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Edouard Tuffier, Président de l’agence Swing : On reste confiants…

Président et fondateur de Swing, agence spécialisée dans l’organisation d’événements de golf, plus particulièrement dédiés aux entreprises, Edouard Tuffier a accepté de répondre à mes questions, sur la situation actuelle du golf en France en 2020, plus précisément en ce qui concerne l’organisation et la tenue de tournois et d’événements à venir, que ce soit en France ou à l’étranger.

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Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de partager de bons moments golfiques, au Portugal et en région parisienne, avec Edouard Tuffier et Christophe Ravetto directeur associé de l’agence Swing, et si j’avais pu apprécier à ces occasions l’humanité et le talent avérés qui se dégage des ces deux hommes et golfeurs, je connaissais alors assez peu leur métier et ses contraintes.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter, nous raconter comment a commencé votre aventure dans l’organisation d’événements dans le milieu du golf ?

Edouard Tuffier : J’ai démarré en 1989 dans le business du golf, je voulais alors être directeur d’un club de golf, ce que j’ai été pendant quelques mois, mais au final cela ne me convenait pas.

J’ai alors postulé chez Promogolf dirigé par Lionel Provost, qui était à l’époque également Directeur de la Fédération Française de Golf. J’ai travaillé chez Promogolf pendant un an et demi à l’organisation de compétitions de clubs.

Lionel Provost était en quelque sorte mon mentor, pourtant quand au retour de mon service militaire en 1992, je lui fais part de ma volonté de monter ma propre agence, il m’a souhaité « bonne chance », ironiquement…

Pouvez-vous nous présenter votre agence Swing ?

Edouard Tuffier : J’ai donc créé Swing en 1992, avec la volonté d’être propriétaire de mes événements, et aussi de devenir la « petite bête qui monte » dans le domaine de l’organisation d’événements de golf.

En 2007, nous avons été approché par 7 ou 8 entreprises qui souhaitaient nous racheter, dont Eurosport. On nous a également proposé de fusionner avec Promogolf.

En 2008, Mc Cormack, l’organisateur du Trophée Lancôme, nous avait fait une offre pour faire de la croissance externe, et développer en Europe les projets « amateurs entreprises ». Suite à la crise de 2008, le projet a été abandonné.

Aujourd’hui Swing a 28 ans d’existence, et nous organisons entre 120 et 150 événements par an, plus environ 5 voyages d’exceptions, comme celui à l’Île Maurice, le Golf & Gourmet Trophy, en collaboration avec Jean-Pierre Vigato le Chef d’Apicius.

Actuellement nous sommes une équipe de sept personnes, dont deux dirigeants, Christophe et moi, ainsi que cinq autres « actifs » qui sont bien plus que des collaborateurs tant leur implication est forte dans le projet.

Vous organisez des tournois de golf en France, pouvez-vous nous parler du Pro-Am de Paris?

Edouard Tuffier : Le 19e Lexus Pro-Am de Paris est maintenu du 8 au 11 juillet, avec cette année le retour du Golf de Chantilly qui vient compléter cette magnifique collection de parcours en Île de France, rejoignant ainsi le Racing Club de France La Boulie, l’Exclusiv Golf de Courson, et Le Golf National.

Bien entendu nous sommes dans l’attente des mesures qui vont être annoncées en juin concernant l’ouverture des Club-Houses, mais également de la possibilité de réunir plus de 10 personnes dans un lieu public.

Autre interrogation, c’est l’ouverture des hôtels dans Paris et en région parisienne, une majorité des équipes engagées au Pro-Am, en plus de la limitation de se déplacer à moins de 100 km de leur domicile, devront pouvoir se loger sans difficultés.

Nous avons bien entendu bon espoir que ces barrières soient levées d’ici début juillet.

Une particularité cette année, c’est la forte demande de participation au Pro-Am, et notamment de la part de joueurs professionnels, il est vraisemblable que l’annulation des tournois professionnels les incite à venir nous rejoindre en juillet…

Dans quelle mesure la crise du COVID-19 a impacté votre activité ?

Edouard Tuffier : Pour le moment nous constatons une perte de 30% de notre chiffre d’affaire.

Nous avons eu évidemment des annulations d’événements, tant pour les mois passés que pour les mois à venir, venant plus particulièrement de la part d’entreprises du domaine du BTP.

Cependant, ce qui est encourageant, c’est que 70% de nos clients ont accepté le report de leurs événements en septembre et octobre.

La conséquence, est que notre prochain challenge va être de gérer sur cette période, une certaine saturation.

