Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

McIlroy désigné Meilleur golfeur de l’année 2019 devant Koepka par la PGA : Le bon choix ?

Les américains adorent désigner, et pour tous les sports individuels ou collectifs, un MVP ou « Most Valuable Player ». C’est une autre forme de consécration que celui de numéro un mondial, ou leader d’une liste de gains ou de points. Le MVP est élu par ses pairs, et désigne celui qui a le plus marqué les esprits. En 2019, un intense débat était permis entre l’américain Brooks Koepka, et le nord-Irlandais Rory McIlroy. Le premier a gagné un majeur (US PGA Championship) et deux autres tournois du PGA Tour. Le second a gagné un tournoi considéré comme un majeur (Le Player’s), et deux autres victoires, avec à la clé, la Fedex Cup. Jusqu’à présent, le joueur de l’année était pratiquement toujours le meilleur en majeur… Jusqu’à présent…

Découvrez nos formules d'abonnements

Surpris mais honoré, Rory McIlroy a reçu cette semaine le prix du meilleur joueur de l’année 2019, désigné par les membres du PGA Tour, et donc ses pairs.

Le trophée Jack Nicklaus est surtout honorifique pour récompenser une très bonne saison. Longtemps, on a cru que Brooks Koepka, vainqueur d’un majeur et pratiquement toujours bien placé dans les autres, et notamment à l’US Open ou au Masters, numéro un mondial de golf selon l’ordre du mérite (le classement mondial officiel) méritait ce titre.

La victoire de McIlroy sur le Tour Championship, le dernier tournoi de l’année sur le PGA Tour lui a non seulement offert la Fedex Cup 2019, mais donc aussi le privilège d’être élu « Player of The Year ».

A 30 ans, McIlroy mérite ce titre pour au moins deux grandes raisons : Il a réalisé une des saisons les plus consistantes pour un golfeur professionnel depuis 10 ans, avec une régularité de performances rarement vues à ce niveau.

Il est aussi devenu un leader charismatique, respecté, et une voix qui porte dans l’univers du golf.

En d’autres mots, à l’heure où le golf craint le jour où Tiger Woods finira bien par prendre sa retraite, McIlroy s’impose toujours un peu plus comme un excellent suppléant.

Concernant Koepka, et pour évacuer rapidement cette question dans ce sujet, c’est aussi et à un degré moindre, le résultat d’une moindre popularité auprès des autres golfeurs versus McIlroy.

Au moment du vote, rien ne laissait présager que McIlroy serait finalement choisi. Dans le secret de l’isoloir, difficile de ne pas imaginer que le nord-irlandais ait bénéficié d’une petite cote de sympathie.

Koepka va sans doute considérer que c’est un nouvel affront qui lui est fait alors qu’il a déjà remporté cinq majeurs en l’espace de trois saisons, et que c’est en soi un formidable exploit.

Exploit qu’il peut considérer comme sous-estimé par les médias de son propre pays, et une partie du public.

La consécration de McIlroy est au contraire une lente maturation, par rapport à la soudaineté des exploits de son rival américain.

Très tôt annoncé comme un prodige au début des années 2010, McIlroy est déjà aujourd’hui un habitué des gros titres depuis bientôt dix ans.

Cette année, au-delà de ses résultats exceptionnels, c’est aussi son attitude qui a changé, comme si à 30 ans, il était devenu plus adulte, et un leader pour son sport.

Sans chercher à blesser ou à choquer, dans ses interviews ou ses déclarations, il prend des positions fortes, tout en employant des termes doux.

Fini le McIlroy qui n’hésitait pas à déclarer son peu d’entrain pour les Jeux Olympiques ou ne jurait que par les majeurs. Son discours a radicalement changé, pour justement complètement relativiser l’importance des majeurs dans le golf.

« Nous jouons 25 tournois par an. Ce n’est pas comme si 4 seulement avaient de l’importance, et les autres comptaient pour du beurre. »

Ce discours plus humble a visiblement fait mouche auprès de ses pairs.  Cela a sans doute pesé dans la balance.

