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L’âge à partir duquel on commence le golf est-il un facteur du futur niveau de jeu ?

Le week-end dernier se tenait un tournoi de golf au format de jeu particulier puisqu’il réunissait de grands champions de golf avec un membre de leur famille, et le plus souvent, le père et le fils. Dans ce cadre, Tiger Woods a fait sa première apparition sur le PNC Championship, en compagnie de son jeune fils Charlie, seulement 11 ans, et qui a capté à lui seul l’attention de tous les médias. Au-delà d’être le fils de Tiger, il a surtout impressionné par la qualité de son swing, déjà très athlétique pour son âge. Immanquablement, ces images ont généré une grande attente autour de son futur golfique. Mais justement à quel âge faut-il commencer à se mettre au golf pour bien jouer ? Les enfants ont-ils forcément plus de chances de mieux jouer que des adultes qui commenceraient dans la force de l’âge ?

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La réussite au golf peut se mesurer de bien des manières. La fluidité ou l’esthétique d’un swing de golf n’est probablement pas le seul critère d’évaluation.

Toutefois, à voir jouer Charlie Woods en Floride, à l’occasion du PNC Championship, devant les caméras, et du public, on se dit forcément qu’avec un papa comme Tiger Woods, les chances de devenir un bon joueur de golf sont plus importantes, surtout quand le swing est déjà aussi bien installé.

Attention, être le fils d’un champion majeur n’est pas l’assurance de faire une carrière similaire.

A l’âge de 16 ans, Gary Nicklaus, le plus doué des cinq enfants du couple Nicklaus faisait la couverture de Sports Illustrated, souligné le « Prochain Nicklaus », ce qui a été démenti par l’histoire.

A aujourd’hui 51 ans, Gary n’a pas connu une carrière de golfeur professionnel aussi brillante que son père, et pourtant à 15 ans, il battait déjà son père sur le parcours, et remportait quantité de tournois amateurs.

Charlie Woods a un très beau swing du haut de ses 11 ans, mais il lui reste beaucoup de chemin à parcourir dans l’éventualité de devenir pro, et ensuite surpasser le poids d’être le fils de Tiger, ce qui ne sera pas une mince affaire.

Cependant, une chose est déjà acquise : Son swing peut faire pâlir d’envie des millions de golfeurs amateurs à travers le monde.

Pour l’enseignant de golf, Ken Martin, de l’université Keiser à West Palm Beach en Floride, un adulte qui jouerait en moyenne deux fois par mois et de manière récréative pourrait tout à fait parvenir à jouer autour de 80/85 coups sur un parcours de 18 trous.

Son expérience d’enseignant lui fait justement dire que ce niveau de golf peut être rapidement atteint, et ce quel que soit l’âge à partir duquel on se met à la pratique.

Cette prédiction pourrait donner du baume au cœur de beaucoup de golfeurs amateurs, et rassurer sur le fait de démarrer assez tard dans la vie.

Atteindre un niveau de score au golf honorable (entre 18 et 24) n’est dont pas lié à un âge en particulier.

Pour beaucoup d’enseignants qui vont partager cette vision, c’est d’abord et surtout une question d’entraînement.

L’entraînement ou l’apprentissage va jusqu’à un certain point être un facteur prépondérant sur la forme physique.

C’est la compétence ou l’apprentissage de la compétence qui va supplanter la forme physique dans le fait de diriger le vol de la balle.

Pour jouer régulièrement avec des amateurs débutants et seniors sur le parcours, je constate d’ailleurs souvent que leurs difficultés pour lever la balle n’est pas lié à la forme physique, mais bien dans la compétence technique.

A l’inverse, sans parler des golfeurs professionnels qui jouent sur les circuits seniors, et qui tapent à des distances encore très impressionnantes, j’ai déjà eu l’occasion de jouer avec un golfeur senior de plus de 65 ans, qui tapait la balle au driver à plus de 220 mètres !

Ken Martin explique cependant que l’âge pourrait bien commencer à devenir un facteur à partir du moment où l’objectif de score sur le parcours descend de 80 à 72, soit le PAR !

Selon l’USGA, en 2018, moins d’1% des golfeurs masculins américains présentaient un index de +1 ou mieux, ce qui illustre à quel point ce niveau de jeu est extrêmement rare.

D’ailleurs, le niveau de jeu moyen constaté aux Etats-Unis par la National Golf Foundation fait bien état d’un jeu autour de 100 coups en moyenne sur le parcours (28 d’index).

La difficulté pour se rapprocher d’un score aussi bas au golf est justement corrélé au temps passé à s’entraîner, et notamment pour acquérir une très grande variété de talents ou capacités différentes.

En clair, pour un adulte dans la force de l’âge, c’est du temps qui va manquer pour travailler tous les savoir-faire nécessaire pour résoudre tous les problèmes du parcours.

