Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Distances avec tous les clubs du sac de golf: Pro vs Amateur

Distances avec tous les clubs du sac de golf: Pro vs Amateur

La question de la distance avec les clubs de golf est au cœur de notre sport. Evaluer les distances sur le parcours est un acte permanent et décisif pour la performance en termes de cartes de scores. Télémètres, montres gps, radars de mesures se sont ainsi développés à mesure que la législation s’est assouplie pour apporter un service précieux aux golfeurs, et golfeuses, surtout quand parfois le visuel ne suffit pas. Nous avons analysé les distances moyennes des golfeurs professionnels, club par club, et comparé à celles d’un amateur.

Découvrez nos formules d'abonnements

Le besoin légitime de connaître et comparer ses distances par clubs

Les radars de mesures de distances modernes fournissent de nos jours une quantité d’informations incroyables sur la qualité et les caractéristiques des coups de golf.

Si certains golfeurs éclairés rappellent que le golf est un sport où il faut scorer, rentrer dans la balle dans le trou, et ne pas trop focaliser sur les datas, il n’empêche que sur ses dix dernières années, l’arrivée des launch monitor a particulièrement révolutionné la façon d’appréhender un coup de golf, et par effet domino, l’enseignement.

Et ce n’est qu’un début ! Du fait du coût très important de ces radars ayant recours pour la plupart à la technologie doppler, tous les enseignants et tous les clubs de golf n’en sont pas encore équipés. Encore moins les amateurs qui n’ont pas d’intérêt à dépenser aujourd’hui 10, 15 ou 20 000 euros pour ce type d’outils dans un but ponctuel.

Ceci étant, le sens de l’histoire va forcément vers une démocratisation, et une réduction des coûts.

Toujours est-il qu’un launch monitor type Trackman, Flightscope ou GC2 reste un formidable outil pour étalonner à un instant donné, les clubs de son sac, et permettre aux golfeurs professionnels ou amateurs d’appréhender avec précision les distances réalisées réellement, en moyenne, à la portée et avec la roule.

Lors d’un précédent article, Jeff Carr, responsable Europe de Flightscope nous expliquait qu’à chacune de ses interventions dans un golf, les amateurs avaient tendance à surestimer leurs croyances concernant les distances atteintes.

C’est humain ! Surtout dans un sport où souvent le plus long est le meilleur. Bien que le golf ne soit pas toujours qu’une affaire de longueur, il faut bien admettre que sur le tour, depuis une vingtaine d’années, l’arrivée de très longs frappeurs, comme Bubba Watson, Rory McIlroy ou Nicolas Colsaerts, a changé la donne.

A tel point que même Jack Nicklaus en vient à réclamer une diminution des performances de la balle de golf pour limiter l’impact sur la configuration actuelle des parcours de golf.

Qu’on soit long ou court, il est important de parfaitement connaître ses distances. En faisant un saut dans le temps, et revenant vingt ans en arrière, les outils précis de mesures n’existaient pas.

Pour un amateur, le bon conseil consistait à aller au practice et taper des balles tout en repérant du mieux possible visuellement le point de chute par rapport aux panneaux des distances.

Les plus éclairés allant jusqu’à prendre le temps d’aller sur le parcours pour « se tester » à différentes distances. C’était très approximatif, et ce, à plus d’un titre.

Toujours dans un précédent article, à l’aide d’un trackman, nous avions démontré que l’écart de performance entre une balle de practice et une balle de golf pouvait être de 12% en termes de distance du fait du spin, et des éléments liés à la qualité du noyau ou du revêtement de la balle.

Un autre article consacré aux tests de balles a aussi démontré des écarts en fonction du type de balles ou de la marque.

Connaître ses distances implique forcément de connaître sa balle !

Si on est honnête sur la question des distances réalisées avec chaque club, et toute forme de comparaison, il faut admettre qu’il y a tellement de paramètres variables que la vérité d’un jour pourra être différente un autre jour.

Pour tester beaucoup de clubs avec un trackman tout au long de l’année, nous pouvons constater qu’il ne faut pas aborder la question de la distance de manière trop figée.

Sur dix balles tapées, même un golfeur professionnel ne tape pas systématiquement la balle parfaitement de la même façon.

Pour caricaturer, nous pourrions dire que les frappes se divisent en trois tendances : dans la moyenne, au-dessus et en-dessous.

D’ailleurs, les coachs des golfeurs professionnels adoptent différentes façons de lire les données.

Par exemple, Jean-Jacques Rivet, biomécanicien de l’équipe de France, fervent utilisateur d’un trackman, déclare plutôt regarder la moyenne des moins bons coups, quant aux USA, la tendance serait plutôt à focaliser sur les bons coups.

Précisément, quand vous envoyez votre fer 7 à 130 mètres. Ce n’est pas toujours le cas.

