Dustin Johnson, numéro un mondial, et vainqueur de la Fedex Cup 2020

Lundi 7 septembre, la saison de golf 2020 sur le PGA Tour a touché à sa fin à East Lake, près d’Atlanta en Géorgie, avec le traditionnel Tour Championship. L’américain Dustin Johnson, 36 ans, a dominé le tournoi de main de maître. En plus du chèque de près de 15 millions de dollars, Dustin Johnson en a profité pour conforter sa place de numéro un mondial, et remporté la Fedex Cup. Déjà numéro un mondial dans un passé récent (février 2017-avril 2018), son succès confirme son rang de star du jeu de golf planétaire. Malgré la crise du COVID_19, et l’interruption des tournois, puis la bulle sanitaire, il a su atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés en début de saison : Gagner les play-offs ! Connu pour la puissance de ses drives, c’est bien la qualité de tout son jeu qui lui a permis d’être le meilleur…

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Si vous suivez une partie de Dustin Johnson pendant un tournoi du PGA Tour, et par exemple dans des vidéos qui résument ses parties sur Youtube, vous serez peut-être frappé de constater, en plus de sa nonchalance quasi-légendaire, qu’il exécute assez régulièrement le même plan de jeu.

Au départ des trous, il tape pratiquement systématiquement son power fade, qui va finir par être lui aussi légendaire. Sur les fairways, il joue à nouveau en fade, avec la face de club qui apparait très fermée ou pointant vers le sol pendant le backswing.

Du fait de la longueur de ses drives, il se donne un maximum d’opportunités de taper des approches avec un wedge, mais l’essentiel de ses scores dépendent de la qualité de ses chips en bord de greens sur des par-5 ou surtout son putting.

Le petit-jeu est indiscutablement le domaine dans lequel il a le plus progressé au cours de ses dernières années. J’avais eu la chance de pouvoir le constater en le suivant de près, sur le parcours, à l’occasion d’un tournoi en Californie.

SI, de près, sur le parcours, j’avais pu me rendre compte de l’écart qu’il peut créer avec ses partenaires de jeu, au drive, c’était bien dans le domaine du petit-jeu que je l’avais trouvé bluffant, et c’est encore vrai aujourd’hui.

Dans un précédent sujet, j’avais déjà eu l’occasion de creuser le sujet. Au risque de me répéter, Dustin Johnson qui sous ses airs de s’en moquer, a pourtant procédé à une étude approfondie de son jeu, pour chercher des points de progressions.

C’est principalement cette démarche qui explique aujourd’hui comment il est devenu le meilleur golfeur du monde.

En 2016, Dustin Johnson se démenait déjà pour figurer parmi la liste des possibles meilleurs golfeurs de l’année. A l’occasion de l’US Open, DJ s’est découvert un nouveau centre d’intérêt : L’analyse des données.

C’était plutôt cocasse pour quelqu’un qui n’aimait pas l’école, et les livres ! De l’aveu d’un de ses proches avec qui j’ai eu l’opportunité d’en discuter, « dans un diner mondain, Dustin Johnson n’a pas de conversation ! En dehors du golf, son niveau de discussion n’est pas très intéressant »

Pourtant, à l’aide de l’analyse de données, Dustin Johnson a considérablement amélioré son principal point faible : Le wedging.

Dustin Johnson, comme beaucoup d’autres golfeurs professionnels aujourd’hui, incarne cette génération qui justement travaille le jeu de golf sous cet angle, extrêmement analytique, pour réduire le plus possible, les zones d’incertitudes sur le parcours.

En 2016, Dustin Johnson avait l’un des plus mauvais petit-jeu sur le circuit du PGA Tour, en témoignait Tom Alter (Vice-Président de la communication sur le PGA Tour) à nos confrères de GeekWire.

« Il a regardé les données, les chiffres, découvert des points à améliorer, et travaillé dessus pour améliorer son jeu. Il en a mesuré des résultats immédiats. »

En réalité, Johnson passe des heures au practice avec un Trackman pour régler son petit-jeu selon le vol de la balle, et son swing.

En moins de 4 ans, de 2012 à 2016, pour tous les coups joués de 35 à 100 mètres du green, la progression de « DJ » a été spectaculaire. Il est passé du 166eme rang au 4eme !

