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16 français à l'épreuve des PQ3 2019

Certainement, le plus terrible des tests de golf, les PQ3 qui se déroulent sur 5 jours et 6 tours (108 trous) vont débuter le 15 novembre, et décider de l’avenir à court terme de 156 golfeurs dont 16 français. 25 places seulement sont en jeu pour monter sur l’European Tour. Quelques grands noms du golf européen, comme Marcel Siem, Bradley Dredge, Lee Slattery ou encore Matteo Manassero seront de la partie. Avec l’un des plus gros contingents, mélanges d’expériences et d’espoirs prometteurs, le clan français espère placer plusieurs joueurs dans l’ascenseur…

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Certains ont obtenu de ne pas passer par les épreuves précédentes, PQ1 et PQ2, comme Adrien Saddier, au vue de ses résultats sur l’European Tour en 2019, ou d’autres comme Gregory Havret en ont aussi fait l’économie pour leurs résultats sur le Challenge Tour, seconde division européenne.

La troisième et dernière étape des Q-School est bien entendu décisive pour l’accession à un statut donnant des droits de jeux sur l’European Tour en 2020, le graal pour les golfeurs professionnels français.

Le processus de qualification a commencé en Septembre avec 9 tournois organisés sur 4 tours, et pouvant compter jusqu’à 120 golfeurs à chaque rendez-vous.

Cette première étape s’est étirée jusqu’en octobre, et s’est tenue dans plusieurs pays européens, avec une dernière réunion en France, à Hardelot, où notamment 24 golfeurs sur 115 se sont qualifiés pour la deuxième phase, et dont Victor Veyret, Lionel Weber ou Pierre Pineau.

Pour un coup, Edgar Catherine a échoué à faire partie du lot, ce qui nous permet de saisir ou imaginer, ce que jouer au golf pour gagner sa vie, peut signifier, quand nous, les amateurs, jouons pour beaucoup d’autres raisons, sauf celle-là.

Jouer sur l’European Tour, en passant les PQ, est à la fois un parcours du combattant et une terrible épreuve de résistance.

Un golfeur n’aurait pas dû faire partie de l’aventure, et sans l’intervention d’un ami, et généreux sponsor : Jean-Baptiste Gonnet.

Il y a un an, il pensait remettre les clubs ou plutôt la tenue de golfeur professionnel au garage, pour se consacrer à un autre projet, enseigner au sein de sa nouvelle structure, Access Golf Center à Valbonne (Alpes Maritime).

Sans s’entraîner particulièrement, tout au long de l’année écoulée, il a rendu d’excellentes cartes de scores, au point de se dire pourquoi pas !

Son aventure au sein de ces qualifications de fin de saison est révélatrice de ce que peuvent vivre les golfeurs professionnels : Les montagnes russes émotionnelles.

Bien entendu, on parle le plus souvent des golfeurs qui gagnent des majeurs. Cependant, pour la majorité des professionnels, le haut niveau rime plus souvent avec des défis tout autant colossaux, et autrement plus stressants.

Jean-Baptiste Gonnet est rentré dans la première phase, sans objectif particulier, « relâché », et autre d’y aller pour voir !

Sans trop s’entraîner, il score -8 le premier jour des PQ1, et passe le premier obstacle. Il se tourne alors avec la même attitude vers les PQ2, et passe encore, terminant 17eme à Almeria, sur le parcours de Desert Spring.

La clé de ce retour ? La décontraction dans un événement qui au contraire pousse les joueurs dans un sentiment inverse.

A Lumine, pour la dernière étape, on pourrait parier un petit billet sur le fait qu’il écrive l’une des plus belles pages du golf français, avec un come-back improbable, signe qu’au golf, rien n’est jamais terminé pour toujours…

15 autres français vivront des émotions intenses pendant 5 jours, mêlant espoir, joie, ou peut-être tristesse, et désillusion.

Ceux qui sortiront de cette épreuve en sortiront renforcé, et se projetteront vers une nouvelle saison dans l’élite.

