Masters 2020 : Dustin Johnson en contrôle avant le dernier tour. Peut-il vraiment perdre ?

Auteur d’un troisième tour en 65 (-7 coups sous le PAR) à l’occasion du « Moving Day » à Augusta pour le compte du 84eme Masters, l’américain Dustin Johnson (36 ans) a délivré une partie digne d’un numéro un mondial, en parfaite maîtrise de son jeu, et de ses émotions. Rory McIlroy le reconnaît lui-même, DJ est certainement le meilleur golfeur du point de vue de l’attitude sur un parcours. Dimanche, pour le compte du dernier tour, avec une avance de quatre coups, difficile d’imaginer un scénario où il ne pourrait pas enfin enfiler sa première veste verte. Fin du suspense ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Avec deux cartes de 65 en trois jours, Dustin Johnson s’est largement détaché de la mêlée pour occuper seul la tête du Masters à -16, soit le record égalé du score le plus bas après 54 trous, un record jusque-là détenu par Jordan Spieth qui avait écrasé le Masters 2015.

Certains fans de golf pourront le regretter, cependant, DJ a probablement mis fin au suspense concernant le futur vainqueur du Masters à Augusta pour une édition très spéciale.

Déplacée en Novembre, dans des conditions de jeu plus souples qu’à l’accoutumée, ce qui explique peut-être un cut historiquement dans le PAR, et surtout sans spectateurs, ce qui gâche largement cette fête du golf, et en raison d’une pandémie, qui aura elle-même largement « gâchée » beaucoup cette année.

Le Masters reste le tournoi de golf le plus attrayant, et le plus passionnant.

Avant le début du tournoi, on pouvait légitimement penser que Bryson DeChambeau, déjà vainqueur de l’US Open pourrait être un favori logique, mais finalement, son plan ne s’est pas passé comme prévu, et c’est un autre bombardier qui a pris l’avantage.

La distance depuis le tee de départ restait clairement un argument indiscutable pour tenter de gagner le Masters… toutefois, ce n’était pas la condition suffisante.

Certains golfeurs qui n’ont pas connu les années 2000, tout du moins, les images d’un Tiger Woods ultradominant le golf mondial pourraient penser qu’il tapait simplement plus loin et plus fort que tout le reste du champ des joueurs contre lui, en particulier Vijay Singh, Padraig Harrington, Phil Mickelson, Sergio Garcia, David Duval, Ernie Els, Retief Goosen ou encore Adam Scott…

Non, Tiger Woods ne tapait pas seulement fort dans la balle au drive ! Il faisait tout mieux que tout le monde !

Il drivait mieux ! Il tapait de meilleurs coups de fers ! Il chipait mieux ! Et surtout, il puttait mieux qu’un dieu !

Sur le parcours, il dégageait une attitude incroyable, et pratiquement extra-terrestre. Parfois, on pouvait se demander s’il n’était pas un surhomme d’un point de vue de la force mentale, et de la crainte qu’il inspirait à ses adversaires.

Pour toutes ces raisons, il était le numéro un mondial.

Aujourd’hui, Dustin Johnson est l’actuel numéro un mondial, et il rassemble beaucoup de points communs avec le Tigre. D’une part, il est le seul golfeur comme Woods à avoir gagné au moins un tournoi du PGA Tour pendant plus de dix ans d’affilée !

Sur ce Masters, Dustin Johnson drive mieux, approche mieux, chipe mieux et putte mieux que tous les autres !

En revanche, il n’inspire pas la crainte avec un regard de tueur ou des coups de recovery sous pressions qui soulèvent les foules…

Il n’y a pas de foule à Augusta cette année…Non, s’il y a une différence, c’est cette attitude, toujours cool, impassible comme si rien ne se passait… Dustin Johnson donne non seulement une leçon de golf aux meilleurs de la planète, mais y compris, à nous tous, les amateurs sur comment le contrôle des émotions est une clé pour mieux jouer au golf.

De mon point de vue, il va remporter ce Masters, car si je me fie à une observation pleine d’à-propos du coach Stéphane Mourgue, dans chaque tournoi de quatre tours, tous les golfeurs, même les meilleurs du monde, connaissent une très bonne journée, deux journées moyennes, et une mauvaise journée.

Si on admet que jouer 65 à Augusta est en soi un record (meilleur score du tournoi cette année), Dustin Johnson en jouant deux fois ce score en trois jours, à quoi qu’il arrive déjà réussi à surpasser cette observation, et réaliser deux très bonnes journées.

J’ai du mal à imaginer qu’un jour de dernier tour, il puisse scorer 64 ou mieux, et en fait nous démontrer que ses 65 sont des scores « moyens » pour lui.

Son 70 du vendredi ressemble bien plus à cette définition du score moyen pour lui, et de mon point de vue qui n’engage que moi à ce stade.

Justement, je me suis « amusé » à appliquer le raisonnement de Stéphane Mourgue à l’ensemble des 25 golfeurs qui peuvent encore animer le haut du leaderboard dimanche, et ce pour me permettre d’appuyer mon raisonnement, et notamment le fait que Dustin Johnson a de grandes chances de gagner son deuxième majeur en carrière, et son premier Masters.

Toujours de mon point de vue, pour ce qu’il a démontré au cours de sa carrière, et notamment cette saison, il mérite de le gagner.

