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Enquête : Quelles perspectives de carrières pour les enseignants et moniteurs de golf?

La filière golf en France emploie plus de 15000 personnes (source : Cabinet EY) et la PGA France recense parmi eux, plus de 1500 enseignants et moniteurs. Avec l’avènement des réseaux sociaux, il semble que le métier a évolué, et la communication en ligne a pris une place prépondérante dans le quotidien de ces professionnels. Dans un contexte de relative stabilité du nombre de pratiquants sur les dix dernières années, quel regard portent-t-ils sur leur métier, leurs perspectives d’évolution, et leurs rémunérations ? Nous avons interrogé une dizaine de professionnels pour prendre le pouls d’une profession-passion.

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Comme pour beaucoup de professions, la question des salaires est un sujet souvent tabou.

De ce point de vue, notre enquête n’est pas une étude quantitative sur les revenus des 1500 professionnels.

Il s’agit plus d’une photographie à un instant donné (début 2021), une perception donnée par des profils variés sur à la fois, l’évolution du métier, comment les enseignants se projettent dans leur avenir, et par conséquent, en corollaire, sur leur niveau de rémunération.

En préambule, il est de bon ton de rappeler qu’il s’agit dans la majorité des cas d’un métier passion, et notre enquête a quelque part pu surprendre nos interlocuteurs : Ont-ils réellement eu ou imaginé un plan de carrière quand ils se sont lancés dans ce métier ? Ont-ils imaginé un plan de rémunération ?

Dans beaucoup de cas, on peut surtout imaginer que c’est la passion pour le jeu de golf qui a déclenchée l’envie d’enseigner, et d’en vivre.

Pour ce sujet rarement traité dans les médias de golf, nous avons eu l’idée d’interroger des profils variés, à la fois de jeunes enseignants déjà très tournés vers les réseaux sociaux comme Ma Chan Teng, et d’autres enseignants exerçants depuis plus longtemps.

On a parfois l’impression que dans certains cas, l’enseignement du golf est plus digital que présentiel. Est-ce une perception juste des choses ?

A l’inverse, un profil comme Olivier Raynal, tourné vers l’enseignement des jeunes ou formateur des enseignants doit certainement avoir un tout autre regard sur l’évolution de son métier.

Jean-Philippe Serres, tenant de l’école David Leadbetter a beaucoup voyagé entre Paris, Evian et divers postes tout au long de sa grande carrière.

Dans un schéma atypique, Stéphane Bachoz porte peut-être un regard encore très différent sur son métier, et a la particularité d’être expert pour le développement du golf auprès de la confédération professionnels de golf en Europe.  

A Paris ou en région, la perception du métier peut aussi être différente.

Rémy Bedu, enseignant au Golf de Mont-Griffon a expérimenté les deux situations. Quelle leçon en-tire-t-il ?

Xavier Bretin, jusqu’à très récemment enseignant au Golf de la Sorelle dans l’Ain, a justement réalisé une bifurcation vers le métier de clubmaker/clubfitter. Les carrières d’enseignants ne sont peut-être pas linéaires…

Quel regard porte les enseignantes ? Clothilde Chazot nous a apporté son point de vue. De même qu’il existe certainement une différence entre enseignant indépendant, et enseignant salarié ?

Rina Rajaonarisata, professionnel de golf en région parisienne depuis 2004, nous donnera quant à lui son point de vue en tant qu’enseignant mixte, entre indépendant et salarié.

Quelles sont les perspectives d’évolution pour un enseignant ou moniteur de golf ?

Sur cette question, la plupart des professionnels de golf que nous avons interviewé pour ce dossier s’accordent pour dire la même chose.  En réalité, spontanément, ils n’estiment pas particulièrement qu’il y ait beaucoup d’évolutions possibles. Le métier leur parait-il plutôt linéaire ?

Oui, sauf à sortir des sentiers battus, et se différencier fortement.