Pour les autres, ce sera le temps du questionnement sur la suite de la carrière, car s’il existe encore l’alternative du Challenge Tour, à écouter la plupart des pros, cela n’a rien d’une destination glamour, surtout pour ceux comme Bourdy, Quesne, ou Havret qui ont goûté longtemps à la préparation, et à l’ambiance des « gros » tournois.

On peut d’ailleurs découper le contingent français en 3 catégories, et indépendamment du niveau de jeu actuel : Les expérimentés qui ont gagné sur l’European Tour, les potentiels en situation accidentelle, et les valeurs montantes en apprentissage.

Clairement, Grégory Havret, Grégory Bourdy et Julien Quesne appartiennent à la catégorie des golfeurs expérimentés et anciens vainqueurs sur l’European Tour.

A 42, 37 et 39 ans, ces golfeurs que l’on suit déjà depuis bientôt 20 ans, ont longtemps incarné le plus haut niveau Français, sans parler du mémorable US Open d’Havret en 2010.

On aurait aimé leur souhaiter à tous les trois une meilleure trajectoire, et de pas « repasser » ou « redescendre » par les PQ, peut-être le moment le plus crucial de leurs carrières respectives.

On n’imagine mal encore que Bourdy en 2016, il y a seulement 3 ans, brillait à Oakmont dans le cadre de l’US Open, un autre « test » de golf.

Un parcours annoncé comme terrible, et pourtant, le 126eme mondial de l’époque s’était montré aux avant-postes pour finalement terminer 18eme.

Dans le cas de Julien Quesne, l’histoire est peut-être plus triste, car elle a été émaillée de blessures qui l’ont empêché une bonne partie de l’année 2018.

Comme Havret, et Bourdy, obligé de repasser par le Challenge Tour, il n’a pas réussi à obtenir le précieux sésame pour remonter directement en première division.

Seulement 15 golfeurs pouvaient accéder à l’élite directement par ce biais. Deux français en ont profité, Robin Roussel et Antoine Rozner, mais pas nos trois mousquetaires.

Havret, pro depuis 1999, avait accepté le défi de se relancer sur le Challenge Tour pour une honorable mais insuffisante 28eme place, marquée par quelques top-10 dont une troisième place au Vaudreuil Challenge, un podium qui n’aura donc pas suffit.

Des trois, l’issue des PQ à Lumine sera peut-être la plus décisive. En cas d’échec, acceptera-t-il l’idée de repartir pour une saison de plus sur le Challenge Tour ? Mettra-t-il un terme à sa carrière ?

Pour l’heure, il ne doit certainement pas penser à cela, et resté focalisé sur le positif et le concret. Il tient encore son avenir entre ses clubs.

Sur 25 tournois au calendrier, Bourdy en a joué 13, surfant à cheval sur le calendrier de l’European Tour où il avait encore quelques droits de jeux, comme à l’Open de France, ou le BMW International Open.

Les résultats n’ont pas été réellement au rendez-vous. Il joue toute sa saison, et surtout celle à venir sur les PQ.

Pour Julien Quesne, tombé au 1500 eme rang mondial, l’année 2019 ne lui a pas apporté beaucoup de réconforts d’un point de vue des résultats, mis à part une 8eme place au Swiss Challenge.

Les PQ sonnent comme une opportunité de se sortir de ce mauvais pas. Comme ses partenaires, il a tout à gagner cette semaine.

Dans la deuxième catégorie, on ne pensait pas nécessairement retrouver aux PQ à ce stade de leurs carrières : Romain Wattel, Gary Stal et Sébastien Gros.

Les deux premiers nommés ont gagné sur l’European Tour. Wattel a été un temps potentiellement éligible à une place en équipe européenne de Ryder Cup.

Cependant, il le concède son niveau de jeu, en particulier, son jeu long n’a pas assez progressé pour lui permettre de réaliser de meilleures saisons. Selon son propre aveu, sa victoire au KLM Open en 2017 a masqué cette réalité.

