Posté par le dans Chronique de golfeurs

Décès de Kobe Bryant : Un lien très fort l’unissait à son ami Tiger Woods

Dimanche, 20h30 française, les premières dépêches faisaient état d’un accident d’hélicoptère ayant coûté la vie à plusieurs personnes, dont la star de la NBA, le basketteur Kobe Bryant, joueur des Los Angeles Lakers de 1996 à 2016, et sa fille Gianna (13 ans). A quelques kilomètres du drame, sur le parcours de Torrey Pines, son ami, Tiger Woods en finissait avec sa partie, et sans trop comprendre pourquoi le public amassé autour de sa partie, lui criait « Fait le pour mamba ». 

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Finalement neuvième du Farmers Insurance Open 2020 remporté par l’Australien Marc Leishman, au sortir de son 18 trous, le cadet du Tigre, Joe LaCava l’informe du décès de son ami, Kobe Bryant, l’une des plus grandes icônes du sport américain, et de ces dernières années.

D’abord abasourdi, il comprend l’importance d’apporter son témoignage immédiat à celui qui fut son ami, et qui a partagé le haut de l’affiche avec lui sur plus de 20 ans.

Beaucoup savent déjà que Woods, grand fan de basket, a été chaperonné par Michael Jordan, et Charles Barkley, ses aînés, ce qui n’a pas forcément été du meilleur effet sur le jeune golfeur.

Kobe Bryant, quintuple champion NBA était plus jeune de 3 ans par rapport au tigre, mais était de la même génération. Les médias n’ont jamais cessé de les comparer tout au long de leurs carrières respectives et parallèles.

Ils ont dominé leur sport au même moment, et sur une durée exceptionnelle.

Bryant avait pris sa retraite en 2016, ce qui m’est encore plus en perspective aujourd’hui l’incroyable longévité du tigre à haut niveau.

Woods, archi fan des Los Angeles Lakers ne pouvait que se rapprocher du basketteur, star de son équipe favorite. Au fil des années, ils ont noué une relation d’amitié.

Quand Woods a gagné le Masters 2019, Bryant a été parmi les premiers à le féliciter.

Ils auront toujours été très proches.

Dimanche, l’hélicoptère du basketteur de légende avait décollé malgré une météo déconseillée pour un tel vol, et s’est écrasé peu après 9h30 du matin, à Calabasas, en Californie du Sud, soit à environ une heure par l’autoroute de Torrey Pines, parcours où se trouvait Woods.

A 12h45, Tiger Woods s’est élancé avec JB Holmes et Tom Hoge, dans ce qui pouvait être une première chance réelle de remporter en 2020, son 83eme succès en carrière sur le PGA Tour.

Il n’a pas été informé du drame avant, et pendant la partie.

Concentré sur son jeu, et une carte finale de 70 qui l’a laissé à six coups du vainqueur, c’est donc abasourdi qu’il a appris la nouvelle, alors que le public avait commencé à découvrir la nouvelle au milieu de l’après-midi.

« C’est incroyable. La réalité, c’est qu’il n’est plus là.  J’ai grandi en tant que fan inconditionnel des Lakers. Lebron James vient tout juste de battre son record de points. »

Woods admirait son ami « Il était tellement dominateur dans le jeu offensif (il fait partie des 7 basketteurs à avoir dépassé les 30 000 points en carrière), mais il fallait aussi et surtout admirer son jeu défensif. Il pouvait fermer le jeu pendant tous les quart-temps. C’est ce qui le rendait si spécial. »

En expert de basket, Woods louait la capacité du meilleur basketteur de la décennie 2000, selon la NBA, à jouer dans toutes les zones « Ils sont peut-être deux ou trois joueurs dans toute l’histoire de la NBA à avoir été capable de faire ça. »

En témoin du génie, Woods ajoute « L’une des choses les plus impressionnantes dont j’ai été témoin a été le moment où il s’est rompu le tendon d’Achille, et s’est tout de même rendu sur la « foul line », pour exécuter son lancer-franc. »

Kobe Bryant était le compétiteur ultime, dans un sport différent, mais si proche de Woods pour l’attitude et l’exigence de perfection.

« Nous étions proches. A partir du moment où j’ai déménagé en Floride, nous nous sommes un peu moins vus. »

Moins présent, Woods avait pourtant suivi de près la fin de carrière sportive de son ami.

