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Et si le putter SIK Golf était le meilleur club du sac de DeChambeau?

Récent vainqueur de son premier majeur (US Open), Bryson DeChambeau a beaucoup fait parler de lui, au cours de ces dernières semaines. En bien, en mal, DeChambeau ne laisse pas insensible. Surtout, depuis ses débuts sur le tour, et sa nouvelle notoriété, il n’a eu de cesse de créer des débats sur la pratique du jeu de golf, et en particulier sur le matériel qui ont traversé toute la communauté des golfeurs, et des golfeuses. Si on a déjà beaucoup commenté ses choix de clubs à longueur unique, ou encore son intention de tester un driver avec un manche d’une longueur de 48 inches, son putter est passé un peu sous le radar, alors que là encore, il s’agit d’un choix assez peu conventionnel, et pour lequel je vous propose d’approfondir le sujet. Le putter SIK, de la société du même nom basé en Floride, présente un argument technique unique en son genre…

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SIK Golf : Un fabricant de putter qui monte ?

SIK se dit la société qui progresse le plus dans le business du golf, une affirmation difficilement vérifiable, qui n’engage que ceux qui peuvent y croire sans preuve tangible.

C’est l’éternel problème du marché des équipements de golf, quand vous avez l’opportunité de vous rendre à Orlando, pour le rendez-vous annuel de la profession, le PGA Merchandise Show.

Deux affirmations reviennent sans cesse, aussi bien dans la bouche des commerciaux des très grandes entreprises, que des petites : La société qui progresse le plus vite (comprenez qui vend de plus en plus), et game-changer, au sujet d’un club qui pourrait enfin révolutionner la face du jeu de golf.

Quel curieux mot ? Game-changer ? Qui voudrait tant changer notre jeu ? N’est-il pas bien comme il est ?

Quoi qu’il en soit, tous les apprentis « Géo Trouve Tout » rêvent d’inventer le produit que tous les golfeurs voudront absolument avoir dans leur sac.

Avec Bryson DeChambeau, la petite société spécialisée dans la fabrication de putters vient de trouver une toute nouvelle, et salutaire exposition. 

Le tout nouveau vainqueur en majeur pourrait être crédité à tort de sa victoire pour sa seule puissance phénoménale depuis le tee, et avec son driver.

Ce serait oublier qu’un majeur se gagne surtout sur les greens, et de ce point de vue, les statistiques de l’américain ont été tout bonnement impressionnantes.

DeChambeau, de parmi les derniers à parmi les premiers au putting en moins de trois ans

Au cours du dernier tour, moment où la pression peut être la plus forte, DeChambeau s’est classé troisième pour le nombre de coups gagnés sur les greens : Une bonne publicité pour le fabricant de son putter, Sik !

En réalité, sa victoire a été éclatante, parce que tout son jeu a été performant dans tous les compartiments en même temps, ce qui est très rare au golf. 

Cela étant pour relativiser sa performance, difficile de passer sous silence la lenteur de son jeu qui, sur l’European Tour, lui aurait probablement valu des avertissements et même des pénalités, et autre fait relevé par le journaliste Thierry David, le fait qu’il pourrait enfreindre la règle de l’ancrage au putting, selon le journaliste… sans qu’aucun commissaire ne juge utile de le mentionner, de le rappeler à l’ordre, et mieux de le sanctionner. C’est un autre débat…

Ici, nous allons surtout nous intéresser au choix du putter SIK que DeChambeau a réalisé dans la même démarche que pour le reste de son matériel.

Le connaissant, cela ne pouvait pas être un choix au hasard, ou surtout au feeling.

Il fallait forcément qu’il mette de la « science » là-dedans, lui qui admet qu’à ses débuts sur le PGA Tour, il était bien l’un des pires putters du circuit, et cherchait une technique non-conventionnelle pour putter en ligne.

