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Quelle est la part des grips JumboMax dans les performances de Bryson DeChambeau ?

Beaucoup de choses ont sans doute déjà été dites ou écrites au sujet de Bryson DeChambeau, le « Mad Scientist » du golf, et en particulier sur ses clubs de longueur unique. Cette particularité a d’ailleurs peut-être légèrement occulté un autre fait très important : La taille de ses grips. Tellement convaincu par le fait d’utiliser des grips JumboMax pour ses fers ou ses bois, il a incité le fabricant à lui réaliser un grip surdimensionné pour son putter. En constante recherche de la meilleure solution, convaincu par la taille, cela ne le dispense pas de s’interroger sur le poids de ses grips…

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DeChambeau : Adepte des grips JumboMax

Bryson DeChambeau s’est converti aux grips JumboMax quand il jouait au golf en Junior (2011), arguant du fait que par rapport à un grip standard, une plus grande surface pour tenir le club dans les mains présentait de nombreux avantages et souvent sous-estimés. 

Combien de golfeurs ont vraiment eu l’occasion de tester des grips qui sortent de l’ordinaire ?

Pour DeChambeau, autant que la longueur de ses clubs, la taille du grip a joué un rôle considérable dans ses résultats, et notamment 5 victoires sur le PGA Tour depuis 2017, l’année de ses débuts dans l’élite.

En 2019, il a remporté un premier succès hors des Etats-Unis avec le Omega Dubaï Desert Classic, qui fut aussi sa première victoire avec un grip de putter Jumbo, le dernier club de son sac à être converti à cette doctrine.

DeChambeau se complait à agir différemment des autres golfeurs professionnels. Il est en constante recherche de la moindre amélioration possible, notamment pour guider le chemin du club pendant le swing, ou pour contrôler la face à l’impact.

Cet hiver, il a pratiquement gagné 8 kilos de masse musculaire, essentiellement dans le but de frapper plus fort dans la balle, et gagner en distance.

Le résultat est notable puisqu’en seulement quelques semaines, il a augmenté sa moyenne de distance au drive de 10 mètres.

Cependant, gagner en vitesse de swing peut être vain si vous ne contrôlez pas le chemin du club, et la position de la face à l’impact… En d’autres mots, si vous n’arrivez pas à diriger le club pendant le swing.

Depuis son arrivée sur le tour en 2017, ses clubs de longueur unique, et son swing atypique ont déjà été largement commentés. Les grips l’ont été un peu moins.

En 2019, il n’a pas changé de dimension ou de forme de grips, mais pourtant opéré un changement significatif. Il a obtenu du fabricant une réduction notable du poids à dimension équivalente, soit 75 grammes de moins !

C’était avant le Masters à Augusta, en avril dernier.

Il sortait d’une très bonne période d’un point de vue des résultats, et pointait même au 8eme rang mondial.

Fin 2018, début 2019, c’était une période faste avec 4 de ses 6 victoires internationales en 10 tournois disputés !

Depuis cette date, il semble être revenu dans un régime de croisière plus conventionnel pour pointer au 18eme rang mondial, ayant reculé de 10 places en un an.

Plus gros, mais pas forcément plus lourd…

Connu pour être capable de passer 14 heures sur un practice à taper des balles, en particulier avant le Masters, DeChambeau a donc descendu le poids de ses grips montés sur ses fers Cobra, de 125 grammes à seulement 50 grammes.

Si la taille du grip n’est pas standard, ce poids est déjà beaucoup plus conventionnel, ce qui n’est pas sans effet sur l’équilibrage du club, le swing weight.

Le fabricant a essentiellement joué sur la composition du grip, et le choix des matériaux.

En parallèle de ce changement, il a aussi changé ses manches, ce qui complique toute tentative d’analyse d’impact des nouveaux grips sur ses résultats en tournois.

Il est passé des True Temper Dynamic Gold X7 au Tour Issue S400, moins rigides.

A l’origine, son choix d’opter pour des manches plus larges était dicté par la volonté de réduire notoirement l’action des mains pendant le swing.

Pour John Mazzanoble (JumboMax Golf Grips), quand vous tenez un club de golf avec un grip standard dans vos mains, vous devez le gripper à la base de vos doigts, et pas tout à fait dans la paume de vos mains. Il parle même de « ligne des doigts ».

Cette prise classique implique de mettre un certain niveau de tension dans les mains, et par conséquent dans les bras, pour tenir efficacement le club, et exécuter un bon swing.

A l’inverse et de son point de vue, avec un grip JumboMax, le fabricant a simplement doublé le diamètre par rapport à un grip standard, pour non seulement tenir le club dans la ligne des doigts, mais aussi en partie en contact avec la paume des mains.

Le bénéfice serait de gripper le club avec beaucoup moins de pression mise dans les mains, et les bras.

Surtout, cela ne se ferait pas au détriment de la puissance.

L’argument de Mazzanoble se base sur deux observations : Avec un grip plus large, moins de tension destructrice de vitesse de swing, mais aussi plus de masse directement dans les mains, et au contraire, génératrice de plus de vitesse de swing.

Il affirme qu’à club équivalent, la plupart des testeurs gagnent environ 3 à 5 mp/h de vitesse de swing, en passant du standard au JumboMax.

A la différence des effets d’annonces de certaines marques concernant des gains liés à la tête d’un driver, un gain de vitesse par un grip surdimensionné est en fait plus crédible, et plus vérifiable.

J’en ai fait l’expérience, ne serait-ce qu’en passant des grips standards, aux grips MidSize !

La problématique, c’est de trouver la taille mais aussi le poids qui peut nous convenir, sachant qu’il y a toujours une contrepartie ou une limite.