Sur dix balles, trois vont être à 120-125 mètres, trois à 135-140 mètres, et quatre autour de 130 mètres. C’est ce qui constitue une moyenne.

Sauf que sur le parcours, vous ne savez jamais vraiment si vous allez taper dans votre moyenne, légèrement au-dessus, ou légèrement en-dessous.

Certes, les pros arrivent à influer sur la forme du coup, mais pas systématiquement.

Entre le parcours, et le practice qu’il soit outdoor ou indoor, là-aussi de très nombreux paramètres extérieurs comme le vent, la topographie, les obstacles, etc. peuvent influer sur votre coup.

Ceci étant, connaître ses distances, les meilleures, les moyennes, et les moins bonnes est un avantage indéniable dans le choix des clubs sur le parcours.

Les questions qui se posent réellement sur la distance par club

A l’écriture de ce sujet, nous avons bien conscience qu’il y a deux questions dans l’esprit du joueur de golf : comment évaluer sa propre distance par rapport à ce qu’il faudrait faire avec un club, et en comparaison, comment se situer par rapport à cet « idéal ».

L’élément qui est clé parmi tous ceux que nous allons vous présenter est très certainement la vitesse de swing.

C’est le premier élément déterminant de la distance.

La vitesse de swing varie en fonction des clubs, et en particulier selon deux paramètres : la masse de la tête, et la longueur du shaft.

La torsion du shaft, le poids du shaft et d’autres éléments vont bien entendu jouer, mais disons que pour simplifier, conservons en tête simplement ces deux paramètres de masse et de longueur.

Du driver au pitch, la vitesse de swing va ainsi décliner de manière logique et mathématique, que vous soyez professionnel ou amateur.

La seule différence entre un amateur et un professionnel se situe au niveau de la capacité à générer plus ou moins de vitesse avec son corps.

Prenons l’exemple du driver qui est swingué en moyenne sur le tour à 113 mph (181 kmh). Les meilleurs golfeurs pour la distance allant jusqu’à 120 mph et plus.

Même entre les professionnels de golf, il existe de grandes disparités.

Par exemple, Graeme McDowell, plusieurs fois vainqueur de la Ryder Cup, un des meilleurs golfeurs européens de ces dix dernières années ne swingue en 2016 qu’à hauteur de 111 mph !

Ce qui ne l’empêche pas d’être actuellement 12 eme de la Fedex Cup aux USA.

La vitesse de club est déterminante, mais cela ne fait pas tout.

Dans les autres éléments qui déterminent la longueur d’un coup, vous avez l’angle d’attaque qui représente la manière dont la tête de club arrive sur la balle.

C’est un facteur déterminant sur la portée, et la hauteur de trajectoire de balle, ce qui traduit une autre très grande différence avec les amateurs.

Dans l’étude menée par Trackman qui recense la moyenne des distances des pros, nous pouvons constater que les pros tapent en moyenne un drive avec un angle d’attaque négatif (comprenez que la tête de club arrive à l’impact en direction du sol).

Etude trackman

C’est beaucoup plus rare chez les amateurs. Au contraire, cet angle d’attaque est plus souvent positif (la tête de club arrive à l’impact sur la balle en direction du ciel).

Mis à part la vitesse de swing et l’angle d’attaque, qui décrivent en quelque sorte partiellement le swing du joueur, les autres données fournies illustrent les conséquences sur la balle.

Conséquences qui sont impactées par le swing mais aussi le club et la balle.

Le smash factor est le ratio entre la vitesse de swing, et la vitesse de balle. Plus ce chiffre est élevé et plus il traduit la qualité du centrage de balle dans la face, et l’optimisation du coup réalisé par le joueur avec son matériel, comme une sorte de note de la tolérance.

Le « launch angle » ou angle de lancement exprimé en degrés démontre selon quel angle la balle décolle par rapport au sol.

C’est un élément déterminant pour dessiner la trajectoire de la balle, plutôt bombée ou plutôt tendue. Cet angle de lancement se raccroche d’ailleurs à l’angle d’atterrissage qui sera forcément différent du fait de la balistique d’un coup de golf.

Idéalement, une balle doit partir « tendue » pour se poser et s’arrêter le plus rapidement possible sous l’effet d’une arrivée de balle plus « tombante » que pénétrante, ne serait-ce que pour contrôler le plus possible le roulement de la balle, et l’atteinte d’une cible.

Elément qui varie selon si on drive ou si on approche. Les espérances peuvent différer.

Comme la vitesse de swing, les angles de lancement et d’atterrissage ne sont pas identiques d’un coup à un autre.

Plus le loft du club va augmenter, et plus l’angle de lancement va augmenter, et du même coup, plus l’angle d’atterrissage va augmenter.

Combiné à la vitesse de swing, l’angle de lancement détermine aussi la hauteur maximale de la trajectoire.

