Masters 2020 : Pourquoi Bryson DeChambeau est l’absolu favori ?

Dans quelques heures, Bryson DeChambeau va s’élancer pour seulement son quatrième Masters à Augusta. Lors de ses trois dernières participations, il n’a pas réussi à se classer parmi les 20 premiers. En ce mois de novembre 2020, inhabituel pour un tel Majeur de golf, DeChambeau est pourtant le favori des bookmakers, et la principale attraction suite à un changement « majeur » de son athlétisme, et sa récente victoire à l’US Open, disputé sur le parcours de Winged Foot. Indiscutablement, le Masters 2020 est déjà focalisé sur la distance au drive, les drivers de 48 inches de long, et les trous que l’américain pourraient couper, en jouant au-dessus des arbres, sur un tournoi qui exceptionnellement va se jouer sans spectateurs…

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DeChambeau, le centre d'attraction du Masters 2020

En conférence de presse de pré-tournoi, lui l’assure, sa vie n’a pas réellement changé depuis sa victoire en majeur, à l’US Open.

Il se dit simplement que son objectif n’est plus de gagner un premier majeur, mais combien il pourrait gagner de Majeurs, tout au long de sa carrière.

A seulement 27 ans, DeChambeau a effectivement, et à priori, une belle carrière devant lui.

Force est de constater que dès cette semaine, à Augusta, pour le Masters 2020, dans la peau du favori, il pourrait définitivement marquer l’année de son emprise.

Le titre du Joueur de l’année a pourtant déjà été décerné au numéro un mondial, Dustin Johnson, cependant, une deuxième victoire en Majeur, acquise à la force de son driver, propulserait Bryson DeChambeau dans une autre dimension.

Le Masters n’a pas encore tout à fait commencé, le premier tour tout du moins, qu’il faut bien admettre que l’attention des médias est fortement focalisée sur DeChambeau, et bien plus que sur Dustin Johnson, le numéro un mondial, souvent lucky loser en majeur, mais pourtant souvent bien placé à Augusta.

Hormis un forfait de dernière minute en 2017, et alors qu’il était favori, DJ a toujours obtenu un top-10 à Augusta, et notamment la deuxième place l’an passé, derrière Tiger Woods.

L’attention des médias n’est pas non plus sur l’ogre des Majeurs de ces trois dernières années, Brooks Koepka, de retour de blessure, et finalement, toujours malgré lui sous-estimé.

Koepka avait aussi terminé l’édition 2019 du Masters à la deuxième place.

Non, de tous les prétendants américains, l’attention se porte sur l’hypothétique choix de DeChambeau, d’emporter un driver avec un manche de 48 inches de long, sur le parcours rêvé par Bobby Jones.

Le point de polarisation, un driver long de 48 inches

48 inches de long, c’est le maximum autorisé en compétition de golf, et similaire à la longueur des drivers utilisés lors des concours de long-drive, ce qui jusqu’à peu, semblait être une autre discipline.

Et encore, avant la mise en place de limitation de la longueur du manche, notamment en 2005, certains compétiteurs utilisaient des manches de 55 inches !

Indiscutablement, depuis la fin du premier confinement, et la pause du PGA Tour, le golf vit au rythme de la transformation physique de DeChambeau, et l’accroissement phénoménal de sa vitesse de swing au drive de 133 mph de moyenne (214 kmh).

Sachant que son maximum enregistré en tournoi est même de 138 mph !

Le fait d’opter pour un driver avec un manche encore allongé (actuellement son driver est monté sur un manche de 45,5 inches) pourrait lui procurer un gain de 4 mph ou plus en vitesse de swing.

Présent au practice en début de semaine à Augusta, il a déclaré avoir constaté une vitesse de swing augmentée à 143/144 mph, sans augmentation de sa dispersion, et avec un niveau de spin comparable à ce qu’il enregistre déjà avec son driver actuel.

