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Posté par le dans Insolites sur le golf

Le Skins Game : Un challenge qui peine toujours à convaincre à la télévision

Il y a eu « The Match », l’an passé entre Tiger Woods et Phil Mickelson, et cette année, il y aura « The Challenge : Japan Skins » une formule revisitée, mettant aux prises Tiger Woods, Rory McIlroy, Hideki Matsuyama et Jason Day. Le 21 octobre prochain, quatre des meilleurs golfeurs des quatre coins du monde (Etats-Unis, Europe, Asie et Australie) se disputeront un match essentiellement conçu pour et par la télévision, et dont l’intérêt golfique devrait être relatif. Depuis le premier Skin Game, la formule n’a jamais vraiment conduit à des souvenirs mémorables. C’est peut-être finalement la démonstration que plus que l’argent, les prize money, les fans de golf s’enthousiasment pour les trophées, les vrais ?

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Pour animer un club de golf, créer un événement pour les membres, le skin game qui consiste à réunir un, deux, trois ou quatre pros sur une seule et même partie, présente un intérêt amical et une occasion de divertissement.

C’est aussi une bonne occasion de rapprocher l’univers professionnel de l’environnement amateur.

En faisant jouer les pros sur le parcours où l’on joue le week-end, cela permet de rendre un peu plus palpable et concrète la différence technique ou physique des athlètes.

Finalement, pour avoir été témoin du skin game du Golf de La Tour de Salvagny, organisé en 2016, entre Raphael Jacquelin, Sebastien Gros, et Gary Stal, la formule fonctionne surtout pour les amateurs sur-place qui peuvent suivre la partie, et c’est un bon divertissement.

A une plus grande échelle, et notamment celle qu’engendre la télévision, le Skin Game perd rapidement de son intérêt, puisque le téléspectateur est par définition « coupé » de l’action, et du véritable bénéfice : Vivre une partie de golf dans des conditions qui n’ont rien à voir avec le côté formaté et très sérieux d’un tour professionnel.

Dans votre fauteuil, difficile de se passionner pour ce putt qui pourrait rentrer en faveur de l’un ou de l’autre, y compris s’il s’agit de votre chouchou.

Le skin game est par définition une compétition amicale, et donc sans enjeu sportif.

Les tournois de golf professionnels ont déjà une telle difficulté pour inventer une formule qui pourrait générer de l’enthousiasme sur une période de temps raisonnable (un tour de golf dure une journée, et un tournoi de golf dure quatre jours), que mis à part la Ryder Cup qui arrive à créer de l’intensité sur 3 jours, un match de golf amical part déjà avec un lourd handicap.

Si les plus passionnés aiment regarder une étape du Tour de France en entier, pour les étapes de plats, c’est souvent les 5 dernières minutes qui s’avèrent réellement palpitantes avec le sprint.

C’est palpitant, car c’est à ce moment précis que se joue la victoire. Le reste du temps, sans offenser personne, c’est un divertissement, ce qui par définition veut un peu dire « passer le temps. »

C’est exactement la même chose quand il s’agit de suivre à la télévision une partie de golf de 18 trous sur plus de 4 heures, avec ses nombreux temps morts, comme quand les golfeurs marchent vers leurs balles.

La télévision essaie bien de dynamiser ces moments un peu mornes, en interviewant les joueurs pendant qu’ils marchent, signe qu’il faut meubler avec du contenu utile, et sans que l’on sache vraiment si les joueurs apprécient de sortir de leur concentration, pour répondre à des questions plus ou moins pertinentes, sur une partie en train de se dérouler, et où tout peut encore arriver.

Est-ce que le golf est télégénique ? C’est la véritable question finalement, y compris pour nous les fans de golf qui aimons nous enthousiasmer pour les victoires des champions.

Mais justement qu’est-ce qui nous enthousiasme ? Souvent, c’est le dernier putt de Phil Mickelson pour remporter son premier Masters en 2004, ou plus récemment, toujours au Masters, la dernière victoire incroyable de Tiger Woods, où tout s’est joué sur les derniers trous.

Notre mémoire est à la fois sélective et saturée d’images. Comment se souvenir de 72 trous ? Quel putt a été plus déterminant ? Quel drive a marqué le tournant de la partie ?

La vérité, c’est qu’au golf, quand on visionne un tournoi, l’enjeu, sauf quand un joueur a créé un écart irrattrapable avant, c’est quand il reste, un, deux ou trois trous à jouer avec une égalité, et surtout, pour gagner quelque chose !

