Posté par le dans Actus marques

Les meilleurs drivers de golf de la décennie 2010-2019

Le 10 juillet 2010, j’écrivais mes premières lignes pour un nouveau site internet principalement dédié au matériel de golf, www.jeudegolf.org. En bientôt 10 ans, une décennie, j’ai eu le privilège d’être lu par plus de 2 millions de visiteurs, et l’opportunité de tester près de 90 drivers et 170 configurations différentes, parmi 13 marques. Parmi les grandes marques, Nike a opéré un retrait aussi brutal qu’inattendu, tandis qu’à l’inverse, PXG a fait une entrée remarquée. Cependant, les ventes sont restées principalement dominées par trois marques : TaylorMade, Callaway et PING, qui tour à tour, ont présenté des drivers parmi les plus marquants de ces dernières années. Sur 10 ans, quels sont les drivers qui nous, vous, m’ont marqué ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Au cours de ces dernières années, et au moins pour le marché français, TaylorMade, Callaway et PING ont outrageusement dominé le marché des drivers pour le golf, avec à eux trois, au moins 60% des ventes dans l’hexagone.

Ce pourcentage a plus ou moins varié, de même que les positions entre les trois marques citées.

Cependant, un driver a battu tous les records de ventes au moment de sa sortie, jusqu’à donner plus de 50% de part de marché à son fabricant, le R1 de TaylorMade.

De tous les drivers que nous allons passer en revue ci-après, le R1 restera certainement le driver le plus marquant de ces 10 dernières années.

Avec sa couronne blanche, et sa semelle futuriste, il a créé une véritable rupture dans le domaine des drivers, qui à l’époque ne variaient pas beaucoup du noir au niveau de la couronne. L’engouement a été immense.

Par la suite, TaylorMade avec la contribution de l’ingénieur français, Benoit Vincent mettait au point la notion de contraste au niveau de la couronne, avec la coexistence d’une partie blanche, avec une partie sombre, élément que l’on retrouve toujours aujourd’hui sur tous les derniers drivers de la marque.

Le R1 a marqué la décennie, et influencé la plupart des drivers TaylorMade mis sur le marché depuis.

En 2013, bien moins expérimenté qu’aujourd’hui mais déjà passionné, j’écrivais « Avec ce nouveau driver R1, l’idée maîtresse est d’augmenter encore les possibilités d’ajustement, et fournir un très large choix de réglages pour les 80% des golfeurs qui se trompent dans leurs choix de loft. »

Le constructeur pensait que ce serait son innovation permettant de multiplier les possibilités d’ajustements de la face, du lie, et de la face qui marquerait un tournant pour l’industrie.

Effectivement, la possibilité d’ajuster un driver était à l’époque un sujet en devenir.

Au début de la décennie, et face au R1, deux autres drivers m’ont marqué, et pour des raisons différentes : Le Callaway RAZR FIT XTREM, et le Cleveland CLASSIC XL Custom.

Le premier nommé n’est pourtant pas resté dans les mémoires, balayé par le R1 dans les ventes.

Cependant, alors que je démarrais à peine les premiers tests en compagnie de Clément Morelle, au magasin US Golf de Champagne-Au-Mont-D’or, avec un Trackman 2, je me souviens paradoxalement avoir battu mon record de distance maximale de l’époque avec ce driver, et constaté qu’il s’agissait certainement du driver le plus difficile à jouer, et le moins tolérant.

La balle prise sur le sweet spot, il s’agissait certainement du driver qui offrait le meilleur rendement, en revanche, prendre le sweet spot régulièrement avec ce driver paraissait très difficile.

En dix ans, j’ai rarement eu un tel sentiment avec un autre driver.

Le second nommé, le Cleveland Classic XL Custom mérite aussi d’être nommé dans cette liste.

Pas pour ses ventes restées relativement anecdotiques, mais pour son design rétro, finalement risqué et « moderne » pour l’époque.

A nouveau, quand je fais appel à ma mémoire, et tout ce qui a construit ma rédaction au cours de ces 10 dernières années, ce driver m’a marqué pour son look, mais aussi parce que je découvrais à peine qu’entre deux drivers de marques différentes, les écarts de performances pouvaient être réduits ou même nuls.

Le R1 dominait largement les ventes, mais lors d’un test comparatif, j’avais été stupéfait de constater une faible différence de rendement, entre d’un côté le driver star, et de l’autre, un driver qui ressemblait plus à un pari.

A l’époque, Clément avait drivé les deux drivers exactement à la même distance !

Depuis cette date, plus aucune marque n’a osé proposer un driver aussi à contre-courant, aussi vintage, et finalement aussi unique.

