Quel est le secret qui fait la différence entre un coup réussi ou raté au golf ?

 Quel est le secret qui fait la différence entre un coup réussi ou raté au golf ?

Quelle est la plus grande frustration d’un golfeur ou d’une golfeuse, et quel que soit son niveau ou son expérience ? C’est certainement le petit écart microscopique entre un coup de golf génial, et un coup de golf raté…Encore récemment, alors que je faisais découvrir le golf à un ami, et en le conseillant pour faire ses premiers swings, j’ai vu dans ses yeux à la fois l’incompréhension, et la farouche envie de refaire pour re-réussir un coup qu’il avait déjà su faire. C’est valable pour lui, pour moi, et sans doute pour vous, et même le meilleur golfeur du monde. Tout simplement, parce qu’au golf, la frontière entre le génial et le déceptif est incroyablement fine. Il y a pourtant une manière rarement expliquée de le comprendre…

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A nouveau prenant l’exemple d’un ami débutant qui s’est d’ailleurs plutôt assez bien débrouillé pour envoyer des coups d’hybrides 4 à plus de 120/130 mètres au bout de 2/3 initiations, le premier reflexe que l’on observe chez beaucoup d’entre nous, c’est la tentation de vouloir enchaîner les coups.

Pour ma part, il m’a aussi fallu des années de pratique pour refreiner cette envie souvent mêlée, je l’avoue, à un sentiment intérieur de colère « Mais pourquoi est-ce que j’ai raté ce coup que je sais faire ? »

Au practice, et même sur le parcours, on tape des coups, on prend confiance et à un certain stade, on accepte plus difficilement ou plus du tout, que la qualité ne soit pas la norme.

Là, nous sommes en danger ! Surtout quand sans que l’on sans rende compte, en prenant du recul, on veut enchaîner le plus vite possible, pour évacuer justement un sentiment de frustration ou d’incompréhension après un coup raté. On a pourtant l’impression de faire le même geste, et pourtant d’un coup à l’autre, il y a quelque chose qui nous échappe, et pas seulement la balle.

Il faut lutter terriblement avec ce sentiment qui inconsciemment consisterait à penser qu’on va refaire pour changer un détail qui pourrait expliquer pourquoi ce dernier coup n’a pas donné satisfaction.

Induit par la répétition, on refuse de croire que le dernier coup manqué est en fait terminé. Il est parti ! Ça y est ! C’est trop tard ! On ne peut pas revenir en arrière…

A cet ami, comme à vous cher lecteur, je vous conseille de revoir un sujet réalisé avec Rémy Bedu dans 1 jour pour gagner 4 coups, où le pro invitait son élève à séparer la « thinking box », la « preparation box » et enfin « l’action box ».

En cassant le rythme mitraillette au practice ou même sur le parcours, on apprend à lâcher prise avec le coup raté, et à reconstruire un nouveau coup unique…

Ce préambule étant fait, j’en viens aux propos d’Adam Young qui justement évoque très bien cette infirme différence entre un coup génial et un coup manqué, et même horrible.

Une différence qui du point de vue de toute la chaîne de mouvements que vous opérez pour lancer la balle peut être en fait « minuscule ».

Il déclare « Vous pouvez faire le même mouvement d’un coup à l’autre, mais lancer la tête de club un ou deux centimètres plus profond dans le sol ou plus tôt selon votre angle d’attaque ou le point bas du club, et le coup pourra être un désastre ».

Il poursuit en faisant référence à un coup de fer sur le fairway « taper le sol derrière la balle avec le club génère une petite couche de terre entre la face et la balle, qui peut tout à fait minimiser la distance que va parcourir votre coup, et expliquer pourquoi sur un coup qui semblait parfait, pourquoi vous avez finalement manqué le green »

Bref, un coup parfait se joue à peu de choses…

Intéressant dans les propos d’Adam Young, coach de golf basé Santa Barbara en Californie, et auteur d’un livre best-seller « The Practice Manual: The Ultimate Guide for Golfers », il prend en exemple les golfeurs professionnels pour illustrer le fait qu’ils expérimentent le même type de frustrations, et pourtant, leurs swings sont à des années lumières d’un swing amateur…

Malgré toute la qualité développée par les meilleurs, finalement, ils ne touchent en moyenne que 60% de fairways en régulation ! Ce qui revient à dire qu’ils manquent la cible dans 40% des cas…

