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Pratique du golf en France en 2020: Plus de golfeurs, moins de licenciés ?

Les chiffres des licences de golf prises en 2020 sont récemment apparus sur le site de la Fédération Française de golf. Pas un mot supplémentaire sur le site de la Fédération, pas un communiqué, et pourtant une baisse quasi-historique du nombre de licenciés golf qui ne collent pas avec le ressenti que peuvent avoir les professionnels de la filière golf sur le terrain. Le dossier produit par la FFG fait bien état de la crise sanitaire mondiale pour justifier la perte de 15 750 licences, pourtant les parkings des golfs ont fait le plein hors période de confinement. Cette impression de popularité du golf en France est-elle faussée par la contraction du temps, entre les moments de privations, et les moments où il était possible de jouer ? Avec la crise sanitaire, les licenciés sont-ils devenus plus actifs et plus pratiquants ? Quid de la création de nouveaux joueurs, et nouvelles joueuses ?

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2020 a été une année exceptionnelle pour la pratique du golf dans le monde.

Tous les instituts marketings sont unanimes, et en particulier Golf Datatech qui a sorti plusieurs études au cours des derniers mois, et notamment pour confirmer l’impression que les directeurs de golf, et autres professionnels pouvaient légitimement avoir.

Rien qu’aux Etats-Unis, les ventes d’équipements pour jouer au golf ont bondi de 10% en 2020, ce qui nous rassure pour la santé économique des marques de matériel, tellement inquiètes pour leur avenir il y a tout juste un an.

Le précédent record datait de 2005 et faisait état d’une progression de l’ordre de seulement +5%.

Parallèlement, le nombre de parties jouées a progressé de +14% !

Golf Datatech affirme que c’est la plus forte hausse jamais enregistrée depuis que l’institut collecte des données.

Le précédent record datait de 2012 et faisait état d’une progression de +5.7%.

Toujours selon Golf Datatech, clairement cette progression pouvait être imputée à plusieurs facteurs « Une combinaison de joueurs passionnés, de débutants, et de golfeurs occasionnels a alimenté la croissance de toute la filière golf, en particulier sur le second semestre de 2020 ».

Les dépenses pour le golf ont frôlé les 3 milliards de dollars, autrement dit un bel effet d’aubaine pour toute l’industrie.

Pour John Krzynowek de Golf Datatech, ces bons résultats ne peuvent pas être le résultat d’un autre phénomène que celui lié à la pandémie de coronavirus.

Cependant, une météo plus clémente pourrait aussi être prise en compte, notamment quand il s’agit d’expliquer une hausse du nombre de parties jouées en décembre, et de l’ordre de +37%.

L’institut ne le conteste pas, et bien au contraire, confirme qu’un climat plus sec et plus ensoleillé a contribué à augmenter significativement le nombre de tee times disponibles, et donc consommés.

Mieux, la demande ne semblerait pas rassasiée.

Ayant déjà interrogé Phil Barnard de Golf Datatech en septembre dernier, le statisticien confirmait des tendances similaires en France, concernant le nombre de parties jouées, et la consommation de matériel de golf.

La France n’étant pas les Etats-Unis pour la pratique du golf, les chiffres ne sont pas aussi spectaculaires, de même que les mesures de confinement ont été plus strictes sur tout le territoire.

De l’aveu des marques, et des distributeurs, sans le confinement de novembre, la vente des équipements aurait notablement progressé dans l’hexagone, au lieu de globalement reculer de -5%.

Cela étant, ce chiffre était à la fois une surprise, et inespéré au printemps 2020.

Toujours dans l’hexagone, avant les nouvelles annonces de confinement dans plusieurs départements, un grand nombre de parcours de golf affichaient déjà complets pour les week-ends.

Comme aux Etats-Unis, on peut affirmer sans risque que cet engouement était drivé par les golfeurs passionnés, les débutants, et les golfeurs occasionnels, du coup un peu moins occasionnel.

Il faut rappeler que le golf, pratiqué en extérieur, et adapté à une pratique sportive tout en respectant une certaine distanciation sociale, a bénéficié du fait que d’autres activités ont clairement été empêchées.

Le golf a connu une période de concurrence historiquement basse avec les salles de sport ou les sports de contacts.

Aux Etats-Unis comme en France, si cette période a été propice à la filière, une question majeure demeure : La filière va-t-elle pouvoir garder ce rythme de croissance, et en fait, conserver les nouveaux pratiquants ?

La rétention des nouveaux golfeurs ou nouvelles golfeuses est bien la préoccupation majeure de toutes les fédérations de Golf dans le monde.

Or, jusqu’à présent, c’est justement là où le bât blesse.

De ce point de vue, la nouvelle exposition du golf n’a pas du tout résolu ce phénomène. Le golf n’est toujours pas une activité envisagée sérieusement et durablement par des pratiquants plus jeunes.

Il paraît inévitable qu’avec la normalisation attendue de la situation, l’augmentation du nombre de vaccinés, beaucoup de nouveaux pratiquants vont retourner à leurs anciennes activités.