Surtout, ils constatent de manière plus évidente et unanime, qu’il y a de moins en moins de places d’enseignants disponibles.

Certains qualifient même le marché de « bouché ».

« Maintenant c’est plus difficile de trouver un poste d’enseignant de golf, on est nombreux sur le marché. » relève Clotilde Chazot, enseignante en région Lyonnaise.

Ce à quoi Olivier Raynal ajoute : « Aujourd’hui et depuis plus de 20 ans, on assiste à une salarisation du poste d’enseignant de golf. Il y a 40 ans tout le monde était indépendant. »

Jean-Philippe Serres, quant à lui, trouve que « les places de professeurs indépendants de golf sont de plus en plus rare. Il y a moins d’offres, et moins de places dans les golfs privés, c’est très difficile pour les jeunes. »

« La problématique actuelle concernant les perspectives d’évolution du métier, c’est que si un enseignant de golf veut évoluer, il va prendre la direction d’un golf. Sinon, en dehors du fait de développer son chiffre d’affaires si l’on est indépendant, il n’y a pas vraiment d’autres évolutions possibles dans le golf. Dans les grands groupes qui gèrent les golfs, l’on peut parfois passer responsable de l’enseignement à la direction. Mais cela représente un écart de salaire minime pour beaucoup plus de contraintes. » Affirme quant à lui Rina Rajaonarisata.

Ils expliquent que de nos jours, les joueurs prennent de moins en moins d’heures de cours. Ils sont plus pressés, et vont sur le parcours plus rapidement qu’il y a quelques années.

En effet, si on se fie aux chiffres de la PGA France qui table sur 1500 enseignants qualifiés, et d’un autre côté, le chiffre de 732 structures, on peut donc tabler sur seulement une moyenne de 2 enseignants par structures !

Autre ratio intéressant, toujours en se fiant aux nombres de licenciés golf en France, 418 000 selon les chiffres de la FFG en 2019, cela représente un seul enseignant pour 280 licenciés…

Selon les propres termes des enseignants, « Nous ne sommes plus dans l’âge d’or de l’enseignement du golf »

Rina Rajaonarisata confirme ces faits « Pour un enseignant de golf, la seule perspective de carrière est de trouver une structure où on se plaît. »

A ce sujet, Olivier Raynal ajoute : « Il y a un véritable décalage entre l’image que l’on a eu pendant des années et la réalité, notamment pour ceux qui sont rentrés dans la profession récemment. »

Rina Rajaonarisata, se joint à l’avis de son confrère sur l’image erronée des enseignants de golf, et déclare : « Les jeunes professionnels de golf ont une mauvaise image du métier, qui n’est plus d’actualité. Il y a 40 ans le professionnel de golf avait un statut particulier au sein du golf. Aujourd’hui, il a un statut bien moins important. »

Il ajoute même : « Les boulangers et charcutiers sont aujourd’hui plus reconnus que les professionnels de golf, c’était l’inverse il y a 40 ans. »

Ces commentaires qui leur appartiennent jurent avec des propos plus optimistes ou alors pas réalistes d’autres acteurs de la filière golf voulant vanter sa bonne santé actuelle, et son développement.

Tous les licenciés ne prennent pas de cours de golf ou moins fréquemment ?

Par le passé, l’enseignant était la véritable porte d’entrée des débutants vers le golf. Il était le principal moteur du club. Cela ne semble plus être complètement le cas.

« Il y a beaucoup de golfs où les enseignants ne font qu’enchaîner les cours. Ils deviennent juste des distributeurs de cours. » insiste Rina Rajaonarisata.

Les enseignants parlent alors de se réinventer, de se spécialiser, et de se former aux nouvelles technologies, et nouvelles méthodes.

