Posté par le dans Insolites sur le golf

Les effets du coronavirus sur le cœur selon une étude menée avec le capteur Whoop

En cours de test longue durée du capteur Whoop, un bracelet connecté qui se porte au poignet et relève des informations sur la pression artérielle, la qualité du sommeil, le niveau d’activité physique, et le niveau de récupération, nous avons reçu un rapport de cette société basée aux Etats-Unis, et concernant les membres affectés par le coronavirus, les effets perçus et les données mesurées, ainsi que d'autres statistiques concernant le niveau de stress, de sommeil, et selon le degré de confinement.

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En temps normal, ce capteur Whoop a déjà pour fonction de nous alerter sur des signaux que notre corps nous envoie, et que nous pourrions avoir tendance à ne plus écouter.

Depuis le début de la pandémie, alors que la communauté des porteurs de bracelets Whoop a grandi dans le monde, quelles sont les données objectivement mesurées, et notamment par les sportifs amateurs ?

Affecté par le COVID-19, les données qui sont impactées (les battement du cœur au repos, la variation des battements du cœur, et la manière de respirer)

L’intérêt du capteur Whoop est principalement d’aider les sportifs à mieux optimiser les phases d’efforts avec les phases de récupérations.

A cette fin, en temps normal, ce capteur placé au poignet enregistre des données sur les battements du cœur.

Les auteurs de l’étude précisent donc que quand on est malade, le taux de battement du cœur au repos a tendance à augmenter, tandis que la variabilité des battements du cœur a inversement tendance à diminuer.

Quand un patient est atteint par le virus COVID-19, il peut à priori détecter ces changements dans les mesures qui sont prises, et avant que les premiers symptômes évidents n’apparaissent.

« Le système immunitaire et le système nerveux travaille ensemble et de manière complexe, pour cibler un virus étranger, et le découvrent avant que nous tombions malade. »

Quand l’infection devient plus sévère, les auteurs de l’étude expliquent que les deux systèmes produisent une première réponse qualifiée de fébrile : La fièvre.

Toujours quand le système immunitaire détecte un pathogène étranger tel qu’un virus ou une bactérie, il envoie un message au cerveau pour augmenter la température corporelle.

Le système nerveux produit alors plus de température.

Les concepteurs du capteur expliquent qu’en créant une « base personnelle » de données sur votre santé en amont, Whoop peut justement nous aider à identifier des signes de maladies quelques temps avant que les premier symptômes n’apparaissent, et d’aller voir un médecin.

Leur principal argument consiste dans le fait qu’au moment où vous irez voir un médecin, vous pourrez lui donner une présentation précise des battements de votre cœur en temps normal, et au début de l’infection, ainsi que de votre taux de respiration, sur les 14 jours précédents.

Selon Whoop, le taux de respiration est précisément le nombre de respirations par minute, et de manière générale, il se situe entre 12 et 20 respirations par minute au repos.

Chaque respiration est répartie entre inhalation et expiration.

Pendant l'inhalation, l'oxygène est amené dans les poumons d'où il est transporté dans tout le corps via la circulation sanguine, et pendant l'expiration, le dioxyde de carbone est éliminé.

De cette façon, le médecin pourrait mieux comprendre les changements entre état normal et début de l’infection.

Les auteurs précisent que les membres de la communauté Whoop sont généralement un peu plus en formes que la population globale, étant plus sensibles à ce qu’ils appellent leurs données biométriques, en particulier les battements du cœur, le taux de respiration, et les variations des battements du cœur, qu’ils surveillent déjà, et en prévision de performer dans le sport.

Les mesures effectuées depuis le développement de l’épidémie aux Etats-Unis, et la participation des membres de la communauté Whoop

Un grand nombre d’américains, et notamment des porteurs du bracelet n’ont pas pu être testés au COVID-19, et donc confirmer un diagnostic.

Parmi ceux qui ont déjà pu être testés, et notamment positif, 8 patients auraient accepté de partager leurs données biométriques avec la communauté.

5 patients auraient mesuré une baisse de la variabilité des battements du cœur de l’ordre de 30% par rapport à leur mesure en amont et récente.

4 ont constaté une augmentation de l’activité de leur cœur au repos de 25% et plus, et enfin 3 ont constaté une augmentation de leur taux de respiration de plus de 15%.

De là, les auteurs ont mis en parallèle ces résultats avec les données déjà collectées auprès des membres ayant déclaré avoir été malades, et pour n’importe quelle maladie, pendant le mois de janvier 2020.

Moins de 15% des membres ont constaté une baisse de 30% de la variabilité des battements du cœur.

Moins de 5% des membres ont constaté une augmentation du rythme cardiaque au repos de plus de 25%, et moins de 1.5% ont expérimenté une hausse du taux de respiration de plus de 15%.

Les auteurs ajoutent « Bien que nous ne soyons pas tous directement infectés par le COVID-19, cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas impactés, et notamment par le stress lié à l’économie, le fait de travailler à la maison, le fait d’être préoccupé pour soi et sa famille, ce qui en fin de compte contribue à un stress sérieux. »

Justement, ils mesurent que le niveau de stress supporté actuellement par les porteurs de bracelet est à un niveau jamais atteint auparavant.

70% des membres déclarent être stressés !

Les auteurs vont jusqu’à publier ci-dessous, une carte représentant par état américain, le niveau de stress exprimé.

Le stress agit sur le système nerveux, et augmente les battements du cœur au repos, et diminue la variabilité des battements du cœur.

Ci-dessous, ils publient les données d’un des membres, à partir du moment où il a commencé à travailler à domicile, à respecter les règles du confinement, et notamment la distanciation sociale.