Young fait un relevé très pertinent : « Imaginez que le golfeur pro utilise un grip de niveau professionnel… il a une préparation ou set-up à l’adresse d’un professionnel. Il tourne complètement les épaules pendant le backswing. Il possède des appuis dignes d’un joueur pro. Il réalise un downswing superbe. Sa séquence complète de swing est la quintessence de la perfection mécanique…et malgré tout cela, dans 40% des cas, il peut taper un mauvais coup ! »

Surtout, il appuie cette observation par une image frappante. Quand vous regardez le swing d’un professionnel, et par exemple, Dustin Johnson, au sommet du backswing, et que tous les « gros » mouvements ont été faits, malgré cela, à ce stade, vous ne pouvez pas prédire où la balle de golf va partir !

Le propos de Young n’est pas de dire qu’une bonne posture, une bonne mécanique, un bon backswing… ne permettent pas un bon swing. Ils sont capitaux mais pas une garantie de réussite !

Garantie de réussite ? C’est le concept clé.

Quand nous sommes sur le tapis de practice ou sur le parcours, nous mettons sans doute en place tous les facteurs possibles de notre réussite, mais ce n’est pas encore un gage de réussite.

Dans la conception d’un swing de golf, Young distingue deux concepts : Ce qui relève du macro-mouvement, et ce qui relève du micromouvement. Il oppose macro et micro.

Macro, c’est tout ce qui concerne les gros mouvements et qui mettent en action les « gros muscles ». C’est finalement ce qui se voit le plus sur une photo ou une vidéo.

Cependant, le plus grand secret du swing de golf, celui qui ferait la différence entre un coup génial et un coup raté, qui définit même pourquoi un joueur professionnel joue mieux une semaine qu’une autre) se trouve dans la mico-mécanique de son swing.

Young prend en référence le mécanisme d’une montre. On peut facilement distinguer les gros mécanismes, et les voir opérer. Cependant, si les petits éléments ne fonctionnent pas parfaitement, la montre ne donnera pas l’heure !

La micromécanique d’un swing de golf, ce sont les petits mouvements, ce qui peut être imperceptible, y compris pour une caméra slow motion. On parle de quelques millimètres par ci ou par-là sur le corps.

Young rappelle que le swing de golf met en jeu beaucoup de mouvements différents comme l’extension des bras, la supination ou pronation des avant-bras, l’extension ou la flexion des poignets, la déviation radiale ou ulnaire toujours des poignets, la flexion ou l’extension de la colonne vertébrale, des déplacements latéraux, la rotation des hanches, la mise en charge, la flexion ou extension du genou.

« Changer un de ces mouvements ne serait-ce que d’un degré, et vous ne verrez pas beaucoup de changements dans le vol de la balle ou alors changer tous ces mouvements d’un degré, et vous constaterez un résultat totalement différent »

Or, roulements de tambours, le swing de golf change tout le temps !

« Même au plus haut niveau, la variation de microtechnique d’un golfeur ou d’une golfeuse a été démontrée y compris dans un environnement statique, et suffit à créer une différence entre bon ou mauvais coup »

Pour Young, c’est cela qui explique pourquoi sur une photo, deux swings peuvent paraître identiques, mais produire des résultats complètements différents.

C’est ce qui nous rend parfois un peu fou !

Pourquoi votre swing de golf change tout le temps ? Les différences de mouvements du corps sont minuscules, au point que j’ai déjà entendu à propos de mon swing « ton swing ne change pas » ou « tu fais le même swing ».

En réalité, celui qui dit cela, ne prend en compte que les mouvements macro, ceux qu’il peut voir à l’œil nu.

Pour Young, au contraire, il faut considérer le swing selon deux objectifs différents :

Les mouvements macro nous amènent sur le terrain de jeu. Ils permettent la création de vitesse, donnent le look/style du swing, et nous mettent en position de bien jouer au golf. C’est comme s’ils définissaient une forme générale du swing.

Les mouvements micro ou moteurs fins déterminent le fonctionnement ou non de notre swing de golf. « C’est un peu la colle qui tient le tout ensemble ».

Young ajoute « Si vous n’avez pas un bon contrôle des micromouvements, et seulement des macros, c’est comme si vous avez un très beau swing de golf avec aucun fonctionnement ou contrôle dessus »

Le beau ne fait pas le bon…

Les micromouvements déterminent si vous allez jouer votre meilleur golf ou pas.

