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2eme partie: L’industrie du matériel de golf doit-elle se réinventer?

2eme partie: L’industrie du matériel de golf doit-elle se réinventer?

A la suite de notre précédent sujet, la question est désormais « Qu’est-ce qu’attendent les consommateurs ? », et donc de qui pourrait relancer une industrie, qui dans son ensemble patine, et souffre de trop rester dans sa zone de confort. Des pistes peuvent être envisagées : Plus de personnalisation, déplacer la question de la distance sur la question du score, tester plus de produits, le fait d’augmenter le nombre de joueurs, l’intérêt des tournois de golf professionnel, résoudre la dépendance à Tiger Woods…Nous explorons toutes ces pistes avec des propositions concrètes…De quoi créer le débat.

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Plus de personnalisation ?

Sur la question de la personnalisation, on voit de plus en plus sur les réseaux sociaux des golfeurs qui mettent des photos de leurs wedges avec des déco ou des badges qui les interpellent.

Il y a clairement, chez une partie des golfeurs, une réelle attente pour des produits plus personnalisés, et moins standardisés.

Le fitting est d’ailleurs en développement selon cette mouvance. « Je veux jouer un club qui me convient par parce que c’est celui de mon voisin. »

Maintenant, jouer un club en jaune ou en rouge ne sera certainement pas un aspect suffisant pour acheter.

Toutefois, souvenez-vous du succès du driver TaylorMade R1 avec sa couronne blanche. En quelques mois, ce club a frôlé une part de marché de près de 50% en France, et un peu partout en Europe.

Le driver avec une couronne noire est certes la norme, mais il a fini par lasser.

Ceci étant, il y a plus intéressant que la question de la personnalisation, qui peut paraître à la limite assez accessoire. Quid des nouvelles technologies ?

Plus de technologies connectées…

Cobra semble prendre de l’avance sur ce sujet en présentant sur le marché des clubs connectés. Et si c’était la bonne idée pour relancer les ventes de clubs, et susciter plus de renouvellements ?

Par rapport à votre bon vieux club que vous ne changez pas, parce que vous n’êtes pas convaincu que le nouveau modèle vous permettra d’aller dix ou quinze mètres plus loin, et un club connecté qui vous donnera en instantanée des informations précieuses sur la qualité de votre swing, et les manières de vous améliorer, le niveau de bénéfice pourrait sérieusement monter, et donc l’intérêt d’acheter.

De toutes les propositions qui seront listées dans ce dossier, celle d’une révolution technologique paraît la plus évidente pour recréer un boom de consommation.

Remplacer la question de la distance par la question du score ?

Il est effrayant de constater que depuis 20 ans, la moyenne de score des amateurs n’a pas bougé de 100 sur un par-72, soit 28 coups au-dessus du par.

Malgré tous les progrès du matériel, nous jouons collectivement tous très loin d’un très bon niveau de jeu.

Bien entendu, ces dernières années, le premier critère de vente d’un club était le fait que vous pouviez taper un fer à 140 mètres au lieu de 130, et frimer auprès de vos camarades de jeu avec un fer de moins pour faire le même coup !

Qui ne l’a pas déjà fait ? Sérieusement ?

Sauf qu’au final, toutes les études démontent que le niveau de jeu global reste le même. Soit entre bogey et double-bogey sur chaque trou.

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L’équipement ne devrait pas être considéré sous l’angle de la performance de la distance mais bien sur la vraie bonne question : Baisser mon score de 5 ou 10 coups !

Si le niveau moyen des amateurs passait de 28 à 18, cela pourrait avoir un effet considérable sur la santé de la filière.

Peut-être plus de parties jouées, plus de fun, et plus consommation ?

Cependant, changer les habitudes d’achats et de ventes de clubs peut s’avérer difficile au moins à court terme. Pour l’industrie, c’est un peu un saut dans l’inconnue d’un point de vue marketing, et puis finalement, c’est quoi un club pour baisser son index ?

Le matériel peut contribuer à la performance du golfeur mais peut-il tout faire ?

Pourtant, cela semble quand même le meilleur argument pour déclencher des ventes.

Tester plus de produits ?

Si vous avez acheté dernièrement une série de clubs, peut-être avez-vous remarqué que souvent vous testez en réalité un seul club, le fer 6 ou le fer 7.

Vous vous apprêtez à acheter une série du fer 3 au pitch en ayant essayé un seul loft.

Certains consommateurs commencent à réclamer la possibilité de laisser un chèque de caution, et tester sur le parcours, non pas un fer mais la série complète pour se faire une idée du produit en situation. Pas seulement le fer 6 ou le fer 7.

Quand vous allez essayer une voiture en concession, vous n’essayez pas seulement la troisième ou la quatrième vitesse.

Problème, le distributeur ou la marque peut s’exposer à plus de vol, sauf à bien contrôler le chèque de caution, et qu’il couvre bien la valeur du set prêté. Vous aurez toujours de petits malins sous couvert d’essayer les clubs qui auront la tentation de les revendre sur Ebay.

Ne faudrait-il pas des règles pour chaque niveau de jeu ?

Ok, le matériel est limité par l’USGA et le Royal & Ancient, surtout parce que les professionnels obtiennent déjà en l’état actuel des performances qui font froid dans le dos. De plus en plus de pros cassent régulièrement la barre des 60 !

Améliorer encore les performances des équipements pour de tels joueurs va-t-il présenter un intérêt à part celui de creuser le fossé entre le jeu des pros et celui des amateurs ?

