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Parfois, un petit conseil suffit pour remettre le swing de golf sur les bons rails

La saison de l’European Tour 2021 redémarre cette semaine à Abu Dhabi avec le gratin des meilleurs golfeurs européens, dont le nord-Irlandais Rory McIlroy (numéro 6 mondial). Ce dernier a réussi une entrée remarquée, avec une première carte de 64 émaillée de 8 birdies. Fin 2019, avant le confinement et l’interruption du jeu, il était le meilleur golfeur de la planète. Alors que DeChambeau s’est révélé un tout autre joueur ou Dustin Johnson a dominé le Masters, McIlroy n’a pas réussi à retrouver la bonne carburation rapidement. Au contraire, il a mis du temps à retrouver son meilleur jeu. Pour ne plus perdre de temps, il a mis en place quelques corrections, analysé son jeu, et pris un avis précieux.

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Quel golfeur n’a jamais connu le doute ou eu besoin d’un avis extérieur ? Parfois, un simple regard, une petite observation, un commentaire peut servir à remettre les idées en place.

A l’heure d’Internet, et parfois des leçons en ligne, le coup d’œil d’un enseignant expérimenté dans le monde bien réel vaut tous les conseils élaborés.

C’est valable pour un golfeur amateur, et bien entendu, aussi pour un golfeur professionnel comme McIlroy.

Le nord-Irlandais de 31 ans, multiple vainqueur en Majeur, a connu une saison 2020 décevante, malgré un bon finish au Masters à Augusta (cinquième mais très loin du vainqueur). 

McIlroy a eu besoin de disputer neuf tournois, avant de retrouver un top-10.

Après le Masters, McIlroy n’a pris que quelques jours sans jouer, et s’est très vite remis à travailler son jeu. Son objectif : Remettre son jeu sur pied en prévision d’Abu Dhabi.

« Je me suis rarement senti aussi affûté au début d’une nouvelle saison »

L’ex-numéro un mondial a souvent bien démarré ses saisons, avec déjà plus de dix top-5 sur ses premiers départs.

Ce retour de forme est donc largement imputable au travail qu’il a effectué sur son swing.

Sans pouvoir travailler régulièrement avec son coach de longue date, Michael Bannon, McIlroy a profité d’un tournoi à Vegas (CJ Cup) pour croiser la route de Butch Harmon, la légende du coaching.

Les deux hommes ont échangé quelques textos et vidéos depuis.

A la radio américaine (Sirius XM), Harmon a déclaré « Tout ce que j’ai fait, c’est donner mon opinion, ce que justement beaucoup de gars viennent chercher. »

De son côté, McIlroy a admis « Ce que j’aime avec Butch, c’est qu’il a travaillé avec tant de bons joueurs, quand vous essayez de lui dire quelque chose, de lui expliquer ce que vous essayez de faire ou le feeling que vous voulez obtenir, il puise dans son puit de connaissances de tous les joueurs avec lesquels il a déjà travaillé. »

Il ajoute « Butch peut vous parler de Fred Couples, de Tiger ou de Dustin Johnson. C’est vraiment sympa de bénéficier de telles références. »

Cet œil extérieur a donc servi le joueur pour qu’il retrouve le chemin de la très haute performance.

Cette anecdote me fait penser à une récente expérience personnelle, où à l’occasion d’une visite au studio, le très expérimenté coach Hubert Sauzet m’a regardé taper quelques balles, et alors qu’il n’y avait pas entre nous d’objectif de coaching.

Il s’est permis de généreusement me faire part de quelques observations, car tout comme Butch Harmon, cela devait le démanger.

« Laurent, tu es trop contracté. Relâche les épaules. Repousse ton épaule droite en arrière dans une ligne plus cohérente avec la cible, car c’est ce qui contraint ton chemin de club, mais surtout, sois moins contracté au-dessus de la balle. »

Il a suffi de quelques mots, de quelques observations pour me rappeler ce que je pourrais oublier, à force de manquer de recul sur mon jeu, de ce regard extérieur, et bienveillant, celui d’un coach.

Depuis, et de son côté, McIlroy a retrouvé son coach Michael Bannon, pour intensifier le travail, notamment avant Noel, et il est encore présent à ses côtés à Abu Dhabi cette semaine.

Le joueur souligne l’importance de voir plus régulièrement son coach, pour progressivement remettre les choses en bon ordre, ce qui nous suggère, nous amateurs, que le swing n’est jamais acquis pour toujours, et qu’un retour régulier chez le coach est en fait incontournable.