Quatre ans plus tôt, Kobe Bryant mettait en effet un terme à sa carrière, après avoir subi de nombreuses blessures qui l’empêchèrent d’aller chercher une sixième bague de champion NBA (champion pour la dernière fois en 2010), Woods avait alors 39 ans, et pensait aussi dans un coin de sa tête à la retraite.

Bryant avait réussi sa sortie, et lui servait d’exemple, à la différence que Woods avait un vieux défi qui le tirait toujours en avant : Egaler Nicklaus et ses 18 majeurs, pour ne pas seulement être le joueur des deux dernières décennies, mais le golfeur du siècle.

Fin 2015, Kobe annonçait sa dernière saison dans une lettre « Dear Basketball » qui pouvait faire écho à la conférence « Hello World » du tigre pour annoncer son arrivée sur le tour, en 1996.

Lors de son dernier match de basket en avril 2016, le basketteur marque encore 60 points, et donne la victoire aux Lakers contre les Utah Jazz.

Lors de ce match, il réussit la prouesse de six paniers à trois points réussis sur vingt-et-un tentés (record NBA). 

Fin 2015, Woods, au contraire, n’est pas au mieux.

Il vient de manquer la qualification pour les play-off de la Fedex Cup, et son jeu est loin de son meilleur niveau. Il laisse même apparaître des crises de yips.

Il se fait à nouveau opérer du dos quelques semaines plus tard, et ne jouera pas en 2016 sur le PGA Tour.

Au sujet de la retraite de son ami, il déclare « Quand vous additionnez tous les matchs qu’il a disputé, cela marque le corps. Au bout d’un moment, cela finit par ne plus guérir. Ce jeu est si rapide, si athlétique. C’est juste difficile. J’étais triste pour lui par rapport à sa dernière saison, mais c’est compréhensible, il est là depuis 20 ans ! »

Dans ses mots, on peut lire à travers les lignes qu’il pense aussi à lui, quand il évoque les marques sur le corps.

Bryant quittait le jeu à 37 ans, et finalement, de son côté Woods s’est remis pour l’un des come-back les plus mémorables du sport américain.

Il continue sa course aux records à 44 ans passés, et une nouvelle victoire au Masters à Augusta en avril dernier.

En 2017, ESPN réalisait une fresque dédiée aux légendes vivantes du sport américain, à Kobe Bryant et Tiger Woods, le média ajoutait seulement Tom Brady (football américain).

Ramona Shelbourne écrivait à propos de « Black Mamba », le surnom du basketteur « Black Mamba est peut-être aujourd’hui à la retraite de la NBA, mais pas des feux des projecteurs. »

Depuis la fin de sa carrière, le jeune retraité était effectivement resté très présent dans la mémoire collective, comme en témoigne les milliers de messages de tristesses, venant du monde entier.

Ramona Shelbourne racontait comment Andrew Bernstein, photographe avait été témoin des premières funérailles, celles du sportif.

« En 2016, la mission de Bernstein était de documenter sa carrière, et en particulier la fin de sa vie de basketteur. Il devait immortaliser ses dernières visites dans les stades, ses derniers mots à ses rivaux… »

Bernstein a été le témoin de chaque moment. Il avait pu noter la transformation de l’homme au moment de ce dernier tour de piste.

Tout au long de sa carrière, la star n’a pas fait dans les compromis, voulant et obtenant le meilleur de ses partenaires.

Lors de cette dernière saison, au contraire, il était différent, comme s’il était plus aérien, et plus philosophe.

Pour son dernier match, les chroniqueurs écrivaient qu’il avait accompli l’une des sorties les plus audacieuses possibles pour un sportif de haut niveau.

Il avait planifié cette dernière journée dans sa tête.

Le stade, ses coéquipiers l’ont poussé une fois de plus, une dernière fois, à se surpasser pour marquer 60 points.

« C’est comme si j’avais été forcé à le faire, par le public, et aussi par mes coéquipiers. »

A 37 ans, il était 5 ans plus âgé que n’importe quel autre basketteur ayant scoré autant de points dans un match de NBA.

De Shaquille O’Neal à Horace Grant, tous étaient bouche-bée de cette dernière grande performance.

Allait-il pleurer en quittant le court du Staples Center une dernière fois ? Pour Lamar Odom, ce fils de… avait trop de sang-froid pour. »

Aujourd’hui, après sa disparition, c’est tout le monde du sport qui le pleure à chaudes larmes, à commencer par Tiger Woods.

Crédit photo : Icon Sportswire

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