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Jon Rahm : Plus que jamais dans les traces des légendes du golf

Vainqueur ce week-end de l’Open d’Espagne de golf, titre qu’il défendait, Jon Rahm en est déjà à cinq victoires sur l’European Tour, et ce, en seulement 39 départs. Seve Ballesteros avait atteint ce même total de victoires après 49 tournois. Rahm, 24 ans, s’impose donc de plus en plus comme le leader du golf ibérique, mais aussi européen. Ses temps de passages ne sont pas seulement comparables à ceux de Ballesteros. Au niveau international, y compris PGA Tour, au même âge, il se situe juste derrière Tiger Woods, et devant Rory Mcllroy. Prochaine étape : Remporter un premier majeur, et pourquoi pas le Masters ou le British Open…

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Belle performance pour le golf espagnol à domicile, avec un triplé Rahm, Cabrera-Bello et De Val sur le parcours Club de Campo Villa de Madrid, cela nous rappelle que l’Espagne compte actuellement pas moins de 5 joueurs dans le top-100 mondial, et reste, générations après générations, une place forte du golf mondial, et principal challenger face aux anglo-saxons.

Malgré une dotation raisonnable de 1,500,000 euros, Jon Rahm ne se pose pas un instant la question de « zapper » son Open national. Déjà vainqueur en 2018, et en 2019, il vise même de faire le triplé en 2020.

A en juger par sa démonstration ce week-end, cela peut paraître tout à fait envisageable.

Rahm, -22 coups sous le par, et 5 coups de moins que son plus proche poursuivant, Rafa Cabrera-Bello, a livré un nouveau récital devant son public.

Un public venu nombreux pour suivre sa dernière partie, et qu’il n’a pas manqué de saluer « le public espagnol aime le golf, et il aime nous soutenir. C’est difficile de dire combien il y avait de personnes autour de nous. » selon les propos recueillis par Associated Press.

Bien qu’il admette que gagner devant son public reste difficile « Quand on joue devant son public, c’est toujours délicat de garder le contrôle, et de jouer comme j’ai pu le faire pendant ce week-end. »

Rahm essaie-t-il de nous expliquer le lien de cause à effet entre la passion du public espagnol, et les nombreuses victoires des ibères ?

Quoi qu’il en soit, Rahm réalise assurément une saison pleine de ce côté de l’Atlantique, avec déjà deux victoires (Irlande, et Espagne) à chaque fois acquise avec la manière, pour se placer en tête du classement de l’European Tour, et à moins de deux mois du terme de la saison.

L’espagnol se pose de plus en plus comme le patron du golf Européen, ne serait-ce que par sa nouvelle position de leader de l’ordre du mérite, devant Shane Lowry (vainqueur du British Open).

Un objectif qu’il avait déjà failli atteindre en 2017, et notamment après sa victoire de prestige sur le DP World Tour Championship, épreuve finale de l’European Tour.

Une position qui ne doit bien entendu rien au hasard, mais bien au fait qu’il détient la moyenne de score la plus basse sur le circuit avec 68,55 coups de moyenne, juste devant Rory McIlroy.

Toutefois, il convient de relativiser cette statistique flatteuse.

Rahm n’a pour l’heure disputé que 33 tours comptant pour l’European Tour en 2019, 3 de plus que McIlroy, mais 17 de moins qu’un compétiteur à temps complet sur le circuit, Matthew Fitzpatrick, cinquième du classement de la meilleure moyenne de coups sur le circuit.

Cette statistique nous éclaire néanmoins sur la qualité du jeu de l’espagnol, même si elle ne suffit pas à expliquer victoires et top-10.

A titre de comparaison, le français Mike Lorenzo-Vera occupe une excellente 16 eme place avec une moyenne de 69,84 coups pour 64 parties déjà disputées. Pour autant, il n’a pas encore gagné un tournoi cette saison. Cela dit, cela pourrait bien arriver prochainement…

Rahm est en fait non seulement une machine à birdie (numéro 1 sur le circuit avec une moyenne de 5 birdies par parties), mais aussi à les « planter » au meilleur moment, pour les transformer en actes décisifs pour la victoire.

Lors du dernier tour à Madrid, il a notamment signé un eagle et quatre birdies pour un seul bogey.

