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Gary Woodland: Un champion enfin majeur à Pebble Beach

Sur les dix derniers US Open de golf, nous avons découvert sept primo vainqueur en majeur dont Jordan Spieth, Dustin Johnson, Brooks Koepka et désormais Gary Woodland, 35 ans, natif de Topeka au Kansas, et ancien joueur de Basket-ball reconverti avec succès dans le golf. Parmi les meilleurs joueurs du monde depuis 2011 (pro depuis 2007), comment est-il passé de longs-frappeurs avec du potentiel à vainqueur de majeur ?

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Gary Woodland a mis du temps à gagner son premier majeur, et même à intégrer le top-15 mondial.

Avant sa victoire au Waste Management Open à Phoenix, l’an passé, il avait déjà mis 5 ans pour remporter un tournoi du PGA Tour.

Professionnel depuis 12 ans, il a connu sa première victoire en 2011 à l’occasion du Transitions Championship, en battant Webb Simpson d’un coup. Le monde du golf découvrait un nouveau très long frappeur sur le circuit.

Il mettra deux ans de plus pour connaître son second succès sur le PGA Tour, le Reno Tahoe Open, et puis plus rien jusqu’à un moment fondateur ou transformant : Sa rencontre avec Amy Bockerstette !

En 2018, il dispute un trou du TPC de Scottsdale, dans le cadre du tournoi de Phoenix, avec cette jeune femme atteinte du syndrome de Down.

Sur le trou numéro 16, depuis le bunker, elle réalise le par avec deux coups parfaits qui vont littéralement laisser Woodland sans voix ou plutôt ébahi.

La jeune femme a fait preuve de force mentale en déclarant simplement avant chaque coup « Je vais le faire ».

Réaliser un bon coup de golf est une chose, l’annoncer avant en est une autre.

La vidéo de cette rencontre a été vue plus de 20 millions de fois.

Amy est devenue le porte-bonheur de Woodland. Cette rencontre a servi de déclencheur pour un golfeur qui avait le potentiel d’un vainqueur majeur, mais ne s’était pas complètement réalisé.

Il lui manquait peut-être cette confiance pour se surpasser quand les moments deviennent critiques sur un parcours.

Quand Koepka a rentré birdie sur quatre des cinq premiers trous à Pebble Beach, il s’est dit « Je vais le faire » de la même façon qu’Amy l’avait annoncé à Scottsdale.

Il l’admet d’ailleurs bien volontiers « Elle représente tout pour moi d’un point de vue mental. »

L’américain avait par le passé réussi à perdre sept tournois alors qu’il était en tête après 54 trous. Koepka voulait d’ailleurs en profiter dimanche, insinuant la veille que Woodland ne savait pas encore vraiment ce qu’était gagner.

L’histoire lui a donné tort.

L’un des moments qui restera de le fin de ce 119eme US Open sera l’apparition de Woodland au Today Show, mardi matin, où il est venu faire la surprise à son amie, et lui présenter le trophée de l’US Open.

La transformation de Gary Woodland en un champion majeur qui pourrait bien en remporter d’autres ne tient pas bien entendu qu’au seul aspect mental.

Oui, depuis sa victoire, Woodland annonce qu’il veut gagner d’autres majeurs, et contrairement à des joueurs comme Rich Beem, Keegan Bradley, Jason Dufner qui n’ont pu jusqu’à présent en gagner qu’un seul, le golfeur du Kansas a bien effectivement le potentiel pour y parvenir.

Physiquement, il rappelle Brooks Koepka, mais ce n’est pas le seul point commun avec le meilleur joueur de majeur du moment.

Dimanche, Woodland a ramené une quatrième carte sous les 70.

Avec Koepka, finalement second à trois coups, ils ont été les deux seuls à pouvoir réaliser une telle performance.

Certes, Woodland n’a pas écrasé l’US Open à Pebble Beach comme Woods l’avait fait en 2000, mais depuis le niveau a considérablement monté.

