Posté par le dans Insolites sur le golf

L’héritage de l’architecte de golf Pete Dye restera éternel

L’architecte de golf américain Pete Dye, à qui on doit notamment le dessin du parcours du TPC Sawgrass, théâtre magistral du Player’s Championship, est décédé à l’âge de 94 ans, après une longue bataille contre la maladie d’Alzheimer. Auteur d’un seul parcours en France, le Golf de Barbaroux, Pete Dye va laisser un héritage éternel à notre sport, salué par l’ensemble des acteurs du monde du golf, de Jack Niclaus, à Rory McIlroy, en passant par Tiger Woods,  comme beaucoup de golfeurs amateurs et anonymes…

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Architecte de golf depuis la fin des années 50, c’est peu dire que Pete Dye a marqué son époque par la qualité de son travail, en grande partie réalisé à côté de son épouse Alice Dye, décédée en février dernier, à l’âge de 91 ans.

Les Dye ont réalisé plus d’une centaine de parcours de golf sur près de 60 ans.

Le TPC de Sawgrass qui accueille chaque année le Player’s Championship restera sans doute comme l’un des parcours les plus marquants de leur œuvre commune.

Cependant, les parcours de Kiawah Island, Harbour Town ou encore Whistling Straits, qui va accueillir la Ryder Cup, seront encore d’autres illustrations du génie de l’architecte.

Inspiré dès l’origine par le dessin des links écossais, Pete Dye s’est forgé une réputation à travers le dessin de tracés difficiles, avec des petits greens, et des bunkers que certains n’hésitent pas à qualifier de vicieux.

Sa célèbre devise résume sa pensée « Le golf n’est pas un jeu équitable, alors pourquoi dessiner un parcours équitable ? »

Véritable légende outre-Atlantique, Pete Dye était déjà membre du célèbre Golf Hall of Fame qui justement sanctuarise les personnalités qui ont fait le golf. Son décès ne marque pas la fin de son histoire, mais bien le début de sa légende.

Il y a fort à parier qu’il inspirera encore longtemps de nombreux architectes de golf d’aujourd’hui ou de demain.

Source d’inspiration pour les plus grands dont Jack Nicklaus ou encore Tiger Woods, il a changé la façon de penser et concevoir un parcours de golf.

En dessinant des parcours désormais iconiques, Pete Dye aura réussi à imposer son style, mais aussi à rejoindre Harry Colt, Old Tom Morris, Donald Ross ou encore Tom Doak et Allister Mackenzie parmi les légendes de son métier.

Dye a poussé la conception de parcours aux limites, pour justement placer les joueurs en face de leurs peurs, et les intimider.

Beaucoup de ses parcours sont aujourd’hui parmi les meilleurs parcours aux Etats-Unis, et notamment Whistling Straits ou Blackwolf Run.

A l’origine, son père avait construit un 9 trous sur la propriété familiale. Pete Dye était donc prédestiné à dessiner des parcours. Il était lui-même un bon joueur. Il a d’ailleurs participé à l’US Open en 1957.

Passionné de design, le moment clé de son parcours est intervenu avec la rencontre de Donald Ross, architecte déjà célèbre et auteur de Pinehurst numéro 2. Il l’a inspiré, avant qu’il ne rencontre sa femme Alice, et que tous deux commencent à dessiner des parcours.

Sawgrass sera à jamais indissociable du nom de l’architecte.

Pourtant, humble et reconnaissant, il créditait surtout sa femme Alice pour la conception du green en île le plus célèbre du monde… le 17 du Player’s Championship, que toutes les télévisions du monde prennent tant de malin plaisir à filmer, certaines qu’il y aura de l’action, des frissons, et des déceptions.

Comme cité plus haut, les Dye aimaient créer de l’intimidation.

Passé le stade du débutant, quand un golfeur arrive à une certaine maturité de son jeu de golf, quand il a envie d’affronter des défis plus conséquents, affronter un parcours, et surtout des situations qui demandent de se dépasser est effectivement un sentiment exaltant.