Les directeurs de golfs seraient bien avisés de l’anticiper et de ne pas trop imaginer des croissances aussi soutenues à moyen terme.

Un premier solide élément confirme cette observation : La très forte baisse du nombre de licenciés golf en 2020.

Première précaution de discours, le phénomène ne se limite pas à la France.

Nos voisins britanniques subissent le même événement, et dans une proportion encore plus forte (100 000 licenciés de moins en Angleterre).

Cependant, il y a bien une contradiction qui pose question.

Si les golfs ont réellement observé une forte augmentation du nombre de joueurs, et de débutants, le nombre de nouveaux licenciés a pourtant baissé en 2020, à seulement 31 000 contre 38 000 en 2015, ou encore 48 000 en 2011.

Si on prend en perspective les dix dernières années, en vérité, la création de nouveaux golfeurs en France ne cesse de s’éroder, et malgré la promesse de succès de la Ryder Cup 2018, finalement sans aucun effet sur la population des non-golfeurs, et donc une voie sans issue, et alors que cela avait été vendue comme un accélérateur de création de licences.

Aujourd’hui, son principal initiateur conteste avoir annoncé un objectif de 700 000 licenciés, or en 2013, nous avons un interview où il déclarait viser au moins 100 000 licenciés supplémentaires !

Avant la pandémie qui peut servir d’excuse, il y a eu 2017, 2018, et 2019. Au cours de ces trois années, le nombre de créations de licences n’a jamais décollé, et même pire a sensiblement baissé.

Les faits démontrent que le golf n’arrive toujours pas à séduire les jeunes, et donc à se préparer un avenir serein.

La population golfique continue de vieillir. La moyenne d’âge est désormais de 54 ans avec une pyramide des âges qui penche massivement du côté des hommes de 70 ans.

La part des moins de 20 ans est très largement inquiétante.

La pratique du golf en France est-elle d’ailleurs pensée pour cette population ?

Autre phénomène durablement inquiétant, la baisse continue du nombre de licenciés membres d’une association sportive.

Là encore, la crise sanitaire ne peut pas tout expliquer puisque le phénomène est antérieur.

Parallèlement, le nombre d’indépendants continue aussi à augmenter…

Comprenons que plus les golfeurs pratiquent en solo, et moins ils s’inscrivent dans la durée dans la pratique du golf. Les golfs sont-ils si accueillants ? si fédérateurs ?

On peut estimer qu’une partie de l’équation se joue sur cette donnée des golfeurs qui ne s’intègrent pas à la famille…

Quoi qu’il en soit, en 2020, on constate donc un fort décalage entre la perception d’une filière en mode euphorie, et des chiffres de licences en fortes baisses.

Les nouveaux golfeurs ne considèrent-ils pas intéressants de se licencier ?

L’attractivité ou la communication de la Fédération est-elle bonne ? Le prix de la licence est-il un sujet de frein ? Les actions de la Fédération sont-elles suffisamment bien perçues ?

Cet argument peut être battu en brèche si on admet qu’une majorité des créations de nouveaux golfeurs se font actuellement dans les chaînes, qui justement poussent activement à la prise de la licence.

Cette euphorie est-elle donc finalement un effet d’optique ?

En retirant plusieurs semaines de pratiques au calendrier, la demande de golf s’est fortement concentrée sur la même période, masquant en réalité une baisse du nombre de nouveaux joueurs ?

Plus important, quel est le véritable plan d’actions de la fédération sur le long terme ? Comment inverser les courbes ? La campagne présidentielle qui n’en pas été une faute de candidats a laissé émerger quelques intentions, des vœux pieux. Désormais, devant les résultats concrets de 2020, que peut-il être fait ?

Le golf scolaire avait-été évoqué. Certes, la période actuelle entrave certainement tout projet de développement, mais justement qu’est-ce qui est sur la table en prévision de la sortie de crise ?

Oui, il y a un problème majeur d’attraction du golf auprès des plus jeunes, et non Victor Perez ou Antoine Rozner ne pourront pas porter à eux-seuls cette responsabilité, et surtout pas cette mission.

Le premier objectif d’un sportif de haut niveau, c’est d’être compétitif, et pas de créer des licenciés.

Le champion de golf n’est pas la réponse à la pratique du golf par des moins de 20 ans.

Le nouveau Président de la FFGOLF, ancien vice-président et acteur majeur depuis des années, clairement et en même temps dépositaire du bilan pense-t-il sérieusement que la National Golf Week est une quelconque réponse aux défis qui se posent pour l’avenir de sa filière ?

Néanmoins, il ne peut être seul face à ce défi.

Les parcours ont une grande part de l’équation dans leurs mains. Ce n’est pas le Président de la Fédération qui peut tout seul moderniser les golfs, et les adapter aux plus jeunes.

Sans esprit de provocation mais de réalisme, on peut aussi se demander si finalement la Fédération peut réellement faire quelque chose pour transformer l’offre, et si son rôle n’est pas seulement de compter les licenciés à la fin de l’année ?

