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Quels sont les facteurs clés de la création de vitesse pour un swing de golf ?

swing de golf à pleine vitesse

A la suite d’un premier sujet intitulé « Est-ce que vous swinguez vraiment à votre plein potentiel avec un fer ou votre driver ? », nous poursuivons ci-après, avec les facteurs clés de la création de vitesse. Amplitude, intensité, est-ce qu’il s’agit des seuls moyens de déplacer rapidement ou accélérer un club de golf, et produire une plus grande distance ? Nous nous sommes intéressés à cette question, et à cette occasion, aux résultats d’une étude menée récemment par un chercheur justement spécialisé sur les questions liées au swing de golf.

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Au cours du premier sujet, nous avons vu qu’il existait un rapport entre la vitesse de swing avec le driver, et avec un fer. Ce rapport pouvait servir de guide, pour savoir si justement un golfeur ou une golfeuse optimise sa vitesse de swing et ses distances. Nous avons aussi constaté qu’entre plusieurs golfeurs amateurs, il pouvait y avoir de grandes disparités, et selon les clubs utilisés. A savoir, un amateur qui swingue le fer 7 à la même vitesse qu’un autre, mais swingue bien plus vite le driver ou l’inverse…

C’est pour cela qu’il devient intéressant de s’intéresser aux causes et origines de la création de vitesse.

Bien souvent, avant de s’intéresser aux causes ou même aux mécanismes de la création de vitesse, on se focalise très vite sur le fait d’augmenter la vitesse… Il suffit de recherche « comment créer de la vitesse avec swing de golf » sur un moteur de recherche, pour systématiquement tomber sur des réponses qui vous invite surtout à l’augmenter, y compris un article de notre site datant de 2017.

Les réponses à cette question sont souvent d'autres questions plutôt que justement des réponses, et par exemple « comment générer plus de vitesse au golf » ou « comment augmenter la vitesse du club » ou encore « comment gagner rapidement en puissance »… mais avant cela, personne, nous y compris, n’apporte de réponses sur les fondements, un peu comme si on voulait monter un immeuble sans les fondations.

Il est temps de réparer cet oubli, et peut-être mieux, comprendre ce qu’il faut faire, pour ensuite améliorer son swing ou gagner en vitesse… si c’est vraiment nécessaire.

Le premier piège dans lequel on peut tomber quand on veut expliquer ou comprendre les principes de création de vitesse pour un swing de golf, c’est de parler du club ou du corps.

A quel niveau se mesure d’abord la vitesse d’un swing de golf ? Le docteur Sasho MacKenzie nous donne une réponse tout à fait limpide : Au niveau du grip !

Devrait-on mesurer la vitesse de swing au niveau des bras, du buste, des hanches, ou alors des épaules ?

La première chose à faire, et il nous le rappelle, c’est déjà de savoir de quoi on parle, et à quel niveau on mesure un swing de golf.

S’il est plus courant de parler de vitesse de club (la finalité d’un swing de golf) et de vitesse de balle (la finalité de la transmission de la vitesse de club à la balle qui elle va produire la distance), c’est la vitesse de déplacement du grip qui représente réellement et en premier lieu, la vitesse de swing.

Cette mesure est déjà plus rare, car elle suppose des outils spécifiques, et tout du moins, un Trackman, l’un des radars professionnels les plus répandus, ne fournit en aucune façon cette mesure.

Toutes nos actions, notamment du corps, rotation des épaules, du buste, des hanches, déplacement du club au backswing puis le mouvement de relance vers le downswing impliquant les mêmes rotations n’ont en fait qu’une finalité, nous permettre de générer une vitesse de swing mesurée au niveau du grip du club, premier élément en contact avec nos mains, et donc notre corps.

De son côté, sur un club de golf, le grip est en même temps le premier élément en contact et le seul avec nos mains, et agit de concert avec un manche, et in fine, une tête de club.

Le grip est le point de réunion entre les mouvements du corps, et l’énergie transmise à la balle.

La vitesse de grip n’est en réalité pas uniforme ou égale pendant tout le mouvement du swing.

Le Docteur Sasho MacKenzie, déjà plusieurs fois cité sur notre site (le Canadien est une référence mondiale dans le domaine des recherches scientifiques appliquées au golf) est un spécialiste des mouvements cinétiques humains, et chercheur à l’Université St. Francis Xavier à Antigonish.