C’est en particulier sur les par-4 et les par-5 où il peut faire parler sa puissance depuis le tee qu’il réalise ses meilleurs scores, et crée des différences.

A l’inverse des par-3 où il n’est que 155eme pour la moyenne de score, il est bien second sur les par-4 et les par-5.

Par-3, par-4 ou par-5, le véritable juge de paix pour la carrière de Rahm interviendra avec une victoire en majeur. La question n’est plus trop de savoir si l’espagnol pourra en gagner un mais quand.

Depuis que le monde du golf l’a découvert soudainement fin 2016, Rahm s’est classé pratiquement tout de suite dans les 5 meilleurs golfeurs mondiaux, et notamment pour ses performances de l’autre côté de l’Atlantique, sur le PGA Tour.

Sa victoire au Farmers Insurance Open à Torrey Pines, début 2017 l’avait très vite consacré comme le grand espoir du golf espagnol, et possible successeur de Ballesteros.

Depuis trois ans, il ne sort plus des 6 premières places mondiales avec entre deux à trois victoires chaque année, tous circuits confondus, et autant de places sur le podium pour un golfeur tout-terrain, capable de gagner sur les links irlandais ou de bien figurer sur le très exigeant parcours de l’US Open (3 eme à Pebble Beach).

Justement, en majeur, déjà 3eme de l’US Open 2019, 4eme du Masters 2018, 4eme du PGA Championship 2018, et 11eme du British Open 2019, ce qui fascine, c’est la vitesse à laquelle Rahm s’est imposé comme l’un des meilleurs golfeurs du monde, sans avoir semble-t-il de besoin d’acclimatation.

Pour Sam Torrance, ancien capitaine de l’équipe européenne de Ryder Cup, sa récente victoire en Espagne n’est qu’une démonstration supplémentaire de son potentiel de vainqueur en majeur, et de futur numéro un mondial.

« Il n’a commis aucune erreur pendant 4 jours. Il semblait ne pas donner de prise à la pression. »

Il n’a pourtant que 24 ans, mais déjà la maturité d’un golfeur de dix ans plus âgé, ce qui lui donne une grande plage de temps pour devenir le meilleur.

Si au golf, le succès se mesure par la capacité à être régulier au plus haut niveau, enchaîner les top-10 ou mieux, Rahm ne marche pas seulement dans les pas de Ballesteros, il se rapproche de ce que Tiger Woods a déjà réalisé par le passé.

Premier golfeur né hors des Etats-Unis à gagner le prix Ben Hogan, Rahm présente le ratio de victoires le plus important juste derrière le tigre.

Fort depuis le tee, précis sur les greens, Rahm affiche 20 top-5 en 69 départs tous circuits confondus, un pourcentage de réussite de près de 30%, contre 35% pour Woods au même nombre de tournois disputés.

A titre d’exemple, des golfeurs comme Justin Rose et Rickie Fowler ont eu besoin de deux fois plus de tournois pour atteindre un tel ratio de performance et de maturité.

Son jeu agressif correspond bien à la nature du jeu développé aux Etats-Unis, et qui récompensent les attaquants.

Toutefois, il doit encore canaliser quelques excès d’enthousiasmes, dont le dernier exemple en date fut à l’occasion du Player’s Championship, où plus tôt cette année, il a perdu les commandes du tournoi après avoir perdu une balle dans l’eau.

Sur le trou numéro 11, leader à Sawgrass, depuis un bunker de fairway, il n’a pas écouté les conseils de son caddy, Adam Hayes, et joué contre sou avis une balle qui a terminé sa course dans l’eau.

Il a perdu ses nerfs, et le tournoi.

Le coup paraissait de toute façon très difficile. Il a tenté le diable, signe d’une « trop » grande confiance en lui.

Depuis cet événement, il a parfaitement repris les choses en mains avec deux victoires en Irlande, et en Espagne.

Rahm explique que le fait de perdre son sang-froid après des mauvais coups lui permett de se libérer de ses frustrations.

Une personne a tout de suite compris à qui il avait à faire quand il était encore qu’un amateur : Tim Mickelson, son coach à l’université, le frère de Phil. Il a renoncé à l’entraîner pour devenir son agent.

Avant même de performer sur le tour, Rahm était déjà en avance sur les temps de passages au niveau amateur…

Crédit photo : Austin McAfee/Icon Sportswire

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