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Mizuno Pro Series 2021 : Faire l’histoire… pas de l’histoire ancienne

Nouveaux fers Mizuno Pro 221

A écouter ou lire Chris Voshall (ingénieur et concepteur de clubs pour Mizuno), vous pourriez considérer que la marque japonaise s’inquiète de votre perception des fers Mizuno. Au sujet des nouveaux fers Mizuno Pro, la nouvelle appellation qui supplante les habituelles séries MP, l’intention serait de marquer l’histoire, et non pas de faire partie de l’histoire ancienne… Mizuno de son fondateur Rihachi Mizuno a ouvert sa première usine de clubs de golf en 1933, et fait donc partie des plus anciens fabricants au monde. Plus près de nous, entre les années 80 et 90, la marque était dominante auprès des joueurs professionnels, en admiration devant la pureté des lames. Depuis, la part de marché de la marque en occident n’a cessé de se rétrécir autour d’irréductibles fans d’une certaine idée d’un club de golf pur et classique. Avec les Mizuno Pro, Mizuno espère démontrer que le marque ne se contente pas seulement de produire des clubs classiques ou des petites pièces d’arts, mais au contraire, enrobe très bien une technologie avancée.

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Début décembre 2021 alors que beaucoup de golfeurs européens, tout du moins du nord, ont sans doute déjà rangé les clubs dans le garage, et rêvent de retrouver de verts fairways au Printemps prochain, la marque nipponne Mizuno annonce la sortie de plusieurs nouveaux fers dans une même gamme, la Mizuno Pro.

Il convient de définir les gammes de fers. De nos jours, elles se séparent en deux grandes familles, les fers pour golfeurs en recherche de créations de trajectoires, et les fers pour golfeurs en progressions, et plutôt intéressés par le fait de lever plus facilement la balle.

La gamme Mizuno Pro s’adresse à la première famille de golfeurs, et de golfeuses. Dans cette famille, il existe encore des profils et des intentions différentes.

Depuis peu, les marques ont ajouté une offre pour répondre à des golfeurs/golfeuses qui veulent un touché et une expérience qui se rapproche du meilleur contrôle, mais avec encore suffisamment de tolérance, les forgés tolérants ou « large cavity back ».

La nouvelle série Mizuno Pro 225 devrait correspondre à cette attente, avec par exemple un fer 7 de loft 30 degrés, et un peu d’offset (0,31 cm).

Ensuite, il existe une catégorie encore un peu plus avancée, et souvent appelée CB, pour Cavity Back qui correspond déjà à des clubs pour joueurs plus pointus dans le centrage de balle.

La nouvelle série Mizuno Pro 223 correspond à l’attente de ses pratiquants, avec par exemple un fer 7 de loft 32 degrés et toujours le même niveau d’offset (0,31 cm).

Enfin, dernière offre, la plus pointue et aussi la plus rare dans les ventes, la catégorie MB ou Muscle Back, qui permet le maximum de spin, et de hauteur de balle, mais en contrepartie, la moindre tolérance sur les coups décentrés.

La nouvelle série Mizuno Pro 221 veut correspondre à l’attente des golfeurs les plus exigeants avec par exemple un fer 7 de loft 34 degrés, et moins d’offset (0,22 cm).

Avant d’aller plus loin, première remarque, Mizuno nous présente trois séries au profil inspirant pour les meilleurs joueurs, toutefois, les versions Pro 223 et Pro 225 me semblent être légèrement sous-loftées.

Une cavity back au pur sens du terme présenterait habituellement un loft supérieur d’un degré. C’est peu mais significatif de la volonté du fabricant d’ouvrir un peu son offre produit, vers des golfeurs qui cherchent néanmoins de la puissance.

En fitting, logiquement, un degré cela devrait être marginal sur le smash factor ou le spin, mais un peu plus significatif sur l’angle d’envol…et donc la roule.

Ce commentaire me semble encore plus marqué concernant la série Mizuno Pro 225 avec un loft de seulement 30 degrés pour le fer 7, et qui pourrait être interprété comme un positionnement à la limite du club pour golfeur en progression.

Le positionnement de ces clubs définis, il faut ajouter à ces trois séries, une offre de Fli-Hi, un driving iron, club qui traduit assez bien le savoir-faire d’une marque, mais qui reste très minoritaire dans les ventes, car il faut beaucoup de vitesse de club, pour utiliser facilement ce type de long-fer, sans ajouter qu’ils répondent à des besoins vraiment spécifiques sur le parcours.