Quand il analyse un swing de golf, il prend en considération et conjointement au moins deux mesures : La vitesse et le déplacement du grip, et la vitesse et le déplacement du club.

La vitesse et l’amplitude de déplacement du grip peuvent être représentés par des outils 3D, qui d’ailleurs illustrent que ce mouvement est bien plus court dans l’espace que le déplacement d’un fer, et encore plus, un driver.

Bien entendu, en mesurant le mouvement d’un grip dans l’espace par rapport au mouvement du club, la différence se situe dans la longueur de ce même club, le driver étant par définition, le club le plus long, et celui dont le mouvement est le plus ample.

Au cours de sa dernière enquête, qui a regroupé près d’une trentaine de golfeurs expérimentés, il a notamment mesuré la vitesse de grip, et de club 0,3 secondes avant l’impact de la tête de club avec la balle.

MacKenzie part du principe que chaque individu qui ne souffre pas d’un handicap est en mesure de déplacer un bâton, sans même faire référence à un club de golf. Il définit alors et ainsi la notion de capacité individuelle. Nous avons tous « une capacité » à déplacer un objet dans l’espace, et de plus en plus vite, selon comment nos muscles se contractent ou comment nous sommes capables de créer un mouvement, notre niveau de coordination ou encore l’intensité que l’on peut mettre.

Dans le précédent sujet traité, c’était justement l’intention de MacKenzie de nous définir quel était le pourcentage d’utilisation de cette capacité, selon si on utilisait un fer 7 ou un driver.

Il illustrait au passage que cette capacité n’était pas nécessairement la même, selon les individus, et surtout selon les clubs.

La mesure de la vitesse de grip prise en fait depuis le sommet du backswing jusqu’à l’impact n’est bien entendu pas linéaire. Au contraire, elle accélère de -0,3 secondes avant l’impact jusqu’un peu avant -0,05 secondes avant l’impact, son pic maximum, avant de légèrement décélérer au moment de l’impact.

C’est un premier enseignement fondamental fourni par le chercheur : La vitesse de swing augmente progressivement à mesure que le downswing ramène le club vers la balle, et atteint son pic maximum avant l’impact. Le bref instant avant l’impact (-0,05 secondes), la vitesse de grip se stabilise et décline.

Au sommet du swing, sur l’exemple pris par MacKenzie dans sa présentation, la vitesse du grip a été mesurée à 1,2 mph (très faible). C’est le début de l’accélération.

A l’inverse, avant l’impact, pour le même golfeur en exemple, cette vitesse de grip arrive à près de 16 mph. La vitesse a donc augmenté de 15 mph pendant le court moment du trajet de retour du club à la balle, sachant qu’à son pic maximum, la vitesse de grip a même pu atteindre jusqu’à 23 mph, au moment où les mains commencent à arriver vers le point bas du swing, et avant de repartir vers l’avant.

Cette mesure ne vous dira rien si on ne vous met pas en corrélation la vitesse de swing du driver, soit dans ce cas, 112 mph, quasiment la vitesse de swing d’un golfeur professionnel.

Pour créer 112 mph de vitesse de swing au drive, ce golfeur cobaye a en fait augmenté sa vitesse de grip de 1.2 mph au sommet du swing, à 16 mph au moment de l’impact, en passant par 23 mph de vitesse de grip.

Si au démarrage du backswing, vitesse de grip et vitesse de club ne se séparent pas beaucoup, la vitesse du club (mesure prise au niveau de la tête) augmente considérablement, et créé même un fossé à partir de -0,1 secondes avant l’impact.

En l’espace d’un instant, la vitesse du club passe de près de 20 mph à plus de 100 mph pour la tête de club. A en juger par l’exemple de MacKenzie, on peut dire que cet instant dure 0,1 secondes avant l’impact, à savoir le tout dernier moment.

Donc quand on parle d’augmenter la vitesse de swing, déjà, il faut comprendre que l’on cherche à augmenter la dernière 0,1 seconde avant l’impact.

Pour décrire ce moment, on parle parfois avec un terme anglais d’effet « whip » qui littéralement veut dire « fouet ». Créer de la vitesse de swing revient donc à créer un coup de fouet, à la toute fin du geste.

Autant la vitesse de grip plafonne un peu avant l’impact, autant la vitesse du club plafonne à l’impact, et même commence à redescendre avec l’impact.