Quel golfeur ou golfeuse n’a pas ressenti un frisson particulier au moment d’attaquer un coup plus difficile que la moyenne ?

Le décès de Pete Dye permet de rappeler qu’un parcours de golf n’est pas seulement un tracé de verdure dans un environnement vert.

C’est le reflet du génie de l’homme qui pense en amont des joueurs de golf aux difficultés qu’il va leur proposer, les pièges qu’il va leur tendre, les énigmes à résoudre qu’il va laisser derrière lui…

Quand nous arrivons sur un parcours, beaucoup d’entre nous avons tendance à oublier qu’au-delà du parcours, il y a eu un esprit malin à l’origine de chaque détail, de chaque butte, de chaque forme, et même de chaque courbe d’un bunker…

Nous ne nous battons pas contre un rival, contre un trou, mais bien contre l’esprit d’un architecte qui sait que la plupart du temps, son œuvre sera quasi éternelle, et qu’en plus, dans 99% des cas, il sortira toujours vainqueur.

Dans sa tombe, Pete Dye aura certainement une petite pensée amusée, en nous imaginant nous débattre avec son leg.

Dans notre façon d’aborder un parcours, on perd trop souvent de vue le nom de l’architecte, alors que pourtant, ce serait déjà un indice sur comment aborder la stratégie.

La plupart des architectes, et Pete Dye en particulier, aiment apporter un style et une philosophie. Se préparer à jouer un parcours en fonction de l’architecte est déjà en soi, une façon de préparer son plan de jeu.

En France, Pete Dye nous a légué un seul parcours : Barbaroux.

Sur la page Internet du golf, on peut lire « Une véritable ode à la créativité alliant l’amour de la nature à la fantaisie technique. » Cette phrase pourrait à elle seule résumer la vision, et la passion de Pete Dye pour le golf.

Barbaroux, comme beaucoup des parcours imaginés par Pete Dye, donne une importance prépondérante à la stratégie. Par exemple, il faut savoir choisir les bonnes trajectoires, les bons angles sur les fairways dessinés en diagonale.

Comme les greens sont plus petits, plus techniques, très mouvementés, il faut assurer son approche, et avec des clubs plus ouverts pour éviter que les balles ne roulent trop.

Pour beaucoup d’experts dans la classification de parcours, Barbaroux est un de ces rares parcours où chaque trou est mémorable.

Dès le premier par-4, le jouer est placé devant un dilemme, une intimidation…

Ce trou est à lui seul révélateur du génie malicieux de Pete Dye. Depuis les back tees, la vue devant vous est impressionnante, intimidante…

En hauteur, à 358 mètres du départ blanc, vous distinguez un immense obstacle d’eau. Un bout de fairway apparait seulement après la fin de cet obstacle. Depuis le tee, vous vous dites « Mais comment je vais faire pour poser ma balle sur un bout de ce fairway ?

Il faut traverser plus de 180 mètres pour rejoindre le spot idéal en prévision de l’attaque de green suivante !

Pour beaucoup d’entre nous, la prudence invitera à jouer ce par-4 en 5, en évitant l’affrontement avec l’architecte, en jouant volontairement un coup de fer à gauche, hors du fairway, mais dans un espace dégagé, et avant de tenter de le rattraper et le suivre jusqu’au green avec deux coups.

Bien entendu, le coup idéal consisterait à taper un drive à 245 mètres pour se laisser seulement 105 mètres avant d’attaquer le green !

Certes, le tee de départ est en hauteur, mais dès le premier coup, vous devez dépasser l’intimidation, et réussir un exploit pour passer au moins 50 mètres d’obstacle d’eau.

Quand bien même, certains golfeurs arrivent à résoudre ce premier problème, il reste l’attaque du green plus profond que large…

Il y a fort à parier que le Golf de Barbaroux reçoive dans les jours à venir, une attention encore plus particulière, pour son caractère unique, et de la part des golfeurs tentés à l’idée de défier le génie humain.

Pete Dye restera comme le meilleur architecte de l’époque moderne.

Crédit photo : David Rosenblum/Icon Sportswire

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