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Brigitte Pourquery, podologue : « Le choix de la chaussure de golf est capital ! »

Brigitte Pourquery, jeune retraitée depuis quelques mois, a passé 32 ans à exercer la podologie dans son cabinet de Lyon 5ème. Egalement golfeuse passionnée, elle a accepté de répondre à toutes nos questions sur la relation entre golf et podologie, ainsi que ses conséquences. Un podologue peut-il aider un golfeur (ou une golfeuse) à mieux jouer ? Quels sont ses conseils pour bien choisir sa chaussure de golf ? Comment prévenir les risques pour nos pieds, liées à la pratique de ce sport ? C’est ce que nous allons voir ensemble à travers notre entretien avec la spécialiste.

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Beaucoup l’ignorent sans doute, mais le choix de la chaussure de golf est aussi crucial que d’une chaussure pour la course à pied !

Il s’agirait même de la clé de tout, pour Brigitte Pourquery, qui nous explique pourquoi.

Selon la podologue, le golf cause deux grandes familles de problématiques pour les pieds : les problèmes cutanés, et physiques, ce sont en tout cas les deux cas qu’elle a rencontré le plus dans son cabinet.

Avec la pratique de la marche qu’implique le golf (entre 8 et 12km environ), le pied dans la chaussure de golf peut développer plusieurs pathologies : Des kératomes (plus communément appelés "cor" ou durillon), de l’hyper kératose (soit la peau cornée), ou des hématomes sous unguéale (au niveau du gros orteil), ainsi que les mycoses et ampoules.

Le gros orteil étant un point important au golf, au niveau des rotations, des appuis, du swing, est soumis à de fortes contraintes dans ce sport.

Ces problématiques sont aussi liées à la morphologie du pied, s'ils sont plats, creux etc… Mais aussi à la déformation du pied en lui-même ainsi que des orteils.

Ce sont donc des critères à prendre en compte dans le choix de sa chaussure, car elle va venir serrer le pied, et donc créer des conflits entre le pied et la chaussure.

Si, par exemple, un joueur avec une déformation du gros orteil joue avec une chaussure lambda, cela va développer des corps, à cause des frottements de la chaussure à cet endroit-là.

Vous l’aurez compris, le choix de la chaussure est donc pri-mor-dial ! Elle ne doit pas être trop serrée pour respecter la morphologie du pied, mais doit aussi être semi-rigide au niveau du medio pied (milieu du pied).

A l’inverse, si la chaussure est trop molle au niveau du pied, cela peut entraîner des entorses lors du swing, lorsque le pied part à l’extérieur par exemple.

En outre, désolée Mesdames, pour bien choisir sa chaussure de golf, il va falloir privilégier le confort à l’esthétisme !

Brigitte Pourquery affirme que les pieds féminins sont, en général, plus abîmés que les pieds masculins, car les femmes privilégient davantage l’esthétisme au confort des chaussures.

Les chaussures des femmes étant moins larges, cela créé des déformations d’orteils, et comme le dis la podologue : « Une fois que c’est déformé, c’est déformé ! ».

Le choix de chaussures peut alors avoir un réel impact sur votre qualité de jeu.

La podologue explique alors qu’un mal de pied trop intense, peut nuire à la concentration du joueur, ce qui peut l’entrainer à mal faire son swing par exemple, et donc mal jouer, ou pire encore, se blesser.

Nous avons alors demandé à Brigitte Pourquery, selon son expérience, quelles sont les marques de chaussures de golf qui respectent le plus le pied du golfeur, et donc qui permettraient d’éviter tous ces ennuis ?

Elle nous répond alors que, à titre personnel, elle a essayé plusieurs marques, mais qu’elle revient malgré tout toujours à FootJoy.

Elle évoque aussi les chaussures de golf Adidas, qui sont, pour elle, un peu plus rigides que celles de chez FootJoy.

Elle insiste ensuite sur un conseil qui, certainement, va révolutionner votre manière de choisir vos chaussures : le mythe du « La chaussure serre un peu dans le magasin, mais elle va se faire ! ».

Non ! La podologue explique, amusée : « C’est faux, la chaussure ne se « fait » pas, par contre ce sont les pieds qui vont souffrir ».

En définitive, lorsque l’on essaye des chaussures de golf, on doit être confortable à l’intérieur tout de suite, dès le premier essayage ! Si ce n’est pas le cas, passez votre chemin.

Le choix des chaussures à crampons ou bien à picots changent-il quelque chose ? La réponse de la spécialiste est non, pas particulièrement.

La podologue-golfeuse a l’impression, à titre personnel, de mieux accrocher le sol avec des crampons, mais elle ajoute que « Cela reste à l’appréciation de chacun. »

En résumé, pour bien choisir sa chaussure de golf, il faut :

-Une chaussure semi-rigide au niveau du medio pied (milieu du pied), surtout pour ceux qui ont les pieds creux par exemple, car ils ont tendance à perdre en stabilité.

