Masters 2020 : Tiger Woods, toujours le Maître d’Augusta ?

Tiger Woods a-t-il bien caché son jeu pendant 19 mois ? Le Masters d’Augusta est-il désormais son seul objectif ? Ces questions peuvent se poser après le premier tour du Masters 2020 disputé à une date, certes inhabituelle, dans des conditions inhabituelles, avec notamment l’absence de public, et un parcours beaucoup plus souple qu’à l’accoutumée.  Auteur d’un premier tour en 68, soit 4 coups sous le PAR, d’un parcours pourtant long de 7103 mètres des backtees, Woods a tout simplement rendu sa meilleure carte ex-aequo avec le Masters 2010, pour une première partie du jeudi. Tout au long de 2020, le Tigre n’a pourtant jamais semblé être capable de jouer à un tel niveau…

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En avril 2010, 96 joueurs sont au départ du 74eme Masters de l’histoire. La journée du Jeudi est très ensoleillée, et un retour est très anticipé, celui d’un certain Tiger Woods.

Quelques jours avant le début du tournoi, de manière inhabituelle, Billy Payne, le Président de l’Augusta National Golf Club critique ouvertement le numéro un mondial de golf, sur le point de rejouer au golf, et justement au Masters.

« Son scandale a déçu les enfants, et les plus grands. »

Il ajoute « Woods a oublié qu’avec la notoriété et la fortune, vient le sens des responsabilités »

Tiger n’a pas joué au golf depuis près de cinq mois, et passé une bonne partie de son temps dans une sorte de clinique pour se réhabiliter de ses habitudes.

C’était il y a dix ans, et Woods déclarait laconiquement « Rien n’a changé ! Je suis là pour gagner. »

Il était en fait en chasse de sa cinquième veste verte ! Il ne le savait pas encore, mais il allait mettre neuf ans de plus pour atteindre cet objectif, et au lieu de sortir du tunnel, il allait y entrer pour longtemps.

Le fameux Tiger Woods 2.0 espéré après le scandale, et les révélations sur sa vie personnelle n’allait apparaître que fin 2017, pour connaître une totale rédemption en avril 2019, un dimanche de victoire à Augusta.

Et là, oui, il aurait pu dire « Rien n’a changé… sauf l’émotion immense de sa cinquième victoire à Augusta, et l’étreinte avec sa famille, sa mère Kultida (76 ans aujourd’hui), et surtout son fils Charlie.

De ce fameux Masters 2010, Tiger qui n’avait pas reçu un accueil chaleureux, il pourra donc se souvenir d’un premier tour joué en 68, alors que jusque-là, il n’avait jamais joué un score aussi bas sur un premier tour à Augusta, pas même en 1997.

Il lui aura donc fallu dix ans de plus pour réussir à égaler ce record, et quelque part, dans une position un peu comparable : Celle du golfeur attendu mais pas vraiment attendu !

Bien entendu que tous les yeux sont braqués sur lui pour sa 23eme participation au Masters…

Cependant, dans les jours qui ont précédé ce Masters d’un nouveau genre, les doutes étaient permis par rapport à ce qu’il avait affiché depuis un certain dimanche d’avril 2019.

Ce serait un euphémisme de dire qu’il n’avait pas de jeu, pas de driving, pas de jeu de fers, pas d’approches, et pas vraiment de putting, en comparaison de ce à quoi il avait pu nous habituer.

Comme pouvait le dire Joe LaCava, son fidèle cadet, rien de bien grave, mais rien qui pouvait laisser penser que Tiger jouerait aussi bien jeudi.

Depuis des mois, nous étions conditionnés aux nouvelles règles de la distance, et des bombardiers encore plus puissants. DeChambeau devait marcher sur Augusta, et emmener avec lui des joueurs qui taperaient toujours plus vite.

Woods, plutôt stable dans ce domaine, à bientôt 45 ans, semblait apathique, et sans capacité de réaction.

Semblait ? C’est peut-être le bon terme, car Woods a prouvé ce jeudi qu’il connaissait toujours Augusta comme sa poche.