Concernant le matériel de golf, on parle souvent et à juste titre de compromis.

S’il suffisait de jouer avec des grips plus gros ou plus lourds, pour performer au golf, ce ne serait pas un secret trop bien gardé.

Sachant que Mazzanoble argumente aussi d’un effet positif sur la précision, et une réduction de la dispersion d’environ 30%, ce qui est déjà plus difficile à démontrer, tant il faut savoir isoler les facteurs de la dispersion.

De son côté, quand DeChambeau a fait le test pour la première fois, il avoue avoir été frappé par la facilité de gripper le club dans la paume de ses mains.

Il a immédiatement fait le lien entre le grip, et la facilité de contrôler la face du club dans la zone d’impact.

Il considère que lorsque l’on place le grip standard dans les doigts, il y a bien plus de rotation et d’effets à contrôler, pour garder la face square à l’impact.

Inversement, le grip dans la paume de la main, et il a le sentiment de mieux « stabiliser » le club.

Bien entendu, en bon professionnel, il va vous expliquer que si cela marche pour lui, cela va marcher pour vous !

Ce n’est pas aussi évident… et plusieurs blogueurs américains ont déjà testé le concept pour en revenir…

Plus gros, plus lourd, meilleur ?

Cette question du grip plus large mélange sans doute trop de problématiques : Confort, puissance et dispersion.

La question du confort est un sujet à part entière.

Certains vont adorer le fait de tenir un grip bien plus gros dans les mains.

J’en fait partie. Il y a bénéfice de confort évident, et je rejoins l’argument de DeChambeau sur la stabilité d’un grip calé entre les doigts et la paume.

Entre un grip fin, et un grip plus large, quand on y prête attention, effectivement il y a objectivement plus de chance de voir le grip fin se balader plus facilement dans les doigts.

Cependant, une fois que vous l’avez ressenti, vous pouvez dominer ce phénomène, et donc pas nécessairement basculer sur des grips plus gros.

Sur la puissance, dans une limite, oui, un grip plus large favorise un meilleur relâchement musculaire. Avec un grip MidSize, je l’ai expérimenté et constaté le gain de vitesse de swing décrit plus haut.

En revanche, trop lourd, c’est trop lourd ! Beaucoup de ceux qui ont testé le grip JumboMax XL en sont revenus, et justement à cause du poids, plus que de la dimension.

C’est aussi finalement le cas de DeChambeau puisqu’il a demandé et obtenu une réduction du poids de 75 grammes !

Enfin, concernant la dispersion, le grip ne fait pas tout ! Il y a le joueur, la joueuse, le swing, et aussi le shaft et la tête…

C’est difficile d’isoler le grip, et d’en faire la solution.

Toujours en prenant l’exemple de l’américain, sur ses wedges, alors qu’il n’était pas satisfait de la gestion de la face à l’impact, il a ajouté du poids en talon, signe que malgré sa légitime satisfaction avec ses grips, ce n’était pas le seul élément du club à personnaliser pour arriver au bon équilibre.

Toutefois, un dernier commentaire pour sa série et ses bois, quand il a testé des nouvelles combinaisons de têtes, de shafts, et de grips, à Dallas, pendant 14 heures.

Il a immédiatement arrêté son choix sur les grips, alors qu’il fait varier les têtes et les shafts pendant des heures, avant de trouver la bonne configuration.

Les grips jouent certainement un rôle majeur dans sa performance, et dans la construction de son swing, et de sa confiance sur le parcours.

Un grip de putter Jumbo aussi…

S’agissant enfin du grip du putter, DeChambeau l’a mis en jeu en décembre 2018 à l’occasion du Hero World Challenge aux Bahamas.

Dans ce cas, son but était d’adopter un grip en adéquation avec sa technique de putting dite Fore Arm-lock (verrouillage de l’avant-bras).

On sent chez DeChambeau une véritable obsession pour le fait de tout faire pour contrôler/figer/verrouiller la face du club, driver, wedge ou putter…

Le grip JumboFlat 17 combine un arrondi à l’arrière, et un avant aplati tout en étant clairement oversized.

Il est dit « twist resistant » pour éviter les coups de mains pendant le mouvement.

Ce grip se remarque parce qu’il est très long sur le manche du putter, plus qu’un grip conventionnel, et pourtant relativement léger, puisqu’il ne pèse que 130 grammes.

La forme et la longueur de ce grip seraient vraiment étudiés pour les golfeurs qui veulent bloquer le putter avec l’avant-bras, ce qui est encore autorisé par le règlement, alors que ce n’est plus le cas de la technique visant à caler le manche avec le sternum.

L’idée de ce blocage avec l’avant-bras, c’est d’éliminer des mouvements du poignet qui pourraient faire changer la position de la face à l’impact.

Est-ce la raison pour laquelle DeChambeau a notablement mieux putté en 2019 ? Difficile à dire ou à exclure, mais en un an, l’américain est passé de 57eme meilleur putter sur le PGA Tour à 21eme !

Là-encore, il a peut-être trouvé quelque chose qui fonctionne pour lui, mais n’est pas nécessairement duplicable pour tout le monde.

D’autant que bien putter ne se résume pas seulement au contrôle de la face dans la zone d’impact…

A retenir

Cela étant, son exemple permet de mettre en lumière le fait qu’au moment de s’intéresser au choix d’une nouvelle série, un nouveau driver ou un nouveau putter, le grip n’est pas le dernier élément à prendre en considération.

L’impact est peut-être aussi important que celui du bon shaft ou de la bonne tête.

PS : J'ai commandé 3 grips JumboMax Tour Series Medium pour un prochain test...

Crédit photo : Matthew Bolt / Icon Sportswire

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