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GolfHER : Une communauté golfique pour les femmes, par une femme

De rencontres en rencontres, nous avons récemment découvert Aude Bredel, et son nouveau projet GolfHer. Cette golfeuse s’est personnellement engagée pour faire avancer la cause des femmes dans le golf, mais aussi pour assurer le développer de son sport. Alors qui est cette golfeuse qui souhaite faire changer les choses ? En quoi consiste GolfHER, et comment souhaite-t-elle donner un autre regard sur le golf féminin ? Zoom sur notre femme engagée de la semaine.

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Nous rencontrons Aude Bredel dans le cadre du lancement du projet qu’elle prépare sérieusement depuis 2019, et qui lui tient particulièrement à cœur. 

Un projet, GolfHER, qui est prévu pour septembre prochain. Une ambition : fédérer les femmes dans le monde du golf.

Aude Bredel a 34 ans, et a commencé à jouer au golf à l’âge de sept ans, initiée par ses parents golfeurs, qui eux-mêmes habitaient sur un golf.

Le golf est un sport avec lequel elle a tout de suite accroché, et qui lui permettait de se concentrer sur des moments précis.

Elle considère que le golf a été très formateur pour elle, et qu’il s’agit même d’une vraie école de vie.

Ce qui lui plaît le plus dans ce sport, c’est d’être face à soi, et de devoir jongler avec les éléments extérieurs et ses démons intérieurs parfois, pour se focaliser sur l’essentiel.

Elle ajoute : « On se retrouve dans des situations de jeu comme dans la vie : Faire des choix, savoir occulter le négatif, et se recentrer sur l’essentiel pour atteindre un objectif. »

Elle souligne également le cadre bucolique et unique qui accueille le golf, qui lui procure un sentiment d’apaisement. 

Le côté social qu’implique le golf est également un aspect important pour la joueuse, où on peut à la fois se faire des amis, discuter, mais aussi parler business et créer des liens tant professionnels que personnels.

Son meilleur souvenir de golf reste sa partie de golf au Old Course de St Andrews, lorsqu’elle avait quatorze ans, où elle était à -1 au départ du 18.

Elle se remémore avec émotion : « J’ai cependant fini dans le par, car en réalisant que j’étais à -1 au 18, le mental a joué, et j’ai fait trois putts au 18. Mais c’était une partie incroyable, j’étais sur un petit nuage."

Aude Bredel a d’ailleurs joué à haut niveau, puisqu’elle a joué en équipe de France espoir. 

Elle n’a depuis, jamais quitté l’univers du golf.

La golfeuse travaille dans l’industrie du golf depuis douze ans, où elle a été enseignante de golf, fitteuse de clubs, gestionnaire de golf, puis assistante de direction au golf de Saint-Cloud, et enfin directrice du golf et de la restauration à Saint-Aubin.

Elle a également suivi un programme de management spécialisé (CMAE) dans le golf en Angleterre, dans le but d’acquérir les compétences nécessaires pour accéder à un poste à responsabilités dans le golf.

Malgré cela, elle a eu beaucoup de mal à décrocher son poste de directrice de golf, et précise avoir heureusement croisé les bonnes personnes sur son chemin.

Elle a dû, durant son parcours professionnel, être très offensive.

Elle se rappelle avoir été témoin de postes accordés à des hommes moins qualifiés qu’elle sur le papier, mais qui étaient appuyés par le réseau masculin qu’elle estime prédominant dans l’industrie du golf.

La joueuse nous donne alors quelques chiffres clés : 30% de femmes travaillent dans l’industrie du golf, 27% de golfeuses licenciées en France, 12% de femmes directrices de golf, 6% membres de la PGA, 12% présentes à l’Association des directeur de golf de France, 1% présentent à l’AGREF,  et enfin en moyenne 8,4% dans les comités de direction des organes décisionnaires du golf (FFG, ADGF, AGREF, PGA, GEGF)

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes selon Aude Bredel, et qui montrent que les femmes sont encore trop peu présentes dans le golf, à tous les niveaux.

L’idée de GolfHER est alors partie de ce constat, et de son expérience périlleuse pour accéder à un poste pour lequel elle estimait avoir toutes les compétences. 

Elle explique : « En tant que femmes dans le monde du sport en général, nous sommes confrontées à beaucoup de freins. Le premier frein que l’on rencontre, est une graine qui commence à germer. »

Cette graine, qui a donc commencé à germer dans l’esprit d’Aude Bredel suite à cette expérience, a donné naissance à une volonté de rassembler toutes les femmes dans le monde du golf en une seule communauté forte et visible, afin de créer un réseau d’entraide.

