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Posté par le dans European Golf Tour

Jeu lent sur le tour européen : Des promesses mais toujours pas assez d’actes

Ces dernières heures, la toile s’est agitée à la publication sur Twitter, d’une liste de noms de joueurs du tour européen reconnus pour jeu lent, et ce, par l’italien Eduardo Molinari, qui a pris sur lui de rompre la loi du silence. En 2016, le tour européen avait pourtant annoncé des mesures vigoureuses pour combattre le jeu lent. Trois ans plus tard, les choses ne semblent toujours pas avoir accéléré dans le bon sens.

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En Janvier 2016, sur le site du circuit européen, nous allions voir ce que nous allions voir.

Le tour allait prendre des mesures radicales pour réduire le temps de jeu sur les tournois professionnels, et démontrer une meilleure image de notre jeu.

Une nouvelle politique de temps de jeu allait être la bonne réponse, séparant deux catégories : Monitorés (Monitoring) et Chronométrés (Timing).

Le fait d’être monitoré signifiait qu’un groupe de joueurs pouvait être signifié du fait d’être en retard sur les parties précédentes.

Cette signification ne rentrait pas dans le score du joueur, et n’était pas retenu contre lui.

Cependant, un golfeur qui avait déjà été monitoré, et qui dépasserait les 40 secondes pour jouer son coup, plus 10 secondes en cas de premier à jouer du groupe, pourrait recevoir alors une pénalité (Monitoring penalty).

A la suite de cette pénalité, le joueur était chronométré dès le trou suivant jusqu’à ce que la partie reprenne son retard sur la partie précédente.

Toutefois, la pénalité ne rentrait pas dans le calcul de la carte de score.

En cas de deux pénalités pour jeu lent dans une même partie, le joueur pouvait recevoir une amende de 2600 euros pour chaque infraction.

Cette décision faisait suite à la finale du Tour, le DP World Tour Championship 2015 marqué par des faits de lenteurs.

La nouvelle politique mise en application dès le HSBC Golf Championship disputé à Abu Dhabi en 2016 devait placer le tour européen à la pointe du combat contre le jeu lent.

Keith Pelley voulait réellement distinguer les joueurs lents des autres joueurs.

La mesure devait réduire les parties de 15 minutes par 18 trous, satisfaire le public, comme les fans à la télévision.

Trois ans plus tard, pour au moins un homme, Eduardo Molinari, le compte n’y est toujours pas.

L’italien, engagé sur le tournoi Marocain de l’European Tour, le Trophée Hassan II, a publié le 27 avril, après deux tours, une liste des joueurs qui ont été contrôlés pour jeu lent.

Connu pour dénoncer régulièrement le problème, Molinari a franchi un nouveau cap en livrant à la vue de tous, des documents internes du circuit. Il ne se fera sans doute pas beaucoup d’amis, dans ce nouveau rôle de lanceur d’alertes.

Il a néanmoins le mérite de remettre le problème sur la table. Est-ce que l’équité d’un tournoi de golf existe quand les joueurs ne jouent pas dans le même laps de temps ?

Adam Scott, champion majeur, avait déjà émis plus tôt cette année, l’idée que l’on puisse donner une pénalité d’un coup sur la carte de score, pour jeu lent.

Pour l’ancien vainqueur du Masters 2013, c’était la seule solution pour faire avancer réellement les choses.

Brooks Koepka avait quant à lui déploré le fait que personne n’avait ce qu’il fallait pour pénaliser les joueurs lents.

Excédé, Molinari avait déjà posté un tweet rageur le 26 avril 19 « Il est temps que le golf professionnel fasse quelque chose de sérieux contre le jeu lent…5h30 pour jouer 18 trous sur un parcours sans rough, c’est trop long ! Beaucoup trop long ! #Stopslowplay »

Son tweet ayant généré des milliers de réponses, il a publié la liste des joueurs qui ont été chronométrés depuis le début de l’année 2019.

Comme il l’a précisé dans son tweet, nous devions retrouver des « usual suspects » et quelques surprises.

En mentionnant les usual suspects, Molinari ne feignait pas d’ignorer que les joueurs les plus souvent en cause sont bien connus de tous : Adrian Oategui, Louis Oosthuizen et Erik Van Rooyen.

Malgré plusieurs joueurs déjà fréquemment avertis, il n’y a jamais eu de pénalité d’un coup donné à un golfeur trop lent.

Depuis le début 2019, il y a pourtant eu 54 joueurs identifiés pour jeu lent, soit au moins 25% du champ des golfeurs professionnels sur le circuit européen, un chiffre conséquent.

Parmi les joueurs souvent cités pour jeu lent, on retrouve aussi Bryson DeChambeau ou Bernhard Langer.

Est-ce que le fait de dévoiler les noms peut forcer les joueurs incriminés à changer de rythme ?

Rien n’est moins sûr.

Trois ans après avoir décrété la guerre contre le jeu lent, c’est surtout le circuit européen qui est pris en défaut, entre ses paroles et ses actes.

Keith Pelley promettait de gagner 15 minutes par parties. Avec 5h30 de jeu vendredi, il semble qu’il faille plutôt gagner 1 heure.

L’allongement des parcours pour les tournois professionnels est un élément à prendre en compte dans le temps de jeu.

Pour Mark Forster, un ancien joueur du circuit, il faut bien une heure de plus pour jouer un parcours comme Walton Heath depuis les boules noires, versus les boules blanches.

Une solution pour lutter contre le jeu lent pourrait être de chronométrer les joueurs de manière aléatoire, afin de les garder sous pression. Cette idée déjà proposée n’a jamais vu le jour.

Un peu plus tôt cette année, sur le PGA Tour, à l’occasion du Genesis Open, JB Holmes avait gagné alors qu’il avait ostensiblement pris son temps sur tous les coups.

Problème, bien que très lent, il n’avait jamais été hors de position par rapport aux autres parties.

En réalité, le problème du jeu lent est moins critique aux USA, où notamment la télévision ne voit pas d’un mauvais œil la possibilité de glisser plus de spots publicitaires.

Sur le circuit européen, à la recherche d’une meilleure audience, le problème du jeu lent ne peut pas être traité de la même manière. Les joueurs, à l’image de Molinari ou Scott commencent à être excédés.

Existe-t-il vraiment une solution ? Quarante secondes pour jouer un coup de golf, ce n’est pas beaucoup de temps.

Peut-être faudrait-il admettre une minute, et sanctionner d’un coup de pénalité, tous les coups joués au-dessus d’une minute et trente secondes ?

Mis devant ses responsabilités, le circuit européen va devoir trouver la bonne parade. Il en va de sa crédibilité.

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