Rémy Bedu ajoute à ce propos : « Un phénomène nouveau et qui ne va qu’aller en se développant davantage, c’est la spécialisation des enseignants. Certains vont se spécialiser pour les femmes, les seniors, les jeunes, les débutants, l’utilisation de nouvelles technologies… »

Pour Rina Rajaonarisata, le métier est arrivé au bout de ses évolutions possibles. « Le métier ne peut pas vraiment évoluer vu le statut qu’on la majorité des enseignants de golf maintenant. Pourquoi se fatiguer pour être payé pareil, peu importe le nombre de clients ? »

Si le métier ne semble pas offrir de perspectives évidentes, au contraire, il demande de plus en plus de compétences et de connaissances.

De ce point de vue, il suffit de se rendre au PGA Merchandise Show à Orlando, tous les ans, un événement d’abord imaginé pour les enseignants de golf, pour se rendre compte du dynamisme des innovations dans le but d’améliorer l’apprentissage du golf.

Trackman, HackMotion, Gears, Capto, SamPutt Lab, Focusband…il existe de plus en plus d’outils pour accompagner l’enseignant dans sa mission.

Enfin, ils sont unanimes pour exprimer un profond changement du métier : Le besoin impérieux d’être un bon communicant !

« L’enseignant de golf n’est plus seulement quelqu’un qui donne des cours. » L’activité sur les réseaux sociaux vient s’ajouter à celle des cours de la journée.

En parlant des nouvelles compétences que doit avoir un enseignant de golf en 2021, Jean-Philippe Serre nous dit : « De nos jours un prof de golf doit être un bon communiquant, être à l’écoute de ses élèves, mais être aussi un commercial et un commerçant. C’est un métier très diversifié où l’on ne donne pas que des cours de golf. »

Selon Ma, le métier d’enseignant 100% indépendant, c’est avant tout 80% de communication et 20% de cours.

Et là, il y a deux écoles : Celle des enseignants qui se servent du digital pour rester en contact avec les golfeurs, et se faire identifier.

Celle des enseignants qui veulent passer le cap du digital, et donner des formations en ligne.

Indiscutablement, le pionnier en la matière en France, Joel Bernard en fait rêver beaucoup d’autres, pour avoir su se faire identifier comme « Mon coach de golf », et avoir définitivement basculé dans le monde du digital, pour ne plus donner vraiment de cours en présentiel.

Cependant, là encore, si beaucoup aimeraient être appelés (pas forcément parmi les enseignants que nous avons interrogés), il y a tout de même peu d’élus, qui parviennent à en vivre.

Un ou deux exemples de réussite ne semble pas prouver qu’il y ait un véritable modèle transposable sur une plus grande part de la profession ?

Le marché français est-il suffisant ? Aucun pro ne voudra probablement le dire en interview, mais il y a fort à parier que le premier challenge auquel ils font face est un marché relativement petit.

En 2019, toujours selon les chiffres de la FFG, plutôt une bonne année pour les licences, le nombre de nouveaux joueurs avait été de 35 000, soit moins d’un golfeur sur dix.

Un quart des licenciés aurait toutefois moins de cinq ans de pratique, ce qui pourrait constituer le vivier des enseignants.

Une grande partie de ces nouveaux licenciés sont créés par les chaînes, et les cours collectifs. Combien prennent réellement des cours en individuel, sans passer par ce canal ?

Un autre chiffre est souvent méconnu : Le nombre de golfeurs qui abandonnent le golf !

Si le nombre de licences est plutôt stable depuis 10 ans, et que pourtant, la filière créé autour de 30 à 35 000 nouveaux golfeurs par an… cela signifie que plus ou moins le même nombre abandonne.

Ou alors sont comptabilisés comme nouveaux… des golfeurs qui avaient précédemment quittés, et reviennent, de sorte que le potentiel de nouveaux golfeurs à former par les enseignants ne progressent pas suffisamment ?

En conséquence, si les enseignants ne témoignent pas spontanément d’une forte évolution possible de leur métier, qu’en-est-il de la rémunération ?