Le constat étant posé, et pour ma part, je n’avais jusqu’à présent jamais lu ou pris les choses sous cet angle…comment donc améliorer les éléments micro de notre swing ?

C’est finalement la question la plus importante pour n’importe quel golfeur ou golfeuse, et quel que soit le niveau, de débutant à professionnel.

Le but n’est pas d’ailleurs de minimiser ces mouvements, mais en fait de mieux les coordonner. Young parle de « synergie ». Il fait d’ailleurs référence à des robots en expliquant qu’un ingénieur ne cherche pas à limiter les mouvements fins d’un robot, au contraire, il cherche à développer la synergie entre eux.

Vous n’allez pas améliorer la synergie globale de vos mouvements en vous concentrant sur un aspect en particulier, et par exemple les poignets ou les jambes, car si vous faites cela, vous allez peut-être obtenir un gain marginal sur cette partie, mais mettre en coordination sur toutes les autres parties.

L’enseignant-chercheur explique « Nous savons d’après nos études en apprentissage moteur que la synergie d’un mouvement s’améliore quand il y a un focus sur le résultat ou bénéfice d’un mouvement. »

Exemple, pour un golfeur professionnel, il y a progression quand il se concentre sur l’atteinte d’une cible, d’un résultat ou même d’une forme de trajectoire de balles.

Pour un amateur, la progression peut venir du fait de se concentrer sur comment le club est déplacé dans l’espace…

En substance, cela fonctionne quand nous donnons un seul objectif à notre cerveau qui lui organise toutes les pièces mouvantes d’une manière à atteindre cet objectif.

Le constat terrible fait par Young à notre sujet, nous les amateurs, c’est que pour 99% d’entre nous, nous essayons de minimiser la variation de bénéfices en travaillant exclusivement sur les mouvements macro, ce qui a le bénéfice de nous amener sur le terrain, mais abime notre capacité à travailler notre micromécanique.

Young fait attention de préciser qu’il ne dit pas qu’il ne faut pas travailler sur son swing et les gros mouvements, surtout si on a des difficultés très marquées (slice récurrent, grattes, tops…)

Il explique simplement que tout golfeur sera à un moment ou un autre à la merci de sa micromécanique de swing…

Crédit photo : Ken Murray/Icon Sportswire

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Commentaires   

rvanphat@gmail.com
0 #2 le swing d instinctifrvanphat@gmail.com 20-12-2021 10:17
Je me suis toujours poser le question comment un prof qui a commencer tres jeune peut il transmettre son savoir alors qu il ne la pas identifier car instinctif a un golfeur qui a commencer bien plus tard
J ai suivi un jeune 7 ans du top 10 de sa catégorie et filmer pour le garder en model un swing qui laise reveur . Lui n' utise pas la force des bras ,il en a pas ,mais son corps
Les cours de golf sont tres pedagogique et pas forcément adaptés a nos
particularités physique jaimerais qu on s interoge sur l invisible exemple ,exemple la pression individuellement des doigts,de cette instinct de serer le club au moment de l impact, ce reflex acquis par lutilisation des outils par la force pour obtenir les meilleurs resultats et satisfaire notre egot
Car difficile d amettre que c est la vitesse et pas la force le facteur utile et de comprendre la difference
dejyvon2@icloud.com
0 #1 Apprentissagedejyvon2@icloud.com 11-12-2021 15:30
La formation par nos coach ne se déroule que par la macro connexion. La seule chose qu'il me dit est sur le parcours de se focaliser sur une cible. Et il a raison. Le problème du golf est que plus on veut contrôler et moins son y arrive. Rester relâcher et viser une cible est donc la solution mais suffit elle ?
Je n'ai jamais appris les micro connexion car sans doute aucun coach ne l'enseigne.
J'aurais cependant aimé apprendre plus jeune ( commencer le golf à plus de 50) et connaître les différents moyens de notre corps à meettre en actions. Le pro compte sur notre aptitude à les découvrir par nous mêmes. Est-ce bien ou non? Pour moi j'aurais préféré les apprendre mais il est vrai que n'est le mouvement le plus complexe dans le sport et l' enseigner à des individus tous différents n'est pas une sinécure. De la à enseigner les micros connexions...

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