Toujours à propos de TaylorMade, un autre driver aura marqué la décennie, mais sans avoir le même impact que le driver R1 : Le SLDR, nom de code qui voulait dire Slider, ce que Benoit Vincent m’avait demandé de garder sous silence à l’époque. Je n’aurai rompu ma promesse qu’aujourd’hui, près de 7 ans après la sortie de ce club, qui présentait pour la première fois un poids coulissant sous la semelle.

Le SLDR n’a pas connu le même succès que le R1.

D’une part, TaylorMade a commis l’erreur de ne pas continuer à miser sur le blanc. C’était l’avis de Paolo Vittadini, Président d’US Golf, qui lui aussi avait constaté la force de rupture de cette couleur sur les ventes de drivers.

TaylorMade finira par proposer une version blanche de son SLDR, mais trop tard, le train était passé.

TaylorMade est souvent parti dans une direction, puis une autre au cours de ces 10 dernières années. Ce manque de continuité lui a parfois joué des tours…

La marque étant numéro un des ventes dans le monde. Son PD-G de l’époque, Mark KING tablait sur 2 milliards de ventes à horizon 2017….

Finalement, la marque a perdu ce pari, redescendant de son piédestal, perdant par moment sa place de leader au profit de Callaway, vendu par Adidas à un fond d’investissement, et Mark King a connu le placard doré chez Adidas, avant de devenir PD-G de… Taco Bell.

Toutefois, le SLDR allait préfigurer ce qu’allait être plus tard la famille M, et notamment à cause de cette possibilité d’ajuster les trajectoires sous la semelle.

En 2014, ce fut autour de PING de créer l’événement avec un driver, le G30 !

Pour la première fois, une marque de driver développait en soufflerie, un concept de turbulettes sur la couronne, censées favoriser la réduction de la résistance dans l’air.

L’augmentation de la vitesse de swing était déjà un élément prépondérant pour convaincre les golfeurs.

J’écrivais à l’époque « Selon PING, cette innovation a apporté un gain de 2 mp/h en termes de vitesse de club à Bubba Watson, soit un gain pouvant aller jusqu’à 9 mètres en termes de distances. »

Le G30 a permis à PING d’occuper la première place des ventes de drivers en France, et de chahuter sérieusement le leadership de TaylorMade, ce qui n’avait pas été si souvent remis en question jusque-là.

Six ailettes placées sur la couronne avaient suffi à cela.

Comme pouvait le commenter Chip Brewer, PD-G de Callaway et clairement à l’origine du renouveau de la marque californienne « Les golfeurs ont besoin de voir la technologie, pour y croire. »

Les ailettes du driver PING ont agi comme le blanc de la couronne pour le driver R1.

Le G30 restera comme l’un des drivers qui auront marqué la décennie.

Derrière, PING n’a agi que par petites touches, sans finalement retrouver une innovation aussi forte et marquante.

Cela ne l’a pas empêché d’être la marque numéro un des ventes en 2019, avec tout simplement le meilleur ratio prix/performance perçu par les golfeurs.

De mon point de vue, le G410 ne restera pas dans les mémoires, mais aurai pleinement profité de l’héritage du G30.

De son côté, au début de la décennie ; Callaway n’était pas encore très inspiré.

Le FT Optiforce n'aura pas fait long feu, avant que n’arrive deux drivers qui ont commencé à marquer le renouveau de la marque : Le Big Bertha, et le X Hot.

En 2014, le Big Bertha signait non seulement le retour d’un nom iconique pour la marque, mais aussi un marketing assez soigné. La touche de Chip Brewer allait commencer à se faire sentir.

A cette époque, j’avais créé un nouveau ratio pour cranter et analyser les drivers : Le degré d’efficacité qui croisait la distance par rapport à la vitesse de swing du joueur.

Ce ratio supplémentaire au smash factor me permettait de relativiser la performance d’un driver.

Plus un driver présentait un smash factor et un degré d’efficacité élevé, et plus j’en déduisais qu’il était performant.

Le Big Bertha n’a pas été de ce point de vue un souvenir mémorable. Son look l’était bien plus, à un moment où les marques affichaient volontiers plus de fantaisie.

Avec la série des drivers X, Callaway allait marquer le point, notamment pour les golfeurs qui avaient besoin de plus de moment d’inertie, et moins d’ajustements.

Plus que le X HOT, un des drivers qui aura marqué cette décennie, sera le XR 16. Il ne bénéficiait pas du marketing créatif du Big Bertha, mais assurément, c’était l’un des meilleurs drivers de l’année 2016.

Comparativement, dans la foulée du RAZR FIT XTREM, avec la série des Big Bertha puis Great Big Bertha, Callaway affichait une réelle séparation entre des clubs ajustables mais difficiles à jouer par les amateurs, et des clubs très tolérants, représentés par les gammes X ou XR.