C’est largement ce qui a contribué à le propulser numéro un mondial, un an plus tard.

En 2020, qu’est-ce qui fait de lui encore le meilleur golfeur sur le circuit américain ? En dehors de son attitude, son détachement extraordinaire, sa façon de jouer sur la même fréquence du premier au dernier coup, l’américain se classe déjà premier pour le nombre d’eagles rentrés (il en a réussi 14 sur 882 trous joués).

Il se classe notamment 7eme en 2020 pour le scrambling à moins de 25 mètres du green. Cependant, la lecture de ses statistiques de jeu est complexe, car particulièrement cette année, il performe très bien pour les approches très longues distances, comme certaines de ses approches à des distances autour de 100 mètres ne sont pas si excellentes.

En réalité, ses statistiques ne sont pas très révélatrices de son niveau de jeu, ce qui pourrait paraître curieux.

Il ne domine aucune catégorie du jeu de golf, que ce soit le driving, les approches, le petit-jeu ou encore le putting.

Pourtant, il domine un tournoi comme le Tour Championship, de la tête et des épaules, et alors que ce tournoi réunit seulement les meilleurs joueurs de l’année !

C’est peut-être Jack Nicklaus lui-même qui a la meilleure définition : « J’ai trouvé qu’il avait géré le jeu de manière incroyable. Il est resté très calme pendant toute la durée du tournoi. »

Et si c’était cela, la seule statistique qui vaille le concernant : L’attitude sur le parcours !

Plus que son swing, c’est cette attitude qui serait à montrer dans les écoles de golf, selon l’expression consacrée.

Il y a quelques semaines seulement en arrière, son jeu n’était vraiment pas en place. Au Memorial, justement chez « Jack Nicklaus », son compatriote Justin Thomas, lui-aussi très en vue pendant cette fin de saison, a joué avec DJ, et constaté qu’il ne jouait vraiment pas bien, et à son meilleur niveau.

« Au cours de notre partie, je ne l’avais jamais vu aussi perdu. Il puttait très mal et jouait tout simplement très mal, mais en revanche, il n’a jamais abandonné. »

Ajoutant « Il essayait juste de trouver son jeu, et semblait près à répéter cette tâche aussi longtemps que nécessaire »

Deux mois plus tard, le résultat est tombé.

Il termine d’abord second du PGA Championship, vainqueur de la première épreuve des play-offs, le Northern Trust, second du BMW Championship seulement battu par un putt incroyable de son meilleur rival, l’espagnol Jon Rahm, et troisième du Tour Championship remporté par Xander Schauffele.

En l’espace de seulement six semaines, il a frôlé les -50 sous le par pendant 20 parties de golf ! Son score le plus élevé a été 71 sur le premier tour du BMW Championship.

Quand Dustin Johnson est dans cette zone, il est tout bonnement irrattrapable.

Alors que depuis la reprise du golf aux Etats-Unis, on a évidemment beaucoup parlé de la nouvelle puissance de Bryson DeChambeau, imaginé qu’il allait remporter tous les tournois, avec une moyenne de distance au drive de 322 yards (294 mètres), finalement, ce ne fut pas le cas.

Dustin Johnson, avec son flegme habituel n’a eu besoin que de 311 yards (284 mètres) de moyenne pour dominer le golf mondial.

Alors que Brooks Koepka est sur le flanc, que Rory McIlroy est un heureux papa, mais aussi en retrait par rapport à son niveau de performance de l’an passé, un nouveau duel entre Bryson DeChambeau et Dustin Johnson pourrait émerger.

D’un point de vue statistique, en nombre de coups gagnés, ce serait le jeune cogneur qui aurait l’avantage. C’est la beauté du golf, et même si c’est un sport de chiffres, ils ne suffisent pas encore à tout expliquer.

Depuis au moins 6 ans, Dustin Johnson présente une distance moyenne au drive assez stable. Une chose peut faire consensus. Ce n’est pas cela ou seulement cela qui l’a transformé en meilleur joueur du monde, et notamment pour sa régularité à scorer très bas.

Crédit photo : David John Griffin/Icon Sportswire

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