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Maxime Adolphe-Louis : « Nos golfs doivent être éco responsables ! »

Notre tournée des golfs en France met aujourd’hui la lumière sur le golf d'Orléans-Limère, aux portes de la ville d’Orléans. Le directeur depuis maintenant sept ans, Maxime Adolphe-Louis, nous livre son témoignage sur sa vision de l’avenir du golf en France, la place des golfeuses, les offres pour attirer les nouveaux joueurs, mais aussi comment s'engager pour un golf plus éco-responsable.

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Son parcours de passionné jusqu'à travailler dans la filière golf

Originaire de la région parisienne, Maxime Adolphe-Louis a débuté le golf à 10 ans, jeu qu’il a découvert par le biais d’un ami. Après avoir fait son premier essai, il a rapidement été passionné par la petite balle blanche. 

Il a par la suite exercé sa passion au golf de Villennes-Sur-Seine.

Le souvenir de golf qu’il n’oubliera jamais est, sans hésitation, le premier criterium qu’il a remporté au golf de Guerville, en 1999, où il dit avoir vécu une partie magnifique.

Il précise : « Le premier, et le seul d’ailleurs ! » en plaisantant.

Initialement destiné à une carrière militaire, Maxime Adolphe-Louis a suivi ses études supérieures en prépa dans un lycée militaire.

Cependant, à l’âge de 19 ans, il décroche de la voie militaire, ne trouvant pas ses marques dans ce milieu.

Changement complet de cap, il est alors parti au club méditerranée pour retrouver sa première passion, le golf.

Le golfeur devient ainsi enseignant de golf au Club Med, un métier pour lequel il se découvre une réelle passion, notamment pour la transmission de savoir, et le contact humain.

Suite à cette expérience, il passe son diplôme de moniteur de golf en 2003.

Cette carrière dans le golf, Maxime Adolphe-Louis se l’était pourtant formellement interdite !

Il raconte: « Je m’étais toujours juré de garder le golf comme un loisir du week-end et non pas une carrière, pour toujours conserver ce plaisir de jouer. Je voyais, avec mes yeux d’enfant, les directeurs de golf, enseignants ou encore greenkeepers qui ne jouaient presque jamais au golf. Je voulais que cela reste un plaisir pour moi ! »

C’est cependant à travers le biais de l’enseignement qu’il a accroché avec le golf comme potentiel métier. Ce qui lui a plu le plus, c’est de pouvoir transmettre sa passion, et le contact quotidien avec les élèves.

Cette première partie de carrière l'a mené jusqu'à être responsable de l’enseignement au club Méditerranée, et ce, jusqu’en 2007.

Date à laquelle, l’enseignant a commencé à travailler pour le groupe GAIA Concept, et a décroché son premier poste de direction, au golf de Donnery, à Orléans.

Le groupe GAIA Concept est un groupe qui existe depuis plus de trente ans sur la scène française, et qui a déjà construit plus de trente golfs dans l'Hexagone.

Maxime Adolphe-Louis a ensuite pris la direction de plusieurs autres golfs du groupe, dont le golf international de Longwy, le golf de Clairis…

C'est donc fin 2014 que le directeur prend la responsabilité du golf d'Orléans-Limère où il travaille actuellement, et auprès duquel il entame sa septième année.

Finalement, et malgré son poste de directeur, Maxime Adolphe-Louis avoue toujours prendre autant de plaisir à jouer au golf !

Toujours aussi passionné, le directeur admet même qu’il a la chance d’exercer un travail où, quand il arrive le matin au bureau, il n’a pas l’impression de venir travailler !

Il ajoute que passer ses journées dans un environnement qu’il qualifie « d’hyper protégé », dans un lieu magnifique, avec une clientèle agréable, fait partie intégrante de sa passion pour son métier.

« J’aime partager un peu de gaieté à un golfeur qui galère » avoue-t-il.

Concernant sa fréquence de jeu, il explique :

« La magie d’être directeur de golf, c’est que je suis tous les jours au golf, mais ce qui freine mon jeu de golf, ce ne sont pas les parties de golf, mais les équipes et le lien que j’ai avec eux ! »

Il poursuit : « Ce n’est pas simple de jouer au golf alors qu’il y a du monde à l’accueil, ou encore au practice. Pour décrocher vraiment, c’est plus facile pour moi de jouer chez les confrères, que de jouer chez moi. On a tendance à laisser la déformation professionnelle prendre le dessus lorsqu’on joue dans le golf que l’on dirige ! »

Ce qui lui plaît le plus dans ce sport, c’est la recherche de performance avant tout.