Le XR 16 reprenait à son compte la semelle du Optiforce, mais avec un look digne de « Captain America », auquel, Callaway avait savamment ajouté l’expertise de Boeing pour améliorer l’aérodynamique.

Déjà à l’époque, on parlait beaucoup de réduction de traînée dans l’air.

D’un point de vue de la communication, le milieu de la décennie a été marqué par cette recherche d’association entre un fabricant de matériel de golf, et une technologie ou industrie Aérospatiale.

Concernant le XR 16, j’écrivais que la première difficulté de Callaway serait de justifier une hausse du prix de vente de 359 à 399 euros…On était encore loin des drivers à plus de 590 euros aujourd’hui.

Quelques mois plus tôt, une autre marque et un autre driver avait déjà retenu fortement mon attention, à propos d’association technologique : Le Cobra KING LTD, premier driver développé avec des technologies développées dans l’espace !

On pourra penser ce que l’on veut du marketing, mais ce driver restera avec le R1, l’un des trois drivers qui m’aura le plus marqué au cours des dix ans passés.

Si je n’ai finalement jamais vraiment compris l’utilité technique du hublot intégré sous la semelle, mis à part de pouvoir regarder pour la première fois à l’intérieur d’une tête de driver, ce fut l’un des premiers drivers avec lequel j’ai flirté régulièrement avec 1.50 de smash factor, soit le maximum autorisé et possible pour la restitution de vitesse de balle après l’impact.

A l’époque, j’écrivais « Le spaceport trouve une véritable utilité par rapport à un problème concret rencontré par toutes les marques, et tous les clubmakers : Au moment de fixer la tête, il se trouve toujours un moment pour que de petits débris ou de la colle se retrouvent piégés dans la tête. Avec le spaceport, étant donné que cette fenêtre se dévisse, vous pourrez vous assurer que rien ne viendra perturber l’équilibre de la tête. »

Cet argument n’aura pas de suite. Le Spaceport a été très vite abandonné.

Ce driver a pourtant été un tournant pour la marque d’origine Australienne.

Avec le KING LTD, Cobra n’a certes pas remporté le succès commercial qu’elle espérait, mais cela a contribué à replacer la marque sur l’échiquier, et avec une certaine crédibilité.

Dans la foulée, tous les drivers Cobra KING qui ont suivi, se sont distingués par des niveaux de tolérances liés au moment d’inertie parmi les plus élevés du marché.

Cobra se bat désormais régulièrement pour la quatrième place des ventes de drivers en France, et avec des scores tout à fait honorables. Cobra gagnerait à être plus reconnu pour la tolérance de ses drivers.

D’autant que la marque a lancé une autre innovation marquante de cette décennie.

Elle restera la première marque à avoir cru dans les clubs connectés, au travers de son partenariat pionnier avec Arccos.

Au-delà des marques habituellement leaders, Mizuno, Nike et Titleist auront proposé des drivers intéressants, mais sans arriver à durer ou peser sur le marché.

Pour ma part, j’ai longtemps joué le Mizuno JPX-850 qui présentait deux réglages sous la semelle, entre draw et fade, et surtout parce que je le trouvais le plus beau du marché avec sa belle couronne bleue.

En 2015, c’était mon driver « coup de cœur ».

Par rapport à la référence du marché à l’époque, j’écrivais « Le SLDR permet de régler la position du poids sous la semelle de gauche à droite, pour donner du draw ou du fade. Dans le cas du JPX 850, vous pouvez placer le poids à gauche ou à droite, mais en plus, via le système FastTrack, placer un autre poids en avant ou en arrière de la tête de club. »

L’ajustement du driver était alors en plein boom, et pour cette fois, Mizuno, la marque phare des années 80, n’était pas en reste.

Cependant, d’un point de vue marketing, les japonais étaient déjà en perte de vitesse. Malgré de bons drivers, ils n’ont jamais réussi à décoller sur le marché français, jusqu’à se retirer pour confier les ventes à un distributeur.

Au cours de la décennie précédente, grand fan des drivers Nike, j’avais acheté et plébiscité le Ignite, sans doute le driver qui m’aura le plus marqué (2004), et notamment pour son bruit caractéristique à l’impact, et alors que la face n’était pas encore interdite, plus de dix ans après, je n’imaginais pas encore que le Nike Vapor Fly serait le dernier driver Nike que j’aurais à tester.

Malgré des concepts assez originaux, notamment une cavité creusée sous la semelle avec le Covert, depuis l’Ignite, plus aucun driver Nike n’a vraiment défrayé la chronique. Le génial Tom Stites (principal ingénieur de Nike Golf) n’a jamais retrouvé la réussite des années 2000.

