Posté par le dans European Golf Tour

Dustin Johnson : Toujours l’homme à battre en 2021 ?

Vainqueur ce dimanche du Saudi International 2021, l’américain Dustin Johnson, numéro un mondial, et récent vainqueur du Masters d’Augusta a une nouvelle fois démontré son sang-froid en dernière partie pour remporter un trophée qui lui semblait promis depuis la veille, et malgré la belle résistance du français Victor Perez. Alors que la saison de golf 2021 ne fait que commencer, Dustin Johnson semble toujours aussi dominateur de son jeu de golf, et dominant du reste du champ des joueurs.

Découvrez nos formules d'abonnements

Sur le parcours du Royal Greens Golf & Country Club, Dustin Johnson a remporté une deuxième victoire en trois participations. C’est peu dire que ce parcours lui réussit particulièrement bien, sachant qu’en 2020, il avait pris la deuxième place, seulement battu par un Graeme McDowell d’une réussite incroyable.

C’est bien d’ailleurs un adjectif qu’il faut fréquemment employer au sujet d’un golfeur arrivant à battre Dustin Johnson ces dernières semaines.

En 2015, selon les statistiques du PGA Tour, l’américain était seulement classé 147eme pour la proximité de ses approches depuis une distance de 75 à 100 yards (entre 68 et 90 mètres).

A cette époque, Johnson intégrait le top-10 mondial, mais n’était pas encore le joueur qu’il est devenu. Cette année marque pourtant le début de sa progression spectaculaire vers le rang du meilleur golfeur du monde.

Dès l’année suivante, en 2016, DJ s’est mis à remporter plusieurs victoires par saison, et à se rapprocher du titre de numéro 1.

Le jeu d’approches à moins de 90 mètres, en quelque sorte la qualité du wedging du joueur n’est pas étrangère à cette progression décisive. En moins d’un an, DJ a progressé de manière notable, passant au 54eme rang du PGA Tour.

En 2019, il est même parvenu à se hisser dans le top-10 de cette distance.

Au fil des années, l’américain a travaillé sur le fait de gommer petit à petit ses points faibles pour profiter de son driving surpuissant, qui seul ne lui permettait pas d’être le meilleur.

Encore en Arabie Saoudite, DJ n’a pas eu besoin d’être le meilleur putter du champ de joueurs pour gagner sans trop d’adversité.

Son stroke gained au putting sur les greens du Royal n’a d’ailleurs rien d’impressionnant (92eme).

Cela étant, il est un extra-terrestre du tee au green. Un extra-terrestre qui parfois manque un coup de golf, mais comme les champions, il a la réussite qui va avec, et même un rare mauvais coup est sans conséquence néfaste pour sa carte de score, en témoigne la gratte ci-dessous.

Parti avec deux coups d’avances sur Victor Perez, présent dans sa dernière partie, Johnson a déroulé, seulement un temps menacé par son compatriote Tony Finau.

Vainqueur en -15, il a terminé son dernier tour en 68, ponctuant sa semaine sans aucun tour en-dedans, et c’est peut-être cela le plus impressionnant.

« C’était vraiment une bonne semaine. J’ai eu le sentiment de jouer de manière très solide tous les jours. J’ai travaillé pour me donner un maximum de chances. Je n’ai pas aussi bien putté que je peux le faire, mais à l’évidence, j’ai joué de manière suffisante pour gagner. »

L’américain ne manquant pas de constater au passage la difficulté du parcours, et des conditions.

« J’ai vraiment très bien drivé, et c’est ce qui m’a donné le plus de chances de scorer. Je suis très content de cette victoire, et de rentrer à la maison avec le trophée, tout en pensant à travailler sur mon putting de retour à la maison. »

Alors que la plupart des autres joueurs américains étaient engagés le même week-end sur le Waste Management Open à Phoenix, DJ a expliqué que pour lui peu importe où « C’est difficile de gagner sur l’European Tour ou sur le PGA Tour, et peu importe votre classement. Toutefois, le fait de gagner en tant que numéro un me donne encore un peu plus de points d’avances au classement. C’est toujours bon à prendre. »

Conscient de sa forme, l’américain peut s’afficher optimiste pour l’année à venir.

« A l’évidence, depuis le Masters, mon jeu est bien en place, et je suis très excité par la saison à venir. »

C’est donc bien là tout le sujet : Qui pour perturber l’américain et lui contester son rang de numéro un ?

Si le putting de Dustin Johnson ou même son jeu d’approches peut encore connaître des variations qui le rendent un peu « prenable », à l’inverse, sa distance au drive ne faiblit pas.

En 2021, sa moyenne de distance au drive le classe toujours parmi les 5 premier du PGA Tour à plus de 314 yards de moyenne.

Du tee au green, Johnson frise donc la perfection, et quel que soit le terrain (Arabie Saoudite ou Masters), et cela se matérialise par une impressionnante statistique de green en régulation (76%).

Avec actuellement la meilleure moyenne de score sur le parcours 68,28 coups, en réalité, tant qu’il jouera à ce niveau, objectivement, il paraît difficilement rattrapable.