« Le voyant plus régulièrement, je pense que cela m’aide vraiment. »

Sans victoire depuis près de 15 mois, McIlroy ne veut pas paniquer, et même si certains commencent à s’interroger sur son envie de victoire, et les critiques commencent à poindre.

« Il ne faut pas essayer de réinventer la roue d’une manière ou d’une autre. »

Au contraire, McIlroy cherche à faire des petits progrès qui pourraient signifier de gros gains.

Au-delà du regard d’un coach, McIlroy a pris en compte l’analyse des statistiques de son propre jeu, pour comprendre d’où le bas pouvait blesser.

Le premier compartiment de son jeu a amélioré : La proximité au drapeau en venant du rough.

Comme les golfeurs professionnels, je pense, que nous les golfeurs amateurs, pouvons bénéficier de cette même logique. Identifier ce qui nous gêne le plus, et tenter de l’améliorer.

Un grand coach a déclaré qu’il n’avait jamais vu un golfeur transformer une faiblesse en force. Ce n’est pas très encourageant, mais c’est une façon de dire qu’il faut peut-être focaliser sur les points forts.

Cependant, au plus haut niveau, pour jouer régulièrement parmi les 5 meilleurs au monde, il n’est plus vraiment possible d’avoir de faiblesses.

McIlroy le justifie « C’est une sorte de jeu de hasard. Si je ne touche que 60% de fairways en régulation, cela veut dire que j’en manque 40%, ce qui est en fait beaucoup. Ma performance depuis le rough en 2020 a été en baisse par rapport à l’an passé. »

Fin 2020, McIlroy était seulement classé 250eme en proximité au trou depuis le rough avec une moyenne de 18 mètres.

Quelques mois plus tôt, il était encore 153eme avec une moyenne de 14 mètres, alors qu’en 2019, golfeur de l’année, il était 23eme à 12,5 mètres du trou.

Cette partie de son jeu s’est dégradée au fil du temps.

Comment régler cela ?

Pas facile selon le propre aveu du joueur « qui prend un sac de balles de practice dans le rough, et commence à taper de là ? Le plus souvent, vous allez au practice sur des aires d’entraînements manucurés, et c’est très bien. Pour autant, ce n’est pas toujours ce que vous rencontrez sur le parcours. »

Cette observation nous rappelle qu’il nous faut nous entraîner ou progresser là où se trouve vraiment le problème, et pas à côté.

C’est pourquoi il est vraiment important de savoir évaluer son jeu, identifier ce qui fait défaut, et être prêt à accepter de s’améliorer en conséquence. Se fixer aussi qu’un seul but à atteindre pour ne pas risquer de s’éparpiller.

Cette déficience dans le jeu d’approche de McIlroy est aussi et comme souvent corrélée à une autre problématique pour le score : Le putting entre 1,2 et 2,5 mètres.

Moins performant depuis le rough pour la précision, il a été moins « tueur » sur les petits-putts, sans doute ayant consommé plus d’influx nerveux sur de plus longs-putts précédents.

Le joueur est effectivement passé de 74% de putts rentrés à 64% depuis cette distance, soit du 14eme au 148eme rang dans cette zone.

Les premières statistiques à Abu Dhabi laissent penser que McIlroy a commencé à corriger le tir, toutefois, le rough n’est peut-être pas celui qu’il va trouver sur d’autres parcours en Europe ou aux Etats-Unis.

Quoi qu’il en soit, au cours de sa carrière, McIlroy a déjà largement prouvé qu’il était capable de mener les bonnes analyses, améliorer ses faiblesses, en particulier le putting, pour être un golfeur dominant sur le jeu.

Son premier bon tour en 2021 n’est pas encore l’affirmation qu’il a tout résolu, mais montre au moins qu’il connaît le chemin à emprunter pour redevenir le meilleur.

Le véritable sujet n’est peut-être pas sa capacité à jouer très bas sur des tournois de début de saison, mais à se remettre en position de gagner en majeur, ce qu’il n’a plus fait depuis l’US PGA en 2014.

Dustin Johnson ou Bryson DeChambeau se sont montrés très impressionnants en majeur en 2020. McIlroy peut-il atteindre ce même niveau maximum sur ces événements ?

A ce niveau, on peut imaginer que parfois, un petit conseil, une petite observation, un regard extérieur peut aider à faire la différence.

Crédit photo : Robin Alam/Icon Sportswire

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