Ce graphique illustre l’état de forme de la personne, et notamment l’état de sa récupération, de mardi à mercredi, entre le 12 et le 18 mars 2020.

Plutôt très en forme au début de la semaine (en vert), le fait de rester chez lui a entraîné progressivement une dégradation de sa forme générale, pour terminer relativement fatigué (en rouge) au bout de 7 jours.

« Le stress est utile, c’est ce qui nous met en alerte par rapport à un danger, produit de l’énergie dans les muscles pour préparer une réponse à une éventuelle attaque.  La réponse émanant du stress peut en fait être bénéfique face à un très grand danger. »

Le rapporteur ajoute « Cependant, cette réponse peut être inappropriée dans certaines situations, et trop de stress peut finir par fatiguer le corps, et affaiblir le système immunitaire. »

Il y a alors plusieurs manières de faire baisser le stress : L’activité physique, la méditation, et le sommeil.

Pendant la période de confinement, nous sommes donc invités, puisque nous sommes objectivement plus stressés et sur une période plus longue, à être vigilant sur les moyens de récupérer, et de faire baisser le stress.

« La solitude forcée par le confinement peut aussi avoir des effets similaires au stress »

Nous sommes donc incités à essayer de garder le contact avec nos proches, notamment par téléphone ou par vidéo.

Une conséquence positive du confinement ?

La distanciation sociale pourrait avoir un bénéfice…

Les auteurs de l’étude auraient mesuré un gain moyen de 15 minutes de sommeil supplémentaire par nuit, sur l’ensemble des membres de la communauté.

Ce gain pourrait se traduire en bénéfice pour le système immunitaire.

Le graphique ci-dessous, et toujours fournit par la société qui exploite le capteur Whoop, illustre le niveau de sommeil moyen atteint par les membres entre le 21 février et le 22 mars 2020.

En temps normal, les membres ont toujours tendance à dormir un peu plus pendant le week-end, et un peu moins la semaine.

Cependant, il semblerait que depuis le début du confinement, les membres adopteraient des rythmes de sommeils plus proches d’une période de week-end, y compris pendant la semaine.

Les auteurs notent toutefois que ce phénomène n’est pas égal selon toutes les régions aux Etats-Unis, et selon la « sévérité » du confinement.

Plus les règles du confinement sont strictes, et plus le niveau de sommeil est important.

Expérience personnelle

Pour ma part, utilisateur du capteur Whoop depuis octobre 2019 sans discontinuer, et initialement pour être plus sensible aux notions de récupérations et de sommeils, afin de performer au golf, j’ai téléchargé le bilan de mon mois de mars 2020.

Très respectueux du confinement (je cours dans le jardin) et ne sort qu’une fois tous les 8/10 jours pour faire les courses, j’ai effectivement noté une amélioration de mon sommeil de l’ordre de +14% entre février et mars 2020 (voir ci-dessous).

Pour autant, je ne me sens pas plus reposé ou plus en forme actuellement.

Comme nombre d’entre vous sans doute, je travaille beaucoup, et il faut gérer les enfants, les devoirs, et les tâches du quotidien dans un contexte inédit.

Cette dernière semaine, j’ai été nettement plus fatigué.

L’efficacité de mon sommeil a baissé, et se situe en-dessous de ma tranche d’âge (35-50 ans) de près de 6%.

La régularité de mon sommeil n’a pas été optimale.

Alors que j’étais motivé à courir plusieurs fois par semaine, et à taper des balles, ma motivation pour faire de l’exercice a chuté à 0 cette semaine, en même temps que le sentiment de fatigue a progressé.

Ces commentaires pour illustrer le fait que l’étude Whoop manque peut-être et encore de recul, et se fonde sur une utilisation trop majoritaire aux Etats-Unis où le confinement n’est pas appliqué de la même manière qu'en France, et partout dans les mêmes états.

Si effectivement, dans les premiers temps du confinement, le stress a joué un impact négatif vraisemblable sur notre état de forme général, s’en est peut-être suivi une phase d’amélioration progressive du sommeil, cependant, je ne serai pas surpris que cela puisse se re-dégrader à nouveau, et suivre une forme de tendance sinusoïdale, à mesure que le confinement dure. 

Le capteur Whoop présente toujours un intérêt selon moi, et notamment pour mettre des chiffres, des indicateurs sur la perception de la forme, et de la récupération.

Quelque part, par rapport au COVID-19, il préfigure peut-être d’une future application smartphone que nous pourrions tous télécharger, comme en Corée du Sud, pour "gérer" la pandémie, à la différence que les données biométriques sont destinées à améliorer notre forme, et pas vocation à être partagées.

Autre problématique, si le fait de collecter des données biométriques peut présenter un intérêt, depuis le mois d’octobre 2019, je dois admettre que la lecture et l’interprétation des données n’est pas intuitive.

Elle ne remplace pas le médecin.

Au mieux, elle permet de lui soumettre des données en amont d’un symptôme.

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Commentaires   

admin
0 #2 Bon rétablissementadmin 12-04-2020 17:48
Merci Anthony pour votre commentaire, et surtout je vous souhaite un bon rétablissement.
anthony@charlycompany.com
+1 #1 Augmentation du rythme cardiaqueanthony@charlycompany.com 12-04-2020 16:17
Je sors de 4 semaines avec le Covid 19. En dehors de la perte du goût et de l’odorat, j’ai constaté une nette augmentation de mon rythme cardiaque au repos d’environs 25% associée avec des symptômes de tachycardie : palpitations, vertiges. Je précise que je n’ai aucun problème cardiaque (check up complet il y a un an avec test d’effort).

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