Posté par le dans Golf féminin

Agathe Sauzon : Mon secret pour performer au golf, la méditation

Agathe Sauzon, joueuse professionnelle française depuis cinq ans, joue actuellement en première division européenne. La saison dernière, elle a fini quatrième joueuse française, et a décroché la 63ème place sur le Ladies European Tour. 2020 a surtout rimé pour elle avec sa première victoire en qualité de professionnelle, à l’occasion de l’Open PGA de France, sur le nouveau golf de Roissy. A travers son portrait, nous avons voulu mettre en lumière ses spécificités, et les ressorts de sa performance. Driving, jeu de fers, wedging, et si en fait, la méditation était tout simplement à la base de la performance sur le parcours ?

Découvrez nos formules d'abonnements

La golfeuse professionnelle Agathe Sauzon a découvert le golf à sept ans, par le biais de sa grand-mère golfeuse qui l’emmenait à l’école de golf.

Ce sport lui a tout de suite plu. Elle a alors commencé la compétition assez jeune, et à ses treize ans, elle disputait déjà son premier championnat de France.

Par la suite, elle a suivi le cursus scolaire classique jusqu’à l’IUT, puis elle est ensuite partie poursuivre ses études aux Etats-Unis, dans une université américaine pendant deux ans et demi.

Pourvue d’une bourse pour la pratique du golf, cela lui a permis de jouer beaucoup plus.

Elle a ainsi été diplômée en 2015, et est passée joueuse professionnelle en France dès 2016.

Elle est entrée sur le Ladies European Tour dès son retour en France.

Ce qui lui plaît dans le golf, c’est d’abord la compétition !

Compétitrice dans l’âme, Agathe Sauzon se dit galvanisée par le Challenge.

Elle ajoute que le golf oblige au joueur à se remettre perpétuellement en question, ce qui lui apprend aussi beaucoup sur elle-même.

Ce sont des éléments qui l’aident aussi en dehors du cadre sportif, dans sa vie de tous les jours.

« C’est également un sport qui permet de voyager, de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles personnes » dit-elle.

Elle souligne également le côté collectif du golf, où c’est un sport dans lequel l’on peut jouer avec des personnes de tous niveaux, et passer un très bon moment.

Agathe Sauzon, en tant que joueuse dans un milieu plutôt masculin, pense que les femmes n’y sont pas encore assez représentées.

Mais elle insiste sur le fait que les choses commencent à changer, avec l’arrivée de tournois mixtes ces dernières années. « On sent qu’il y a des mouvements pour arranger ces inégalités homme-femme, la situation s’améliore. » Assure-t-elle.

Ayant eu une expérience dans le golf américain au cours de ses études, elle affirme qu’aux Etats-Unis, la situation est bien plus avancée au niveau de l’image de la femme golfeuse.

Elle explique : « Déjà, à la faculté, il n’y a aucune différence entre les sports féminins et les sports masculins, il y a autant de public qui regarde les compétitions qu’elles soient féminines ou masculines. »

Aussi, elle indique que sur le LPGA (circuit de golf professionnel féminin nord-américain) les femmes athlètes sont plus reconnues dans le monde du golf. Elle justifie cette différence de vision entre les deux pays, par le fait qu’aux Etats-Unis, la culture du sport est bien plus présente, dès le plus jeune âge.

A-t-elle, à titre personnel pendant sa carrière de joueuse professionnelle, ressentie une forme d’inégalité entre les golfeurs et les golfeuses ?

Elle répond que lorsqu’elle jouait les Pro-am, elle a toujours eu de très bons échos.

« Les joueurs sont toujours très contents de jouer avec une femme. Ils trouvent que l’on partage plus, que l’on est plus proche ».

Elle poursuit : « Malgré tout, c’est sûr qu’il y a certaines personnes qui préfèrent voir des golfeurs hommes, qui tapent fort. Mais ils se rendent parfois compte que les femmes ont aussi d’autres potentiels. C’est un milieu encore un peu macho ».