Rémy Bedu est formel sur ce point : « Il y a différents types d’enseignants et autant de salaires différents. Avant de gagner de l’argent, il faut faire ses preuves et accepter de commencer sa carrière en bas de l’échelle de salaires. »

Pour Olivier Raynal, un enseignant débutant peut escompter sur un salaire au niveau du SMIC. Pour la suite, selon Jean-Philippe Serres, le niveau de salaire peut évoluer entre cette basse de SMIC et 4000 euros brut mensuel.

Stéphane Bachoz partage ce point de vue, et estime le revenu médian entre 1700 et 3500 euros.

Xavier Bretin explique malgré tout qu’il y a un vrai écart entre l’enseignant salarié, et l’enseignant indépendant.

« Malgré tout, on apprend juste aux gens à taper les balles. » Il n’hésite pas à s’interroger « Est-ce que cela mérite beaucoup plus ? »

Pour sa part, Rina Rajaonarisata n’hésite pas à nous déclarer que son salaire de débutant s’élevait à 1700€ net, pour 35 heures, incluant week-end et jours fériés.

« Je pense que j’aurai été payé plus à travailler en tant que caissier dans une grande surface le week-end, qu’en tant que prof de golf » ajoute-il.

De plus, il explique que beaucoup de golfs qui salarient leurs professionnels vont leur donner un pourcentage de commission sur les élèves. Cependant, ce pourcentage est selon lui ridicule, et à peine visible sur la fiche de paie.

La perception du revenu dépend donc de l’âge, du nombre d’années d’expériences.

Tous semblent s’accorder sur le fait que le métier présente beaucoup de contraintes (pas ou peu de week-end en famille) pour ne pas nécessairement gagner beaucoup. Tous mettent en avant alors la passion.

Stéphane Bachoz porte lui un autre regard ou s’interroge « Un jeune pro qui va gagner moins de 1700 euros pour 35 heures, qui va le faire ? » Il stipule que le prix d’une formation pour augmenter ses expertises est entre 1000 et 5000 euros. 

Il ajoute « ça mérite plus. On ne peut pas travailler correctement si on ne peut pas se payer ses formations. »

Il valorise le fait qu’apprendre coûte cher, et la nécessité dans l’évolution de l’enseignement de trouver un moyen d’enseigner l’automatisme avant la technique.

A propos des formations, Rina Rajaonarisata trouve que, d’un point de vue personnel, la formation des nouveaux professionnels de golf est bâclée de nos jours. Elle ne dure plus qu’un an, alors qu’à son époque, c’était le double.

« On ressent que c’est plus un besoin de récupérer l’argent de la formation rapidement que de former correctement les profs de golf. Chaque entité veut créer sa propre formation pour récupérer l’argent des formations de professionnels de golf. »

Le jeune Ma lui admet qu’un enseignant salarié débutant gagne parfois encore moins, et annonce plutôt entre 1100 et 1500 euros mensuel.

Il ajoute également que selon lui, « Il n’y aura que les plus motivés qui arriveront à tirer leur épingle du jeu à l’avenir. Il y a encore beaucoup de confrères qui font ce métier car ils sont nés avec un club dans les mains et qu’ils ne savent pas quoi faire d’autres. La plupart ne survivent pas économiquement plus de quelques années. »

Alors qu’est-ce que qui justifie des écarts de salaires ?

Là-encore les interviewés semblent plutôt unanimes : La localisation de l’enseignant est un élément capital. Cela joue sur le tarif horaire, et notamment en région Parisienne par rapport à la Province.

Jean-Philippe Serres explique que les licenciés ne sont pas équitablement répartis sur le territoire français. « Il est vrai que pour un club à Auriac ou à Montluçon, la situation est plus compliqué pour les professionnels de golf car il y a moins de demandes. La concentration des licenciés se trouve surtout en région PACA, à Lyon, Bordeaux et Paris. »

Autre gros point de segmentation : L’enseignant salarié, mixte ou indépendant.

