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Une majorité de golfeurs amateurs surestiment la distance de leurs coups de golf

Une majorité de golfeurs amateurs surestiment la distance de leurs coups de golf

Cette affirmation est signée de la part de Claude Harmon, le fils de Butch, lui-aussi un célèbre enseignant de golf, et coach actuellement de deux stars du PGA Tour, Dustin Johnson et Rickie Fowler. Il se base sur son expérience, et sur l’usage d’outils technologiques dans son travail de tous les jours pour étayer son propos. Surestimer la distance de ses coups peut conduire en réalité à perdre beaucoup de points sur le parcours, sans bien en appréhender la raison. Quelles solutions peut-on avoir à sa disposition pour mieux appréhender les bons choix de clubs, et les distances à parcourir sur le parcours ?

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La difficulté d’estimer la réalité de ses distances avec chaque clubs

Estimer la bonne distance à réaliser avec ses clubs est un élément essentiel et même capital du jeu de golf sur le parcours, et ce, dans le but de toucher plus de greens en régulation.

Ce qui est intéressant dans le propos de Claude Harmon, c’est qu’il touche du doigt le problème numéro un des golfeurs amateurs. Quand c’est un tel coach qui le dit, cela a forcément plus de poids.

Mais qu’est-ce que cela veut dire « surestimer la distance de ses coups » ?

Sans outils de mesures précis, c’est en fait un phénomène assez naturel pour 99% des golfeurs amateurs.

Non seulement, nous avons tous envie de taper le plus loin possible, mais en plus, nous voulons le faire toujours de manière très régulière.

Au cours d’un entretien avec Jeff Carr, responsable Europe de la marque FlightScope, ce dernier m’a raconté une anecdote issue d’une séance de practice avec des membres d’un club de golf en Allemagne.

Avant de le faire taper avec un Flightscope installé derrière eux pour capturer leurs distances au drive, il leur avait demandé quelles distances moyennes ils parcouraient en général.

Dans 99% des cas, les joueurs donnaient des résultats surestimés d’au moins 20 mètres par rapport à la réalité.

Ce n’est pas un problème de vantardise, c’est simplement qu’il y a tellement de paramètres qui peuvent entrer en jeu, et nous induire en erreur… d’autant que nous avons tendance à retenir surtout les meilleurs coups, au lieu de la moyenne réelle.

Si ces derniers utilisent un trackman ou flightscope chaque semaine avant chaque tournoi, c’est bien pour contrôler leurs distances sur tous les coups et avec tous les clubs, considérant qu’ils peuvent varier dans leurs vitesses de swings, ou que les conditions extérieures peuvent impacter leurs distances.

Un golfeur amateur n’a pas systématiquement l’occasion de mesurer les distances de ses coups avec un radar.

Il peut le faire de temps en temps au jugé, et seulement sur quelques coups, sans pouvoir faire facilement la distinction entre distance au carry et distance totale, ce qui comprend la roule.

Si un jour sur le parcours, il se sait à 135 mètres du green, et tape un fer 7 qui parcoure toute cette distance, il peut se dire « tiens, je tape mon fer 7 à 135 mètres », et en déduire sa distance théorique.

Cependant, sur plusieurs parties de golf, cela ne se vérifie pas nécessairement.

Et dans 99% des cas pour un amateur, le problème n’est pas d’être trop long, et de dépasser les distances nécessaires ou de dépasser les greens, mais bien au contraire, de rester trop court du green ou de la cible.

Quel est le problème ?

Quand bien même vous avez l’occasion d’étalonner vos clubs, du sandwedge au drive, la distance que l’on peut parcourir avec un club de golf n’est pas une donnée figée pour toujours.

Le degré de variation dans la performance est relativement important surtout pour un amateur versus un pro.

Si ces derniers utilisent un trackman ou flightscope chaque semaine avant chaque tournoi, c’est bien pour contrôler leurs distances sur tous les coups et avec tous les clubs, considérant qu’ils peuvent varier dans leurs vitesses de swings, ou que les conditions extérieures peuvent impacter leurs distances.

