Masters Augusta 2019 : Jason Day leader à -7 avec un dos toujours fragile

Masters Augusta 2019 : Jason Day leader à -7 avec un dos toujours fragile

Cela devient presque une habitude en majeur, Jason Day allongé sur le sol réalisant des mouvements avec un chiropracteur pour soulager son dos. US Open 2015, WGC-Dell Match-Play 2016, Jason Day est souvent au centre de l’attention pour son état de santé, ce qui ne l’empêche pas nécessairement de gagner à la fin. Cela pourrait bien être encore l’histoire de ce 83eme Masters à Augusta, alors que quelques minutes avant de prendre le départ, il estimait avoir de bonnes chances d’abandonner, et finalement, après deux tours, il se trouve en tête du leaderboard à -7.

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Deux minutes seulement avant son horaire de départ jeudi après-midi, sur le putting-green, au moment de vouloir embrasser sa fille, Jason Day a bien cru que sont 9eme Masters allait se terminer là.

La douleur, insoutenable, l’assaillait au point d’imaginer devoir renoncer, et prévenir son cadet d’une issue peu favorable.

30 minutes plus tard, et cela a déjà été une des images à retenir du premier tour, Jason Day était allongé au sol, tout près du départ du second trou, faisant des étirements avec le concours d’un chiropracteur.

20 minutes plus tard, il renouvelait l’expérience sur le trou numéro quatre.

Pendant toute la durée de son premier tour, Jason Day a donné l’image d’un homme en souffrance, alors que paradoxalement, dans sa partie, Bryson DeChambeau semblait marcher sur l’eau.

Au final, il réussit à sortir de la partie avec une carte de 70, synonyme de chances de pouvoir passer le cut le lendemain, et à condition qu’il puisse jouer.

Des deux premiers tours de l’australien, c’est peut-être ce premier tour joué contre la douleur qui devra rester dans les mémoires, surtout en cas de victoire dimanche.

Car, contre toute attente, Jason Day est bel et bien en position pour gagner ce Masters.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les douleurs dorsales se sont envolées comme par miracle, et ont laissé l’opportunité à l’ex-numéro un mondial de délivrer tout son savoir-faire, notamment autour et sur les greens.

Alors que la veille, Bryson DeChambeau pouvait briller avec sa science, inversement, Jason Day a patiemment, mais continuellement, baissé sa carte de deux coups sous le par à sept coups sous le par, soit le meilleur total après deux tours.

De son côté, DeChambeau, toujours dans la même partie, connaissait une aventure semblable à un jeu de montagnes russes, passant d’un score de 66 à 75 !

Les bons putters semblaient bien avoir pris l’avantage sur ce deuxième tour.

Une interruption du jeu de seulement 30 minutes, marquée par l’arrivée de la pluie a ralenti les greens. Il faut croire que Day, Spieth ou même Woods en ont tiré avantage.

Jason Day est bien connu pour être le meilleur golfeur dans cet exercice, de même que Jordan Spieth a aussi retourné une situation bien compromise après le premier tour.

Le texan qui avait démarré la journée à +3, soit dans le cut provisoire, a réussi à retourner la situation, et revenir à -1 total sur deux jours.

Depuis le début de la saison 2019, et bien qu’il ne soit pas au sommet du classement mondial, ni déjà titré comme l’an passé, alors qu’il avait déjà remporté le Farmer’s Insurance Open à Torrey Pines, Jason Day est bien 4eme pour le nombre de coups gagnés au putting.

Cette statistique n’est pas anecdotique. Elle lui permet de pointer en parallèle au quatrième rang des golfeurs du PGA Tour qui rentrent le plus de birdies.

Infaillible à moins de 2 mètres du drapeau, il est aussi redoutable entre 3 et 4 mètres.

Si son dos peut rendre son driving erratique, sa puissance n’est d’ailleurs plus un atout majeur de son jeu (seulement 299 yards de moyenne en 2019 – 57eme pour la distance sur le PGA Tour), son putting ne l’a jamais vraiment laissé tomber.

En 2018, il a terminé la saison au deuxième rang des coups gagnés sur les greens. En 2016, il était le numéro un, et par conséquent, numéro un mondial de golf.

A part son année noire en 2017, son putting a toujours été au rendez-vous, et ce n’est pas étonnant de le retrouver parmi les leaders à Augusta, alors que justement la victoire se joue le plus souvent sur la lecture des greens.

Jeudi, malgré la douleur, c’est sa femme, Ellie qui a trouvé les mots pour lui remonter le moral, et l’encourager.

Elle en a l’habitude. L’Australien n’arrive pas durablement à se défaire de ses douleurs au dos.

Une semaine plus tôt, il a été rapporté que dans un salon privé d’un aéroport de Floride, avec son entraîneur, à nouveau allongé au sol, il faisait des exercices pour souffler dans des ballons, un exercice qui le soulagerait notamment au niveau de la cage thoracique, qui de temps en temps, changerait de position, source de son mal.

En réalité, Jason Day souffre du dos depuis l’âge de 13 ans, ce qui le rend parfois vraiment très malheureux et déprimé, comme en a témoigné sa compagne à la presse américaine.

En mars dernier, il avait déjà été contraint d’abandonner pendant le tournoi du Arnold Palmer Invitational. Dans les jours qui ont suivi, il a pris une très bonne huitième place au Player’s.

Sa saison est souvent marquée par des hauts et des bas

Il est arrivé à Augusta avec beaucoup d’envie, d’autant qu’il s’agit de son parcours préféré, et qu’il a déjà complété deux top-3 au Masters, mais plus depuis trois ans.

Difficile de faire des prédictions pour la suite du week-end, le dos de l’Australien lui joue des tours d’une journée à une autre. Une chose est certaine : Sa femme joue un grand rôle à ses côtés, notamment pour le soutenir moralement.

« Elle a essayé de me préparer pour ce second tour, et cela a marché. J’ai changé mon état d’esprit. Je pensais que je pouvais manquer le cut, et me dire, que finalement, ce serait juste à cause de mon dos. Je n’ai pas eu envie que cela se produise. »

Il poursuit « En tant qu’athlète, quand vous avez une blessure, vous avez l’impression que c’est la fin du monde, et que vous n’avez rien d’autre. Vous avez mis tout ce que vous pouviez dans votre vie de sportif, et vous n’avez plus rien. Cela peut être déprimant. C’est difficile car vous imaginez que la fin est plus proche que ce que vous imaginiez. »

La fin de ce Masters n’est peut-être pas si proche pour Jason Day.

Habitué à se battre contre son dos depuis près de 18 ans, avec le soutien de sa femme, il trouvera peut-être une force supplémentaire pour relever le défi d’Augusta, et enfin s’y imposer pour remporter son deuxième majeur en carrière.

En sortant du premier tour, Jason Day est resté allongé le plus longtemps possible avec de la glace sur le dos. Le lendemain, il a commencé sa journée par une heure de protocole avec son préparateur physique, et avant de taper le moindre coup de golf.

Sa confiance retrouvée, sa concentration au plus haut, Jason Day a démontré une fois de plus qu’il pouvait se hisser au niveau des meilleurs golfeurs du monde.

Combien de temps son corps lui permettra de soutenir la violence d’un swing de drive exécuté à plus de 120 mp/h ? C’est toujours la question qui le poursuit depuis quelques années.

Il a aussi déjà démontré qu’il pouvait remporter un grand tournoi de golf (Championnat du monde de match-play 2016) tout en souffrant du dos au point d’imaginer abandonner…

Crédit photo : David Rosenblum/Icon Sportswire

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