Nous avons ainsi à organiser six compétitions sur un seul week-end début septembre.

Alors, sachant que ces compétitions sont situées aux quatre coins de la France, et qu’il faut que nous y soyons présents entre 16 à 17 heures par jour, il faudra que nous soyons le plus efficace possible, mais ça, nous savons faire…

Quelles sont les mesures que vous avez été contraint de prendre ?

Edouard Tuffier : Toute l’équipe a été en chômage technique à hauteur de 30%. 30% seulement pour deux raisons, la première est qu’il n’était pas dans notre culture de profiter à l’extrême de cette aide, d’autres en on certainement encore plus besoin que nous.

La deuxième raison est qu’il fallait de toute façon rester en contact avec nos clients et partenaires pour avancer sur les projets à venir, et pour cela nous avons plutôt comme beaucoup, favorisé le télé travail.

Ensuite naturellement, nous avons « serré les boulons » concernant les dépenses.

Malheureusement nous avons du également reporter l’embauche d’un nouveau collaborateur.

Quelles sont vos perspectives pour cette année 2020 ? Comment allez-vous surmonter cette crise ?

Edouard Tuffier : Au sujet des perspectives, comme beaucoup, nous sommes dans l’attente de nouvelles directives, plus particulièrement en ce qui concerne les voyages.

Nous avons par exemple du reporter le Golf & Gourmet Trophy à l’Île Maurice en novembre, alors qu’il été programmé en mars.

La confiance de nos clients nous a permis de maintenir notre trésorerie. C’est un grand atout d’avoir de tels liens entre eux et nous.

Certains nous ont fait des avances sur des projets reportés, d’autres pour des tournois annulés nous ont partiellement dédommagé. Tout le monde a arrondi les angles.

Nous sommes plus inquiet pour 2021, si les clients ont maintenus leurs engagements en 2020, nous ne savons pas ce qu’il en sera l’année prochaine, d’autant plus que certains secteurs comme l’automobile sont particulièrement affectés aujourd’hui.

Estimez-vous avoir été représenté ou entendu sur les spécificités de votre activité ?

Edouard Tuffier : La FFG a bien géré la réouverture des parcours, et la reprise du jeu pour les golfeurs.

Mais la FFG n’a pas pu pour le moment nous soutenir dans nos demandes, qui sont sans doute en cours, concernant la réouverture des club-houses et les rassemblement de plus de 10 personnes.

Il faut cependant comprendre qu’il est difficile de faire entendre aux collaborateurs de la Ministre des Sports, que le golf se pratique sur des espaces de 50 hectares et que les flux sont donc faciles à gérer.

D’autant plus que pour les hauts dirigeants, le golf n’est pas très bien considéré, surtout quand on se souvient que pour la Ryder Cup, qui se déroulait pour la première fois à Paris, et bien avant la crise du Covid-19, ne se sont pas déplacés, ni le Président de la République, ni le Premier Ministre.

C’est Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, qui est venue pour la cérémonie d’ouverture.

Nous essayons également actuellement de nous fédérer entre quelques acteurs de la filière, pour pouvoir faire entendre nos voix.

Comment voyez-vous le golf d'après ?

Edouard Tuffier : Pour nous, le golf reste un très bon vecteur d’activité, même si la population de golfeurs en France est vieillissante, l’image du golf est toujours très forte auprès des grandes marques.

On reste confiants, mais les activités qui sont dans la sphère du golf doivent davantage se professionnaliser et se fédérer.

J’ai essayé d’approcher mes concurrents dans ce sens, mais je regrette de n’avoir constaté que ce qui domine, c’est « l’esprit de clocher », du chacun pour soi. En conséquence nous n’avons dans ce domaine aucune entreprise française qui pèse au niveau mondial, et même pas au niveau européen.

De notre côté, nous allons continuer à apporter aux entreprises des propositions « clefs en main ».

Des propositions qui tiennent compte de leur ROI (retour sur investissement), à travers des événements corporates de qualité. Nous avons le savoir faire et l’expérience pour cela.

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Commentaires   

direction@groupesavas.com
0 #1 Pro Am Paris Lexusdirection@groupesavas.com 28-05-2020 10:36
Ayant participé 2 fois à ce pro Am pour mes clients et fournisseurs dans le cadre de mes sociétés , je vous confirme un superbe événement avec une organisation parfaite. Événement idéal pour faire profiter ces Clients VIP de Paris et du prestige d’un événement.
Nous y seront encore cette année.
Et misons tout sur le concours d’élégance 😉😉
Amitié golfique

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