Le départ de Nike restera comme l’un des événements les plus marquants de l’industrie du golf. A défaut de proposer les meilleurs drivers, Nike offrait un bon rapport qualité/prix.

Depuis 2010, Titleist n’a pas réellement réussi à se forger une image de marques de driver, à l’inverse des balles, des fers, des wedges ou des putters.

La série des drivers 910 avait pourtant de la qualité, en même temps de rester assez sobre.

Au cours de cette période, Wally Uihlein (CEO d’Acushnet) s’est distingué comme le plus féroce adversaire médiatique opposé à Mark King (TaylorMade), réfutant la stratégie d’un driver tous les ans, et au contraire, défendant un calendrier raisonnable sur tous les deux ans.

Uihlein n’a jamais réussi à imposer sa vision au marché, en revanche, il a duré plus longtemps que Mark King, à la présidence de sa société, ne partant pas par une porte dérobée.

Des drivers Titleist, je retiendrai en particulier les 917 D2 et D3 avec le principe d’ajustement du centre de gravité placé à l’arrière de la semelle, SUREFIT CG.

Cependant, très classique peut-être trop sobre, si Titleist a toujours réalisé de bons drivers avec au contraire de TaylorMade, une vraie continuité, quand on regarde dans le rétroviseur, difficile de se souvenir d’un driver qui aura plus marqué son époque.

910, 913, 915, 917, toujours de bons drivers mais pas forcément un hit, et au moins jusqu’à l’arrivée du TS2, qui au-delà du nom a marqué une première rupture positive pour la marque.

Pour mon cas personnel, je resterai marqué positivement par mon expérience de fitting offerte par Titleist avec le TS2. Fitting qui avait débouché sur un véritable gain de vitesse avec une tête parmi les plus tolérantes du marché.

Enfin, une marque aura réussi une percé que personne n’imaginait sur le marché français, XXIO, avec son offre de driver ultraléger, et ultrapremium.

A l’inverse de marques citées plus haut, sans avoir la même histoire, XXIO s’est imposée en très peu de temps, au point de devenir la quatrième marque qui génère le plus de valeurs de ventes en France.

XXIO Prime, XXIO 10, des drivers qui ont marqué la décennie pour leur poids plume, et des avancées dans le domaine des shafts pesant jusqu’à moins de 40 grammes. Avec XXIO, on a appris des nouveaux termes, et de nouveaux matériaux, comme la résine nanoalloy.

Pour finir ce sujet par les deux dernières innovations marquantes de cette décennie, la Twist face de TaylorMade, et la technologie Jailbreak de Callaway.

La twist face consistait à vriller la face, pour réduire la dispersion sur les coups décentrés, alors que la Jailbreak, deux barres de titanes situées derrière la face devaient durcir la structure, et offrir un meilleur rendement, sans pour autant contrevenir aux limitations imposées par l’USGA.

Ces innovations ont retenu l’attention du public avec des investissements publicitaires en hausse constante, notamment sur le marché américain, et permis une augmentation des prix de ventes au-dessus des 500 euros par driver. C’est aussi l’un des éléments qu’il faudra retenir de cette décennie.

D’un point de vue des performances, dans les deux cas, difficile de démontrer un avantage indéniable pour l’utilisateur, même si le TaylorMade M3 est à ce jour l’une des meilleures têtes produites par TaylorMade, de même que le driver Epic Flash pour Callaway.

La décennie s’achève avec le sentiment que les marques sont au bout de ce qu’elles peuvent apporter, non pas comme innovations, mais comme performance supplémentaire, fortement contraintes par la législation et la limitation du coefficient de restitution.

Depuis au moins trois ans, je ne constate pas de gains significatifs de distances avec les nouveaux drivers. Je crains qu’il en soit encore de même en 2020.

Une autre innovation de cette décennie est passée par là : les launch monitor portables ! Ils auront permis de plus et mieux contrôler les produits mis sur le marché.

Aujourd’hui, il est plus difficile que dix ans auparavant d’annoncer aux golfeurs qu’ils vont gagner 10 mètres de plus avec un nouveau driver. Tout est vérifiable et vérifié. C’est aussi une « donnée » qui a influencé et changé le marketing des marques.

Néanmoins, difficile d’imaginer que lors de la prochaine décennie, il n’y aura pas encore de nouveaux drivers mémorables, et quelques éclairs de génies. Des innovations que l’on n’imagine pas encore aujourd’hui…

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1021
  • 1 commentaire
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter
Festival de golf à Costa Navarino, à l’occasion la...
Arabie Saoudite Ladies European Tour, une première...

Auteur

 

Commentaires   

p.berjaud@orange.fr
0 #1 les meilleurs driversp.berjaud@orange.fr 25-12-2019 10:54
Excellent article !
merci à vous

Patrick

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.