Souvent moqué pour avoir perdu des Majeurs, Dustin Johnson démontre depuis une petite dizaine d’années au moins, une constance incroyable au plus haut niveau.

Parfois dominé par Spieth, par Koepka, par DeChambeau, il est toujours là, et aujourd’hui, c’est probablement son tour.

Ci-dessous, ce tableau présente le classement des 25 meilleurs après trois tours à Augusta, avec leurs scores relatif au PAR après 3 tours, les scores des 3 premiers tours réalisés, et une colonne « R4 Prévision » dont j’assume la paternité, soit une « prise de risque » à deviner des scores, sans aucun fondement autre que la notion mise en avant par Stéphane Mourgue… un très bon score, deux moyens, et un moins bon…ce qui appliqué au quatrième tour de chaque joueur pourrait donner le classement final que je vous propose de manière virtuelle.

Deviner l’issue d’un tournoi de golf est un exercice périlleux auquel je ne devrais pas raisonnablement me prêter, mais c’était trop tentant ! C’est le Masters tout de même !

Les 25 meilleurs ont réalisé des scores moyens compris entre 68,84 et 70,16 pendant les trois premiers trous. Il est difficilement imaginable que lors du dernier tour, ils puissent collectivement jouer encore plus bas, sachant que les positions de drapeaux pourraient être les plus complexes.

J’aurai aimé argumenter qu’en présence du public, sous pression, les scores pourraient remonter…Cette année, ce ne sera pas un argument.

Cet exercice m’a surtout permis d’imaginer que Dustin Johnson a déjà tout bien fait pour gagner ce Masters, car dans le cas où il serait néanmoins humain, il lui reste une carte à jouer : La mauvaise !

En admettant qu’il a sorti deux fois sa meilleure carte (65), et une fois sa moyenne (70), il lui reste à sortir la moins bonne journée.

Je ne le vois pas craquer et jouer dix coups au-dessus du PAR ! C’est un parti pris. En revanche, dans une dernière partie à Augusta, il peut jouer seulement le PAR, soit 72, et rester bloqué à -16 total.

Je crois que ce score pourra être suffisant pour lui permettre de gagner le Masters, car le reste des poursuivants sera confronté au même dilemme.

En appliquant la même règle aux autres poursuivants, je parie sur Patrick Reed, Brooks Koepka et Hideki Matsuyama pour sortir une très bonne journée lors du dernier tour, et par exemple, un score de 66.

Cependant, ce ne sera tout simplement pas suffisant, si justement DJ joue au moins le PAR dimanche.

Ce raisonnement pour tout simplement illustrer le « gap », l’écart considérable que Dustin Johnson a déjà réussi à creuser au cours des trois premiers tours, et qui explique pourquoi le suspense va être difficile à alimenter dimanche.

Sans détailler ici la logique que j’ai suivi pour les 25 meilleurs golfeurs de ce Masters, si je prends l’exemple de l’anglais Paul Casey, ce dernier a rendu sa meilleure carte jeudi (65), et sans doute la pire, le lendemain (74), pour revenir dans sa moyenne le samedi (71) …

En suivant l’observation de Stéphane Mourgue, fondée sur des dizaines et des dizaines de tournois de golf, Paul Casey pourrait à nouveau jouer entre 70 et 72, ce dimanche. Ce ne sera pas suffisant pour aller chercher Dustin Johnson.

Autre exemple, Tiger Woods, que j’ai trouvé au-dessus de ce que j’imaginais jeudi avec un premier score de 68.

Il a ensuite scoré 71 et 72… Le concernant, toute la question est de savoir s’il s’agit de deux scores moyens, ou si son 72 est son moins bon score possible ?

Au sortir de son troisième tour, il se déclarait plutôt fatigué…ce à quoi, le commentaire d’un internaute m’a interpellé « Que devrait dire Bernhard Langer (63 ans), vingt ans plus vieux, et plus vieux golfeur à passer le cut à Augusta, à – 2 après trois tours ?

Quoi qu’il en soit Woods ne devrait pas gagner sa sixième veste verte à Augusta, cette année, et alors qu’on s’est pris à en rêver, à l’issue de son premier tour, sans imaginer que les scores du premier tour seraient à relativiser des conditions particulières d’un Masters en Novembre.

33eme mondial, 17eme après deux tours, en 2020 comme en 1986, les chroniqueurs se sont amusés le temps d’un samedi à prédire un destin comparable à Nicklaus, pour un Woods en quête d’une sixième veste verte… Seul hic, après trois tours, Woods a 11 coups de retards sur DJ, quand Nicklaus n’en avait que 4 à combler !

A la décharge de Tiger, Nicklaus avait-il un niveau d’adversité aussi relevé en 1986 ?

Bien que toutes les prédictions, les miennes comme les autres, sont purement fantaisistes, il n’en demeure pas moins que Dustin Johnson a mis la barre très haute.

Crédit photo : David John Griffin/Icon Sportswire

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 131
  • 1 commentaire
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter
Le golf: C'est beaucoup plus que juste un sport, c...
Dustin Johnson remporte un Masters 2020 sans publi...

Auteur

 

Commentaires   

mhezkia@gmail.com
0 #1 Triste...mhezkia@gmail.com 15-11-2020 15:28
Purée, le Master sans public, c'est d'une tristesse... Vivement que l'on évacue cette année de m...

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.