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Wiesberger : Comment transformer la frustration en motivation pour gagner?

Au golf, une grave blessure au poignet, suivie d’une longue interruption de jeu peut être accompagnée d’une lente reprise, et d’une période de doutes. A 33 ans, Bernd Wiesberger, vient de remporter deux tournois de l’European Tour, le Made In Denmark et le Scottish Open, et ce, en seulement 6 départs. Il avait pourtant été forcé de couper avec le golf pendant plus de sept mois. Vainqueur en play-off du français Benjamin Hebert, il démontre que pour qu’il y ait un come-back victorieux, il faut qu’il y ait eu un « avant » significatif, et derrière, une volonté sans faille de revenir. Leader de la Race (classement européen aux points), l’Autrichien a déjà été membre d’une équipe d’Eurasia Cup, et remporté de gros tournois, comme l’Open de France 2015. Retour sur une expérience négative transformée en motivation pour se dépasser…

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En novembre 2018, l’autrichien Bernd Wiesberger redécouvrait les greens d’un tournoi de golf professionnel. C’était à l’occasion du tournoi disputé sur l’Ile Maurice.

Blessé au poignet gauche après une longue séance d’entraînement, il postait sur les réseaux sociaux (3 mai 2018) un message qui ne laissait pas encore transpirer toutes les difficultés qu’il allait devoir surmonter pour revenir.

« Pas le meilleur des jours aujourd’hui ! Malheureusement, je me suis blessé à un tendon pendant que je faisais une partie de golf. Je vais être sur le flanc pour quelques semaines. Maintenant, je vais devoir me concentrer sur ma récupération, pour être prêt à revenir plus fort encore… »

De quelques semaines, l’indisponibilité s’est transformée en quelques mois. En revanche, son souhait de revenir plus fort n’a cessé de grandir en lui.

Dix jours après avoir constaté sa blessure, il ne faisait pourtant plus d’illusions quant à un retour rapide.

« A ce stade, je ne peux pas faire grand-chose d’autres que de laisser reposer. J’ai essayé de laisser mon poignet aussi mobile que possible. Je suis confiant dans le processus pour guérir, et dans les gens qui m’entourent sur ce chemin pour revenir plus fort. »

Tout au long de son incapacité, et c’est peut-être le secret de son retour au top niveau (déjà dans les 40 meilleurs mondiaux), l’autrichien n’a cessé de penser à revenir pour gagner.

Après tout, c’est le bâton de maréchal d’un sportif de haut niveau, mais c’est aussi plus facile à dire qu’à faire.

Il a surtout rongé son frein et sa frustration, laissant passer sa chance de participer à la Ryder Cup à Paris, qui était pourtant l’un de ses gros objectifs, surtout après avoir fait partie de l’équipe victorieuse en Eurasia Cup, en 2016.

C’était pour lui l’accomplissement logique de sa carrière, et le signe d’une progression régulière vers le top-niveau.

Une opération et plusieurs semaines d’arrêts après, l’autrichien a peaufiné son retour fin novembre avec pour objectif réel d’être compétitif en 2019.

Son premier point de passage était bien entendu de retrouver de bonnes sensations, et confiance dans ses mains.

Au moment du Mauritius Open, il déclarait encore « J’ai hâte. Ma main a parfaitement répondu ces dernières semaines. Je peux m’entraîner. Je n’ai pas de douleurs. Je peux charger à fond. Je suis optimiste sur long-terme. Je n’aurai pas de sequelles. »

A la sortie de cette pause forcée, l’autrichien a décidé de changer de cadet et d’entraîneur, pour en quelque sorte, marquer l’acte 2 de sa carrière.

Redescendu au 146eme rang mondial, il lui fallait repartir le couteau entre les dents.

« C’est sympa de pouvoir enfin tenir dans ses mains une carte de score. »

Il lui fallait surtout enchaîner les tournois, mais avant cela, être capable d’enchaîner les parties de golf de haut niveau sur un même tournoi.

« Moi et mon équipe avons travaillé très dur pour me préparer à cette échéance. »

Ces deux récentes victoires, au Danemark et en Ecosse, ne doivent pas masquer le fait que ce retour n’a rien eu de spontané et facile.

Pro depuis 2006, le plus grand palmarès du golf autrichien, et de très loin, ne manquait en moyenne que 3 à 5 cuts entre 2016 et 2018.