Bien jouer au golf, c’est en quelque sorte une course contre le temps.

Démarrer cet apprentissage en étant enfant ou adolescent, c’est tout simplement se donner plus de temps, et donc un avantage indéniable pour acquérir plus tôt un grand catalogue de coups.

De plus, Charlie Woods a sans doute plus de temps qu’un adulte qui travaille, et/ou en plus élève des jeunes enfants…pour travailler la grande variété des coups que le jeu de golf exige.

Trop souvent, de l’extérieur de la pratique, les gens pourraient penser que jouer au golf se résume à taper dans une balle ou la pousser au fond d’un trou.

Pour jouer 72 coups sur un parcours de 18 trous, il faut savoir maîtriser une très grande quantité de coups différents, du driver avec des effets aux sorties de bunkers de différentes distances, sans oublier les coups en pentes…

Pour Ken Martin, les aptitudes sont essentielles, et pour les acquérir rapidement, c’est justement une question liée au moteur du développement des aptitudes chez l’individu.

Selon cet enseignant spécialisé sur le développement des jeunes golfeurs, le moteur des aptitudes se développe à travers le temps, et surtout la répétition.

Plus il y a de répétitions, et plus les aptitudes s’affinent. Plus les aptitudes se dessinent, et plus le transfert sur le parcours peut se réaliser, et le score baisse.

Pour Ken Martin, il serait raisonnable de penser qu’un adulte débutant, avec du temps pourrait arriver au même niveau de succès qu’un enfant qui débuterait au même moment.

Dans ce cas, ce n’est pas l’âge qui est un facteur, mais le temps nécessaire pour développer des aptitudes.

Pour l’enseignant, un bon exemple est celui de l’américain Larry Nelson qui a démarré le golf à l’âge de 21 ans.

Après seulement 9 mois de practice, mais à raison de 8 heures par jour, tous les jours, Nelson s’est montré capable de jouer sous la barre des 70 sur le parcours !

Seulement quelques années plus tard, il est devenu professionnel de golf sur le PGA Tour, et remporté de nombreuses victoires.

Si l’âge n’est pas le sujet, mais plutôt le temps nécessaire pour développer des aptitudes, le sujet qui vient forcément à l’esprit dans cette course contre la montre, c’est la qualité de l’entraînement ou plutôt la qualité pour développer un large éventail d’aptitudes différentes.

Pour avoir moi-même expérimenté des paliers de non-progressions ou ressemblé à ce golfeur qui ne joue pas plus de deux fois par mois en moyenne dans une année, cela me renvoie forcément au fait que mon entraînement ne doit sans doute pas assez inclure de variations ou d’apprentissages nouveaux ou supplémentaires.

Si Charlie Woods a déjà à 11 ans un swing qui parait bien meilleur que la plupart d’entre nous, ce n’est pas seulement son âge qui est un facteur, mais le temps qu’il a déjà passé à construire ce swing, et surtout à développer des aptitudes différentes.

Certains pourraient penser qu’il y un avantage génétique, or, c’est peu probable. En revanche, être le fils de Tiger Woods peut lui apporter deux avantages : Un premier qui est tout bonnement économique. Pour jouer au golf plusieurs heures tous les jours, il faut un minimum de ressources financières ou ne pas avoir à s’en soucier…

Un second qui est tout simplement d’avoir plus rapidement que d’autres accès à des connaissances qui font gagner du temps.

Sans parler de prédispositions, Ken Martin met lui-aussi en avant une rapide progression par une réponse aux stimuli qui améliorent une habileté.

C’est bien le fait de savoir faire plusieurs choses différentes qui permet de mieux effectuer une tâche. Par exemple, apprendre à faire un draw, un fade, un slice ou un hook permettrait de mieux savoir taper une balle droite, justement par un meilleur sens de ce qui constituent les différences entre chaque trajectoire.

Tout comme Adam Young qui vante l’entraînement en variabilité, on en revient toujours à ce concept d’apprentissage pour avancer plus vite qu’en répétition.

Si un adulte démarre le golf à plus de 50 ans, ce n’est pas son âge qui va constituer un handicap pour sa progression, mais plutôt le temps à sa disposition pour s’entraîner.

A la différence de Larry Nelson ou peut-être Charlie Woods, c’est plus rarement 8 heures par jour, tous les jours, pour arriver à scorer dans le PAR.

Et au-delà du temps passé à s’entraîner ou à apprendre à taper dans la balle, très vite, le sujet important pour gagner du temps, c’est le fait de varier son entraînement au maximum pour acquérir un maximum de compétences.

Vous n’aurez peut-être qu’un swing de golf, mais bien plus qu’un seul coup de golf à taper sur un parcours.

Crédit photo :  PNC Championship/José María Sáiz Vasconcelos

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