Dix ans plus tôt, Tiger Woods tenait un discours inverse en déclarant que le meilleur joueur de l’année ne pouvait être que le meilleur en majeur.

Woods se contentait alors de jouer des demi-saisons, et avait peu d’intérêt pour les tournois hors majeurs, et championnats du monde.

Depuis sa domination, personne n’était choqué du fait qu’en fin de saison, le meilleur golfeur désigné le soit au regard des majeurs.

Cette année, avec quatre vainqueurs différents, ce qui est plus souvent la norme, les majeurs n’ont pas réellement désigné un meilleur des meilleurs.

Si cela avait le cas, effectivement, Koepka qui a joué la gagne au Masters et à l’US Open aurait dû être plébiscité devant Woods, Woodland ou Lowry.

Quand on revient au principe de ce qui peut raisonnablement désigner un meilleur golfeur de l’année, à savoir la régularité des bons résultats, la saison de McIlroy a effectivement été plus régulière par rapport aux coups d’éclats de Koepka.

L’ordre du mérite et son système de pondération des tournois récompensent les victoires en majeurs. Koepka est donc légitimement, et selon ce mode de calcul, le numéro un mondial du golf.

Très surpris, mais honoré, celui qui a très habilement réussi sa campagne de communication, McIlroy mérite pourtant ce prix pour 19 tournois joués, 3 victoires, 1 seconde place, 14 top-10, le chiffre sans doute le plus impressionnant, 16 top-25 et 17 cuts passés !

Depuis fin octobre 2018, et une 54eme position au WGC-HSBC Champions en Chine, McIlroy a réalisé une saison incroyable.

Une seule tâche à son CV, un cut manqué à Pebble Beach pour l’US Open !

En Suisse, à l’occasion de son interview dans le cadre de l’Omega European Masters, ma confrère, Suzann Kemper, journaliste américaine très expérimentée, avait déjà relevé cette incroyable régularité au plus haut niveau, et soulignant que même le Woods des meilleures années n’était pas arrivé à présenter un tel CV sur une seule saison.

Koepka n’avait pourtant pas non plus à rougir !

En 21 tournois, il a gagné 3 fois, obtenu 3 secondes places, 1 troisième place, 9 top-10, 13 top-25, et réalisé 20 cuts !

Le choix entre les deux hommes était de toute façon très difficile.

Quand on prend en considération les chiffres des deux hommes, et la proximité de l’excellence des résultats, on ne peut s’empêcher de penser que la cote sympathie a donc légèrement balancé en faveur de Rory, un golfeur pour lequel le public aime se déplacer.

Ce vote à bulletin secret peut donner lieu à pas mal d’interprétation d’autant que le décompte n’est jamais communiqué ! McIlroy a-t-il gagné d’une voix ou à une écrasante majorité ? Personne ne le saura jamais.

Dans quelques jours, le prix du meilleur golfeur de la saison désigné par les journalistes de golf américains, un autre prix, devrait consacrer Koepka, car historiquement, ce dernier privilégie clairement les résultats dans les majeurs.

Une façon de rééquilibrer le débat entre deux des meilleurs golfeurs du moment, et surtout que Koepka a largement dominé McIlroy pendant les quatre majeurs de cette année.

Depuis 10 ans, les deux prix étaient remis au même joueur, ce qui permettait de lever tout doute sur l’identité réel du meilleur des meilleurs. Cette année, le vote des joueurs du PGA Tour permet d’entretenir une sorte de match au sommet entre un européen, et un américain.

Un match qui promet d’alimenter nos passions tout au long de la prochaine saison, et avec un épilogue lors de la prochaine Ryder Cup, aux USA, à Whistling Straits.

D’ici là, l’objectif de McIlroy, plus qu’une nouvelle victoire en majeur, c’est de ravir la place de numéro un mondial, à un Koepka qui sera encore plus déterminé à écraser la concurrence pour montrer qu’il est vraiment le patron…

Crédit photo : Icon Sportwire / Andy Altenburger

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 250
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter
1 journée pour gagner 4 coups: Le projet de Rémy B...
Séjours de golf sans stress sur l'île de Man

Auteur

 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.