Quand vous lâchez quelques coups, mais vous pouvez compter sur votre putting pour gagner

Dimanche 28 juin, Dustin Johnson a remporté sa 21eme victoire sur le PGA Tour, à l’occasion du Travelers Championship disputé sur le parcours du TPC River Highlands, un joli 18 trous ouvert en 1928. Quand on évoque l’américain de 36 ans, on pense plus souvent à son drive surpuissant, au placement de son poignet gauche au sommet du swing, et un peu moins à la qualité de son putting. C’est pourtant ce compartiment du jeu qui lui permet de remporter au moins une victoire sur le circuit professionnel chaque année depuis 2008. DJ vient tout simplement d’égaler Tiger Woods pour le nombre de titres remportés aux USA depuis 13 ans ! Ce dimanche, c’est encore son putting sans faille qui a masqué quelques coups de départs qui n’ont pas trouvé les fairways.

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La dernière victoire de Dustin Johnson sur le PGA Tour, et sur un tournoi sans public, pourrait se résumer à des kilomètres de putts rentrés.

De près, de loin, avec des pentes prononcées, à plat, Dustin Johnson a rentré une quantité incroyable de putts pour terminer à 19 coups sous le par, et devancé d’un coup, pardon d’un putt, le second Kevin Streelman.

Son dernier tour n’a pourtant pas été à son image, le plus souvent stoïque, et donc un long fleuve tranquille, il a d’ailleurs admis avoir eu du mal à gérer l’interruption du jeu en raison de la météo, et manqué quelques « tee shots » inhabituels pour lui, alors qu’il semble si fort au driving.

La veille, Dustin Johnson avait en réalité construit une grande partie de sa victoire avec une carte de score constellée de birdies.

Avec une carte en 61 sur ce par-70, soit 9 coups sous le par, Johnson avait déjà marqué les esprits, et rassuré sur l’état de son genou gauche blessé pendant le confinement.

Depuis la reprise du circuit, il est monté progressivement en régime, et aussi concédé que dans d’autres circonstances, il aurait laissé passer une semaine de plus avant de reprendre le golf.

Un peu comme un diesel, DJ a eu besoin de temps pour retrouver son rythme, cependant, 3 semaines, pour beaucoup de golfeurs, cela ne s’apparenterait pas à un rythme pépère, mais plutôt accéléré.

Sur ce parcours jugé relativement abordable en comparaison des autres destinations du PGA Tour (parcours classé 41eme en difficulté sur 51 en 2011) avec « seulement » 5 obstacles d’eaux, et « 119 » bunkers, Johnson a passé la vitesse supérieure, en changeant notamment de putter.

Une semaine plus tôt, il avait opté pour un putter TaylorMade Truss face balanced, et cette semaine, il a opté pour un modèle plutôt « toe hang », le Truss TB1 avec un loft de 3 degrés, un lie de 70 degrés, une longueur de 35,75 inches (il mesure 1m93), un équilibrage en E0, et un grip Superstroke Pistol GT.

Tout au long de la semaine, il n’a cessé de monter en performance sur les greens, avec un nombre de coups gagnés en constante augmentation, et pour finir avec une moyenne de +1.53.

Son meilleur putting ayant clairement été pendant le week-end avec une pointe dimanche à +2.3 points, soit un coup de mieux que son challenger Kevin Streelman. Son putting a clairement fait la différence pour la victoire…

DJ n’est d’ailleurs pas assez reconnu comme un excellent putter.

Il est d’autant plus excellent qu’il fait partie des rares golfeurs capables de changer de putter, et notamment alterner entre lames et maillets.

Il aime le toucher et le look d’un putter lame, mais apprécie aussi la roule et la stabilité d’un putter maillet.

Son équipementier, TaylorMade, n’hésite pas d’ailleurs à vanter les mérites de son Truss, notamment équipé d’une « charpente » au niveau hosel pour renforcer l’impression de stabilité, et la qualité de la roule de son insert PureRoll.

C’est certainement bien plus la qualité intrinsèque du joueur qui plaide en sa faveur. En 2018, il faisait déjà partie des 25 meilleurs putters sur le circuit.

Cependant, comme beaucoup de golfeurs, la régularité est toujours le plus difficile à obtenir.

En 2019, son classement a nettement reculé (74eme). Il a tendance à faire le yo-yo, ce qui explique peut-être, pourquoi il n’est plus actuellement numéro un mondial.

Avant le Traveler’s Championship, il s’était passé 16 mois depuis sa dernière victoire au Championnat du monde de Mexico.

