Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

Abu Dhabi HSBC Championship 2019: Shane Lowry de bout en bout

Abu Dhabi HSBC Championship 2019 : Shane Lowry de bout en bout

L’irlandais Shane Lowry pourrait bien inspirer un grand nombre de golfeurs amateurs. Sur le premier tour du HSBC Abu Dhabi Championship 2019, le golfeur déchu du PGA Tour a réussi l’étonnante prouesse de scorer dix coups sous le par, après avoir seulement touché quatre fairways dans la journée ! Finalement vainqueur samedi du tournoi qu’il aura mené de bout en bout, Lowry montre que les chemins de traverses ont parfois du bon… pour gagner un tournoi, ou gérer une carrière entre PGA et European tour.

Découvrez nos formules d'abonnements

Shane Lowry confirme bien par ses propos que le circuit européen est un circuit de second ordre.

A défaut de pouvoir jouer sur le PGA tour dont il a perdu sa carte en fin de saison dernière, Lowry s’est fixé comme objectif d’y revenir le plus vite possible, et notamment en se servant de l’European tour comme faire-valoir.

Sa mission reconquête commence bien, surtout en présence de Brooks Koepka, Tommy Fleetwood et Dustin Johnson dans le champ des prétendants à Abu Dhabi.

McIlroy, Casey et un certains nombres des meilleurs golfeurs européens ne cessent de l’exprimer depuis de mois, comme s’il voulait volontairement ou involontairement pousser à une réunification des circuits.

Le tour européen n’est plus ce qu’il était… Il manque de gros tournois ou de tournois avec une histoire.

Ce n’est pas tant les dotations qui sont moindres, mais surtout les perspectives de gains par des sponsors, alors que le marché américain pèse 28 millions de golfeurs ! L’Europe ne peut pas lutter.

Le tournoi d’Abu Dhabi est pourtant bien l’épreuve qui lance réellement la saison européenne à 6780 kilomètres de Paris. Loin des yeux, loin des fans… loin du cœur, mais pas loin du porte-monnaie du board.

Lowry a récemment perdu sa carte de joueur sur le PGA Tour, après deux ans à tenter de jongler entre PGA et European Tour, sans succès.

Lowry a récemment perdu sa carte de joueur sur le PGA Tour, après deux ans à tenter de jongler entre PGA et European Tour, sans succès.

Vainqueur du championnat du monde Bridgestone en 2015, avec deux coups d’avances sur Bubba Watson, Lowry pouvait à l’époque légitimement penser qu’il allait faire partie de ceux qui comptent dans les gros tournois.

Un an plus tard, un nouveau signe va lui confirmer qu’il était sur le bon chemin, une deuxième place à l’US Open à Oakmont.

Dans des conditions particulières, le jeu avait été suspendu le premier jour à cause de fortes pluies, Lowry avait pris les commandes du tournoi, au soir du troisième tour, et après une belle carte de 65.

Finalement battu par Dustin Johnson qui en profitait pour remporter son premier majeur, et ce, malgré une pénalité sur le cinquième green. Lowry avait du se contenter, non sans satisfaction de la deuxième place.

Pro depuis 2009, Lowry n’avait jusqu’à ce week-end seulement remporté trois tournois, plus habitués aux places d’honneurs.

Classé parmi les 80 meilleurs golfeurs du monde depuis 2012, étonnement, Lowry n’a gagné que 4 victoires, obtenu 7 secondes places, pour une année en surrégime en 2015.

Depuis trois ans, 78 tournois disputés, Lowry n’a pas réussi à confirmer ses bonnes dispositions jusqu’à ce jeudi où étonnamment il a rendu une carte de 62, en ne trouvant que 4 fairways.

Au passage, il en a profité pour battre un record. Personne avant lui n’avait réussi un tel grand écart entre inconstance depuis le tee et réussite sur le green.

Et dire que ses drives erratiques lui ont permis d’égaler le record du parcours de Stenson, pas une très bonne publicité pour le nouveau driver Epic Flash…

Et dire que ses drives erratiques lui ont permis d’égaler le record du parcours de Stenson, pas une très bonne publicité pour le nouveau driver Epic Flash…

Il en profitait au passage pour prendre trois coups d’avances sur Oosthuizen et encore Lorenzo-Vera, ce dernier auteur d’un 65 malgré un petit séjour à l’hôpital.

Sans victoire depuis trois ans, Lowry justifiait en fait la position de McIlroy ! Un golfeur européen qui tente de jouer les deux circuits, américains et européens, finit par perdre son jeu, et une des deux cartes.

Libéré malgré lui de ses engagements américains, il n’avait plus joué depuis le mois de novembre, et mis cette pause à profit en s’entraînant longuement à Dubaï, sa meilleure pré-saison depuis longtemps, selon ses propres dires.

Malgré sa drôle de prestation, il a déclaré « Je me sens bien dans mon jeu ». En perdition au drive, il a surtout brillé avec les fers et les wedges autour du green.