Pour son retour au Anahita Golf Club, il a commencé par manquer le cut, et ce, alors qu’il pensait connaître suffisamment le parcours, et faire face notamment au vent.

Idem la semaine suivante en Afrique du Sud, il va en fait manquer 4 cuts en l’espace de 9 tournois, un « rendement » nettement supérieur à sa vitesse de croisière habituelle.

Si les sensations sont vites revenues, les résultats se sont fait désirer, surtout pour un golfeur capable d’ambitionner à une des douze meilleures places du golf européen, synonyme de participation à la Ryder Cup.

Une 14eme place en Chine au Volvo China Open, un marqueur pour lui puisqu’il s’était blessé peu après ce tournoi en 2018, a commencé à le remettre en selle, mais toujours insuffisant pour stopper la dégringolade au classement mondial (au-delà du 350eme rang).

En réalité, rien de tangible ne laissait présager d’une soudaine victoire au Danemark.

Lui avait pourtant senti quelque chose sur le putting green en Afrique du Sud, il commençait alors à rentrer plus de putts pour birdies, sentant un peu plus de confiance, et surtout un peu plus la vitesse des greens.

Au-delà de récupérer son swing après une blessure au poignet, c’est surtout le putting qui a mis le plus de temps à revenir. C’est le putting encore qui l’a fait battre le français Benjamin Hebert en play-off (3 trous) en Ecosse.

Ceci dit, le français lui a bien ouvert la porte sur le dernier trou de play-off alors qu’il avait réussi une journée quasi parfaite pour remonter deux coups à l’autrichien, et justement forcer ce play-off.

D’un point de vue purement statistique, Wiesberger ne drive pas encore aussi bien que par un passé récent.

Toujours à l’occasion de sa victoire écossaise, on l’a vue en début de partie échapper un drive en fort hook à gauche, et répéter la même erreur quelques instants après avec un fer.

L’autrichien n’a pas été plus puni que cela par le links écossais dénué d’arbres ou de forêt qui auraient pu avaler sa balle sans lui rendre.

Son poignet a toutefois été assez solide pour lui permettre de sortir des hautes herbes, et revenir en jeu.

Si sa moyenne de score actuelle laisse bien présager d’un retour en forme (70,67 coups de moyenne), son driving est un peu moins précis qu’avant sa blessure.

Il est pour l’instant descendu de 60/65% de fairways en régulation à 55% pour une distance au drive de 298 yards au lieu de 303.

En revanche, son jeu de fers semble en nette hausse avec pour l’instant 74% de greens en régulation, une des clés qui lui ont servi à remporter deux victoires.

C’est surtout le putting qui pour l’instant explique les montagnes russes entre des cuts manqués et des victoires.

Avec plus de 30 putts en moyenne par parties, l’autrichien n’optimise pas toujours la qualité de son jeu du tee au green. C’est pourtant ce qu’il a fait avec brio en Ecosse ou au Danemark.

Samedi, sur le Renaissance Golf Club, au lieu de jouer 70 en moyenne, Wiesberger a rendu une énorme carte de 61, à la faveur d’un putting retrouvé pour rentrer 11 birdies.

De cette expérience, il retient que le plus important est de croire en soi, de savoir s’entourer des bonnes personnes, et de faire confiance au processus pour revenir.

Il délivre une véritable leçon de savoir-faire et de détermination pour s’imposer au plus haut niveau, quand d’autres font preuve de plus de dilettantisme et de moins d’obstination…

Il valorise aussi cette expérience en-dehors du golf, et du circuit, pour expliquer qu’il est en quelque sorte sorti d’une sorte de zone de confiance, pour se remotiver. C’est sans doute une grande part de l’explication de ce come-back victorieux.

Contre Hebert, il admet avoir eu de la chance, surtout après avoir commis quelques bogeys sur la fin de la partie, notamment au 17.  La chance sourit cependant aux audacieux.

Cette sixième victoire en carrière lui offre la première place provisoire de la Race To DubaÏ, avec une avance assez nette sur Jon Rahm et Matt Wallace.

En moins d’un an, l’autrichien est devenu une force dominante du golf européen. Il faut aussi reconnaître que des dix meilleurs de la Race, il est celui qui a le plus joué (18 tournois)… Y a-t-il un lien de cause à effet ?

Sans doute, mais c’est surtout le signe d’un golfeur frustré par une longue absence, et déterminé à revenir le plus vite possible.

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