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Le golf: Un sport de régularité ? Vraiment ?

Le golf: Un sport de régularité ? Vraiment ?

Les anglo-saxons parlent abondamment de constance ou même de « consistance ». Pour être performant au golf, il faudrait être absolument consistant ou dirons-nous régulier. Mais est-ce vraiment possible ? Les pros sont-ils si réguliers ? Les amateurs peuvent-ils prétendre à la régularité pour bien jouer, et prendre du plaisir ? Nos standards de lectures d’un bon coup de golf ne devraient-ils pas évoluer ?

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Qu’est-ce que la régularité au golf ?

Être régulier reviendrait à dire qu’un golfeur ou une golfeuse puisse taper une balle de golf toujours de la même façon, et quels que soient les paramètres extérieurs, pour produire un résultat le plus souvent prévisible.

Le golf serait alors sans doute très ennuyeux, et ce n’est évidemment pas ce que 100% des golfeurs et golfeuses arrivent à faire dans la réalité.

Si avant d’arriver sur le tee de départ, avant de taper une balle depuis le fairway, ou même avant un putt, toutes les golfeuses et tous les golfeurs savaient qu’elles ou ils allaient exécuter le geste juste au bon moment, ce serait ou bien le nirvana ou le sommet de l’ennui.

Mais pourtant, combien sommes-nous à en rêver ? Combien sommes-nous à nous inscrire dans cette quête de perfection ? Combien sommes-nous à vouloir réduire la part d’incertitude ?

Entre 100% de certitude et parfois 0%, il y a tout de même et sans doute une plage acceptable entre imperfection et ennui.

C’est d’ailleurs cette plage qu’inconsciemment ou consciemment nous recherchons tous plus ou moins.

La question, c’est savons-nous la définir pour nous-même ?

Quel niveau d’imperfection ou d’irrégularité sommes-nous prêts à accepter ?

Dans 99% des cas, nous sommes tous trop souvent trop exigeants, et pas assez dans l’acceptation d’une plage d’irrégularité réaliste.

Nous ne savons pas réellement définir nos attendus réalistes. Cela ne peut pas être de faire le PAR à tous les trous pour un amateur 18 d’index.

Être juste ?

Un homme qui avait beaucoup de bon sens, très respecté pour ses prises de positions courageuses, pas toujours considéré comme l’élu, conspué à son époque par ses pairs, Winston Churchill a souvent eu le mot juste, et pas seulement sur le golf.

« La grande leçon de la vie, c'est que parfois, ce sont les fous qui ont raison. » ou encore « Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. »

S’agissant du golf, il a surtout déclaré « Le golf est un jeu dont le but est de viser un tout petit trou avec une toute petite balle, et avec des armes singulièrement mal conçues pour réaliser cette tâche. »

Churchill n’appréciait visiblement pas la difficulté de taper une balle de golf avec des clubs.

Quand on y pense, il est vrai que de taper une balle de golf d’un diamètre à peine supérieur à 42 millimètres avec un fer ou un driver, pour à la fois produire une longue distance et une distance rectiligne, tout en étant prévisible, a quelque chose de la folie.

Et pire, vouloir le faire à tous les coups suppose plus une robotisation du processus, qu’une action ou une compétence humaine normale.

Cela étant, l’humain a des compétences exceptionnelles.

Tellement exceptionnelles que parfois, nous ne cessons de rêver, et par exemple, aller jusque sur la Lune.

Pourquoi ne pourrions-nous pas être des golfeurs exceptionnels ?

Taper une balle de golf n’a rien de si sorcier…

Pendant un swing de golf, le club parcoure un arc de cercle de peut-être 30 degrés, à une vitesse de 145 km/h (pour un driver), le tout pour taper cette balle de 42,67 millimètres, en moins de deux secondes.

Cette phrase résume à elle seule la folie qui consiste à vouloir être régulier au golf.

Pour ceux qui ne seraient pas convaincus, on pourrait ajouter que cette même balle doit être touchée avec une face de club dite square, soit 0 degré d’angle alors que le club mesure 45 inches de long (pour un driver), et encore, la balle doit être touchée au centre de la face, et pas seulement square…

Depuis que j’utilise un trackman pour tester des clubs de golf, et que je l’utilise en complément pour vérifier et tester des techniques pour le jeu, je suis souvent exposé à cette notion de perfection impossible à répéter.