Alors que sa victoire en Championnat du Monde à Akron aurait pu être un tremplin, de même que sa seconde place à Oakmont, Lowry s’est un peu éteint. En sera-t-il de même après cette nouvelle performance dans un « gros » tournoi, et alors qu’il n’a jamais encore réussi à démontrer qu’il pouvait durer ?

75eme mondial avant ce tournoi, il devrait sans peine rentrer dans le top-50, une façon de retourner plus vite que prévu aux Etats-Unis.

Lui veut le croire, et se fixe l’objectif de revenir dans le top-50 mondial pour jouer à nouveau tous les gros tournois. Samedi, en s’imposant, non sans difficulté sur le dernier tour, il a déjà atteint, et même dépassé son objectif.

75eme mondial avant ce tournoi, il devrait sans peine rentrer dans le top-50, une façon de retourner plus vite que prévu aux Etats-Unis.

Lowry n’a de toute façon pas une carrière classique. Vainqueur de son premier tournoi professionnel en mai 2009, son Open national, alors qu’il n’était encore qu’amateur, Lowry est en fait coutumier de coups d’éclats par intermittences. Déjà un 62 avait contribué à cette première victoire.

Encore ce dimanche, Lowry a alterné le froid et le chaud.

Net leader au départ du dernier tour, l’irlandais semblait bien parti pour confirmer la très grande difficulté à gagner un tournoi en ayant occupé la tête depuis le premier jour.

De trois coups d’avances, il avait quatre coups de retards avec seulement sept trous à jouer.

De trois coups d’avances, il avait quatre coups de retards avec seulement sept trous à jouer.

Que peut-il se passer dans la tête d’un joueur qui croit pouvoir gagner, puis pense pouvoir tout perdre ?

Visiblement, il ne s’est pas posé beaucoup de questions pour signer trois birdies en sept trous, et finalement s’imposer d’un coup.

Pourtant, il a au moins pensé que c'était fini "Honnêtement, j'ai cru que c'était cuit." Et pourtant, dans la nuit de vendredi à samedi, il s'était mis à rêver à sa présence à Augusta dans quelques semaines pour le Masters... Le golf, est un sport parfois un peu fou, où vous pouvez passer par toutes les émotions.

A Oakmont, il pensait déjà pouvoir gagner avant de laisser filer Dustin Johnson. Pour sûr une nouvelle mésaventure de ce type, si longtemps après ne plus avoir gagné, aurait laissé des traces sur son mental.

En duel avec Richard Sterne, animateur du dernier tour mais sans victoire sur le tour depuis 2013, ce dernier n’a finalement pas rentré de birdies sur les neuf trous du retour.  De ce fait, il n’avait pas tout à fait son destin entre ses mains.

Alors qu’il manquait les putts pour birdies, c’est bien sur les greens que son adversaire reprenait du poil de la bête, et notamment un putt décisif au 17.

Sur le 18, tout était encore possible, mais Lowry a trouvé son jeu long au meilleur moment pour toucher le green en deux. Deux putts plus tard, il avait son coup d’avance pour battre son rival, et rouvrir un débat qui lui a déjà été fatal : Jouer des deux côtés de l’Atlantique !

Et ce bien que cette victoire se soit jouée plutôt du côté du Golf Persique…

Doit-on fixer rendez-vous à Lowry dans trois ans pour une prochaine victoire ? Pour l’instant, c’est le rythme de ce golfeur de 31 ans qui rentre dans les meilleures années d’un golfeur professionnel.

Voué à jouer les premiers rôles sur le circuit européen, tous les tournois ne présenteront pas autant de belles affiches, Lowry pourrait peut-être commencer par s’installer dans le fauteuil de patron de la Race… une compétition qui visiblement ne fait plus rêver les McIlroy, Casey, et autre Molinari, dans une année sans Ryder Cup. 

Je ne pense pas avoir le niveau pour gagner plusieurs majeurs. Je veux gagner des tournois.

De retour dans le cercle des vainqueurs, et bien qu’il ait toujours fait preuve de réalisme sur sa place dans le monde du golf « Je ne pense pas avoir le niveau pour gagner plusieurs majeurs. Je veux gagner des tournois. C’est très difficile sur le PGA Tour. Oui, des gars comme Rory peuvent candidater pour gagner des majeurs, mais je n’en fais pas partie. Je ne pense pas que vous puissiez réellement planifier vos pics de performances. Si vous essayez de faire cela, vous vous mettez trop de pression. C’est juste une question de bien jouer au bon moment. Vous ne pouvez pas le planifier. » 

Bien jouer au bon moment… C’est comme ne toucher que quatre fairways dans une journée, et néanmoins rentrer dix birdies ! Drôle de jeu…

Crédits photo : Getty Images

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 327
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter
Les pros du PGA Tour taperont-ils leurs drives vra...
Le putting de Mickelson planté dans le Desert Clas...

Auteur

 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.