La vitesse de grip est bien le résultat de ce que vous pouviez imaginer et citer plus haut : Notre capacité qui résume notre capacité musculaire, notre capacité à créer une séquence de mouvements, notre capacité à être coordonné, et encore notre intensité.

Cela étant, la vitesse de club n’est pas la seule résultante de la vitesse de grip, et c’est là une des découvertes que l’on peut faire en suivant les travaux de Sasho MacKenzie.

Deux autres mesures servent à expliquer comment créer de la vitesse de swing, car justement ce swing ne se fait finalement jamais sans un objet, ce bâton, ce club… qui lui aussi participe à la vitesse.

MacKenzie mesure donc en complément deux éléments liés au club :  La vélocité du manche pendant son déplacement sur le plan du swing, et la vélocité à laquelle le manche tourne sur lui-même pendant le swing.

Ces deux mesurent s’expriment en degrés de rotations par secondes, et pour rappel, on mesure la vitesse du swing surtout depuis le sommet du backswing, et donc un temps très court.

Au démarrage depuis le sommet du backswing, ces deux mesurent sont proches d’une vélocité de 0 degré par seconde.

Avant l’impact, ces deux mesurent dépassent plusieurs milliers de degrés par seconde, et contribuent donc fortement à la création de vitesse de swing.

Pourtant au début du downswing, pour les 0,05 premières secondes d’un swing de golf finalement tapé à 112 mph au drive, les deux mesures concernant le manche du club augmentent seulement d’une centaine de degrés par seconde.

La première mesure concernant la vélocité du manche pendant son déplacement sur le plan de swing atteint 1000 degrés par seconde à -0,1 secondes avant l’impact, tandis que la vélocité des rotations du manche sur lui-même a augmenté moins vite, mais tout de même de plus de 300 degrés par seconde.

Plus tard, à l’impact, la vélocité de déplacement du manche sur le plan de swing dépasse 2200 degrés par seconde, alors que la vélocité de rotation du manche sur lui-même atteint environ 1000 degrés par seconde, et toujours pour notre exemple de drive tapé à 112 mph. Ces deux mesures sont considérables, et ne peuvent pas être oubliées quand on parle des facteurs clés de la création de vitesse pour un swing de golf.

En d’autres termes, MacKenzie explique que la vitesse de grip angulaire (vitesse de grip combiné à la vélocité du manche) influence bien la vitesse de la tête de club.

Prenons un cas concret pour illustrer le mécanisme, si un golfeur génère une vitesse mesurée sur son grip de club de 20 mph, et qu’il tourne son manche de club de 2165 degrés par seconde vers l’avant, il génère en fait une vitesse de 69 mph sur le point haut de son club (partie supérieure du shaft comprenant le grip), qui transmis à la tête de club se transforme en près de 89 mph en bas du shaft. On voit bien que la vitesse du grip de 20 mph ne suffit pas à générer la vitesse de la tête de club. La rotation du manche participe largement à cette création de vitesse transmise à la tête de club.

Si un golfeur déplace cette fois son grip à 16 mph, mais dans le même temps, la vélocité de rotation de son manche augmente à 2290 degrés par seconde. En résumé, il swingue moins vite au niveau des mains, mais cette action se complète par plus de rotations du manche dans le même temps…

La vitesse du grip plus les rotations entraîne une vitesse réelle du haut du club de 72 mph, soit 3 mph de plus que l’exemple précédent, et la vitesse du club est encore mesurée à 89 mph !

Autrement dit, il y a bien plusieurs manières de créer une même vitesse de club. C’est encore un des points clés à retenir de cette étude proposée par le chercheur.

Et c’est bien parce qu’il y a beaucoup de combinaisons possibles que l’on peut expliquer pourquoi deux golfeurs qui swinguent à peu près à la même vitesse un fer 7, peuvent ne pas du tout swinguer leur driver à la même vitesse.

De même que des golfeurs qui ont des différences flagrantes de vitesses de grip peuvent au contraire déplacer le club à la même vitesse !

Il n’y a pas qu’une seule manière de créer de la vitesse de swing.

MacKenzie en déduit deux apprentissages : La capacité d’un golfeur intervient de manière minoritaire dans la différence de création de vitesse entre deux golfeurs. Inversement, les composants de la séquence cinétique d’un swing de golf comptent énormément.