-Une chaussure qui ne serre pas trop au niveau des orteils, pour ne pas avoir de conflits (surtout pour les passionné(e)s atteints de « griffes d’orteils » ou de valux).

-L’extérieur de la chaussure doit être bien tenu, et l’intérieur confortable

-La chaussure doit respecter la morphologie du pied

-bien les lasser

-Ne pas hésiter à mettre le prix pour avoir des chaussures de qualité

Ensuite, pour les joueurs et joueuses qui souffriraient de pathologies physiques (tendinite, entorse etc), la semelle orthopédique thermoformée peut apporter un vrai plus, au niveau du confort du pied.

Les pathologies physiques des golfeurs (et golfeuses !) que Brigitte Pourquery voyait le plus dans son cabinet, sont :

L’aponévrosite plantaire (inflammation de l’aponévrose, qui est une membrane tendineuse qui recouvre tous les muscles, ligaments etc). Ce « plancher du pied » peut s’inflammer au golf, à cause de la marche prolongée qu’il induit, ou des mouvements brusques chez les débutants par exemple, cela tire sur la membrane et donc la fragilise.

Ensuite, il y a le syndrome de Morton, qui est une pathologie névralgique, au dessous du pied au niveau des métatarses.

Cette pathologie se déclare lorsque les nerfs se rejoignent, et si les gaines qui entourent ces nerfs sont abîmées par la marche, ou par du surpoids, cela provoque des douleurs intenses qui s’apparentent à des décharges électriques.

Seule solution pour se soulager : retirer sa chaussure et se malaxer les orteils. La podologue explique que cela arrive très souvent chez les golfeurs, surtout si on a une chaussure trop serrée, qui ne respecte pas le pied.

Et enfin, dernier phénomène, la tendinite du tendon d’Achille. Cela se produit lors du swing, quand le joueur tourne et soulève son pied arrière.

Si le mouvement n’est pas fluide, cela peut provoquer ces tendinites, ou encore des entorses au niveau de la cheville.

Brigitte Pourquery poursuit : « Les semelles orthopédiques thermoformées sont ce qu’il y a de mieux pour respecter le pied, elles sont faites sur mesures, dans des matériaux en mousse de dureté différente. Cela apporte du confort, enlève les douleurs, et donc permet de se concentrer sur le jeu de golf en lui-même ! ».

Elle ajoute : « Il faut que le golf reste un plaisir, parfois des golfeurs viennent me voir avec des douleurs telles qu’ils doivent prendre un anti inflammatoire avant chaque partie. »

Mais alors, peut-on porter des semelles en prévention des risques, même si l’on a, pour le moment, pas de problème particulier ?

La réponse est oui ! Et selon la podologue, c’est même une bonne chose !

Elle explique que chez les sportifs, beaucoup enlèvent la semelle dite de « propreté » de leurs baskets, pour mettre une semelle orthopédique dans le but de prévenir les accidents éventuels.

Point également important souligné par Brigitte Pourquery : « La semelle peut évoluer dans le temps en fonction de son ressenti. On a droit à une semelle par an, remboursée par la sécurité sociale, avec une prescription médicale. »

Elle ajoute ensuite qu’un fitting de chaussures de golf peut s’avérer utile, même autant qu’un fitting de clubs parfois. Cela permet, entre autre, de se rendre compte de la tenue du pied lors du swing.

Y-a-il une relation entre douleurs aux genoux et aux pieds ? Entre douleurs de dos et maux de pieds ?

Et bien oui ! La podologue explique que tout le squelette jambier est lié, et que bien sûr, une malformation au genou va induire une mauvaise position des pieds, et par conséquent des douleurs !

Avant de poursuivre : « Les podologues ne regardent pas que les pieds, ils regardent les genoux, les hanches, le dos, afin que la semelle soit vraiment efficace, et ne déclenche pas de nouvelles douleurs. »

Elle ajoute que tout est lié, et que pour deux personnes présentant la même pathologie,  les deux paires de semelles ne seront pas les mêmes (pas les mêmes matériaux, hauteur d’éléments etc…)

Maintenant que nous avons abordé le sujet du choix des chaussures, et des semelles orthopédiques, quand est-il des chaussettes ? Cela a-t-il un impact ?

Pour la podologue, les chaussettes sont tout aussi importantes que le reste !

Elle précise que les chaussettes doivent être en cotons, car le polyester favorise la transpiration, donc les mycoses, donc les ampoules.

Aussi, les chaussettes renforcées à l’avant du pied avec une petite couture, peuvent également poser problème, car elles rajoutent une épaisseur en plus dans la chaussure,  ce qui peut créer des frottements.

Pour vous aiguiller dans votre choix de chaussettes, les chaussettes de sport sont en générales bien, tant qu’elles sont en 100% coton. Le prix a évidemment un impact direct sur le pourcentage de coton dans la chaussette.

Privilégier donc une chaussette spéciale sport, qui ne serre pas trop, et pas trop renforcée à l’avant.

Alors, prêts pour bien choisir vos chaussures pour cet été ?

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