Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Pourquoi Rory McIlroy est-il aussi consistant avec un driver?

Pourquoi Rory McIlroy est-il aussi consistant avec un driver?

Document exceptionnel ! Nous nous sommes procurés les datas du numéro un mondial de golf, le nord-irlandais Rory McIlroy, qui est l’un des meilleurs drivers du monde en activité. A l’aide des mesures prises avec un trackman, découvrez en quoi le drive de McIlroy est ultra-consistant pour dépasser régulièrement les 300 yards (270 mètres).

Les caractéristiques essentielles d’un bon driving sont une bonne vitesse de swing, une bonne vitesse de balle, un smash factor élevé, un taux de spin bas, et un angle de lancement cohérent.

Sommaire de ce sujet consacré au driving de Rory McIlroy

  1. La vitesse de swing de McIrloy mesurée au trackman
  2. Sans contrôle, la puissance n’est rien !
  3. Les données liées à la qualité du vol de balle en dehors de la vitesse
  4. Le drive idéal est surtout une affaire de compromis
  5. La consistance des drives de Rory

A l’aide des données fournies par Trackman, nous allons pouvoir décortiquer le driving de McIlroy et découvrir les raisons qui font qu’il dépasse régulièrement les 300 yards (270 mètres) sur les terrains de golf du monde entier.

Pour mieux vous illustrer ces chiffres, nous allons les comparer avec ceux d’un golfeur amateur que nous avons dans notre panel de testeurs, et qui fait office de très bons frappeurs avec une moyenne de swing au drive de 107 mph, et les données de golfeurs plus conventionnels, proche de « Monsieur Tout le Monde ».

Pour être tout à fait complet sur ce sujet, nous allons aussi vous dévoiler dans l'article suivant, les clés de la longueur et la qualité du driving de McIlroy.

La vitesse de swing de McIrloy mesurée au trackman

Données trackman de Rory McIlroy

Le premier fait marquant concernant le drive de McIlroy est le fait qu’il swingue à une vitesse moyenne exceptionnelle de plus de 118 mph.

Sa moyenne constatée sur le PGA Tour en 2015 étant même de 119,7 mph sur un total de 24 mesures effectuées.

Il se classe 15ème golfeur le plus rapide pour la vitesse de swing au drive avec une vitesse maximum mesurée à 123,7 mph et minimum à 112,9 mph.

Pour atteindre cette vitesse de swing ultra-rapide, McIlroy est non seulement un excellent technicien, mais il est aussi très bien préparé de manière athlétique.

Il ne s’agit pas simplement de force.

McIlroy dispose d’une excellente élasticité musculaire dû à un travail spécifique en salle pour réduire les limitations segmentaires.

En clair, il est non seulement musclé, mais en plus suffisamment souple, pour associer vitesse et puissance.

La vitesse de swing est le premier élément clé pour driver loin. Mais sans contrôle, la puissance n’est rien !

Ce célèbre adage d’une marque de pneu qui appuyait sa communication sur Carl Lewis dans les années 80-90 peut être repris ici.

Sans contrôle, la puissance n’est rien !

En plus d’être doué d’une très grande vitesse de swing, McIlroy produit une vitesse de balle exceptionnelle de près de 180 mph.

Sa moyenne sur le tour pour cette donnée le situe au 14ème rang du PGA Tour, sachant que le meilleur dans ce registre n’est autre que Bubba Watson, avec une vitesse de balle moyenne de 184 mph.

Rory McIlroy à Chambers Bay (US Open) @Crédit photo : Nike Golf

La vitesse de swing influe directement sur la vitesse de balle, mais pas seulement !

La technique, et la capacité du golfeur à parfaitement centrer la balle dans la face jouent un grand rôle dans le fait d’optimiser au maximum cette vitesse de swing.

Pourquoi croyez-vous que les marques de drivers communiquent-elles autant sur la tolérance du sweet Spot ?

Meilleure est la qualité du centrage de balle, et plus vite, cette dernière part de la face du club !

A titre de comparaison, la moyenne de notre meilleur golfeur testeur est de 157 mph pour une vitesse de swing de 107 mph.

Jusque-là, rien d’extraordinaire…McIlroy frappe loin parce qu’il frappe vite, fort, et au centre. Vous pouviez vous en douter.

Ce qui est intéressant, ceux sont les autres métriques qui rentrent en ligne de compte dans la création de distance au drive, comme l’angle d’attaque du club sur la balle, l’angle de lancement, et le taux de spin.

Les données liées à la qualité du vol de balle en dehors de la vitesse

L’angle d’attaque peut être soit négatif, neutre ou positif en fonction de la façon dont vous swinguez.

Au driving, l’angle d’attaque idéal doit être légèrement positif, ce qui signifie que vous prenez la balle légèrement en remontant au moment de l’impact.

Techniquement, c’est une des raisons pour lesquelles, il est conseillé d’être légèrement décalé à l’adresse avec l’épaule gauche un peu au-dessus de la position de l’épaule droite (pour un droitier).

Dans le cas de McIlroy, l’angle d’attaque est de 1,9°.

A contrario, notre meilleur testeur propose un angle d’attaque négatif à -2,5°.

Si on compare à d’autres testeurs de notre panel, qui sont des amateurs plus « conventionnels » et plus proche de « Monsieur Tout le Monde », nous trouvons même un angle d’attaque positif entre +3,5° et +4°.

Avec un angle d’attaque modérément positif, McIlroy tire profit de sa vitesse de swing alors qu’un angle négatif enlève en fait de la distance au carry.