Il exprime ainsi l’idée que certains golfeurs sont plus à l’aise avec la séquence cinétique d’un fer 7 plutôt que celle d’un driver, et inversement pour d’autres.

A retenir, une vitesse de grip très importante n’est pas systématiquement la source d’une plus grande vitesse de drive.

Chez un golfeur qui swingue son fer 7 à la même vitesse qu’un autre joueur, et qui en revanche swingue plus vite au drive, malgré une vitesse de grip plus faible, on peut en déduire que c’est au bénéfice d’une plus grande vitesse de rotation du manche.

La vitesse de rotation du manche contribue plus à la vitesse de club que la vitesse de déplacement du grip.

Si vous voulez accélérer votre swing, notamment au drive, plus que la vitesse du grip ou des mains, vous devez accélérer la rotation du manche pendant le swing pour obtenir les résultats les plus tangibles.

99% des conseils données pour augmenter la vitesse de swing traitent de l’augmentation de la vitesse… du grip. Revers de la médaille cité par MacKenzie, plus un golfeur agit sur la rotation du manche, plus il se rend difficile le fait de ramener la face square à l’impact.

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Commentaires   

admin
0 #8 réponseadmin 10-12-2021 17:08
S'agissant d'un test sans balle, pas à ma connaissance. Si c'est en référence à la décroissance de vitesse du grip juste avant l'impact, je ne crois pas que ce soit en lien, mais le chercheur est le seul à pouvoir donner une réponse fiable. Pour la pression du grip, il faudrait encore creuser, mais je n'ai pas encore vu d'études à ce sujet. A surveiller,
Merci
rvanphat@gmail.com
0 #7 écart de pression des mains sur le grip ervanphat@gmail.com 09-12-2021 15:48
as t ont déjà mesurer la différence d un swing avec et sans balle avant et après la zone d impact existerait il un frein psychologique
car j ai vraiment l impression d une grande différence
ainsi que la différence de pression du grip
admin
0 #6 rotation du shaftadmin 06-12-2021 11:25
Bonjour, le chercheur distingue bien les deux phénomènes, à savoir la vitesse du grip, et la rotation du manche. J'aurai pu préciser que pendant le swing, les mains peuvent potentiellement se déplacer de haut en bas, et de gauche à droite...ce qui n'est pas encore la vitesse de déplacement. Comme suggéré par une autre lectrice, effectivement, il y a au moins deux mouvements distincts, d'une part le déplacement du club vers la balle, et d'autre part, toujours par l'action des mains, une rotation du shaft sur son axe. Pour rappel, le chercheur explique un degré de rotation important mais sur un délai très court, soit 0,3 secondes... En espérant avoir répondu à vos interrogations. Cordialement
admin
0 #5 graphique supplémentaireadmin 06-12-2021 11:21
Bonjour, Comme demandé j'ai rajouté une nouvelle illustration afin d'aider à comprendre ce sujet. J'espère qu'il vous conviendra et apportera une lecture complémentaire.
bernard.pellegrin@wanadoo.fr
-1 #4 Rotation du shaftbernard.pellegrin@wanadoo.fr 03-12-2021 14:38
Bonjour,
La vitesse de rotation du manche n’est-elle pas directement liée à la vitesse du grip?
edepaire@gmail.com
+1 #3 une autre façon d'augmenter la vitesseedepaire@gmail.com 03-12-2021 12:01
j'ai retrouvé l'article en question: voici le lien:
lenergie-dun-moment-gagner-distance/
edepaire@gmail.com
-1 #2 rotation du manche ?edepaire@gmail.com 03-12-2021 11:01
si je comprends bien ce que vous voulez dire par rotation du manche , vous entendez le mouvement induit par la pronation des avant bras lors du follow through ?
j'avais lu un article de biomecanique fort interessant qui pour augmenter la vitesse de swing donnait l'image du patineur et de sa pirouette plus il ecarte les bras , plus le mouvement est freiné jusqu'à meme s'arreter et il en concluait que pour swinguer plus vite il fallait peut etre avoit les bras plus coller au corps.
epgh07@gmail.com
0 #1 Tableauepgh07@gmail.com 03-12-2021 10:00
Je me demande si pour la bonne compréhension, il ne manquerait pas un tableau dans la dernière partie de l'article.

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