Woodland a su mettre sa tête au-dessus de la mêlée.

Parmi les plus longs frappeurs depuis 2009 (cinquième pour la moyenne à 307 yards), Woodland a su compléter son jeu pour devenir l’un des meilleurs golfeurs au monde.

Pendant des années, il était finalement cantonné à ce rôle de bombardier, un peu comme des Bubba Watson, JB Holmes ou encore Dustin Johnson.

Aujourd’hui, on ne peut plus ignorer que dans le golf moderne, les longs-frappeurs ont un avantage considérable sur les autres.

Toutefois, tous les longs-frappeurs ne se transforment pas en vainqueur récurrent sur le PGA Tour. Robert Garrigus, numéro un de la distance au drive en 2009 n’a jamais fait une grande carrière, et qui se souvient de Tag Ridings ou Harrison Frazar ?

En dix ans, la moyenne de distance au drive de Woodland n’a pas progressé de sorte que c’est ce qui explique son nouveau statut de vainqueur en majeur (309 yards de moyenne en 2019).

Il est devenu un golfeur complet !

Il le résume par une phrase toute simple « Il s’agissait juste d’apprendre comment jouer au golf. »

Jusqu’à cet US Open, Woodland n’avait jamais vraiment réussi à performer à Pebble Beach.

Il était bel et bien un potentiel en devenir, sinon Butch Harmon ne l’aurait jamais pris dans son écurie, et jusqu’à cette année où le coach a décidé de prendre du recul.

Être un membre du team Harmon, au même titre que Dustin Johnson, Jimmy Walker ou encore Rickie Fowler, c’est un sacré gage du talent.

Depuis le retrait d’Harmon, c’est un autre grand nom du coaching qui a complètement pris le relais : Pete Cowan, qui avant s’occupait seulement du petit-jeu.

Woodland crédite Cowan pour les derniers progrès réalisés, alors qu’au putting, il fait partie de la longue liste des élèves de la star Phil Kenyon.

Sans faire offense à Harmon et Cowan, c’est peut-être ce dernier qui a finit le job, permettant à un long-frappeur de devenir un tueur sur les greens.

Si on s’arrête une minute sur les stats de Woodland en 2019, avant l’US Open, il faisait déjà partie des 15 meilleurs pour les coups gagnés sur le parcours, et notamment dixième du tee au green. Sa progression était patente par rapport à l’an passé.

Son driving comme son jeu de fers (les approches) étaient déjà bien au point.

En revanche, son putting n’était pas aussi excellent qu’il l’a été à Pebble Beach. C’est la principale explication de sa mue de challenger lointain a finalement vainqueur.

Lors du troisième tour, il s’est distingué avec un putt de 12 mètres pour sauver le par sur le trou 14 ! Dimanche, il a livré une partie solide dans ce domaine allant jusqu’à swinguer un wedge sur le 17…

Pour gagner l’US Open, il n’a concédé que quatre bogeys, la clé absolue en majeur, et pour cela, il s’est classé second pour le nombre de coups gagnés sur les greens.

Comment un joueur classé 120eme sur la saison régulière pour les coups gagnés au putting peut se classer second sur un majeur ? La réponse à cette question nous donne la clé de cette victoire.

Sur le 72eme trou, dimanche, Woodland pouvait se permettre trois putts pour gagner l’US Open, il n’en a eu finalement besoin que d’un pour finir en beauté.

De toute la semaine, il n’a pas commis une seule fois un trois-putt !

Phil Kenyon l’a préparé spécifiquement à putter sous pression. Concrètement, Kenyon l’a aidé à réduire la tension au moment de sa pré-routine, et à baisser son niveau d’anxiété.

Entre Woodland et Koepka, dimanche, il y avait bien plus que trois coups d’écarts.

Sur les greens, Woodland était nettement meilleur, de sorte que Koepka, malgré son exploit sur les greens des premiers trous ne pouvait pas combler cet écart par son seul jeu du tee au green pendant 18 trous.