La grande différence entre un pro et un amateur s’agissant de la distance n’est pas le fait que l’un tape un fer 7 à 160 mètres et l’autre à 120.

La grande différence, c’est qu’un pro comme Clément Sordet par exemple, est capable de taper 3, 4, 5 balles avec le même club à la même distance au mètre près, il va seulement s’écarter un peu de quelques mètres en latéral, et encore, plutôt avec un long fer par rapport à un wedge.

A l’inverse, l’amateur va taper un coup à sa distance, un trop long, un trop court, et dans des proportions qui peuvent dépasser 5, 10 ou même 20 mètres.

Ce qui est en jeu, c’est toujours la qualité du centrage de la balle dans la face.

C’est cette qualité ou cette absence de qualité (on parle de perfection) qui fait la différence.

Bien que les marques se vantent d’améliorer la qualité des frappes décentrées, il y aura toujours un écart conséquent entre une balle parfaitement touchée et une balle tapée en talon ou en pointe.

La question de la consistance

Quand Claude Harmon cible comme problème numéro un des golfeurs amateurs, le fait de surestimer la distance, il fait non seulement référence au fait qu’ils manquent de solutions pour évaluer correctement les distances, mais aussi de solutions pour auto-contrôler l’évolution de leur jeu.

Le fait d’acheter un télémètre ou une montre GPS répond déjà à une partie du problème, qui consiste à évaluer la distance à parcourir sur le parcours, mais cela ne vous dit pas si vous allez taper votre plein coup habituel, et si votre plein coup habituel est justement la bonne solution.

Il y a la question de votre swing, de votre connaissance de son rendement, de celui de vos clubs, mais il y a aussi la topographie du terrain, et le vent.

Si la principale mission d’un caddie est justement de contrôler la force et la direction du vent sur chaque coup, ce n’est pas tout à fait un hasard.

Si le caddie marche systématiquement le parcours, et compte chaque distance en pas, ce n’est pas non plus un hasard.

S’agissant de la distance, entre ce que l’on produit au practice et ce que l’on produit sur le parcours, en dehors des questions de terrain, et de coups décentrés, il y a une réalité qui se traduit par la même différence entre théorie et pratique.

Si je prends mon exemple, au practice avec une balle de qualité premium, je drive en moyenne à 230 mètres, avec des pointes à 245 mètres.

Par contre, si j’utilise un outil de mesure type Arccos Caddie ou une montre GPS ShotScope, je constate qu’en réalité, sur le parcours, la moyenne de mes drives n’est que de 215 mètres.

Je ne tape pas moins fort une fois que j’arrive sur le parcours.

Simplement, sur le parcours, il y a des variables qui n’existent pas sur le practice, comme par exemple le rough, les pentes, la direction du vent, et surtout, à la différence du practice, je n’enchaîne pas les drives les uns après les autres sur le parcours.

Sur une partie de golf jouée entre 80 et 90 coups, je vais sortir le driver entre 10 et 14 fois au maximum, et espacé dans le temps.

Ceci dit, ce n’est pas au driving que le problème de surestimation de la distance peut se poser pour la carte de score. C’est bien dans l’attaque des greens et le jeu d’approches.

La première fois que j’ai utilisé un outil de tracking sur le parcours pour constater quelles étaient réellement mes distances, j’ai découvert, un peu en pleine figure, que dans une partie moyenne, je ratais le green trop court dans 61% des cas, alors que je pensais que le problème était plutôt latéral.

En réalité, je manquais le green pour un coup latéral dans seulement 15% des cas.

Prenant enfin conscience de ce problème, je n’ai eu de cesse que de mieux réfléchir le choix de mes coups sur le parcours, en ayant l’objectif de réduire cette proportion de coups manqués car « trop courts ».

Dans cette première partie jouée 18 coups au-dessus du par, j’avais drivé en moyenne à 198 mètres dont un drive tapé à 269 mètres, selon les capteurs de l’Arccos Caddie.

Ce jour-là, j’avais joué en plein été sur un parcours particulièrement sec. En marchant, je pouvais sentir la dureté du sol sous mes chaussures.