Richard Hurvitz, enseignant de golf à Lyon Salvagny, m’a un jour affirmé avec sa conviction bien connue, que l’on ne jouait pas au golf pour taper des coups moyens !

Il faisait ainsi référence à la question de l’étalonnage des clubs.

Si effectivement, vous prenez un fer 7 et tapez 10 balles, en moyenne, peut-être allez-vous parcourir 135 mètres ?

Ce que la moyenne ne vous dira pas, c’est le coup le plus long, le coup le moins long, l’écart-type, et surtout quand sur le parcours vous allez taper un coup long, moyen ou court, alors que pourtant vous vous êtes organisés et destinés à produire le coup le plus long !

Richard a raison. On ne joue pas au golf pour taper des coups moyens !

Mais on ne joue pas non plus au golf pour des mauvais coups.

On joue pour taper des bons coups, sans vraiment accepter un pourcentage de manque de réussite dans l’œuvre entreprise.

Une solution pourrait être de ne plus raisonner en moyenne, mais en plage entre la distance minimum et maximum, entre la distance la plus à gauche, et la plus à droite, ce qui reviendrait à dessiner des aires de dispersions.

Intellectuellement, sur le parcours, ce serait difficile à mettre en œuvre, alors que finalement, la question posée est plus simple : Ma cible est par exemple à 132 mètres devant moi !

Imaginez la réponse : Je tape mon fer 7 entre 125 et 140 mètres en profondeur, et plus ou moins 10 mètres à droite ou à gauche.

Pour le cerveau, c’est une réponse complexe à une question simple.

La question est simple, mais la réponse ne l’est pas du tout, puisqu’il faut taper un club d’une certaine longueur, avec un loft particulier, et à une vitesse précise, selon un angle précis, etc…

En fait, on peut le faire une fois, mais de là, à le répéter….

Surtout qu’il faut ajouter ces fameuses variables extérieurs : Météo, pression atmosphérique, vent, pentes du terrain, et encore le lie où repose la balle.

On peut ruiner sa vie de golfeur à vouloir être régulier dans un sport qui n’a pas été conçu pour.

La multitude des paramètres à réunir rend la régularité quasi impossible

Si justement, on prend en compte tous les éléments que l’on peut mesurer avec un radar tel qu’un Trackman ou un FlightScope, on saisit mieux la difficulté d’aligner toutes les planètes entre elle.

Vitesse de swing, vitesse de balle, plan de swing, angle d’attaque, chemin du swing, position de la face à l’impact, centrage de la balle dans la face, spin donné à la balle sur elle-même ou sur son axe…

Tous ces paramètres doivent être cohérents entre eux pour déterminer un coup de golf parfait.

Pour Dennis Clark, enseignant de golf américain très expérimenté, tenant compte de tous ces paramètres, être régulier au golf est une mission impossible.

Quand Tiger Woods admet lui-même ne pas taper plus d’un ou deux bons coups par partie, comment un amateur pourrait arriver à en taper dix, vingt, trente ou plus ?

Toute la question étant de savoir ce qu’est un mauvais coup de golf pour un Tiger Woods ou pour un « simple mortel ».

Sur le PGA Tour, si on devait prendre en compte le score moyen comme juge de l’excellence des golfeurs, on pourrait considérer que sur des parcours par-72, en 2019, ils jouent tous en moyenne 71,5, avec même les meilleurs mondiaux entre 68 et 69 coups.

Dans le détail, quand on prend la statistique des fairways touchés en régulation, le maximum de régularité est à mettre au crédit de Jim Furyk avec 83% de réussite.

La moyenne du tour est actuellement plutôt de 61%.

En l’état, viser 100% de réussite dans cet exercice est donc purement utopique pour un amateur. Les pros n’y arrivent déjà pas.

Idem pour les greens en régulation… Le meilleur est actuellement Louis Oosthuizen avec 84% de réussite alors que la moyenne des pros est de 69%.

Notez que ni Furyk, ni Oosthuizen ne font partie des quarante meilleurs pour la moyenne de score la plus basse !

Autrement dit, vous pouvez vous rapprocher de la régularité absolue dans un compartiment du jeu de golf, et ne pas être totalement efficace d’un point de vue du score final.

