Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

2015 Annus horribilis pour Tiger Woods !

2015 Annus horribilis pour Tiger Woods !

Alors que la saison 2015 du PGA Tour touche à sa fin et que Jason Day et Jordan Spieth auront été les grands animateurs de l’année, comment ne pas évoquer Tiger Woods et sa descente aux enfers. Tombé au-delà de la 280ème place mondiale, l’américain est de nouveau passé sur une table d’opération cette semaine, et pour subir la même opération qui l’avait mis sur le flan en 2014. Non résigné, il annonce son retour pour 2016.

La descente aux enfers de Woods

Le fait que Woods se soit de nouveau fait opéré par le chirurgien Charles Rich pour une deuxième microdisectomie apporte un éclairage important sur ce que le joueur a probablement vécu en 2015.

Beaucoup plus discret sur l’état de son dos cette année par rapport à la précédente, la plupart des observateurs ont été frappés par les difficultés de l’ex-numéro un mondial au chipping.

Tout au long de la saison, il a été frappant de voir à quel point Woods a pu être incapable de taper des petits coups de pitch en bord de green avec précision.

En l’espace de deux ans, Woods n’a disputé que 20 tournois professionnels aux Etats-Unis. Tout au long de sa brillante carrière, il n’a jamais été un joueur très gourmand en nombre de participations.

Pourtant, en moyenne, il jouait au moins 20 tournois par an.

D’ailleurs, il a terminé sa dernière saison complète au rang de numéro un mondial en 2013 après s'être présenté sur 19 événements.

En 2014, il n’a joué que 9 tournois, et en 2011, à peine mieux, 11 !

Sur 20 tournois disputés ces 24 derniers mois, il a raté 6 cuts, principalement en majeurs, et obtenu un seul top-10, justement sur le dernier tournoi disputé cette saison au Wyndham Championship, tournoi qu’il disputait pour la première fois, n’ayant jusqu’alors jamais eu besoin de disputer la dernière épreuve de la saison régulière du PGA Tour pour assurer sa place dans les play-offs de la Fedex Cup !

L’américain devait absolument l’emporter pour espérer s’inviter dans le final de la saison.

Et curieusement, les choses semblaient assez bien parties après trois tours, comme une renaissance pour un golfeur qui n’avait été jusqu’à présent que l’ombre de lui-même.

Ne mettant pas vraiment sa contre-performance sur le compte de son dos, nous avons tous pensé que Woods était sur un déclin très accéléré tout au long de cette saison.

La carrière de Woods en un clin d'oeil

A nouveau séparé de sa compagne, Lindsay Vonn, encore régulièrement cité dans des affaires extra-conjugales, et parfois sans réel fondement, Woods avait-il réellement les capacités, et le mental pour ne serait-ce que redevenir un golfeur compétitif à bientôt 40 ans, âge à partir duquel, tous les grands golfeurs commencent sérieusement à se faire dépasser par les jeunes loups.

Mickelson à bientôt 45 ans n’a plus gagné de tournoi depuis deux ans.

Il n’y a que Miguel Angel Jimenez pour démontrer le contraire en remportant de temps en temps des tournois de seconde zone sur l’European Tour, et prouver qu’à 50 ans passés, un golfeur peut encore avoir une carrière fructueuse.

La vérité, c’est que Tiger Woods n’a clairement plus beaucoup de temps, et son ambition de battre le record de majeurs de Jack Nicklaus s’éloigne très sérieusement, surtout qu’il n’est même plus en mesure de rentrer dans les 70 premiers d’un majeur.

Le Wyndham Championship 2015

Revenons sur le dernier épisode de sa saison, le Wyndham Championship qui offre un éclairage très intéressant sur la situation réelle et pas fantasmé de ce grand champion de golf.

Au cours du dernier tour de ce tournoi, Woods avait de sérieuses chances de pouvoir l’emporter, et démontrer qu’il pouvait revenir à son meilleur niveau.

Un scénario qui n’était même plus envisagé au vue de sa saison catastrophique, et de son US Open passé à manquer des coups comme jamais.

Bien parti, Woods a connu un nouvel accident de chipping sur le 11ème trou, à quelques mètres du green, et prenant la balle complètement à l’intérieur du club. Il se retrouva à gauche du green au lieu d’être dessus. Sa balle ayant complètement traversé le green, signe d’un coup complètement hors de contrôle.

Sur le coup suivant, il a de nouveau tapé un mauvais chip, et finalement terminé le trou tant bien que mal avec un triple-bogey. C’en était fini de ses chances de victoire, et sa saison s’est terminée sur un nouveau chip gratté !