Hauteur qui contrairement aux autres paramètres est assez identique entre chaque coup tapé par un professionnel.

En réalité, si la hauteur d’un coup tapé au drive est similaire à celle d’un fer 7, comme les angles de lancement et d’atterrissage changent, c’est la forme générale du coup qui change.

Les points clés de la distance par club chez un professionnel

Distance moyenne des pros

  • Plus le loft est ouvert, et plus l’angle d’attaque est orienté vers le sol !
  • Globalement, de club en club, la vitesse de swing augmente de 2 mph sauf entre les bois de parcours, où les écarts de vitesse s’accroissent plus rapidement. Entre le driver et le bois 3, l’écart n’est plus de 2 mph mais de 6 mph.
  • Le smash factor augmente avec les clubs les plus longs. Comprenez qu’il est difficile de compresser au maximum une balle de golf avec un club dont la face est très ouverte. Le club aura plus tendance à glisser sous la balle plutôt que de la heurter de plein fouet et de pleine face.
  • Inversement, le spin décroît à mesure que le smash factor augmente et pour les raisons inverses au smash factor. La capacité à faire tourner la balle sur elle-même dépend justement de l’effet donné à la balle.

Les points clés de la distance par club chez un amateur

Alors que trackman nous a fourni son étude concernant les distances des golfeurs professionnels, nous avons réalisé notre propre étude avec le même radar, un golfeur amateur, et une balle TOUR pour le même type de clubs.

Distance d'un amateur

  • Les écarts de vitesse de swing se creusent plus les lofts se ferment et les clubs s’allongent par rapport aux mêmes données pour les professionnels.
  • Les angles d’attaques sont beaucoup moins prononcés. Du coup, les angles de lancement sont plus élevés. En revanche, les angles d’atterrissage sont moins importants. Il faut comprendre qu’un pro a une meilleure capacité à « pousser » la balle plus loin, et plus longtemps. Du coup, la balle perd de sa « motricité » plus tard mais de manière plus immédiate.
  • Les hauteurs de trajectoires sont beaucoup moins régulières.
  • Le smash factor n’est pas franchement moins bon (dans le cas de cet amateur plutôt expérimenté).
  • Le taux de spin donné à la balle est très comparable, et obéit à la même logique que l’on soit pro ou amateur.
  • Plus les lofts se ferment, mis à part le driver et le bois 3, et plus le joueur a du mal à créer des écarts de distances (hybride, fer 3 et fer 4), ce qui milite pour ne pas empiler ce type de clubs dans le sac, et au contraire, opter pour un sandwedge de plus.
  • Les écarts de distances ne sont pas toujours réguliers. (cf écart entre fer 6 et fer 7)

Votre distance par clubs est-elle bonne ?

Répondre avec une formule toute faite serait idiot. Comme évoqué plus haut, la distance est dépendante de la vitesse de swing. Et aucun golfeur n’a foncièrement la même vitesse de swing.

Les moyennes peuvent éventuellement servir de repères.

Sur le tour, la moyenne de vitesse de swing est de 113 mph. Les plus longs frappeurs allant jusqu’à 121 ou 122 mph, et de temps en temps plus vite.

Résultat exprimé dans le tableau plus haut, au drive, il porte la balle en moyenne à 250 mètres, ce qui ne comprend pas la roule. Cette dernière varie selon les terrains, les pentes, le vent, la température de l’air…

Exemple d'un golfeur pro qui swingue à plus de 119 mph au drive

Chez les amateurs, selon Trackman, cette même vitesse de swing moyenne au drive est de 93 mph, soit 20 mph de moins, et un écart immense.

Dans le cadre de nos tests sur jeudegolf.org, nous avons des amateurs qui swinguent à 110, 105, 95 et 75 mph avec le driver.

Cet article a donc répondu à une des deux questions que vous pouviez vous poser.

Quelle est la distance des pros et à laquelle vous pouvez vous comparer ? Toutefois, il n’a pas répondu à l’autre question sous-jacente : Est-ce que ma distance est bonne ?

Pour aller chercher un green à 135 mètres, un pro aura besoin d’un pitch ou d’un fer 9 selon la roule. L’amateur illustré dans notre test aura besoin d’un fer 7.

Est-ce vraiment si important ?

Oui et non…Oui, car plus la balle est tapée avec un club au loft ouvert, et plus la balle aura de chances de s’arrêter rapidement, offrant contrôle de trajectoire et profondeur au joueur.

Non, car fondamentalement, pour un amateur, ce qui compte, c’est plus de taper un coup à 135 mètres que de choisir un club plus ouvert ou plus fermé.

Connaître ses distances avec ses clubs revient à comprendre la forme des coups que l’on tape pour ensuite les adapter au terrain sur lequel on va jouer.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.