Qu’est-ce qu’une journée de golf parfaite ? Justin Thomas en démontre l'exemple au Player’s 2021

85% de fairways en régulation, 94% de greens en régulation, les chiffres sont éloquents, et laisseront songeurs plus d’un golfeur. Dimanche 14 mars 2021, l’américain Justin Thomas, 27 ans, est devenu le champion du « Player’s » tout en intégrant par la même occasion un club très fermé des vainqueurs d’un majeur, d’un championnat du monde (WGC), de la Fedex Cup, et donc du cinquième majeur qui ne dit pas son nom (Stenson, Woods, McIlroy sont les autres membres de ce club). Sur un parcours particulièrement préparé pour l’occasion, alors que le -14 du champion américain pourrait en faire faussement oublier la difficulté, notamment sur les greens, Justin Thomas a réalisé la journée parfaite, et même un week-end parfait, avec le record du score le plus bas sur les 36 derniers trous (132 coups). Son jeu du tee au green a largement relégué au second plan le duel pourtant attendu entre « la vieille école » incarnée par Lee Westwood, et la « long-drive method » portée par DeChambeau.

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Au-delà du score de 68 sur le PAR-72 du TPC de Sawgrass mondialement connu, et sa longueur de 7189 yards (6573 mètres tout de même), Justin Thomas nous a justement dévoilé ce que pouvait être une journée de golf parfaite, et notamment quand vous ne manquez quasiment aucun coup.

Si beaucoup d’entre nous, simples amateurs, pouvaient douter qu’une telle journée puisse exister, le temps d’une partie d'un après-midi en Floride, le natif de Louisville a pleinement contrôler son jeu.

Sur la semaine, on notera un impressionnant total de 21 birdies pour seulement 7 bogeys, et 2 doubles, et encore annulés par 2 eagles !

Dimanche, pour dominer en premier lieu le parcours, et bien avant de dominer le champ des joueurs, à commencer par un Anglais Lee Westwood rafraîchissant du haut de ses 47 ans, Thomas n’a même pas eu besoin d’exceller au putting, à l’image de son approche pour birdie sur le trou numéro 12, un des moments clés qui ont contribué à sa victoire.

Sur ce par-4 ridiculement petit pour un tournoi du PGA Tour (seulement 308 yards – 281 mètres), et malgré la présence de deux obstacles d’eaux, la plupart des joueurs ont attaqué le green en un depuis le tee, et qui plus est avec un bois de parcours, et non pas le driver.

Justin Thomas a non seulement attaqué le green. Il l’a touché, et overdrivé avec son bois, pour voir sa balle terminer derrière le green !

Le coup, qui de mon point de vue a résumé l’excellence de sa journée fut pourtant le suivant, où après avoir dropé sa balle sans pénalité, gêné par un sprinkler, à 22 mètres du drapeau, et quelques pentes, l’américain a posé une merveille d’approche à 30 centimètres seulement du trou.

La liste pourrait être longue, et quelque part, il serait stérile de décrire tous les coups du vainqueur du Player’s, tant ils ont pratiquement tous été bons.

Du 9 au trou 12, pendant quatre trous, cette excellence a été récompensée par trois birdies et un eagle… difficile de mieux prendre un virage décisif.

C’est clairement au cours de ces 40 minutes que la victoire de Thomas s’est dessinée alors que dans le même temps le match Westwood-DeChambeau a finalement accouché d’une souris, plié dès le trou numéro 4 avec un étonnant top du jeune américain, pourtant utilisateur d’un merveilleux bois quand on écoute les marques..., et surtout quand les coups sont bons.

On parle moins des clubs quand les coups sont manqués…

Sur la route menant à la victoire, il n’y avait guère qu’une ligne de crète à particulièrement surveiller : Le tee shot du 17, ce terrible par-3 célèbre dans le monde entier, véritable signature mémorable de Sawgrass.

Le drapeau n’était pourtant qu’à 121 mètres, mais même avec moins de vent que le premier jour, quelques joueurs ont vu leur balle terminer dans l’eau, et notamment un Jordan Spieth retrouvé depuis quelques semaines, bien plus en verve, et bon camarade du futur vainqueur.

A cette distance, Thomas savait sans doute qu’il jouait une grande partie de la victoire sur ce seul coup.

Il a tapé pour 114 mètres de long, et surtout à 15 mètres du drapeau sur le côté, signe qu’il ne devait pas prendre le moindre risque, à travers une attaque trop hardie du drapeau.

A une telle distance, les chances de rentrer un putt sont inférieures à 3% même pour un golfeur du PGA Tour, autant dire proche de 0 chance !

Dans ce cas, le seul objectif, c’est de partir avec deux putts.

Le génie de Thomas fut de se laisser un deuxième putt d’1,5 mètres, soit 10% de la distance de son premier putt, ce que nous les amateurs, nous avons beaucoup plus de mal à réaliser.

En rentrant le second putt pour PAR, on a pu voir que Thomas était plus que soulagé, signe qu’il avait bien conscience à la fois de son excellence, mais aussi de son impérieux besoin d’être aussi excellent pour gagner.

Son poing serré après le putt rentré exprimait tout cela à la fois.

Finalement, Westwood ne terminera qu’à un coup derrière. Pour gagner, Thomas avait bien besoin d'une journée parfaite.

Il a notamment bien eu besoin de ce PAR pour l’emporter, comme il a eu la réussite d’un vainqueur sur son drive au départ du 18, qui a parfaitement épousé la courbe du fairway en dog-leg gauche, tapé une bosse pour non seulement gagner les quelques mètres supplémentaires qui font toujours du bien, sans pour autant filer dans l’obstacle d’eau à peine à quelques centimètres, et terminé sa course après 285 mètres parcourus.

85% de fairways touchés en régulation, 94% de greens touchés en régulation… que voulez-vous de plus comme illustration d’une parfaite journée de golf ?

De telles statistiques ne sont pas si communes, et certainement pas anodines.

L’américain a donc répondu à la question : Oui, la perfection est possible au golf.

Et pourtant, l’homme n’est pas parfait.

Il peut faillir, et nous être sympathique pour cela, en référence à son malheureux incident du début de saison, qui l’a privé de son sponsor, bien mal inspiré, Ralph Lauren.

Pendant les huit premiers trous de sa partie, alors qu’il coupait déjà les fairways en deux, son putter n’a pas voulu lui laisser croire qu’il aurait une chance.

Comme souvent, la patience au golf est la meilleure des vertus. Surtout, il ne s’est jamais départi de son jeu de fers, pour nous donner un récital de golf.

Notez qu’il a joué 14 coups sous le PAR sur les PAR-5, la meilleure performance jamais enregistrée par le système ShotLink au Player’s depuis 1983 !

17 greens en régulation sur 17 possibles, il n’a manqué qu’un seul green… le 18, et pour quelques centimètres seulement.

Dimanche, Thomas a démontré que l’on pouvait gagner un grand tournoi de golf, sans pour autant suivre DeChambeau dans la course à la vitesse de swing supplémentaire.

Avec une moyenne de 295 yards pour la semaine, contre 302 pour DeChambeau, sur un parcours qui se prête plus difficilement au concours de long-drive, c’est bien la qualité du jeu de fers qui ressort, et en même temps le putting.

Surtout, c’est la précision de Thomas qui lui a permis de l’emporter sur celui qui apparaît désormais comme un possible favori sur chaque tournoi. Et cela, c’est bénéfique et rafraîchissant pour le golf…

Crédit photo : David Rosenblum/Icon Sportswire

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