Voir le précédent sujet sur le driving https://www.jeudegolf.org/Driver-et-coups-de-depart/a-quelle-distance-maximum-pouvez-vous-reellement-porter-vos-drives.html

Sur un drive swingué à 120 mph, un angle négatif de -5° enlève 2 mph de vitesse de balle en moyenne, réduit l’angle de lancement de 6°, et double le taux de spin pour faire perdre jusqu’à 30 yards (27 mètres) par rapport à un angle de lancement de +5°.

Le drive idéal est surtout une affaire de compromis

Un angle d’attaque trop élevé va être plus pénalisant dans le vent, et générer une trajectoire moins pénétrante, et plus bombée avec moins de roule au sol.

Avec un angle d’attaque modéré, McIlroy optimise son drive pour une distance maximum.

Conséquence directe de cet angle d’attaque modéré, l’angle de lancement de la balle après l’impact n’est que de 10,4°.

Sur le tour, le golfeur qui présente l’angle de lancement le plus élevé ne dépasse pas les 14.4° (Justin Thomas)

Dans ce registre, pour faire de la distance, il ne faut pas un angle de lancement trop élevé. McIlroy est ici dans les joueurs qui lèvent le moins la balle sur le PGA Tour.

Dans le graphique ci-dessous, vous pouvez voir les données mesurées sur le swing du numéro un mondial par rapport aux données balistiques idéales.

Les données idéales pour le driving

Dans la troisième colonne, (launch ang.), vous pouvez constater en orange, la moyenne de McIlroy par rapport à une zone bleue, qui elle a été définie par les ingénieurs Trackman, comme étant la zone idéale pour maximiser la distance d’un drive (comprise entre 9 et 12 degrés).

Dans le cas de notre meilleur testeur qui projette ses drives en moyenne à 225 mètres au carry, et plus de 250 mètres au total distance roule + carry.

Ce dernier est aussi dans un angle de lancement moyen de 10,5°, alors que pour nos autres testeurs dit golfeurs amateurs « classiques », cet angle peut monter à plus de 14°, ce qui est évidemment trop élevé, et peut faire perdre jusqu’à 20 mètres de distance.

Pour votre information, sachez que ces angles se traduisent pour McIlroy par une hauteur maximum de balle au drive à 30 mètres (au point le plus haut de la trajectoire).

Malgré un angle de lancement modéré, McIlroy envoie ses balles à une hauteur élevée sous l’effet de la vitesse de swing…

Après avoir abordé la question de l’angle d’attaque qui est à corréler avec l’angle de lancement de la balle, intéressons-nous à la consistance des coups de McIlroy.

La consistance des drives de Rory

Le rendement entre la vitesse de swing et la vitesse de balle signifie l’exploitation optimum du driver par le golfeur.

Dans son cas, ce ratio est parfait puisqu’il est légèrement au-dessus de 1,50.

La plupart de ses coups sont d’ailleurs mesurés entre 1,48 et 1,52. C’est ce facteur qui explique la très grande régularité de McIlroy au driving.

A titre de comparaison, notre meilleur testeur flirte avec les 1.48.

En réalité, ce n’est pas sur cette caractéristique qu’un pro va franchement faire la différence par rapport à un bon amateur ayant un club parfaitement fitté à son swing.

Comme vous avez pu le constater, la différence se fait surtout sur la vitesse de swing qui se rapproche des 120 mph.

Comme c’est son métier, le pro va réaliser un important travail de préparation athlétique pour atteindre ces vitesses extrêmes.

Enfin, dernier paramètres que nous souhaitions vous exprimer concernant le driving de Rory, le taux de spin qui est en l’occurrence relativement bas.

Ce taux de rotation de la balle sur elle-même est fondamental au golf !

  • Avec un wedge, en bord de green, vous avez besoin que ce taux soit très élevé pour arrêter rapidement la balle au sol.
  • Avec un drive, pour faire de la distance en vol et au sol, vous avez besoin que ce taux soit très bas.

Comme évoqué dans le graphique ci-haut, le « spin rate » en quatrième colonne doit être idéalement compris entre 1900 et 2500 tours.

McIlroy affiche un spin rate moyen de 2297 tours par minute.

Notre meilleur testeur est autour de 2500 tours quand nos autres testeurs « classiques » sont autour de 2800 tours…

En plus de swinguer plus vite, et de mieux centrer la balle dans la face, McIlroy bénéficie d’une autre plus-value avec un taux de spin, qui du coup est plus maitrisé et plus bas pour parcourir de plus longues distances que la plupart des autres golfeurs.

Dernier graphique à vous présenter ci-dessous, et justement pour répondre à la question posée dans ce sujet : la consistance et la régularité du driving de McIlroy.

La dispersion des drives de McIllroy

Comme vous pouvez le constater, McIlroy ne tape pas qu’un bon coup de temps en temps.

Sur les huit balles mesurées au trackman, elles sont toutes dans un smash factor compris entre 1,48 et 1,52 avec une vitesse de swing régulière autour de 118 mph.

En termes de dispersion, cinq sont au centre du fairway pour trois qui sont sur la gauche, et aucune à droite.

Sur huit balles, sept sont sur la même moyenne de longueur autour de 330 yards, près de 300 mètres en cumulant roule et carry.

Pour conclure, comme l’évoque notre collègue, Michel Delbos, « Il a le moteur pour driver loin ».

Rory McIlroy est un excellent exemple de ce qui se fait de mieux en termes de driving.

Sur le tour, sa capacité à produire de très longue distance avec régularité est un des points clés qui lui permet d’être numéro un mondial à ce jour.

En résumé, il swingue à 118 mph de moyenne pour lancer des balles à plus de 180 mph avec un angle de lancement de 10° combiné à un taux de spin de 2200 tours par minute. Son smash factor est parfait à 1,51.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.