De l’argent ? Certainement pas ! Je ne pense pas que beaucoup de fans de golf se trouvent derrière un écran, en serrant les poings, avec une goutte de sueur commençant à descendre de la tempe, en s’imaginant « Ah, fantastique, il va peut-être gagner 1 million de dollars ! »

Le golf de haut de niveau, ce n’est pas le loto.

Ce qui nous anime, ce sont les breloques, les trophées qui finissent au-dessus d’une cheminée, et en fait les pages des livres d’histoires.

Laisser son nom ! Le graver sur une coupe ou sur un tableau d’honneur, et c’est justement ce que le skin game n’arrivera jamais à faire : Traverser les époques, et titiller notre mémoire.

Je distingue bien le Skin game organisé localement pour faire vivre un club de golf, créer du lien entre des golfeurs professionnels, parfois issus de la région, qui connaissent de près ou de loin, les personnes autour des fairways, et ces événements seulement créés pour la télévision, et qui ne suscitent pas un vif intérêt.

Dans le premier cas, on comprend l’intérêt évident, dans le second, on le comprend aussi, puisqu’il s’agit de créer du contenu golf pour animer un temps calme de la saison.

Mais me direz-vous, quel paradoxe, de voir quatre golfeurs parmi les meilleurs au monde, qui sans le crier, se plaignent d’un calendrier trop chargé dans l’année, et sélectionnent « leurs tournois » pour ne pas tous les jouer, et se réserver pour quelques épreuves qu’ils vont considérer plus importantes que d’autres !

Ils n’ont pas le temps pour jouer plus de 25 tournois par an (pour les plus assidus) sur 52 semaines, et par contre, ils trouvent du temps pour aller au Japon (à l’autre bout du monde au moins pour Woods et McIlroy), disputer une partie de golf d’une journée à peine, et sans enjeu !

Non, l’enjeu ne peut pas être seulement financier.

Le prize money (350 000 dollars) de ce nouvel événement, prévu pour s’inscrire durablement dans le calendrier, n’est pas de nature à concurrencer un « vrai » tournoi de golf.

L’an passé, « The Match » à 10 millions de dollars n’avait pas enthousiasmé les foules, justement malgré cette somme, et parce qu’en vérité, les amateurs de golf s’en fichent !

Ils veulent voir le dernier tour de The Open entre Stenson et Mickelson, les trois derniers trous du Masters entre Garcia et Rose, les trois derniers trous du duel à distance entre Koepka et Johnson à l’occasion du dernier US PGA Championship…Ils veulent voir un français dans la dernière partie à l’Open de France, et dans ces cas-là, le temps ne compte pas ou plus.

Dans quelques jours, Tiger Woods, lui qui est justement connu pour sélectionner avec minutie le peu de tournois qu’il dispute dans une année, nous racontera qu’il voulait vraiment faire partie « du truc », lui qui minimise ses déplacements en avion, ou qui nous chante qu’il a trouvé un nouveau driver qui tape plus loin que loin…

Décidément, on aime les champions, mais cela fait belle lurette qu’on ne les écoute plus trop nous vendre la messe.

Si le fait de créer un événement au Japon est une excellente idée pour faire exister le golf de l’autre côté de la planète, et surtout dans le deuxième plus grand pays de golf au monde, alors pourquoi ne pas créer un majeur ou un championnat du monde ?

Dans ce cas, il y a un enjeu, et plus que l’argent, il mobilise les fans autour de l’histoire qui va s’y écrire ou s’y raconter.

Depuis déjà plus de 20 ans, la télévision américaine essaie de mettre en scène Tiger Woods, dans ce type de format. Il y a d’abord eu « Showdown at Sherwood », une opposition factice entre le tigre et David Duval. Un an plus tard, c’était « Battle at Bighorn » contre Sergio Garcia.

La télévision américaine a ensuite essayé les matchs par équipe avec Annika Sorenstam et Karrie Webb ou Jack Nicklaus et Lee Trevino, sans beaucoup plus de succès.

Une chose est finalement rassurante : L’argent n’achète pas l’enjeu !

J’imagine qu’au moment où les quatre mousquetaires se disputeront ce skin game, la plupart des amateurs seront en train de jouer au golf, sur leur parcours ou plutôt dans ce cas précis, en train de dormir, vu le décalage horaire.

Crédit photo : Brian Rothmuller/Icon Sportswire

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