Un autre facteur explique aussi l’avènement de Woodland au top-niveau, en début d’année, il s’interrogeait sur le fait de ne pas arriver à être compétitif plus régulièrement.

Ancien joueur de basket de très haut niveau, il a appelé son ami Ray Allen (Miami Heat) pour qu’il rencontre David Alexander, un préparateur physique.

Alexander a reconstruit entièrement la préparation de Woodland. Il a changé sa façon de manger, de s’hydrater. Woodland a simplement dit à son sujet « Il a juste tout changé dans ma préparation. »

Dimanche, Koepka aurait bien pu gagner un troisième US Open consécutivement.

Premier pour les greens en régulation, son jeu du tee au green a été parfait. Rien que pour cela, il aurait mérité de gagner ce troisième majeur de la saison.

Cependant, Woodland était tout à côté de lui sur ces mêmes statistiques et compartiments du jeu. Woodland était juste deuxième pour les greens en régulation, et cinquième pour la distance au drive, tout comme Koepka. En revanche, il n’y a pas eu match sur les greens.

Parmi les challengers possibles, il faut ajouter le fait que Justin Rose n’avait pas son meilleur jeu cette semaine ou encore McIlroy, qui a significativement moins bien putté entre sa victoire au Canada la semaine précédente, et la semaine Californienne.

En conclusion, Woodland a achevé un processus de transformation d’un ancien sportif de très haut niveau (basket-ball universitaire) avec des qualités physiques que peu de golfeurs pro peuvent comparer à un champion majeur, et parce qu’il n’a pas que compté sur son physique.

Un exemple de sa mue peut être illustré par la façon dont il a géré le 14eme trou. Ce trou en montée est l’un des 5 trous les plus difficiles sur le PGA Tour.

Trouver ce par-5 en trois et faire le par est plus qu’acceptable. Pour beaucoup de pros, ce n’est même pas envisageable d’aller le chercher en deux.

Woodland est allé le chercher en deux avec son bois 3 pour trouver le rough sur le côté gauche du drapeau. Le birdie qu’il a réussi sur ce trou lui a donné une avance de deux coups cruciale, et la confiance nécessaire pour finalement gagner son premier majeur.

Plus tard sur le 17, quand il a manqué de rentrer le chip dans la boîte depuis le green, il a livré un moment magistral de ce tournoi, pour se donner un dernier trou relativement tranquille, et s’enlever toute pression.

Un dernier putt de 9 mètres allait achever le spectacle au 18.

Quelque part, dix ans plus tôt à son arrivée sur le PGA Tour, il préfigurait ce qu’allait devenir le golf aujourd’hui.

Bien avant Koepka, il était le premier à arriver sur le circuit avec une force physique aussi importante, bien au-delà de ce que Woods avait pu faire. Le fait de rapidement gagner l’avait mis en confiance, et donné de l’appétit.

Au bout de dix ans, il n’avait pourtant gagné qu’à trois reprises sur le circuit, signe que la force brute n’allait pas suffire.

Woodland avant d’être un golfeur est un compétiteur qui veut gagner dans tout ce qu’il fait.

 « Cela a pris un peu de temps, mais maintenant, je vais dans la bonne direction. »

C’est finalement l’histoire d’un « physique » qui est arrivé sur le circuit avant d’avoir réellement appris à jouer au golf.

Et parce qu’il avait ce physique, les plus grands coachs se sont intéressés à lui pour façonner un golfeur parfait.

Au cours de ses 27 premiers majeurs, Woodland n’avait jamais réussi à se classer dans les dix premiers.

Au cours des 4 derniers majeurs, il y est parvenu à trois reprises.

Sa victoire ne tient rien du hasard.

Cela illustre un jeu plus complet. Les 6400 mètres du parcours demandaient de la distance, mais les greens minuscules demandaient de la précision…

Alors si maintenant les bombardiers sont en plus très précis, quelles chances pour les autres golfeurs ?

Crédit photo : Rich Graessle/Icon Sportswire

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