Pour preuve, selon les statistiques collectées par le PGA Tour, en 2017, il se classait 145eme pour les coups gagnés sur les greens, alors que seulement trois ans plus tard, il réussissait un véritable bond en avant en se classant parmi les 10 premiers !

Pour sa victoire à Winged Foot (US Open 2020), il a notablement impressionné avec une moyenne de 1,78 putts seulement, et sur des greens réputés difficiles.

Une fois le trophée du vainqueur dans les mains, DeChambeau n’a pas tardé à créditer son putter pour cette victoire, et bien avant de parler de ses fers à longueur unique ou son driver Cobra.

A l'origine de la collaboration DeChambeau-SIK

C’est donc au tout début de sa nouvelle notoriété sur le tour que Steve Harrison est venu le voir pour lui parler des putters SIK. DeChambeau admet qu’il en avait entendu parler, et était donc réceptif.

Le VRP lui a déclaré « Quelle que soit la position de la balle dans la face, tu vas pouvoir lancer la balle de manière propre et régulière. »

Cet argument a alors raisonné dans la tête du « Mad Scientist » qui a accepté de se rendre au studio de la marque, en demandant « Hey, que pouvons-nous faire ? »

A l’aide d’outils technologiques de mesures sur place, Bryson a d’abord constaté à quel point il avait un énorme problème pour lancer correctement la balle en ligne vers sa cible.

Depuis cette date, il a toujours mis un putter SIK dans son sac, et il a d’ailleurs remporté toutes ses victoires avec, alors qu’il a pu changer d’autres clubs de son sac, comme par exemple son driver.

Surtout depuis ses débuts chez les pro, Il a déjà engrangé 20 millions de dollars de gains avec ce fameux putter à loft descendant ou DLT (descending loft technology). 

L’américain se montre même dithyrambique au sujet de son putter, et n’hésite pas à prêter son image pour aider la marque à se faire connaître.

Je ne peux m’empêcher d’avoir un doute sur la sincérité de cette démarche.  

Si DeChambeau a déjà gagné beaucoup d’argent sur le circuit au travers de ses performances, il se montre aussi adroit et précoce, pour faire habilement fructifier ses intérêts en dehors des fairways.

C’est en quelque sorte une marque de fabrique, et il sait en jouer et en tirer profit, malgré son allure de jeune premier, et son visage angélique.

Ayant choisi d’être 100% non conventionnel, pourquoi aurait-il fait autrement avec son putter ?

Ce qui marche pour lui… est-ce vraiment une garantie de succès pour tous les autres golfeurs amateurs ?

Apprendre à mieux faire rouler la balle...

« Le putting a toujours progressé de manière graduelle depuis le début de ma carrière professionnelle. J’étais bon dernier sur le tour à mes débuts dans ce domaine, et les gens de SIK Golf m’ont alors aidé à comprendre comment une balle de golf devait rouler, pour se donner les meilleures chances de rentrer des putts. »

SIK Golf se plait à rappeler que cette « progression » a contribué à ce que le vainqueur engrange un chèque de 2,25 millions de dollars…

Quel argument commercial pourrait être meilleur pour tenter de convaincre des millions d’amateurs ?

Le putter SIK est en réalité composé de 4 couches planes qui présentent chacune un degré de loft inférieur plus on descend vers le sol.

Décomposez la face en 4 couches… la plus haute propose 4 degrés de loft, la suivante 3, puis 2, puis seulement 1 degré pour la couche la plus près du sol.

Ce principe est unique en son genre !

Cela n’empêche pas le fabricant d’usiner la face du putter, comme n’importe quel autre putter.

Selon SIK, ce principe créé les conditions d’un angle de lancement de la balle plus régulier, combien même le joueur ajoute ou supprime du loft avec son geste, au moment de l’impact avec la balle.

En conséquence, cela veut dire plus de contrôle de la distance pour le joueur, et moins de spin latéral. La balle tient mieux la ligne vers le trou !