Malgré un départ retardé de près de 3 heures, et sans les encouragements des « patrons », les fans d’Augusta, remplacés par le vrombissement permanent des machines SubAIr, Woods s’est élancé tout sauf dans l’inconnu.

En conférence de presse mardi, il avait d’ailleurs déclaré « Je me sens mieux dans mon corps qu’un an plus tôt. C’est donc plus facile pour moi de taper certains coups. »

Heureux de partir du 10, il a signé trois birdies sur l’aller, histoire de se mettre en confiance, avant d’enchaîner par un quatrième birdie dès le premier trou du retour.

Plutôt habitué à souffrir sur les trous de l’aller, joué donc au retour, cette fois, il n’allait pas commettre le moindre bogey, pas même sur le trou numéro 5, qui ne lui avait pourtant pas réussi l’an passé (quatre bogeys sur quatre tours), sans l’empêcher de gagner le tournoi.

A lire son visage après seulement son second coup de la journée, difficile de croire qu’il allait connaître une si belle journée, exemptée du moindre bogey.

Sur le trou 10, après un bon drive, son approche au fer manqua le green. Une merveille d’approche-putt allait lui permettre de sauver un premier PAR, et donner le ton de sa journée.

Au fur et à mesure de la journée, il va se dérider, et enchaîner les bons coups de fers avec les putts assurés.

Sur le trou 13, le premier PAR 5 de sa journée, c’est à nouveau un coup de fer qui va le placer en bonne posture. Il attrape le green en deux, et tente sa chance pour eagle. Un premier putt bien dosé lui offre sa première opportunité de birdie de la journée. Il ne va pas la manquer.

Tout n’a pas été parfait malgré ce score de 68, comme le départ du 14 qui trop à gauche, touche un arbre, et finit par se recentrer sur le fairway, mais finalement Woods n’a jamais été dans le rouge.

Aux termes de cette journée, il compte deux coups d’avances sur le favori Bryson DeChambeau qu’il ne faut surtout pas sous-estimer.

Le plan de ce dernier n’a pas encore fonctionné à la perfection, mais par exemple, à en juger de son dernier trou (le 9) réussi en birdie en overdrivant nettement Jon Rahm, DeChambeau mérite toujours bien ce statut.

Cela étant, avec des coups de fers chirurgicaux comme au départ du 16 ou un niveau de putting retrouvé comme sur le green du 15, Woods montre qu’il peut répondre, et faire résolument parti des prétendants pour dimanche.

Avec un score de 68 sur le premier tour, ce serait même surprenant de ne pas le retrouver dans le top 15 de ce Masters 2020.

A-t-il caché son jeu ? Peut-être, mais il a surtout le jeu parfait pour ce parcours d’Augusta, et quelle que soit la saison…

Malgré sa forme du moment, c’est bien sa science du parcours qui lui permet de savoir où manquer les drives, où rentrer les putts, et en fait, exécuter un plan de jeu.

« Je pense que comprendre comment jouer ce parcours est très important, et heureusement, depuis plus de 20 ans, j’ai joué de très nombreuses fois ici pour apprendre. »

Ce jeudi, il a bien démontré tout son arsenal de coups pour toucher 15 greens sur 18 en régulation, de même qu’il a su prendre 10 fairways sur 14.

Sa moyenne de distance au driver de 257 mètres n’a pas été un handicap pour produire une si bonne carte de score.

Contrairement à sa dernière sortie, dans le cadre du ZOZO Championship, il a déclaré « J’ai tout bien fait. J’ai bien drivé. J’ai bien tapé mes fers, et j’ai bien putté. La seule chose que je pourrai redire, c’est que j’aurai pu rentrer encore quelques putts de plus »

Effectivement, sur son dernier trou de la journée, au 9, il manque d’un cheveu de signer un cinquième birdie à sa portée.

Sur les putts entre 1.5 mètres et 3 mètres, il en a d’ailleurs converti 16 sur 16, soit le meilleur résultat de la journée, démontrant que si DeChambeau mise sur la puissance, lui mise bien sur le putting.

Crédit photo : Robin Alam/Icon Sportswire

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