Plus de golfeurs ? Moins de licenciés ? Qui a tort ? Qui a raison ? La réalité, c’est que l’effectif licenciés a baissé de 15 000 individus au lieu de progresser de 15 000.

Le nombre de création de nouveaux golfeurs a baissé en 2020, et surtout le nombre d’abandonniste a continué à augmenter, et comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années.

La Ryder Cup avait une seule vertu : Donner de la vision sur le moyen terme, et de l’espoir que les choses puissent changer positivement.

Cela s’est révélée une illusion, toujours est-il qu’il devient urgent de se reprojeter dans l’avenir avec un plan cette fois solide, moins prétentieux, plus réaliste, et qui tienne mieux compte des attentes réelles des non-golfeurs d’aujourd’hui.

A l’heure actuelle, imaginer qu’en 2021, le nombre de licenciés pourrait passer sous la barre des 400 000 n’est pas irréaliste.

Je continue de penser que la taille de l’effectif en 2022 et 2023 donnera une vision claire des perspectives de la filière, entre repli ou rebond.

Crédit photo : David Rosenblum/Icon Sportswire

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Commentaires   

mhezkia@gmail.com
0 #4 Profsmhezkia@gmail.com 31-03-2021 20:47
Vous avez tout à fait raison... Et en plus, il faut que les profs sachent transmettre... On a parfois des surprises, comme ce prof, dans un club dont je tairai le nom, qui avoue devant des débutants médusés, que ça l'emmerde d'enseigner, qu'il n'est pas fait pour ça, que lui, il voulait être pro sur le circuit, mais qu'il n'a pas pu, et patati et patata... Vous voyez ce que je veux dire ?
Heureusement, il y en a beaucoup qui sont "meilleurs" !





Citation en provenance du commentaire précédent de :
La Ffg fait fausse route
Répartition de la licence 56 €
AS environ 4 €
Ligue 8 € dont en d’environ 1€ pour le CD
Reste 44 € pour la Ffg.
Si vous voulez développer une discipline il faut aider la base. C’est au niveau des AS et des CD qu’il faut donner des moyens.
Où sont les emplois ?? Combien d’emplois à la Ffg et combien dans les Ligues et les CD ??
Les AS non gestionnaires de golf ont des moyens dérisoires. Quasi aucune a des salariés.

Le golf scolaire. Les autres disciplines sportives ont fait ce choix. Il faut former les profs d’EPS et les profs des écoles. Le golf doit être une discipline sportive enseignée à l’école. Il faut travailler avec l’Education Nationale et les Universités
Mais quand on entend nos dirigeants dire « on ne va quand même pas former les profs au golf » Tout est dit.

Enfin le niveau général de compétences des « Pro » est à améliorer. Combien font des formations complémentaires après le BP ? Combien animent avec dynamisme les EDG ? Combien font des démarches auprès des écoles ?

Voilà si on veut augmenter à terme le nombre de licenciés il faut travailler sur les jeunes.
soufron@hotmail.com
0 #3 faux problème?soufron@hotmail.com 26-03-2021 18:04
La chute du nombre de pratiquants vous inquiète. A titre très égoïste, je suis très heureux que le club où je joue ne soit pas surchargé, que je puisse réserver un parcours facilement, qu'on ne "lâche" pas un départ toutes les 8 minutes... La majorité des golfeurs partage sans doute mon opinion.
Cordialement.
fleminor@me.com
0 #2 Quelques pistesfleminor@me.com 26-03-2021 10:27
La Ffg fait fausse route
Répartition de la licence 56 €
AS environ 4 €
Ligue 8 € dont en d’environ 1€ pour le CD
Reste 44 € pour la Ffg.
Si vous voulez développer une discipline il faut aider la base. C’est au niveau des AS et des CD qu’il faut donner des moyens.
Où sont les emplois ?? Combien d’emplois à la Ffg et combien dans les Ligues et les CD ??
Les AS non gestionnaires de golf ont des moyens dérisoires. Quasi aucune a des salariés.

Le golf scolaire. Les autres disciplines sportives ont fait ce choix. Il faut former les profs d’EPS et les profs des écoles. Le golf doit être une discipline sportive enseignée à l’école. Il faut travailler avec l’Education Nationale et les Universités
Mais quand on entend nos dirigeants dire « on ne va quand même pas former les profs au golf » Tout est dit.

Enfin le niveau général de compétences des « Pro » est à améliorer. Combien font des formations complémentaires après le BP ? Combien animent avec dynamisme les EDG ? Combien font des démarches auprès des écoles ?

Voilà si on veut augmenter à terme le nombre de licenciés il faut travailler sur les jeunes.
mhezkia@gmail.com
0 #1 Licence ?mhezkia@gmail.com 26-03-2021 10:15
Bonjour,

J'ai dû louper quelque chose...
Je pensais que la licence était obligatoire pour jouer ?
Quid de l'assurance, si un joueur sans licence, donc non-assuré blesse quelqu'un ?

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