« Je pense qu’en France, plus de femmes pourraient se mettre au golf si on trouvait plus de parcours à six trous, comme à Evian par exemple. Une heure est plus facile à trouver pour une femme active que quatre. » Explique-t-elle.

En termes de statistiques, Agathe Sauzon, c’est en moyenne 65% de fairways en régulation (pour une moyenne de distance de 240 mètres), et chiffre tout aussi impressionnant 63% de greens en régulation.  On peut donc constater que c’est une joueuse plutôt « droite » du tee au green.

Impressionnée par ses bons chiffres, je lui ai naturellement demandé qu’elles étaient ses ambitions et objectifs pour la saison 2021, tout en sachant qu’elle sera forcément impactée par le contexte actuelle.

Agathe Sauzon répond spontanément : « Qu’elle démarre, déjà ! ».

Elle déroule ses objectifs clairement, signe d’une golfeuse ambitieuse et concentrée.

Basés sur les bons résultats qu’elle a obtenu l’année dernière, son plus gros objectif restera finalement une victoire sur le Ladies European Tour.

Ensuite, elle entend viser le top 15 ou 20 du ranking (classement général) du Ladies European Tour, et passer les cartes d’accès du LPGA en fin d’année, pour jouer sur le meilleur circuit du monde.

Pour les prochaines semaines, son programme d’entraînement est déjà très axé sur le physique.

Elle raconte : « La saison ne commence qu’en mai, mais cela risque d’être très intense, je vais beaucoup enchaîner jusqu’à fin novembre. »

Pour être prête, Agathe Sauzon travaille actuellement beaucoup son cardio, les deux derniers mois étant plus axés sur la technique.

Elle prévoit également de partir dans le sud avec d’autres joueuses, faire un stage afin de « se remettre en situation ».

Mais alors quel est le quotidien d’une joueuse professionnelle ?

« Etirements le matin, avec des entraînements sur sa technique. Un des plus gros axes de travail cet hiver est sur le wedging. L’après-midi, j’essaie de faire au minimum neuf trous, et ensuite une séance d’une heure à une heure et demie en salle de sport. »

Son secret pour performer au golf, c’est la méditation, et le travail sur la respiration.

« Cela m’aide à me refocaliser sur moi, à ne pas trop penser au stress en compétition ou quand j’ai des mauvais coups. Cela me permet de relativiser, et de me dire que ce n’est qu’un sport ! » Ajoute-t-elle.

La méditation, Agathe Sauzon ne s’en sert pas qu’en période de compétition, c’est même devenu une routine quotidienne.

Cela l’aide à rester concentrée plus longtemps lors de ses entraînements, qui durent en moyenne six ou sept heures par jour.

Son plus beau souvenir de golf reste sa première victoire l’année dernière sur le nouveau golf de Roissy. 

A ce sujet, Agathe Sauzon nous donne d’ailleurs ses impressions sur ce nouveau golf. 

« C’est un parcours très sympa, avec un très beau tracé. Lorsque j’y ai joué il était encore très récent donc les roughs n’avaient pas encore poussé, le parcours était assez large. Lorsqu’ils auront poussé, le parcours deviendra assez compliqué. Les greens sont techniques car ils sont très pentus. Le tout est de bien attaquer la balle, sinon on peut facilement se retrouver avec un trois putts ! ».

Concernant sa plus grande déception, Agathe Sauzon avoue ne pas en avoir encore vécu dans sa jeune carrière.

Peut-être le fait d’avoir été trop focaliser sur sa technique à ses débuts, mais elle insiste sur le fait que c’est un travail qui paie aujourd’hui.

Crédit photo : Agathe Sauzon

 

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 495
  • 1 commentaire
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter

Rory McIlroy tire à boulet rouge sur l’USGA et son...
Au Portugal, Quinta da Marinha fait peau neuve pou...

Auteur

 

Commentaires   

edepaire@gmail.com
0 #1 Matérieledepaire@gmail.com 09-03-2021 16:00
Pourriez vous faire une rubrique matériel pour les femmes je trouve que cette rubrique est très pauvre par rapport au comparatif de club hommes. Avec des classements par style de club : débutante, confirmée, experte ...
Merci

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.