Il est passé près d’étendre cette durée, justement à cause d’un drive égaré au 13, un pitch, les deux pieds dans l’eau au 15, et encore un coup manqué au 16, alors que le reste du champ des joueurs ne lui laissait pas vraiment de marge d’erreur.

Sorti du top-5 mondial pour la première fois depuis son seul succès en majeur, l’US Open 2016, c’est cette capacité à rentrer tous les putts décisifs qui l’a maintenu en tête, et permis de s’imposer.

Sur le dernier tour, sa moyenne de fairways en régulation ayant chuté sous la barre des 50%, il n’avait d’ailleurs pas d’autres solutions, face à un Streelman plus régulier, et même un peu plus droit et long (309 yards de moyenne contre 303 pour DJ).

Pour perfectionner son putting, Dustin Johnson travaille justement avec le coach Allen Terrell.

Ce dernier a posté quelques mois plus tôt sur Instagram la photo d’un exercice fort instructif, à la fois sur le niveau d’exigence que le joueur s’applique, et sur la pertinence pour travailler deux aspects majeurs du putting, et valable pour tous les golfeurs, professionnels ou amateurs.

Il s’agit de contrôler la ligne de départ du putting, et la vitesse.

Pour y parvenir, DJ place des petites pièces de monnaie sur un green, et une baguette d’alignement derrière le trou.

Il pose sa balle sur une pièce sur le green, et pose deux autres pièces dans une sorte de « porte » à passer à mi-chemin du trou.

Cet impératif l’oblige à contrôler la ligne de démarrage de son putt.

La baguette placé 30 centimètres derrière le trou doit illustrer où son putt doit s’arrêter dans le cas où il manque.

Son objectif : Trouver la vitesse parfaite avec la ligne parfaite ! Si vous essayez, vous verrez que c’est un exercice plutôt difficile…

A une journaliste qui l’interrogeait sur sa carrière, et son impressionnante série de victoires depuis 2008 « avez-vous déjà connu une saison entière de mauvais jeu de golf ? », il a répondu « Je ne crois pas. Et j’espère que cela ne va pas arriver de sitôt. »

En réalité, c’est justement une chose qui est sous-estimée avec Dustin Johnson, il est un modèle de performance, au point d’être bientôt à sérieusement considérer parmi les 25 meilleurs golfeurs américains de tous les temps, et selon Kyle Porter, journaliste golf de CBS !

21 victoire sur le circuit, pour le journaliste américain, DJ commence à rejoindre les sommets où justement l’air se raréfie.

Depuis 2008, son année de rookie sur le tour, il rappelle que seulement trois joueurs ont gagné plus de 18 fois dont Rory McIlroy (18) et Tiger Woods (21).

Pourtant, les dix dernières années marquent certainement l’ère la plus compétitive du circuit professionnel de golf, avec en même temps, une grande série de très bons joueurs au plus haut niveau : Jason Day, Jordan Spieth, Phil Mickelson, Justin Rose, Henrik Stenson, Sergio Garcia…

DJ n’est plus très loin de pouvoir dépasser de très grands noms du golf comme Johnny Miller, Raymond Floyd ou encore Gary Player qui ne comptent plus que quelques victoires de plus.

A 36 ans, et sans problème physique majeur depuis le début de sa carrière, DJ a sans doute encore beaucoup de possibilités de victoires devant lui, surtout quand il putte aussi bien.

Pour réellement intégrer le panthéon des meilleurs golfeurs, le journaliste américain fixe la barre mythique des 30 victoires sur le PGA Tour, et surtout 2 majeurs en plus !

C’est effectivement dans ce domaine que DJ manque le plus de crédibilité ou plutôt de reconnaissance avec à ce jour, cette seule victoire à l’US Open 2016.

A l’inverse, à l’ère du numérique et de Youtube, cette quantité de drives mémorables tapés par l’américain va plaider en sa faveur, et sa légende. Au-delà de ses victoires, DJ est un personnage déjà emblématique du golf mondial.

Souvenez-vous comment le monde du golf s’est passionné pour une supposée altercation avec Brooks Koepka au moment de la Ryder Cup à Paris.

Pour Dustin Johnson, pas le choix, pour être considéré comme un top-player de sa génération, il faudra gagner un ou deux majeurs de plus, et ainsi définitivement clore le débat.

Ce succès à River Highlands le met déjà dans de bonnes dispositions en vue des échéances de cette fin d’année, sachant qu’avec un tel niveau de putting, il devra être forcément intégré à la liste des favoris.

Crédit photo : Brian Rothmuller/Icon Sportswire et Getty Images

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