Sur le trou suivant, et c’est presque anecdotique, il a de nouveau concédé un bogey, et en fait quatre sur ses six derniers trous pour tout de même terminé dans le PAR (score de 70), ce qui démontre aussi à quel point, il avait bien commencé sa journée.

Etonnant ? Joué -7 à l’aller, et +7 au retour !

Une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde pour l’homme aux 79 victoires sur le tour, dont 14 majeurs…

Crise de yips soudaine ou véritable mal de dos dissimulé ?

Toute cette saison, les différents commentateurs ont pointé du doigt le problème de yips démontré par Woods au chipping.

Au golf, les yips s’apparentent à un mouvement incontrôlé et inconscient qui vous fait soudainement manquer un coup, et sans pouvoir invoquer un manque de savoir-faire technique.

A bientôt 40 ans, Tiger Woods sait faire un chip !

Le problème avec les yips, qui sont d’ailleurs plus fréquents au putting, c’est que l’on ne sait jamais vraiment quand ils peuvent vous frapper.

Pour un golfeur, c’est donc un syndrome qui créé une très grande anxiété.

Woods a toujours faim de victoires

Combien de fois vous êtes-vous déjà trouvé devant une balle de golf, calme et confiant, et d’un coup juste avant de démarrer votre swing, vous avez eu une image mentale très négative qui éprouve votre psychologie?

Difficile de savoir ce qui s’est passé dans la tête de Woods, mais justement, l’information annoncée dans la nuit de vendredi à samedi, peut nous apporter un éclairage nouveau.

Et si justement, le problème n’avait pas été mental, mais bien physique, et qu’au moment de chipper, Woods n’avait pas tout simplement ressenti une violente gêne dans sa colonne vertébral.

Comme nous l’explique régulièrement notre consultant, Michel Delbos, un swing de golf se fait autour d’un axe vertébral stable.

Si un disque se met à vous faire souffrir, et modifier cet axe, vous ratez le coup de manière irrémédiable.

Pendant le Wyndham Championship, le célèbre chroniqueur américain, Brandel Chamblee n’a cessé d’expliquer au public que Woods avait peur de chipper !

Dès qu’il le pouvait, il privilégiait son putter en-dehors du green pour approcher, alors qu’à son apogée, il n’aurait jamais fait un tel choix.

Entre un problème de yips et un problème de dos, il est certain que Woods préférera la deuxième explication.

Un dos, cela se soigne, et on peut même très bien récupérer. Et d’ailleurs, Woods qui est sorti très rapidement de l’hôpital cette semaine, n’a pas fait preuve de moins d’optimisme.

En revanche, une crise de yips est quelque chose qui ne trouve pas réellement de solutions ou de réparations à court terme.

Beaucoup de sujets ont été écrits sur Woods cette année, et beaucoup ont remis en cause sa capacité à revenir au sommet, ou à soigner ses yips au chipping, remettant au passage en question son coach Chris Como.

La morale de l’histoire, c’est qu’il faut savoir se montrer patient, et que personne, aucun journaliste, ne peut prétendre être dans la tête et le corps de Woods.

Tout n’est que supposition sans preuves !

Le problème est-il mental ? Le problème est-il physique ? Quoi que nous en pensions, seul Woods a la réponse. Bien sûr qu’il y a un problème quand le numéro un mondial descend au-delà de la 280ème place en deux ans.

En passant sous silence son opération et le fait de souffrir du dos, Woods a pris tout le monde à contre-pied, laissant la porte ouverte à toutes les suppositions, y compris un problème de yips.

Mais comment imaginer qu’un aussi grand champion, la plus grande force mentale des 20 dernières années pourrait subitement être atteint d’une faiblesse qui touche surtout les golfeurs amateurs.

Quelques heures après avoir subi une deuxième intervention, Woods a affirmé qu’il reviendrait à son meilleur niveau comme il l’avait toujours fait après des blessures.

Et c’est peut-être ce qui est le plus intéressant.

A 40 ans, Woods aurait pu lâcher l’affaire. Personne n’aurait trouvé rien à lui redire au regard de son extraordinaire carrière.

Quoi qu’il arrive demain, il est bien le plus grand golfeur de tous les temps.

Mais justement, il parle déjà de revenir en 2016, et a prévu de jouer plus de tournois, et plus tôt dans la saison.

Le plus important, c’est que le tigre a toujours envie de rugir, et d’affronter les jeunes loups que sont Rory McIlroy, Jordan Spieth et Jason Day, l’adversité la plus forte qu’il n’ait jamais connu dans toute sa carrière.

Le spectacle promet d’être extraordinaire.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1504
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.