Et bien sûr, le cadre, l’ambiance, « et les golfeurs ! » ajoute-il.

Dans le métier de directeur de golf, Maxime Adolphe-Louis apprécie particulièrement le fait de devoir gérer plusieurs métiers à la fois : La restauration, les cuisiniers, les serveurs, les jardiniers, enseignants de golf, mais aussi l’administratif, la comptabilité…

« La magie du métier, c’est que l’on ne s’arrête jamais, car on est ouvert sept jours sur sept ! »

Le Golf de Limère, déjà trente ans d'histoires

Le golf de Limère qu’il dirige, compte 700 licenciés, 80% d’hommes, et 20% de femmes environ.

Le directeur précise : « Avec le golf de Donnery à trente kilomètres qui compte trois cent licenciés environ, cela forme un grand club. Même si chaque site a ses spécificités, les licenciés peuvent passer d’un golf à l’autre, avec un abonnement commun pour varier les plaisirs. »

Il existe au golf de Orléans-Limère plusieurs formules d’abonnements, mais 80% des abonnements sont communs aux deux golfs.

Le parcours de Limère est un parcours de compétition, tandis que le parcours de Donnery est un golf plus historique, et même le plus ancien golf du Loiret.

Il ajoute alors que la spécialité du groupe GAIA Concept, est justement que tous les golfs sont décentralisés.

Il explique : « On décentralise complètement la gestion, l’organisation et la direction de chaque golf. Chaque directeur est le patron chez lui, car chaque golf est unique, avec une carte de restaurant et de parcours bien spécifique, une identité visuelle unique… »

Le golf de Orléans-Limère qui existe depuis plus de 30 ans est composé d’un grand parcours 18 trous, et d’un 6 trous compact.

Selon le directeur, le golf de Limère a beaucoup de dames, avec comme cité un peu plus haut, 20% de la clientèle environ qui sont des golfeuses.

L’ex-enseignant avoue pourtant ne pas particulièrement privilégier les activités dames par rapport aux autres golfs. Il avoue même que 50% de sa clientèle féminine n’est pas du tout attirée par les animations 100% dames !

Il nous confie que « pas mal de dames nous demandent même de jouer particulièrement avec des hommes, plutôt que des femmes ! ».

Il explique cependant qu’il existe la Nana’s cup, qui est une compétition dames dans le Loiret, et créée justement par une de ses abonnés. Cette compétition 100% golfeuses tourne deux fois par mois sur les golfs de la région centre.

Le directeur justifierait cette présence féminine par les dispositifs mis en place pour amener les familles au golf.

Maxime Adolphe-Louis précise à ce sujet : « Généralement, si les deux enfants prennent un cours à l’école de golf, les deux parents en prennent un aussi en même temps ».

Le golf de Limère fait tout son possible pour concilier les créneaux horaires des cours de golf de l’école de golf, avec les cours adultes.

Le directeur poursuit : « Cela fait sûrement partie de notre succès chez les golfeuses quarantenaires ! Leur proposer des cours en même temps évite que les parents attendent au club-house, ou aillent faire des courses en attendant leurs enfants ! »

Maxime Adolphe-Louis affirme ensuite que l’offre proposée au golf de Limère se destine naturellement aux familles, puisqu’il s’agit d’un site assez grand, avec une vaste zone d’entraînement, un parcours école, et deux golfs, qui permettent de s’adapter aussi bien aux débutants, qu’aux joueurs de très haut niveau.

Raison peut-être pour laquelle, le plus jeune licencié du golf a 3 ans, et le plus âgé a 94 ans.

Des actions concrètes pour faire découvrir le golf

Concernant les tarifs, le directeur atteste que ses forfaits débutants font parties des moins chers du Loiret, et qu’il ne propose pas juste d’être licencié ou bien au green-fee.

Il existe une formule alternative entre les deux, pour un golfeur qui jouerait trois fois par mois environ.

Le pass « Liberty »,  propose trois green-fees, trois sceaux de balles, une location de voiturette, un cours de golf, et un droit de compétition pour 99 euros par mois.

Le directeur pense alors que jouer trois fois par mois est un bon compromis, et notamment pour un joueur de golf actif.

Pour attirer de nouveaux licenciés, le golf de Limère organise des portes ouvertes presque toute l’année, et tous les dimanches pour un prix symbolique (ou même gratuit), vous pouvez venir découvrir le golf.

Ils conservent au moins un créneau minimum par jour dédié à la découverte du golf avec un enseignant.