« Si vous êtres salariés, vous êtes usé plus rapidement que les autres par le travail. Les golfs 100% commerciaux l’ont très bien compris, et cela leur permet de recruter tous les ans de la main d’œuvre pas chère. Tant pis pour le côté humain, le plus important, c’est le chiffre. Ensuite il suffit de presser le citron, de dégoûter certains du métier, et on recommence tous les ans. C’est malheureux, mais c’est ainsi que cela se passe. » nous témoigne Ma.

Rina Rajaonarisata indique alors que les enseignants indépendants doivent s’affranchir d’un loyer, comme s’ils louaient un local.

« Pour les enseignants indépendants, il y a également la problématique du droit de tapis. C’est un loyer que certains golfs demandent de payer aux professionnels qui sont indépendants, pour utiliser le practice et le parcours. Cela varie selon les golfs. A la journée, simplement le droit d’enseigner peut coûter entre 10 et 100€ à l’enseignant. Ca n’existait pas non plus à l’époque. »

C’est là où beaucoup ont été séduits par la perspective de donner des cours en ligne : On démultiplie le nombre de clients. « On peut donner un cours à 100 personnes en même temps, et il n’y a plus de limites géographiques. » indique Stéphane Bachoz.

Poursuivant « En ligne, on ne compte plus sur un tarif horaire, mais selon la valeur du contenu. »

A l’inverse, il explique que la valorisation d’un enseignant repose sur les formations, les spécialités, l’expérience, et il n’hésite pas à parler de renommée.

Il y a donc d’un côté la question de la rémunération, et de l’autre, la question de la valeur de l’enseignant, à travers son expérience, ses outils et souvent de nature technologique, et enfin ses formations.

Ces dernières constituent une part de plus en plus importante de la vie du moniteur de golf, et leur coût n’est pas nécessairement anecdotique.

Par exemple, Stéphane Bachoz les évalue selon les dispositifs entre 1000 et 5000 euros.

Point de vue contrebalancé par Jean-Philippe Serres « Il y a aussi des pros qui abusent sur les tarifs. Ce n’est pas forcément la spécialité qui apporte le plus d’élèves, et la technologie ne fait pas tout non plus. »

Olivier Raynal s’est d’ailleurs joint à cet avis : « Personne ne peut aujourd’hui affirmer que les nouvelles technologies ne servent à rien. Il faut trouver la juste mesure, se tenir au courant, se former et s’informer et savoir s’en servir avec un dosage raisonnable. Cela fait progresser sur la connaissance technique, mais ce n’est pas une raison pour s’en servir à tout va. »

Il étaye ensuite son propos : « Un enseignant dans le métier aujourd’hui ne peut pas réussir sans prendre en compte les nouvelles attentes des golfeurs. Il ne va pas s’attirer de nouvelle clientèle, et va perdre la sienne car beaucoup d’offres intéressantes fleurissent sur le marché. »

En ce sens, la classification émise par la PGA semble accorder tout le monde, et pour donner un indicateur du tarif d’un enseignant. Est-elle suffisamment connue par les amateurs ?

La classification PGA des enseignants repose sur son implication au sein de l’association, ses formations, le nombre de drapeaux passés avec les enfants, le nombre d’articles écrits dans la presse…

Dans ce contexte, finalement, peut-on bien vivre du métier d’enseignant de golf ?

Tous les enseignants interrogés répondent par la positive. Cependant, ils n’occultent pas le fait que certains choisissent de finalement quitter le métier, et se reconvertissent après quelques années. Le poids des contraintes n’est sans doute pas à sous-estimer.

