Historique: Tiger Woods remporte le Masters d’Augusta 2019

Tiger Woods remporte le Masters d’Augusta 2019 : Le jour de gloire est arrivé ! Crédit photo : Michael Wade/Icon Sportswire

Ce dimanche 14 avril 2019, le monde a changé ! Le monde ne connait plus Tiger Woods, l’homme aux 14 victoires en majeur, mais désormais, Tiger Woods, 43 ans, deuxième golfeur le plus âgé à remporter le Masters après Jack Nicklaus, et donc titulaire de 15 Majeurs en carrière. 11 ans de traversée du désert pour redevenir enfin le plus grand golfeur de la planète, sacrée dans le théâtre de nos rêves.

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Opposé principalement à l’italien Francesco Molinari pendant une grande partie de ce dernier tour à Augusta, Woods espérait ne pas revivre le scénario du dernier British Open, disputé à Carnoustie l’été dernier.

Comme dans tous les meilleurs drames, le dénouement a mis du temps à se dessiner. Plus que 9 derniers trous de suspenses, il a mis plus de 11 ans.

Depuis son retour fin 2017, il n’imaginait pas se replacer si vite dans la course aux victoires en majeur, mais il en rêvait secrètement.

British Open, US PGA Championship, en 2018, Tiger a non seulement démontré qu’il était revenu à un excellent niveau physique, technique, et mental pour jouer au golf au plus haut niveau, mais il s’est rapidement mêlé à la lutte dans les dernières parties.

Molinari au British, Koepka à Bellerive, Woods est tombé sur des golfeurs dans une forme incroyable.

Des petites erreurs l’avaient privé d’un sacre qui serait presque venu trop vite, tant cela paraissait improbable quelques mois plus tôt.

Combien d’article à écrire sur sa santé, et son hypothétique retour ? Combien de moment de doute à craindre sur la suite de sa carrière ?

Absent des Masters 2014, 2016 et 2017, lui qui n’avait manqué le cut qu’à une seule reprise en 1996, lui le roi d’Augusta dont les coups les plus célèbres ont fait le tour du monde, pourrait-il ne serait-ce que refouler les fairways d’Augusta, et remonter le 18.

Pour ce 83eme Masters, son 21eme depuis le premier disputé en 1995, oui en 1995 (41eme), Woods a de nouveau croisé le chemin de Molinari et Koepka.

Cette fois, la « Machina » n’a pas supporté la pression. Cette fois, Koepka n’a pas dominé le parcours de la puissance de ses drives. Cette fois, Tiger Woods a tout simplement été le plus fort, plus patient, plus malin dans les moments clés, et notamment au 12, le par-3 qui a sans doute décidé du sort du tournoi.

Alors que Molinari, Finau ou Koepka ont tous choisi d’attaquer le drapeau en vain, avec à la clé, une lourde pénalité… Balle dans l’eau et double-bogey, Tiger a joué à gauche du green, loin de tout danger pour se laisser un très long putt, mais les pieds au sec, et pourtant, il aurait pu être poussé à attaquer le drapeau…

A la différence des autres compétiteurs, à six trous de la fin, il a su ne pas perdre deux coups cruciaux.

Jusqu’à ce trou, Molinari paraissait, comme au British, insubmersible.

Il est pourtant parti à la faute.

Il ne sera pas pourtant celui qui pourra nourrir le plus de regret.

Koepka, qui moins de 6 minutes avant lui, avait déjà connu la même punition, et finalement terminant à -12, est véritablement celui pour qui ce trou 12 signifie la perte du Masters.

Sur les derniers trous, les visages vont en dire long sur la tension du moment.

Woods, concentré, solide, féroce comme du temps de ses plus belles victoires, ne laissait rien transpirer, et même mieux, rien échapper !

A l’inverse, Molinari envoyait une deuxième balle dans l’eau au 15.

Son visage laissait présager d’une profonde détresse intérieure, peut-être même à la limite des larmes.

L’italien a craqué, lui qui caddeyait son frère Eduardo en 2006, et qui pour l’occasion avait rencontré pour la première fois, un certain Tiger Woods.

13 ans plus tard, il lui aura donné du fil à retordre, au moins jusqu’à ce 15eme trou du dernier tour.