On peut prendre toutes les statistiques du jeu de golf, et pour aucune, vous ne trouverez un golfeur professionnel avec 100% de régularité.

De la perfection à la catastrophe en une fraction de seconde…

Quand on manque le sweet spot ne serait-ce que de quelques millimètres, un coup de golf peut passer en un instant du statut de parfait à horrible.

Que dire quand la direction de swing n’est pas en adéquation avec l’angle d’attaque ?

En fait, la régularité, c’est le fait de mettre des séquences de mouvements dans le bon ordre, plus que seulement taper une balle de golf, alors que le moment de l’impact en lui-même ne dure pas plus de 0,0004 secondes.

Donc, non, le jeu de golf n’est pas un jeu de régularité, et l’espérer de nous-même ne serait pas une juste lecture du projet ou de l’amusement que l’on pourrait en tirer.

Chercher la seule régularité est aussi du point de vue l’enseignant, une sortie de piste par rapport au processus d’apprentissage.

Attendre et accepter l’imprévu est alors une bonne manière de ne pas être déçu, toujours selon Dennis Clarke.

S’agissant des professionnels que vous pouvez voir jouer tous les week-ends, bien entendu, ils manquent moins de coups que nous.

Simplement, leurs mauvais coups restent vraiment très jouables. C’est là toute la différence de perception entre un bon et un mauvais coup.

Pour Dennis Clarke, c’est la clé de l’enseignement pour toutes les amatrices, et tous les amateurs : S’améliorer au golf, c’est simplement taper de meilleures mauvaises balles, quand Richard Hurvitz lui parle de ne pas jouer des coups moyens.

Les deux acceptant l’idée que de temps en temps, on tape de très mauvais coups.

Il faut l’accepter, et apprendre de nos erreurs.

Pour les enseignants, cette part d’incertitude entre taper le meilleur coup possible, et celui qui va sortir rend justement le golf un sport passionnant, et addictif.

Les meilleurs joueurs du monde manquent environ quatre ou cinq greens par parties. Ils manquent aussi plus de putts à trois mètres qu’ils le voudraient.

A nouveau pour citer Churchill « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté. »

Essayer de dominer un sport qui n’est pas « dominable » par personne est donc une utopie, cependant, il faut absolument savourer nos quelques moments de brillances dans un océan d’irrégularités.

Les mauvaises balles ne doivent pas être une source de frustration mais d’apprentissage.

Prendre en compte la moyenne de nos coups n’est pas plus la bonne lecture de notre niveau de perfectionnement.

Pour à nouveau s’appuyer sur les données d’un radar, il faut bien plus regarder les écarts-types.

Pour l’exemple ci-dessus, on peut voir qu’en moyenne, la vitesse de swing est de 97,1 mp/h.

L’information plus utile est écrite en tout petit sous la valeur principale : Il y a un écart de 2,1 mp/h entre la moins bonne et la meilleure balle tapée.

De même que sur le graphique, on peut voir une moyenne de dispersion latérale de 8,5 mètres, alors que la bonne lecture de la dispersion n’est pas la moyenne, mais bien l’écart entre la balle la plus à gauche, et la plus à droite pour une même intention de coup, soit ici 50 mètres !

Toujours pour cet exemple, la bonne progression ne consisterait pas à améliorer les 5 balles au centre, mais au contraire, rapprocher du centre, les 5 plus mauvaises sur les côtés.

Pour cela, ce n’est pas la moyenne d’angle de la face qui faudrait baisser. Le cas présent, à 1,3 degrés de moyenne, ce serait très acceptable.

Le problème vient plus du fait que pour la totalité de l’échantillon de balles tapées, l’écart de position de la face à l’impact entre la plus à gauche et la plus à droite est de 2,4 degrés !

Et à cela, il faut ajouter la variabilité du chemin, et de la position de la balle dans la face.

Le golf est donc bien plus un sport d’irrégularités que vous ne pouvez au mieux que tenter de limiter pour améliorer le score global.

Tenant compte de son index, chaque joueur ou joueuse devrait partir sur le parcours avec un objectif réaliste, par rapport à son jeu, et non pas, par rapport au parcours ou ce que font les professionnels.

Mieux définir le niveau d’irrégularité acceptable est en fait la clé pour mieux expliquer le plaisir de jouer au golf au débutant, et même aux pratiquants réguliers.

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