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Le World Amateur Tour : L’expérience ultime du fan de golf

Début mai, deuxième étape de la saison 2019 du World Amateur Tour, disputée au Portugal, près de Lisbonne sur le parcours du Oitavos Dunes, une trentaine de participants, hommes et femmes, ont pu connaître l’expérience ultime de jouer deux tours en compétition, comme des professionnels de golf. Ils, et elles, se sont retrouvées dans les conditions d’un tournoi du circuit professionnel, tout en participant à un championnat en six manches, dont l’épilogue aura lieu en Novembre sur le parcours de la Reserva Sotogrande. Découvrez le déroulement d'un tournoi WAT de l'intérieur...

D’Afrique du Sud jusqu’en Scandinavie, en passant par Dubaï, sur une saison, plus d’une centaine d’amateurs font l’expérience du World Amateur Tour, un circuit imaginé et mis sur pied par Jean-Charles Cambon, un ancien golfeur professionnel, qui par le passé, a fait ses preuves comme organisateur, sur plusieurs tournois et circuits, en France et à l’étranger.

Constatant que de plus en plus d’amateurs rêvaient de côtoyer le monde professionnel, et de passer derrière les cordes, il a mis sur pied cet ambitieux programme, sans rien laisser au hasard.

Une journée de repérage, deux tours de compétitions avec un classement qui prend en compte l’index (les participants, tous amateurs, sont classées entre 0 et 20 d’index), et surtout un classement général sur six épreuves qui permet de couronner un « Champion du monde » et une « championne du monde », comme aime à le rappeler Michel Besanceney, l’un des deux coachs, qui accompagnait les compétiteurs pendant cette manche portugaise.

Le champ des joueurs est majoritairement composé de francophones (français, belges et suisses), mais le circuit compte de plus en plus d’étrangers, des américains, des chinois, et des russes, selon les différentes étapes.

Rien n’est donc laissé au hasard pour faire vivre aux amateurs une expérience en complète immersion.

Le choix des parcours est un des critères de Jean-Charles Cambon.

Oitavos Dunes a par exemple accueilli l’Open du Portugal, tournoi de l’European Tour à plusieurs reprises.

En Octobre, les compétiteurs se dirigeront au Maroc pour le « Morocco Heritage » disputé sur le Royal Golf Dar Es Salam, où justement Michel Besanceney officie en qualité de Directeur.

En fin de saison, l’ultime étape aura lieu sur le prestigieux parcours de la Reserva à Sotogrande, théâtre qui accueille cette année une épreuve du Ladies European Tour.

Auteur d’un reportage pour JeudeGolf.tv sur l’ensemble de cette manche disputée à Oitavos, j’ai pu constater que le premier attrait des compétiteurs pour le World Amateur Tour n’était pas à proprement parler que la compétition, mais surtout l’ambiance, et le fait de retrouver de véritables amis.

Cela étant, sur le tee de départ du trou numéro un, dans les yeux de chacun, on pouvait lire la concentration, et l’envie de bien faire.

 Le classement général, et les leaderboards disséminés à plusieurs endroits stratégiques sur le parcours rappellent que le vainqueur en fin de saison gagne un séjour à Augusta, pour assister au Masters, en compagnie de Jean-Charles Cambon.

C’est l’expérience extraordinaire qu’a justement vécu Christophe Guédon (membre du Old Course à Cannes Mandelieu) qui a remporté le World Amateur Tour 2018, et mis un point d’orgue à participer à toutes les manches.

Il a pu assister à la victoire de Tiger Woods aux premières loges, avant de revenir au Portugal avec encore plus d’envie de gagner à nouveau.

En 2019, à en juger par son implication, il compte bien conserver son titre, et ce, même si cette année, de nouveaux participants viennent lui contester le trophée, à l’image de Marco Saviozzi, leader du classement provisoire, après sa victoire sur la première étape, à Dubaï.

Pour y parvenir, Marco Saviozzi, Christophe Guedon, et la majorité des participants ont aussi bénéficié des conseils du coach reconnu Philippe Allain, et comme les pros pourraient en profiter au practice avant, et pendant une compétition.

Philippe Allain a jusqu’à très récemment coaché des golfeurs professionnels évoluant sur l’European Tour.

En 2012, le Figaro titrait « Philippe Allain, le coach qui monte, qui monte ». A l’époque, il coachait Thomas Levet et Francesco Molinari.

Basé à Marbella, il s’est lancé depuis peu dans un projet très ambitieux et à destination des enfants : Le Stadium Concept.

Cette activité l’a éloigné des practices du tour, mais il n’a pas perdu les gestes et les bons mots.

D’une manière douce et très subtile, ses connaissances sur la biomécanique, mais surtout le cerveau lui permettent de vous donner le conseil juste, surtout comme il le précise « Le jour de la compétition ou la veille, il ne faut pas révolutionner le jeu, mais trouver le petit coup de boost qui va faire gagner des points. »

Je n’ai pas participé au tournoi puisque reporter. Cependant, le soir, il a suffi d’un bref échange avec le coach pour qu’il me donne un conseil décisif pour mes problèmes de contrôle de la face de club dans la zone d’impact.