Taper un drive à 269 mètres flatte l’ego, mais ne sert pas tant que cela le score quand la moyenne est de seulement 198 mètre avec un écart type de 47 mètres entre tous les coups !

La propension est moindre avec les fers, mais c’est un peu la même chose.

Si vous tapez un fer 7 à 150 mètres et la moyenne à 120 mètres… quand il s’agit d’attaquer un green à 150 mètres, c’est quel coup qui va sortir ?

Le problème pour un golfeur amateur n’est donc pas seulement de surestimer sa distance en se basant seulement sur une vague connaissance du meilleur coup tapé, mais en plus de réduire la dispersion en profondeur.

Tracker ses distances sur le parcours pour en tirer un enseignement

On arrive à l’intérêt de mesurer ses distances en permanence avec un outil type Arccos Caddie ou ShotScope V2.

Au bout d’une dizaine de parties de golf avec ces outils, vous n’avez plus vraiment besoin de passer par la case trackman pour faire un étalonnage. Ces outils statistiques vous fournissent vos distances par clubs sur le parcours.

Comme le précise Claude Harmon, la connaissance est une forme de pouvoir au golf.

Il faut donc fabriquer sa base de connaissance, et ensuite, savoir en tirer parti.

Un an après cette première expérience avec un outil de mesure, au lieu de rater 13 greens sur 18, sur la dernière partie, j’en ai raté 8 dont 6 trop courts.

En moyenne sur 20 parties jouées, mon ratio de greens manqués trop courts est descendu de 61% à 45%, et essentiellement parce que j’ai mieux estimé mes distance en situation sur le parcours.

Ce n’est pas encore parfait, mais c’est un progrès significatif qui me permet de jouer plutôt 10 au-dessus du par des boules blanches plutôt que 15 au départ des jaunes.

Si je jouais encore plus souvent, il serait possible d’améliorer encore ces chiffres.

Le fait de mieux estimer ses distances sur le parcours a un effet direct sur le nombre de coups joués.

Dans mon cas, j’estime avoir gagné 4 à 5 coups sur 18 trous, et encore, d’autres amateurs pourraient certainement faire encore beaucoup mieux.

En utilisant Arccos ou ShotScope, j’ai compilé des centaines de coups sous formes de statistiques pour constituer ma base de connaissance.

Par exemple, sur 20 parcours joués, j’ai utilisé 54 fois le fer 7 pour une moyenne de distance de 143 mètres avec une dispersion théorique comprise entre 139 et 156 mètres. Quand j’ai joué avec ce club dans le but d’accrocher un green, j’y suis parvenu dans 39,5% des cas.

Si je me fie à un étalonnage fait avec un Trackman, ma moyenne au fer 7 serait plutôt comprise entre 145 et 150 mètres.

Si demain, je suis sur le parcours avec 145 mètres à faire… peut-être qu’un fer 6 augmentera mes chances d’atteindre le green, ce qui reste l’objectif prioritaire.

C’est cela le message de Claude Harmon à notre attention : « Les amateurs jouent le plus souvent trop court, car ils surestiment leurs distances. »

C’est aussi une façon de distinguer la théorie et la pratique.

Pour baisser son index et/ou le nombre de coups joués sur le parcours, il faut réduire le nombre de coups ratés trop courts par rapport à la cible.

Améliorer son swing pour augmenter le nombre de coups centrés dans la face peut demander des années d’entraînements, alors que prendre de meilleures décisions sur le parcours, sur la base d’une meilleure connaissance de son jeu, et j’ajouterai de ses clubs, peut prendre une dizaine de parties.

Pour en revenir à Claude Harmon, la meilleure façon de jouer et de s’améliorer avec les fers consiste à tout simplement prendre un fer 5 au lieu d’un fer 6, un fer 7 au lieu d’un fer 8…

« Cela peut s’apparenter à un cliché, mais c’est la vérité. Quand on compare les statistiques entre les pros et les amateurs sur les par-3, c’est vraiment là que l’on peut voir que les amateurs sous-estiment les distances. »

Il ajoute « Vous devriez vraiment vous demander quand est-ce que vous avez tapé le fond du green pour la dernière fois sur un par-3 ? »

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