Quelques jours après avoir perdu Brooks Koepka, finalement parti à la concurrence, sans avoir jamais été un staff player Mizuno, la marque la plus paradoxale du golf business « admirée par beaucoup de passionnés, mais peu achetée » entend réaffirmer son positionnement en faveur des golfeurs les plus exigeants, s’agissant de créer des trajectoires de balles.

Après plusieurs itérations de ces belles et renommées MP, Chris Voshall a sans doute senti que c’était le moment de casser la routine, interpeller plus que d’accoutumée, et par crainte de sentir la naphtaline.

Ces constats, Mizuno sait les faire justement. Les séries Mizuno Pro sont l’occasion de dire aux consommateurs que le marque ne fait pas partie de l’histoire ancienne, mais peu au contraire, faire l’histoire des clubs de golf, ce qu’elle a d’ailleurs déjà su faire par le passé avec plusieurs innovations significatives.

Cela étant dit, Mizuno sait aussi faire du neuf avec du vieux… Ce n’est pas la première fois qu’un club Mizuno s’intitule Pro. Cette appellation est déjà apparue sur les Mizuno Pro TN-87, un club qui aujourd’hui paraîtrait sacrément moderne, et signe que bien souvent, pas toujours, les marques recyclent des designs.

Pour information, le TN-87 a été mis sur le marché pour la première fois en 1988, TN signifiant Tommy Nakashima, du nom du numéro un japonais de l’époque sur le circuit professionnel national.

Certains spécialistes considèrent qu’il s’agit probablement des meilleurs fers jamais dessinés par Mizuno, et notamment pour le touché…

En 2014, pour le marché japonais, Mizuno avait justement déjà revisité ce produit, et finalement fin 2021, encore sept ans plus tard, Mizuno tente à nouveau de faire revivre cette mythologie.

Détail, le TN-87 présentait un loft de 35 degrés pour le fer 7, symptomatique d’une époque où les marques américaines n’avaient pas encore imposées une course aussi effrénée au Loftjacking, et donc à la distance en faisant fi du contrôle.

Chaque marque a ses mythes et tente de les faire vivre ou revivre.

Pour Chris Voshall justement, il ne veut pas qu’il y ait confusion « Nous ne sommes pas en train de créer des classiques du club de golf. En revanche, nous savons très bien cacher la technologie »

Ce commentaire est étonnant quand on connait la philosophie inverse du patron de Callaway, Chip Brewer, qui a jusqu’à présent présidé au retour au premier plan de la marque américaine, en expliquant l’inverse « il faut vendre de la technologie qui se voit ».

En matière de clubs de golf, attention, la technologie est très souvent surestimée, mais force est de constater que le Président de Callaway a été confirmé dans ses propos par les ventes, et inversement, pas Mizuno. Etonnant ? Erreur de stratégie ? Erreur de communication ?

Voshall essaie-t-il d’induire que les clubs Mizuno ne sont pas seulement classiques, ils peuvent aussi vous réserver des surprises ?

Les séries Mizuno Pro revendiquent un dessin ciselé notamment les bords d’attaques ou de fuites (sous la face ou derrière la cavité). Il s’agit de clubs pour très bons joueurs, ce qui reste en France, Belgique ou Suisse, la minorité, et explique la part de marché toujours scotché en-dessous de 5% des ventes pour Mizuno.

Certes, cette année, les nouveaux Mizuno Pro 221, 223, et 225 veulent dénoter avec un zest de puissance en plus.

A la voix de Chris Voshall, s’ajoute aussi celle de David Llewellyn, directeur de la Recherche et Développement pour Mizuno qui nous explique « D’un point de vue de l’ingénierie, la nouvelle Mizuno Pro 223 est probablement le plus grand pas en avant des trois séries. Les versions 221 et 225 sont finalement des versions redessinées des précédentes MP-20 et MP-20 HMB, alors que la 223 est un concept complètement différent. »

Il ajoute « c’est un club au profil compact avec du Chromoly forged et surtout une micro-fente cachée du fer 4 au fer 7. »

Llewellyn compare cette nouvelle tête avec un précédent produit de Mizuno, la JPX-921 Forged qui serait par conséquent moins compacte en comparaison.

