Posté par le dans European Golf Tour

Brooks Koepka: Ils veulent tous la place du numéro un!

L’américain Brooks Koepka, 29 ans, numéro un mondial de golf en 2018 et 2019, déjà vainqueur de quatre majeurs a démarré sa saison 2020 à Abu Dhabi. Il s’est déclaré en reprise, et pas à 100%, après une blessure contractée au genou gauche, et qui l’a éloigné des terrains de golf, depuis la CJ Cup en Corée Du Sud disputée mi-octobre. Provoqué par Bryson DeChambeau sur son physique, il n’a pas tardé à répondre en sortant l’artillerie lourde. Souvent sous-estimé, il reste le meilleur golfeur de la planète, avec l’ambition de dominer les 5 prochaines années. 

Découvrez nos formules d'abonnements

L’ascension de Brooks Koepka au plus haut niveau du golf mondial a été si fulgurante que sa notoriété n’égale pas encore, et complètement son palmarès.

Passé pro en 2012, il a seulement mis six ans à parvenir au rang de numéro un mondial de golf, et un an de moins pour gagner son premier majeur, l’US Open 2017.

Depuis cette victoire sur le parcours d’Erin Hills, annoncé comme terrible pour la longueur de ses trous, la difficulté des roughs, et avec 4 coups d’avances sur le Japonais Hideki Matsuyama, Koepka est même devenu un spécialiste du genre, pour ne pas dire la terreur de tous les prétendants ou rivaux.

4 majeurs en seulement 3 saisons, Koepka s’est soudainement mis à avancer sur des standards d’un Tiger Woods, sans en avoir la couleur de la peau, et la même attractivité pour les médias.

Il ne serait pas juste de dire qu’il n’a pas de charisme.

Au contraire, parfois boudé par la presse et les fans, il a justement démontré à chaque occasion ou provocation, une très grosse force de caractère.

La dernière en date, Bryson DeChambeau a insinué qu’il n’avait pas d’abdominaux, ou 4 au lieu de 6, rappelant que l’an passé, certains chroniqueurs avaient déjà critiqué la perte de poids du golfeur-boxeur Koepka.

Ce dernier a modestement répliqué que lui avait déjà gagné 4 majeurs, et effectivement il lui en manquait encore 2 pour arriver à 6 !

Solidement installé au rang de numéro un mondial, alors qu’il y a encore deux ans, tous les fans de golf et du PGA Tour auraient pu croire que s’ouvrait la période de Dustin Johnson, son « ami », Koepka occupe donc un peu contre toute attente, le très envié fauteuil de boss du golf, celui que tout le monde veut abattre, sauf quand il est incontestable et incontesté… on pense fortement à un certain tigre.

D’ailleurs, Koepka le dit lui-même, la saison qui s’ouvre pourra être une bonne saison, si Tiger est en bonne santé.

Le natif de West Palm Beach en Floride a parfaitement compris le système de classement ou ordre de mérite du golf mondial, les gros tournois rapportent le plus de points.

« Seulement » 4eme sur la saison 2019 pour la moyenne de score sur le parcours (69,39 coups de moyenne), et finalement dominant dans aucune catégorie statistique ou compartiment du jeu, Koepka n’a surtout aucun point faible, tout en sachant exprimer son pic de forme, quand c’est déterminant.

Second du Masters 2019, vainqueur de l’US PGA Championship, second de l’US Open, et quatrième du British Open, sur 22 tournois disputés, il a construit son rang de numéro un, essentiellement sur seulement 5 performances dont 4 en majeurs !

Sur une année composée de 52 semaines, il a tiré la couverture à lui sur finalement très peu de temps.

En conséquence, il n’occupe pas nécessairement le plus grand espace médiatique, et ne capte pas autant l’attention qu’un Tiger Woods qui ne joue pas nécessairement plus de tournois, mais reste aux yeux des fans, le véritable boss du golf.

En 2019, ses deux victoires à l’US PGA et au Championnat du monde Fedex à St. Jude ont peut-être masqués une saison tronquée par une blessure persistante au genou.

Habitué à serrer les dents, et ne pas toujours être considéré par ses pairs, la presse, et les observateurs, il n’en a pas forcément fait beaucoup écho, et jusqu’à ce qu’il déclare forfait pour la President’s Cup en Australie.

Censé être le leader de l’équipe américaine, il a laissé sa place à Rickie Fowler.

Son genou gauche a commencé à le gêner en mars dernier, jusqu’à recevoir un traitement juste après le Tour Championship, dernier tournoi de la Fedex Cup 2019.

Il a tenté un premier retour en octobre, mais s’est immédiatement reblessé, au point de ne plus jouer jusqu’à mi-janvier, à l’occasion du tournoi d’Abu Dhabi.

Il y a d’ailleurs un paradoxe à relever.

Depuis que Koepka s’illustre au plus haut niveau, il alterne les phases de surperformances, avec les longues périodes de blessures.

Avant le genou gauche en 2019, Koepka avait déjà été longuement blessé au poignet gauche, et pendant de longs mois entre décembre 2017 et avril 2018, pour faire un premier retour in-extremis, juste avant le Masters à Augusta.

Aujourd’hui, Il ne se sent pas à 100%, mais il peut tout de même rejouer.