Tout militerait alors pour qu’il bascule vers ce driver dès jeudi, et pourtant rien n’est moins sûr.

Le monde du golf est suspendu à cette décision depuis près d’un mois, et l’américain entretient le suspense…

Conformément à son habitude de « Mad scientist », jusqu’au dernier moment, il expérimente ce qui pourrait lui apporter un gain notable.

Son entraîneur, Chris Como confirme qu’il ne fait qu’évaluer la différence de performance.

Dès ce lundi, au practice, DeChambeau overdrivait déjà Justin Thomas de près de 20 mètres, et Tiger Woods de plus de 30 !

Ce constat contribue d’ailleurs à son nouveau statut de favori, et lui affirme, qu’il peut taper encore plus loin.

Depuis Lundi, il est donc dans une course à l’optimisation de son driver, changeant les shafts, et se montrant même encore exigeant sur le niveau de spin trop élevé.

Après avoir déjà disputé 9 premiers trous de repérages, il considérait que son drive actuel lui donnait 1000 tours de spin en trop, espérant plutôt 2000 tours que 3000 !

Pour cette raison, avec Chris Como, il a surtout testé un shaft de 45 inches de long.

L’autre aspect révolutionnaire lié à cette longueur incroyable, c’est le fait que DeChambeau va pouvoir tenter des trajectoires jamais imaginées jusque-là à Augusta.

En conséquence, il va devoir « réapprendre le parcours » alors qu’en ce mois de novembre, le parcours est plus « soft » que d’habitude.

Sur les deux PAR 5 du retour, toujours à l’entraînement, il a drivé deux balles à plus de 310 mètres, ce qui derrière lui a permis d’attaquer les deux greens avec un pitch !

De quoi accréditer son affirmation qui consistait à dire que pour lui, Augusta serait plus un PAR 67 que le PAR 72 de 7103 mètres que nous connaissons.

Depuis la première veste verte remportée par Tiger en 1997, le parcours de l’Augusta National a été fortement rallongé. La nouvelle distance de DeChambeau a réduit à néant les efforts de plus de 20 ans des organisateurs.

Surtout que DeChambeau ne semble pas disperser ses balles plus que cela…et donc perdre en précision, ce qu’il gagne en longueur depuis le tee de départ.

Le driver de 48 inches n’est donc pas encore dans son sac, sachant que l’américain admet bien volontiers que pour gagner le Masters, c’est avant tout une question de wedging, et de putting.

Ce qui est étonnant sachant cela, c’est que pourtant depuis un mois, DeChambeau s’est principalement entraîné à swinguer plus vite, et pas forcément à mieux putter ou mieux chipper.

DeChambeau a passé le dernier mois a travaillé sa vitesse, et notamment avec le driver de 48 inches, dans l’espoir de faire la différence sur les plus longs trous (sauf peut-être le 10).

Quelles conséquences sur la stratégie à Augusta ?

DeChambeau devrait bien sortir le drive sur le premier trou, un PAR 4 de 406 mètres.

Il devrait en faire de même sur le second trou, un PAR 5 de 525 mètres qu’il pourrait facilement jouer en deux, alors que quand il manque, c’est plutôt à droite, ce qui ne sera pas un problème sur ce trou.

Le premier véritable problème pour son driver pourrait intervenir sur le trou numéro cinq, un PAR 4 de 452 mètres.

Il pourrait opter pour un bois 3 plus raisonnable, sachant qu’en conférence de presse, il a bien confirmé qu’il n’emmènera pas deux drivers de longueurs différentes.

Le risque d’une balle hors de la ligne est trop pénalisant sur ce trou.

En revanche, son avantage de distance pourrait se voir sur le trou numéro huit, un PAR 5 de 521 mètres.

Dans le cas d’un drive réussi, il pourrait utiliser un fer 4 ou même un fer 5 sur le second trou, et en fonction de la position du drapeau sur le green.