En particulier pour un détail qui peut avoir son importance, la face serait moins épaisse, soit 2.4 mm contre 2.6 mm pour la JPX-921 Forged, ce qui pourrait en théorie et à vérifier, favoriser une meilleure vitesse de balle à l’impact.

Autre fait notable sur cette série 223, une partie de la série est construite à partir de Chromoly Forged, du 4 au fer 7, alors que du fer 8 au pitch, Mizuno revient au classique 1025 E Pure Select Mild Carbon pour plus de précision, du point de vue du fabricant.

Cette série sera disponible du fer 4 au Gapwedge en droitier, et en gaucher. Elle aurait été forgée à Hiroshima.

S’agissant de la Pro 225, il s’agit d’une nouvelle version des Hot Metal déjà vu sur les séries de fers JPX, considérées comme les séries les plus abordables techniquement chez Mizuno.

La Pro 225 est aussi la plus abordable des trois séries Pro avec une face à épaisseur multiple pour augmenter la vitesse de balle.

Pour une conception plus rigide, les ingénieurs auraient renforcé la face sur les fers 2 à 8 avec du Chromoly 4135, et constamment 0.2 mm plus fin sur toute la face.

En combinant un corps hollow body avec un poids en tungstène de 28.5 grammes, la marque affirme qu’elle augmente le contrôle du joueur, et favorise un vol de balle plus stable. Comment prouver un tel argument ?

Du fer 9 au pitch, Mizuno a opté pour un 1025 E Pure Select Mild Carbon steel avec un poids servant de stabilisateur à l’arrière du club pour plus de précision, et un vol de balle plus pénétrant. Un point qui mérite attention et vérification dans le cadre d’un futur test…

A confirmer, mais à priori, cette série ne serait disponible qu’en droitier…ce qui pourrait faire des déçus dans le camp des gauchers.

Enfin, la dernière série mais pas la moindre, la Mizuno Pro 221 se veut la lame ultime ! En la matière, que peut-on réellement inventer de nouveau ?

Selon la marque, ce serait la lame la plus maniable par rapport aux précédentes, du fait d’un travail effectué sur la forme du club, et la répartition des masses.

Ajoutant que la Pro 221 serait selon leurs propres termes « dramatiquement » plus compact que les précédentes lames Mizuno pour les fers courts ou « scoring irons » du fer 7 au pitch. Doit-on comprendre moins tolérante ?

La top-line serait plus étroite encore, mais sans perte de masse sur les longs fers.

Disponible du fer 3 au pitch, mais toujours seulement pour les droitiers…

En matière de prix, une série Mizuno PRO 221 sera proposée sur une base tarifaire de 220 euros le fer à l’unité, contre 240 euros pour la série Pro 223 et 260 euros pour la série Pro 225, sans toutefois nous préciser l’écart de valeur entre séries montées sur manche graphite ou acier. D’ailleurs, sur ce point, Mizuno n’a pas encore communiqué sur son offre de manches.

C’est un peu une déformation professionnelle classique chez un fabricant de… têtes qui considère que tout le club repose sur cette seule partie. En réalité, pour le consommateur, le véritable juge de paix sera de trouver la tête de club qui lui convient avec le manche le plus pertinent.

Par conséquent, le consommateur passe souvent beaucoup de temps sur le choix de la tête, et pas assez sur le manche, et en fin de compte, c’est le manche qui va déterminer beaucoup du niveau de rendement, soit des angles de lancement, et de descente de la balle, plus le spin.

Sachant que le prix moyen d’une série s’établit sur le marché hexagonal autour de 150/160 euros le fer à l’unité, Mizuno se distingue donc par un positionnement prix singulièrement élevé, confirmant au passage une nette tendance à l’inflation dans le domaine des clubs de golf. C’est un pari risqué et qui ne va pas dans le sens de l’élargissement de la base client.

Et encore sur cette plage de prix, on ne parle justement pas du prix avec des manches hors stock…

Mizuno nous explique vouloir faire l’histoire. Sur cette base tarifaire, cela semble plus compliqué à raconter, d’autant qu’il s’agit encore des gammes de produits destinés au cœur de sa clientèle, et non pas au cœur du marché.

J’aurai l’occasion de développer les questions qui me restent en suspens à l’occasion de la prochaine venue de Quiton Lely, expert Mizuno en France, et notamment tester les produits.

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