A l’occasion du premier tour du premier gros tournoi de la saison de golf, il s’est illustré avec un impressionnant score de 66, soit 6 coups sous le par, et sans le moindre bogey.

Après sa pause forcée, il aurait pu craindre avoir perdu en vitesse de swing, mais les chiffres au Trackman l’ont très rapidement rassuré.

« Les chiffres étaient exactement les mêmes avant/après. C’est toujours appréciable de faire ce type de constat. »

Après avoir tapé des balles au practice au lendemain des fêtes de Noel, ne ressentant plus de douleur, il a commencé à établir son calendrier pour le début de saison 2020.

Après l’étape d’Abu Dhabi, un rendez-vous obligé et financé pour le numéro un mondial, il disputera la seconde levée de l’Open d’Arabie Saoudite, un autre tournoi très généreux dans ses invitations de stars, et puis il démarrera officiellement sur le PGA Tour, à l’occasion du Genesis Open, à Los Angeles, en février prochain.

Pour lui, tout l’enjeu de cette saison sera de pouvoir s’entraîner pleinement, ce qu’il admet ne pas avoir pu faire au cours de la saison passée.

Il ne pouvait pas franchement prendre appui sur son côté gauche, se pencher dans un bunker ou descendre sur ses jambes pour lire une ligne de putt.

Il semblerait que cela soit du passé, et qu’il retrouve peu à peu, une forme optimale.

Cela tombe bien avec ses prochains objectifs.

Koepka veut justement dominer les 5 prochaines années.

Après son premier tour disputé en 66, il déclarait satisfait « J’ai joué de manière très solide. J’ai contrôlé mes distances, mes vols de balles, et mon spin. »

Des formulations qui laissent rêveur un golfeur amateur, déjà content quand la balle fait à peu près un tout droit vers le green…

Koepka est déterminé à laisser son empreinte sur le jeu de golf, ce qui passe par le fait de remplir sa salle à trophées, de majeurs, mais aussi d’autres tournois comme le Player’s, des WGC (Championnats du monde), et des tournois de références, pas seulement aux Etats-Unis, comme Abu Dhabi ou le HSBC en Chine.

La question est « Peut-il aller plus loin et encore progresser ? »

Devenu en moins de six ans le meilleur golfeur de la planète, ces derniers mois, et malgré sa blessure au genou gauche, il a tout de même affiché l’une des plus grosses progressions dans le domaine du jeu avec les fers.

De loin, on pourrait l’assimiler à un simple bombardier, comme vu plus haut, il est au contraire très complet.

S’agissant des coups gagnés pour les approches au green, en 2019, il s’est classé 11eme, avec +0.64 coups gagnés par partie.

En 2018, il n’était que 65eme avec +0.23 coups gagnés. Le bond en avant est spectaculaire, surtout quand on connait la qualité des adversaires.

En 2017, il était encore plus loin (97eme).

Koepka n’est pas numéro un mondial par hasard, ni seulement parce qu’il performe pendant les 5 semaines les plus importantes de l’année.

Dans ce domaine précis du jeu de fers, en 2019, seuls Peter Malnati et Emiliano Grillo ont affiché des progrès plus importants.

S’agissant du driving, il fait déjà partie des 10 plus longs frappeurs du PGA Tour, et à un niveau suffisant pour dominer le jeu de golf, à moins qu’un Cameron Champ, encore plus long, finisse par imposer un nouveau standard.

Troisième pour le nombre d’eagle et huitième pour le nombre de birdies, il ne compte pas seulement sur sa longueur au drive, ou sa précision dans le domaine des approches, c’est aussi un excellent putter.

Sans doute pas le meilleur, pas au niveau d’un Jim Furyk, mais suffisamment bon pour tirer partie de son jeu du tee au green avec 1.75 putts de moyenne.

Toutefois, si son jeu du tee au green venait à se dérégler, effectivement, son petit-jeu ne lui permettrait pas en l’état d’être aussi bien classé.

C’est donc dans ce domaine où sa marge de progression est la plus importante, avec pour illustrer, le seulement 167eme rang du PGA Tour pour le niveau d’approches-putts.

Autre particularité imposée par ce numéro un mondial d’un nouveau genre, il est toujours un « agent libre », qui n’a pas signé de contrat officiel avec une seule marque.

Il joue des bois TaylorMade, un long-fer Nike, des fers Mizuno JPX-919, des wedges Vokey, et un putter Scotty Cameron.

Koepka remet au goût du jour le fait de choisir des clubs, et non pas un sponsor.

Sa seule exception est en fait son contrat « clothing » avec Nike, et sa seule fantaisie, porter des chaussures de la même marque qui laisse échapper un brin d’extravagance, pour un golfeur, qui au contraire, ne semble rien laisser au hasard…

Un golfeur qui veut intimider ses rivaux en majeur, et que rien ne semble intimider.

Ils veulent tous sa place… Elle sera difficile à aller chercher, sauf si la machine se dérègle.

Crédit photo : Matthew Bolt/Icon Sportswire

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 549
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter
Golf en Azerbaïdjan : Pourquoi cette destination e...
Lee Westwood : Pour bien jouer au golf, il faut êt...

Auteur

 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.