnifique eagle au 14 !

En comparaison, son dauphin, le danois Joachim B Hansen, qui faisait un peu oublier son compatriote absent, normalement tête d’affiche Thorbjorn Olesen, avait sans doute perdu le tournoi la veille, sur le 13, un par-4 qui lui avait coûté un quintuple bogey…

Malgré ce score, Hansen aurait bien pu gagner l’Open de France, le plus vieux tournoi d’Europe Continentale, un peu malmené par l’European Tour avec une date qui ne s’est pas avérée clémente pour la météo, et le public présent autour des fairways.

Un public qu’il convient d’ailleurs de saluer pour son courage, et le fait d’avoir bravé un temps aussi humide.

Hansen, avec quatre birdies sur le retour aurait donc pu priver Colsaerts d’une victoire émouvante.

C’était sans compter sur un double au 17 qui allait inverser le classement, et permettre au belge de s’imposer d’un coup sur le difficile 18, un par-4 qu’il considère d’ailleurs comme le plus difficile des derniers trous d’un open sur l’European Tour.

Avec une dernière carte de 72, Colsaerts n’a pas réellement craqué, mais ouvert la porte au retour du danois.

Des quatre jours de compétitions, alors qu’il s’était porté près de la tête dès le premier jour, pas le plus simple, le belge a peut-être justement réussi sa meilleure journée ce dimanche en +1, alors que toute la pression était sur lui, notamment après avoir si bien joué pendant trois tours.

Après son premier birdie du jour au 1, il avait 5 coups d’avances sur ce qui aurait pu être une journée tranquille pour lui. Cependant, Hansen a joué la perfection pour revenir, et dépasser le belge. Son chip dans la boite au 14 pour eagle a certainement été des tournants de la journée.

Colsaerts savait alors que les 4 derniers trous du National allaient leur réserver un final haletant.

Aucune erreur sur les trois derniers trous, et l’essentiel était acquis.

Colsaerts a gagné le tournoi, mais il avait déjà gagné depuis longtemps la sympathie des suiveurs du tour européen.

Souvent humble, drôle et gentil garçon, doué d’un jeu de golf spectaculaire, Colsaerts avait déjà tout pour plaire, surtout depuis qu’il était devenu en 2012, le premier belge à remporter une Ryder Cup.

Depuis ce moment, il était une star du circuit européen.

Son parcours n’a pourtant pas été aussi « successfull » que l’on aurait pu lui prédire.

Son passage sur le circuit américain n’a pas été une franche réussite, et il en a tiré les leçons.

Cette victoire est donc celle d’un golfeur qui s’est accroché tout au long d’une saison 2019 où son jeu n’était pas aussi bon que par le passé.

C’est surtout le putting qui l’handicapait jusqu’au tournoi francilien.

Classé 160eme pour les putts par green en régulation, difficile de lui prédire des top-10 à la pelle, et sa longueur au drive ne pourrait pas suffire à compenser (306 yards en moyenne).

Mis à part la saison 2012, Nicolas Colsaerts n’a jamais démontré qu’il pouvait exceller durablement sur les greens.

Avec 30 ou 31 putts par parties, ce qui serait excellent pour un amateur, malheureusement sur le circuit professionnel, cela le repoussait aux alentours de la 140eme position des joueurs sur le tour.

A Paris, un parcours qui n’est pas vraiment fait pour les longs-frappeurs, le belge s’est distingué par l’intelligence de son jeu du tee au green, au passage « rallongé » par la pluie. Il s'est classé 3eme pour le nombre de greens en régulation avec un impressionnant 78%.

Et comme par enchantement au golf, quand tout se passe bien… tout se passe bien… les putts tombent, tout du moins pendant les trois premiers tours.

3eme pour le nombre de birdies rentrés (21), et 10eme pour le moins de bogeys concédés (9), il a mis en marche la formule gagnante.

C’est d’ailleurs principalement ce qui a fait la différence avec le quatrième tour joué au-dessus du par.

Sur l'ensemble des quatre tours, sa moyenne de putts par green en régulation est descendue à 1.68, ce qui l'a placé en 9eme position de l'Open, et alors que sa moyenne sur la saison était jusqu'à présent de 1.81. Pour remporter l'étape française, Colsaerts a donc effectivement fait chauffer son putter plus que d'habitude.

Pour son jeu depuis le début de saison, bien qu’il n’eût pas encore été payé d’un très bon résultat, Colsaerts ne méritait pas vraiment cette place de 140eme à la Race.

A en juger par sa moyenne de coups sur le parcours, et malgré son putting, il avait le jeu d’un 55eme (moyenne de 70,6 coups).

Cette victoire à Paris est certes spectaculaire, mais elle lui permet surtout de revenir à la place qui devrait être la sienne, et même malgré cette tendance à connaitre un tour sans.

Emu aux termes du dernier tour parisien, Colsaerts pouvait enfin relâcher « L’Open de France est vraiment spécial pour moi, car je parle le français. Je viens ici depuis des années. Cela a été un long chemin. » la voix tremblante de sanglots, il admettait que cette victoire était vraiment « spéciale ».

Libéré du stress de devoir sauver sa carte, Colsaerts peut envisager la finale de la saison à Dubaï (dans les 60 premiers), et sait déjà qu’il sera « tranquille » jusqu’à la fin de la saison 2020 pour sa carte.

Le type de soulagement qui peut justement vous transporter vers de meilleurs résultats demain, renforcé par une victoire, la troisième en carrière.

Bravo Nicolas pour cette victoire qui récompense un joueur qui n’a pas lâché même quand les résultats ne tournaient pas en sa faveur. C’est un bon encouragement pour tous les golfeurs…

Crédit photo : Chris Keane/Icon Sportswire

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