En revanche, fixer des règles qui finissent par pénaliser les amateurs au regard des performances des pros est-il tout autant pertinent ?

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Nous savons que si les amateurs jouent mieux, ils joueront plus, et plus souvent, et entraîneront dans cette démarche plus d’amis à jouer.

Si le matériel peut jouer un rôle dans cette perspective, pourquoi s’en priver ?

Pourquoi ne pas faire sauter le verrou du coefficient de restitution limité, pour aider plus de golfeurs, ceux qui n’arrivent pas à jouer sous la barre des 100 coups par parties ?

Organiser le matériel sous une forme à deux vitesses, limitée à une séparation entre pro sur le tour et amateur peut s’envisager sans trop de contraintes.

D’une certaine manière, les pros ne jouent pas déjà actuellement les mêmes clubs que Monsieur Tout le Monde. Cette idée ne serait donc pas à tout à fait illusoire, et encore assez facile à contrôler.

Autre élément qui ne touche pas seulement le matériel, les règles devraient-elles être les mêmes pour Rory McIlroy et Monsieur Durand ?

Le golf pourrait permettre sans difficulté un certain échelonnement des difficultés au vue du nombre de règles existantes.

Notre sport s’auto-pénalise en restant figé dans l’idée qu’un pro et un débutant doivent absolument jouer le même jeu, alors qu’en pratique, c’est une utopie.

Augmenter tout simplement le nombre de joueurs…

Effectivement pour contourner la récession des ventes de matériel de golf, il suffirait tout simplement de fabriquer plus de golfeurs !

Pour que Callaway, TaylorMade et autres augmentent leurs chiffres d’affaires, la solution n’est pas de repeindre un club en bleu ou en rouge, mais bien d’augmenter le nombre de consommateurs, partant du principe qu’un golfeur n’a pas besoin de renouveler tout son matériel tous les ans.

Jusqu’à présent, dans l’histoire du sport, c’est souvent un homme qui a créé l’attention.

Michael Jordan a réussi cela pour le basket.

Alain Prost pour la formule 1 en France ou même Yannick Noah pour le tennis ont intéressé un large public autour de leurs performances. L’exemple de Noah est plus concret, car il a contribué à faire directement plus de joueurs de tennis au niveau amateur.

Le problème est que souvent derrière le champion, quand celui-ci arrête, l’effet retombe.

Le golf vit tout à fait cela avec Tiger Woods aujourd’hui.

Cependant, il y a un contre-exemple. Celui de Michael Jordan dans le domaine du basket, car ce sport n’est jamais retombé après l’arrêt de la carrière du géant de Chicago.

L’industrie du golf a désespérément besoin d’un nouveau Woods, en tout cas, si elle ne change rien d’autre dans son approche du business pour espérer un fort rebond.

Un type qui dépassera le cadre de son sport, et pas un énième golfeur comme Jordan Spieth ou Justin Thomas, tous les deux très doués, mais qui n’accrochent pas la caméra en-dehors des greens.

Des golfeurs doués à l’extrême mais qui ne paraissent pas être des magiciens.

Regardez tout simplement Sébastien Gros, pro de golf français, être comme un gamin devant Tiger Woods, alors qu’aujourd’hui, sur un tournoi, il est capable de jouer 2 ou 3 coups de mieux que le tigre !

Pour se relancer, le business a besoin d’un « impact player » que ne sont pas Jason Day, Rory McIlroy ou Dustin Johnson…pour le moment.

Faire du circuit professionnel quelque chose de plus passionnant…

Dernier point pour essayer de trouver des pistes de réflexion sur le rebond du business du matériel de golf, et qui concerne encore le haut niveau : Faire des tournois plus faciles à suivre à la télé !

Le golf à la télévision est sans doute un des sports les moins attrayants à regarder.

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Les parcours sont toujours les mêmes. Les joueurs se ressemblent tous. Il y a peu de public autour des greens ou seulement sur les majeurs.

A contrario, regardez le Waste Management Open à Phoenix et l’engouement du public massé dans un stade, juste pour voir des caddies courir vers le green !

Le golf manque d’une ambiance plus spectaculaire. Le golf manque de fans. Maintenant que Woods ne peut plus faire ce « boulot », il faut que le circuit se réforme, et que le spectacle soit moins dépendant d’un joueur, mais plus du système.

Pourquoi ne pas réduire le cut à seulement 16 joueurs, et ensuite, organiser des match-plays dans le cadre d’un tournoi ?

Concernant les parcours, les pros réduisent trop cela à un drive à 300 mètres, un coup de wedge, et un putt pour birdie, où est le challenge ?

De plus, pour un amateur, c’est du domaine de l’irréel !

Quoi qu’il en soit, la question du matériel est intimement liée à la question de l’attractivité du golf pour les amateurs, qu’ils soient fans ou plus loin de l’activité comme de simples téléspectateurs.

Simplement, les marques de matériel devraient prendre le taureau par les cornes. De toute la filière, aucun autre acteur ne pèse autant d’argent.

Aucun parcours, aucun enseignant, aucun distributeur, aucun média ne pèse 1,5 milliards de dollars de CA, et ne pourra suffisamment influer sur les législateurs, PGA Tour ou USGA, pour que les choses changent réellement.

Or, tout démontre que sans toucher trop à l’esprit du golf, de petits changements pourraient avoir de grandes et fructueuses conséquences…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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