Sur le trou suivant, un PAR 4 de 420 mètres, il pourra sortir le drive sans stress particulier, à l’inverse du trou numéro dix qui commande un bois 3 au maximum.

Sur le trou numéro 11, un PAR 4 de 461 mètres, il ne craindra pas de manquer à gauche, alors que la droite du fairway n’est pas trop pénalisante. En revanche, s’il trouve le centre du fairway, il va se donner un avantage considérable, avec peut-être en second coup, un fer 8 ou un fer 9, alors que les autres joueurs devront utiliser un long fer, et au minimum, un fer 6 !

Sur le trou numéro 13, un PAR 5 de 438 mètres, il va certainement driver au-dessus des arbres à gauche du fairway, pour se laisser seulement 115-120 mètres sur le second coup, et pour directement attaquer le green !

Sur le trou suivant, un PAR 4 de 402 mètres, il devrait encore se donner un bel avantage avec un sandwedge en second coup, quand les autres devront jouer un fer 8 ou un fer 9.

Sur le trou numéro 15, un autre PAR 5 de 484 mètres, son driver pourrait lui permettre de toucher le green en seulement deux coups avec en complément un fer 6 !

Sur le retour, il n’y a guère que le trou 17, un PAR 4 de 402 mètres qui pourrait le gêner au drive, et le pousser à jouer son bois 3, alors que sur le dernier trou, un PAR 4 de 425 mètres, il n’aura même plus à se soucier du bunker de gauche, pour se laisser seulement un wedge comme deuxième coup !

Les trous sur lesquels il pourrait faire la plus grosse différence

Selon les journalistes de la chaîne américaine ESPN, en réalité, il y a cinq trous sur lesquels DeChambeau peut principalement faire une différence majeure avec sa nouvelle longueur.

Sur le trou numéro 1, avec sa puissance, il ne met plus en jeu le bunker de fairway sur la droite, ce qui change dramatiquement le trou pour lui, et permet d’utiliser un wedge à moins de 90 mètres du green.

Le reste des autres joueurs ne pouvant passer ce bunker de droite, et jouer aussi long,  ils pourraient avoir un fer 6 comme second coup !

Sur le trou numéro 5, un trou allongé en 2019 de près de 35 mètres, Woods, l’an passé, n’avait jamais réussi à faire mieux que bogey.

DeChambeau devrait pouvoir passer les bunkers de gauche, et se changer complètement le trou. Il devrait être le seul à être capable de passer ces bunkers !

Derrière, cela veut dire que sur l’attaque de green, il sera potentiellement le seul à pouvoir contrôler sa balle, notamment sur l’avant-green très piégeux.

Sur le trou numéro 9, DeChambeau pourrait driver au-dessus des arbres à gauche, et qui ferment le trou. A nouveau, son coup d’approche serait dans une position bien plus confortable.

Sur le trou numéro 11, avec 30 mètres de plus que le reste des joueurs, son coup d’approche se situerait en bas de la pente du fairway, et un simple wedge pourrait lui permettre d’attaquer le green en meilleure posture.

Enfin, sur le 18, un trou rallongé par rapport à la victoire de Tiger en 1997, DeChambeau pourrait encore faire la différence au drive, et se laisser un coup d’approche raisonnable pour le green.

En conséquence, pour beaucoup, et notamment Jordan Spieth, cette semaine, le risque est fort que le principal adversaire de DeChambeau… soit DeChambeau lui-même !

Crédit photo : Matthew Bolt/Icon Sportswire

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Commentaires   

g.mpouna@gmail.com
+1 #1 Monstrueuxg.mpouna@gmail.com 12-11-2020 12:59
C’est impressionnant de pouvoir mettre autant de vitesse, atteindre de telles distances, tout en maîtrisant la dispersion de ses coups. Je comprends que certains n’aiment pas, mais ça force le respect ... chacun ses armes, sa virtuosité est d’un autre genre.

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