Pour Koepka, McIlroy, ou par exemple Jordan Spieth, il faudra retrouver le meilleur niveau qu’ils ont pu afficher au cours de ces 6 dernières années.

Prenons l’exemple du meilleur joueur en Majeur au cours des dernières saisons, l’actuel numéro 13 mondial, et ancien numéro, Brooks Koepka qui drive en 2021 à 305 yards de moyenne.

Numéro un mondial entre 2018 et 2019, Koepka dominait alors sans discussion un Dustin Johnson qui paraissait alors désarmé.

Cela étant, en 2019, la moyenne de score de Koepka n’était que de 69,39, et sa moyenne de greens en régulation n’excédait pas 70%.

En 2018, il ne faisait pas mieux, et jouait donc à un niveau inférieur à celui de DJ actuellement. Il était pourtant imbattable à l’US Open ou l’US PGA.

6ème mondial actuellement, le nord-irlandais Rory McIlroy a eu du mal avec l’interruption du jeu à la suite de la pandémie de Covid.

Fin 2019, il était pourtant numéro deux mondial, et golfeur de l’année !

Cette année-là, McIlroy déroulait un jeu de golf tout bonnement époustouflant. Numéro du strokes gained du tee au green, il drivait en moyenne à 313 yards (deuxième), et touchait tout de même 62% de fairways en régulations.

Cependant, même en 2019, son pourcentage de greens en régulation n’était que de 68,5%, alors qu’il présentait la meilleure moyenne de score avec 69 coups.

Motif d’espoir le leader du golf européen, son putting semble d’un niveau potentiellement supérieur à DJ… mais pas en ce moment, surtout que son jeu autour du green le dessert.

Dommage d’autant qu’il drive encore plus fort que DJ (321 yards de moyenne en 2021), mais cela ne suffit pas à le mettre en bonne position sur les greens. Son nombre de greens en régulation est actuellement plus bas (seulement 67,5%).

Autre golfeur à avoir dominé Dustin Johnson de manière marquante par le passé, Jordan Spieth semble enfin retrouver le sourire à Phoenix.

Alors qu’il pourrait sortir du top-100 mondial sans une performance au Waste Management Open à Phoenix, Jordan Spieth semble justement avoir retrouvé son jeu, celui qui lui a permis de dominer Dustin Johnson à Chambers Bay, pour remporter… l’US Open 2015, dans son année la plus faste sur le Tour.

Avec une moyenne de score de 68,9 coups en 2015, Jordan Spieth marchait sur le golf mondial, en particulier parce qu’il était le deuxième meilleur convertisseur de birdies sur le tour.

Sa capacité à terminer les trous avec un seul putt était exceptionnelle (numéro un du tour avec 44% de trous terminés avec un seul putt) !

En 2021, c’est bien de son putting dont celui dont on parlait en tant que nouvel « Arnold Palmer » aura besoin.

Alors que sa moyenne de greens en régulation est tombée à moins de 60%, Spieth devra encore moins que d’habitude concéder des 3-putts (3% en 2021, loin de ses habituels standards).

Sans dérouler toute la liste des joueurs évoluant sur le Tour, pour battre le Dustin Johnson de 2021, il faudra être une sorte d’extraterrestre, meilleur que McIlroy à son meilleur niveau, meilleur que Koepka quand il domine en majeur, ou meilleur que Spieth sur les greens.

C’est dire la complexité du défi à relever.

En réalité, le meilleur adversaire de Dustin Johnson, c’est encore lui-même, et sa capacité à maintenir un niveau de jeu aussi exceptionnel dans la durée.

Depuis 2016 où l’actuel numéro un mondial a réellement commencé son « run » pour la domination du jeu, il a tout de même connu quelques passages à vide, et notamment entre 2018 et 2019.

En 2019 par exemple, c’est justement un putting un peu plus moyen qui l’a éloigné de son principal objectif, et c’est justement ce qui l’a un peu gêné du côté de King Abdullah Economic City.

Or, depuis le début de l’année 2021, ses statistiques sur les greens sont justement loin de son meilleur niveau, y compris en 2018 et 2019.

Ce n’est donc pas si innocent si en conférence de presse, l’américain a indiqué qu’il allait travailler sur les greens à son retour aux Etats-Unis.

Il reste donc en attendant, le golfeur à battre en 2021, et continue de rappeler Tiger Woods dans ses meilleures années. Les autres joueurs semblent très bons, mais personne ne semble toutefois avoir réellement la capacité d’atteindre son niveau !

Rahm, Thomas, Schauffele, ou encore Morikawa, ses poursuivants directs au classement mondial n’ont encore pas démontré qu’ils pouvaient jouer au niveau du numéro un mondial, et sur une relative longue période.

Crédit photo : Getty Images

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 462
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter

Amundi mise sur l’Evian Championship et l’ouvertur...
Que préparent l’USGA et le R&A pour atténuer les a...

Auteur

 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.