Ma Chan explique : « Vous ne deviendrez certainement pas millionnaire en étant pro-enseignant. C’est un métier de passion, et ça n’a pas de prix ! »

A ce propos, Rémy Bedu ajoute : « L’enseignement du golf n’est pas un métier business, mais un métier passion, et ceux qui l’ont choisi le savent »

Rina Rajaonarisata affirme pour sa part que : « On peut en vivre parce que quoiqu’il arrive, il s’agit de transmettre de la passion. Et le passionné de golf en face ne regarde pas à la dépense, la preuve avec les heures de cours à 130€ que l’on voit parfois. Pour un salarié, on peut évoluer mais c’est lent et pas assez bien payé, on attend un peu la retraite. Il faut simplement être conscient que ce n’est plus la belle vie du prof de golf comme à l’époque. C’est un métier de passion avant tout. »

D’autres en profitent pour se réinventer, et veulent tenter l’aventure du digital.

Olivier Raynal nous a confié à ce sujet : « On peut bien sûr en vivre sans aucun problème, mais ceux qui seront les plus créatifs, communiquant, à l’écoute de leurs élèves fonctionneront le mieux. Il faut faire plus d’efforts aujourd’hui qu’il y a quelques années. »

A contrario, Rina Rajaonarisata ne croit pas du tout aux formations en ligne.

Il explique : « Je pars toujours donner un cours comme si je devais sauver des vies. Il y a quelque chose de gratifiant dans le fait de trouver une solution à un joueur au bord de la crise de nerfs, et de lui libérer l’esprit. Par webcam, ça ne passe pas, je ne saurai pas donner le bon diagnostic. On ne sait pas vraiment à qui on a à faire. Financièrement c’est bien sûr intéressant. Mais déontologiquement, ça pose un problème. »

Il ajoute ensuite : « Pour moi, les formations en ligne sont destinées aux gens qui jouent déjà au golf et sont trop techniques. Elles ne s’adressent pas au plus grand nombre. »

La PGA est également pour l’évolution « digitale » de la profession, et œuvre pour produire du contenu en ligne sous forme de tutos vidéo.

Cependant, est-ce réellement pertinent ?

Si les golfeurs amateurs accèdent à des tonnes de contenus gratuits en ligne, quel sera leur intérêt de prendre des leçons individuelles et payantes ?

Il ne semble pas que la profession ait bien pris en compte cette injonction contradictoire.

D’autres enseignants estiment au contraire qu’ils voient arriver en leçon des golfeurs perdus à surconsommer du contenu en ligne, et il faut commencer par leur désapprendre tout ce qui n’était pas pour eux.

Comme dans beaucoup d’autres métiers, force est de constater que la digitalisation correspond justement à la fin de l’âge d’or.

Il y a tout de même des questions à se poser sur la pérennité d’une profession par rapport au modèle du tout gratuit en ligne.

Pour beaucoup enfin, la passion du sport et de l’acte de transmettre semble plus fort que l’attrait du gain.

Pour conclure, pour Stéphane Bachoz, la situation n’est pas différente en France de chez ses voisins.

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Commentaires   

raphaelreynaud@sfr.fr
0 #2 Un pro passionné par son métierraphaelreynaud@sfr.fr 05-02-2021 14:13
Comment peux t on penser que l’enseignement du golf soit réduit à faire taper des balles??; mes élèves (et je ne suis pas le seul) demandent qu’on s’occupe d’eux soit pour les régler soit pour leurs apprendre à jouer au golf ,soit à les entraîner ..on doit prendre en compte leurs problèmes,leurs capacités physiques,mentales ,leurs vécues ,leurs envies ,leurs qualités ..et s’adapter à eux .Chaque joueur est unique et c’est ce qui est passionnant dans ce métier.Après développer l’enseignement du golf serait développer l’accès au golf mais en respectant ce merveilleux jeu pas en le bradant sous prétexte de rendement ..allez tous au golf on y es bien!!!
erihouet@hotmail.fr
0 #1 Wisdomingolferihouet@hotmail.fr 05-02-2021 08:19
Jeudegolf s’interesse aux enseignant, il faut absolument que le curieux Laurent Agostini jette un oeil sur l’etonnant Edouard Montaz et le concept Wisdomingolf!

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