Le forfait débutant, sur une durée d’un an et à 59 euros par mois, tout illimité (cours collectifs, balles, prêt de matériel).

Le directeur poursuit en disant que pour ne pas inquiéter leur clientèle sur la durée de l’abonnement, il autorise aux clients une période d’essai de deux mois, durant lesquelles ils peuvent arrêter l’abonnement et dans le cas où ils n’accrocheraient pas au golf.

Le système est le même pour l’inscription à l’école de golf.

Des actions concrètes pour le développement durable du golf

Concernant les problèmes liés aux réchauffements climatiques, le golf de Limère a déjà pris les devants pour contrer les problèmes de sécheresse, et de manque d’eau sur les parcours.

En 2020, sur le site de Donnery, le groupe a effectué de gros travaux sur le réseau d’irrigation pour économiser de l’eau.

Le réseau a donc été entièrement remanié pour une utilisation de l’eau beaucoup plus raisonnée.

Au lieu d’avoir un gros arroseur qui arrose l’ensemble du green, le golf dispose maintenant de six arroseurs, pour arroser chaque partie du gazon, et selon ses besoins en eau.

La même opération est en cours sur le golf d'Orléans-Limère cette année, qui revient à un coût de 100 000 à 150 000 euros par site.

Le directeur affirme que le golf adhère aujourd’hui à une philosophie différente :

« Aujourd’hui, un intendant de parcours aide son parcours à aller puiser dans ses réserves. Il y a 10 ans, on inondait les parcours pour qu’ils soient très verts, et l’on s’est rendu compte que cela apportait des maladies au gazon, et un sol oxy par le sur-arrosage. »

Il ajoute : « Une gestion de l’eau raisonnée va évidemment dans le sens de la protection de la ressource, mais permet aussi aux golfs d’avoir des sols dans des états sanitaires bien meilleurs. »

Toujours selon le directeur, avant, on « arrosait trop, on traitait trop ».

Il met aussi en avant la question des compétences dans la gestion et l’approche de la nature, pour savoir comment elle fonctionne, et comment faire pousser les gazons.

« Nous sommes seulement des producteurs intensifs de gazon, c’est notre métier. Notre métier c’est la terre, c’est la planète »

Le golf de Limère pratique également l’inversion de flores sur son parcours depuis deux ans, c’est-à-dire qu’ils implantent des graminées plus résistantes au manque d’eau.

Maxime Adolphe-Louis raconte d'ailleurs qu’en 2019, ils ont reçu de très grosses restrictions en eau de la part de la Préfecture.

Ils ont dû couper l’arrosage des fairways et départs de juillet à octobre.

Le golf de Limère n’utilise donc plus de Ray-gras anglais pour son gazon, traditionnellement utilisé sur les départs et fairways, pour ses propriétés visuelles très esthétiques, et sa vitesse de pousse.

Il explique alors que le Ray-gras anglais est très consommateur d’eau et d’entretien, et sujets aux maladies.

Au golf de Limère, le directeur affirme qu’ils ne sont « pas loin du zéro produit phytosanitaire » pour l’entretien des golfs, avec plus que trois traitements dans l’année, au lieu de dix par an, il y a dix ans.

« On revient à un système avant le phytosanitaire, où on remplace les produits chimiques, par des actions mécaniques plus importantes. Cela permet de faire ce que la chimie nous permettait de faire d’une autre manière. Notre métier est de ne pas sulfater la planète, mais de garantir la biodiversité dans les golfs. »

Maxime Adolphe-Louis fait alors référence au nom du groupe GAIA Concept, qui n’est selon lui, pas choisi de manière anodine. GAIA est la déesse de la terre grecque.

Le passionné de golf nous livre alors son avis sur l’interdiction des produits phytosanitaires : « Nous n’avons pas le choix, et cela représente la survie du golf. »

Il ajoute : « Il va falloir que les golfeurs s’habituent à de l’herbe un peu plus jaune l’été, à voir un peu plus régulièrement des pâquerettes dans les rough et sur les fairways. Mais cela est fondamental, le golf n’est pas essentiel. On a "découvert" de manière essentielle qu’il fallait arrêter de tuer la planète ! ».

Il soutient alors que le fait de voir les grands tournois commencer à faire sécher leurs parcours à la télévision, aide à instaurer le changement, et à normaliser l’herbe « jaune » en période sèche.

« Le problème dans ces situations-là, ce sont les 10% qui ne respectent pas les réglementations. Ce sont eux, qui font que les changements sont plus durs à amener. » termine-t-il.

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