La promesse de game-changer de la marque, c’est une autre façon de faire rouler la balle.

Les questions qui se posent

A ce stade, j’ai déjà contacté SIK pour avoir la possibilité de tester un putter, et en parallèle, j’ai contacté Alexandre d’Incau pour recueillir son avis.

Sur le papier, en théorie, pour Alexandre, ce type de technologie ne lui semble pas hors sujet. Il me cite d’ailleurs très rapidement l’exemple des putters Herria, des putters aussi assez peu conventionnel, avec une forme ronde.

Herria revendique d’ailleurs de la même façon un roulement de balle instantané.

Pour bien comprendre le fond du sujet…

S’agissant de la roule sur un green, un putt se décompose principalement en deux phases : La phase dite de glissement ou plutôt le terme exact Skid, et ensuite, la balle se met à rouler.

A écouter les experts en matériel, plus la période de skid où la balle saute littéralement de la ligne sous l’effet du loft positif du putter est réduite, et plus la roule de la balle sera régulière, et plus facile à prédire.

Herria ou SIK cherchent en fait à réduire cette phase de skidding.

Alexandre D’Incau (Proclubmaker) précise à ce sujet « Ils essaient de créer un engrenage pour créer plus de roll, et limiter le skid qui est lié à l’angle de décollage. »

Il ajoute « J’aimerai bien le voir au travers d’un test avec le Quintic Ball Roll qui est le seul véritable outil qui peut permettre de l’analyser parfaitement. Un golfeur, surtout amateur, ne prend pas la balle au même endroit systématiquement. Qu’est-ce qui se passe vraiment, quand la balle est tapée à différents endroits de la face ? Et notamment dans la hauteur de la face ? »

Effectivement, si la balle est prise vers le haut de la face d’un putter classique, du loft est ajouté, et inversement, dans le bas de la face, du loft est enlevé…

Quelle incidence sur la vitesse de balle se demande le clubfitter au sujet de ce putter SIK ?

« Le contact avec la balle est très ponctuel. Une parfaite utilisation du putter demande d’être hyper constant dans l’impact. »

Dans sa présentation, SIK explique justement qu’un putter avec le principe DLT (descending loft technology) permet justement de régler un problème de placement du shaft (angle) entre l’adresse de la balle, avant de démarrer le stroke jusqu’à l’impact.

Pour être plus précis, la marque fournit une image où elle explique que si vous déloftez à l’impact (votre geste enlève du loft du putter en attaquant la balle vers le sol), l’angle de lancement restera stable à 1.5 degrés, idem si vous faites l’inverse, et que vous ajoutez du loft (le putter est joué en remontant), et encore idem, si votre geste est neutre.

Si ce principe technique venait réellement à se vérifier, et sur le papier, cela paraît plausible, alors effectivement SIK pourrait bien avoir eu l’idée d’un putter vraiment très performant pour un des trois éléments majeurs pour la qualité du putting : Le contrôle de la vitesse, putts après putts.

Que l’on aime ou pas DeChambeau, que l’on suive ou pas son raisonnement, force est d’admettre qu’il contribue à secouer le golf, et à se poser parfois de très bonnes questions.

J’espère pouvoir donner une suite à cet article avec un test au Trackman, et au moins du niveau de Skid et de la régularité de la distance…

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Commentaires   

duboispj@yahoo.fr
0 #1 Pas de 3ème point d'encrageduboispj@yahoo.fr 01-10-2020 22:44
BDC n'enfreint pas la règle du 3ème point d'encrage. Il fixe sont manche contre son avant bras gauche, mais ça ne constitue qu'un seul point d'encrage et sa main droite est le second. Ce qui est interdit, c'est de tenir le manche avec la main droite et la gauche et d'appuyer le haut du manche contre sa poitrine ou son ventre, ce qui est véritablement un 3ème point d'encrage.

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