Il évoque la réalité du golf professionnel en 2019 : Le niveau de jeu global est monté fortement en dix ans, que ce soit sur l’European ou le Challenge Tour.

Pour Gary Stal, entre la saison 2018, et la saison 2019, le constat reste malheureusement identique. Depuis sa victoire de prestige à Abu Dhabi, le lyonnais cherche un second souffle.

Pour rejoindre Lumine, Gary Stal a été contraint de jouer un play-off supplémentaire à Tarragone contre l’Australien Ben Eccles, et validé in-extremis sa place aux PQ3. Cette position de miraculé pourrait être sa force, dans ce combat essentiellement mental.

Pour Sébastien Gros, la situation est un peu différente. Il n’a pas connu la victoire sur le circuit, cependant, souvent classé numéro un pour la distance au drive sur l’European Tour, espoir à fort potentiel, on aurait pu lui prédire un meilleur parcours à court terme, surtout après ses deux victoires sur le Challenge Tour en 2015, et notamment Saint-Omer.

Motif d’espoir, il a commencé à rentrer des cartes tout à fait correctes sur la toute fin de saison du Challenge Tour 2019, il arrivera aux PQ3 avec un moral regonflé, surtout après avoir pris la seconde place des PQ2 de Desert Spring avec un score de -5 total sur 4 tours.

Troisième « catégorie », les espoirs du golf français avec Damien Perrier, Mathieu Fenasse, Ugo Coussaud, Clément Sordet, Adrien Saddier, Thomas Linard, Mathieu Decottignies-Lafon, Frédéric Lacroix et Robin Scot-Sciegrist, ce dernier a manqué d’une place la qualification directe via le Challenge Tour (16eme).

Dans ce groupe, ils n’ont pas tous le même âge, et le même parcours. Saddier, Linard, Sordet et Decottignies-Lafon ont déjà joué de nombreux tournois de l’European Tour.

Entre espoirs et joueurs confirmés, cette semaine des PQ va s’avérer décisive pour la suite de leurs carrières.

Adrien Saddier arrive gonfler par son meilleur résultat de la saison au Portugal (4eme au Portugal Masters), et le record du parcours chez lui à Esery.

Drôle de saison pour Clément Sordet qualifié pour jouer l’US Open à Pebble Beach en juin, et finalement aux cartes en fin de saison.

Quand on repense à la manière avec laquelle il s’est qualifié à Walton Heath, couché tard, sans véritable préparation, et sans connaître le parcours, on peut penser que Lumine sera plus abordable en comparaison.

Auteur d’un bon début de saison, et notamment une deuxième place à Oman, depuis l’US Open terminé 72eme après avoir passé le cut, Sordet n’a jamais renoué avec les bons résultats.

Deux ans, pratiquement jour pour jour après sa victoire au NBO Golf Grand Classic Final sur le challenge Tour, et après deux ans sur l’European Tour, Sordet risque pourtant de revenir au point de départ. Annoncé lui aussi comme un phénomène du golf français, l’apprentissage est plus difficile que prévu.

16 français, 16 histoires, 16 ambitions, 16 passions, sur 156 derniers engagés aux termes de ce marathon des cartes, il serait étonnant qu’aucun ne sorte vainqueur, d’autant que la formule ne réserve pas de places ou de statuts particuliers, notamment pour des « noms » comme Marcel Siem ou Matteo Manassero.

Dans 5 jours, un, deux, trois ou plus d’entre eux devraient connaître un grand soulagement, pour les autres, Challenge Tour ou retraite seront peut-être au rendez-vous.

Pour les plus jeunes, ce ne sera pas une fin en soi, et l’occasion de travailler plus dur, de perfectionner des points faibles comme l’évoque Romain Wattel, pour les plus anciens, ce sera un test de force mentale.

L’exemple de Jean-Baptiste Gonnet est justement à méditer… Rien n’est jamais complètement terminé…

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