Le lendemain, appliquant son conseil, j’ai été bluffé par le résultat. Dans la foulée du Figaro, je titrerai bien « Philippe Allain, le coach qui devrait monter encore plus »

Pour parfaire l’expérience des amateurs, et notamment au moment du practice, la veille et lors du premier tour, Jean-Charles Cambon avait assuré la présence d’Alexandre d’Incau, Clubfitter et clubmaker de Benjamin Hebert, Alexandre Levy et de nombreux autres joueurs et joueuses chez les professionnels.

Consultant pour JeuDeGolf, Alexandre avait amené son « camion » du tour pour procéder à différents petits ajustements.

Surtout, avec son Trackman, comme pour un joueur du tour, il donnait des indications d’étalonnages des distances pour les joueurs, qui précision encore en lien avec l’expérience « Tour », avaient des Pro V1, comme balles de practices fournies.

La prestation du clubfitter a été très appréciée, d’autant qu’il avait amené des clubs PXG, pour en faire la démonstration avec de nombreuses têtes, et de nombreux manches, afin d’être sûr de proposer le club adapté.

Dernier élément qui contribue au spectaculaire du World Amateur Tour, les caddies tous vêtus de combinaisons blanches rappelant le Masters d’Augusta, avec dans le dos, le nom de chaque joueur.

Si certains participants avaient décidé d’amener leur propre caddie, d’autres ont bénéficié des connaissances du parcours de la part de caddies expérimentés, et fin connaisseurs du parcours d’Oitavos.

Vincent Raimbault, fondateur de Privatecaddie.com pouvait en attester, par ailleurs membre de l’organisation du World Amateur Tour, et présent sur place pour veiller au bon fonctionnement des tandems.

Seule infortune de ce tournoi organisé de manière très professionnelle par les équipes du WAT, la pluie a perturbé la partie de reconnaissance, et partiellement les deux jours de compétitions, finalement achevés sous un beau et chaud soleil portugais.

Comme les pros, les amateurs ont donc fait face à des conditions climatiques changeantes, avec des greens lents puis rapides. C’est la faculté à s’adapter qui a fait la différence.

Ils ont surtout bataillé avec le difficile parcours d’Oitavos, qui présente une belle diversité de trous, et des panoramas splendides sur l’Océan Atlantique, notamment sur les trous du retour (à partir du départ du 11).

Le départ du 11 propose justement un départ face à l’Océan, pour un par-4 atteignable en un coup à 292 mètres en descente vent dans le dos, mais avec un très bel hors-limite sur toute sa longueur à droite.

Par certains points de vue, ce parcours me rappelle Torrey Pines, le parcours du Farmers Insurance Open, une manche du PGA Tour.

Si la manche de reconnaissance a lieu le mercredi, les deux jours de compétition se sont déroulés le jeudi et le vendredi, entrecoupée de deux soirées d’ouverture et de clôture.

L’ambiance est bonne enfant, et on sent que les participants ont plaisir à s’y retrouver.

Sur le terrain, alors qu’à l’issue du premier tour, le belge Sylvain De Dekker avait pris le commandement du tournoi à la bataille avec le toujours très souriant Franck Henouda, finalement, aux termes du second tour, et d’une longue rivalité avec justement Franck Henouda, c’est finalement Sylvain Berger-Duquenne qui s’est imposé d’un coup, les trois hommes se trouvant tous dans la dernière partie.

Sur le tee du trou numéro un, le leader de la veille a fait preuve d’un peu de fébrilité devant un public parfois plus nombreux que pour un véritable tournoi professionnel, signe que ce WAT réussit complètement sa mission : Vous mettre dans les conditions d’un véritable tournoi à enjeu.

Chez les dames, c’est la Russe Yulia Golubeva qui s’est imposée devant une autre compatriote Irina Nesterova.

Hommes et femmes ont pu recevoir un superbe trophée qui n’était pas sans rappeler celui du champion du monde de Match-Play…encore un signe de la volonté de l’organisateur de mettre les petits plats dans les grands.

Retrouvez très prochainement sur www.jeudegolf.tv, le reportage complet de cet événement qui gagne à être connu, pour son organisation professionnelle, son ambiance conviviable, et l’attrait d’une compétition dans les pas des pros.

Le coût d’inscription peut paraître élevé. Pour la prestation proposée avec logement dans un hôtel 5 étoiles, et une restauration d’excellent niveau, si vous pouvez vous l’offrir, vous ne serez certainement pas déçu.

Il est encore possible de participer à quelques-unes des prochaines épreuves du calendrier 2019, comme par exemple l’étape Scandinave en Juillet, à Copenhague.

Il y a des moments où on préférerait tenir les clubs plutôt que la caméra.

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