Koepka va se battre de toutes ses forces pour nous gâcher la fête. Il était le dernier à pouvoir empêcher l’incroyable.

Eagle au 13, Birdie au 15... au 18, il va manquer de peu de rentrer un dernier putt qui aurait pu encore tout changer. Ce Masters 2019 démontre qu’il faudra toujours compter avec lui dans les prochains mois, et les prochains grands rendez-vous…

Comme souvent, et pratiquement toujours au Masters, tout s’est donc joué sur les 9 derniers des 72 trous…

Après avoir lâché un bois 3 au départ du 10, Woods a commencé son retour en perdant un coup évitable, mais rien de dommageable à ce moment de la partie.

Ce sera surtout le dernier de cette fin de tournoi.

Prudent au 12, il a su prendre le birdie que réserve souvent le par-5 du 13, en tout cas pour les attaques en deux sur le green.

Au 15, il aurait pu tuer tout suspense avec un eagle sur ce par-5 à birdie. A -13, avec seulement 3 trous à jouer, on pouvait penser qu’il avait une bonne main sur la veste verte.

Mais que dire de son fer 9 au 16 !

Une merveille de coup de fer placé à moins d’un mètre du drapeau pour un easy tap-in. Un coup qui pourrait rester dans l’histoire, surtout à ce moment précis du tournoi, alors que le stress était à son pic maximal.

Sur ce coup de fer, Woods a gagné son cinquième Masters, mais c’est bien au 12 qu’il avait enclenché l’histoire.

A 43 ans, Woods se rapproche toujours plus de la légende Jack Nicklaus avec une cinquième veste verte.

Tout comme Jack Nicklaus, il remporte le Masters sur trois décennies différentes (1997, 2001, 2002, 2005 et 2019).

Quel autre golfeur aurait-pu revenir de l’enfer pour gagner la plus belle des victoires, et sur le tournoi le plus exigeant au monde ?

Et si désormais, le record de 18 victoires en majeur toujours détenu par Jack Nicklaus ne serait pas le prochain record à tomber ? Cela paraissait tellement improbable, douze mois, vingt-quatre, trente-six mois en arrière…

Depuis le 16 juin 2008, date de sa dernière victoire en majeur à l’occasion de l’US Open, les fans du tigre espéraient encore une victoire en majeur.

Personne n’imaginait que l’attente serait aussi longue, ce soir du 14 avril 2019 ! Personne n’imaginait que le chemin serait aussi terrible !

Woods a bien caché son jeu depuis le début de cette saison.

Bien entendu, qu’il n’était revenu sur le PGA Tour que pour gagner des majeurs. Cette saison, son putting semblait lui jouer des tours. On n’en a rien vu sur les greens d’Augusta.

Avec près de 80% de greens en régulation sur la semaine, Woods a pris la deuxième place du tournoi pour le nombre de birdies sur quatre tours (22 au total), mais surtout il n’a commis que 9 bogeys pour un score final de 275 coups.

Quelle joie de le voir enfin gagner, de prendre Charlie Axel (son fils) dans ses bras, sa mère Kultida (75 ans), être salué par tous les grands vainqueurs, Zach Johnson, Bubba Watson, et rentrer à la Butler Cabin !

Quelle joie de le voir faire son Fist Pump au 18 après un dernier bogey anecdotique, et entendre la foule hurler « YeahHHH » d’une seule voix.

Ce soir le monde du golf se couchera plus heureux, car oui, il est le seul à nous faire rêver et vibrer depuis plus de 20 ans, et l’histoire n’est toujours pas finie.

Ce soir le jour de gloire est arrivé ! Plus intense que sa victoire à Hoylake en 2005 quelques semaines après le décès de son père, cette quinzième victoire en majeur signifie tellement !

C’est d’abord pour lui, pour tous les moments de doutes et de solitudes. C’est ensuite pour nous, à travers tous les continents, un formidable message d’espoir. Tout est possible quand on croit dans ses rêves…

Tiger a rêvé de remporter un majeur devant ses enfants. Il l’a fait ! Il domine toujours ce jeu pourtant si impitoyable pour nous, le commun des mortels.

Crédit photo : Michael Wade/Icon Sportswire

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