Elle nous précise : « Plus il y aura de femmes dans les comités décisionnaires, dans les golfs, plus on pourra promouvoir la femme, et prendre des décisions dans son sens. »

Elle explique que le golf a subi deux secousses en faveur du golf féminin ces dernières années :

Le premier coup de pied dans la fourmilière a été une étude appelée « The Global Economic Value of Increased Female Participation in Golf » 2016. Il s’agit d’une étude financée par SYNGENTA, auprès des 8 pays les plus producteurs de golfeur dans le monde, dont la France fait partie.

Il est ressorti que les femmes consomment le golf différemment que les hommes, et sont par exemple 38% plus susceptibles d’aller au golf avec leurs enfants.

La seconde secousse a été impulsée par le Royal & Ancient en 2018, qui a tiré la sonnette d’alarme concernant le développement du golf.

Face au déclin global du golf dans le monde, l’institution historique a déclaré que le golf était un marché sous-exploité, et que pour développer le davantage et assurer sa pérennité, il fallait dorénavant s’axer sur le développement du golf féminin. 

Pour cela, le R&A a mis en place la charte Women In Golf, qui est une charte proposant aux acteurs du golf des engagements et actions en faveur du développement du golf féminin.

D’ailleurs, toute partie prenante qui deviendra partenaire de GolfHER sera par extension également signataire de cette charte.

La troisième secousse en faveur du développement du golf féminin sera-t-elle GolfHER ?

C’est en tout cas le souhait d’Aude Bredel, faire changer les choses en proposant un « site-réseau social » golf purement féminin.

Comment cela fonctionnera-t-il ?

L’adhésion à GolfHER sera gratuite, et permettra aux femmes d’accéder à un espace qui leur sera dédié, avec des articles ciblés, des groupes de discussion, ainsi qu’un répertoire d’événements pensés pour les femmes.

Pour celles qui souhaiteraient aller plus loin, un abonnement payant « Premium », au prix de 89 euros l’année, sera proposé. Il permettra d’accéder à un réseau de partenaires et de fournisseurs, composés de golfs, d’enseignants de golf etc, tous unis en faveur du développement du golf féminin.

L’entrepreneuse développe : « Les partenaires du projet ont une réelle importance. Ils s’engagent à promouvoir la femme dans le golf, en respectant un cahier des charges favorable au développement du golf féminin.  

Avant de poursuivre : « En choisissant le réseau GolfHER, la golfeuse saura que ce golf, et cet enseignant en particulier seront dans la même démarche qu’elle, et feront leur maximum pour s’adapter à elle en répondant à ses attentes et besoins. » 

Viendra ensuite, dans un second temps, le lancement de GolfHER business, qui sera un réseau networking de femmes dans l’industrie du golf, afin de leur permettre de monter en compétences, et les aider à accéder à des postes à responsabilités plus facilement.

Durant notre échange, je me pose alors une question :

Créer une communauté de femmes dans le golf, n’y-a-t-il pas un risque de « sectariser » encore plus le milieu, et donc de le diviser au lieu de rassembler ?

Aude Bredel nous répond alors spontanément :

« Le golf souffre déjà de sectarisme au travers de la majorité de ses joueurs qui sont des hommes. Alors je peux me demander si finalement ce n’est pas le golf en lui-même qui est trop sectaire, en capitalisant sur cette majorité ? »

Elle ajoute que pour que la balance s’équilibre entre femmes et hommes dans le golf, il faut placer le curseur à l’opposé, et taper un grand coup. 

Elle illustre cela comme lorsqu’un joueur prend un cours de golf à cause d’un défaut ancré dans son swing depuis des années. Le pro de golf va alors lui faire faire des exercices extrêmes et un peu exacerbés, pour lui faire comprendre le bon mouvement à adopter.

Pour la golfeuse, il est nécessaire d’employer une méthode forte pour créer de l’inertie afin d’obtenir cet équilibre. Il faut que tout le monde y trouve son compte. En faisant une communication genrée, et en proposant des services dédiés, les femmes trouveront leur place dans le golf et elles y resteront car elles s’y sentiront bien. 

Elle ajoute : « GolfHER n’a pas pour ambition d’être une communauté sectaire. Ce sera une communauté bienveillante, afin de montrer qu’ensemble les femmes seront plus fortes, et plus visibles, pour faire entendre leur voix. »

Elle affirme ensuite que la pratique du golf féminin est assez morcelée sur toute la France, et que parfois, certaines femmes ne trouvent pas de copines avec qui jouer au golf.

Le but de ce réseau serait donc de mettre en lien toutes ces femmes isolées pour créer une communauté et leur dire : « Regarde près de chez toi, il y a peut-être une autre golfeuse qui cherche aussi une partenaire de jeu ! ».

Pour clore l’entretien, Aude Bredel termine sur son « grand rêve » pour GolfHER

Que le projet et la communauté prennent de plus en plus d’ampleur, et que GolfHER devienne une communauté mixte, ce qui sera signe que l’équilibre sera fait.  

Crédit photo : Image tirée du site GolfHER.fr

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