Posté par le dans Qu'est-ce que le golf ?

Le loft du driver expliqué pour un golfeur débutant

Vous avez récemment décidé de vous mettre au golf, et peut-être même d’acheter vos premiers clubs dont le fameux driver. Il y a beaucoup à dire sur le matériel de golf, et peut-être avez-vous déjà perçu une forme de technicité. Dans ce nouvel article, l’idée est de vous donner les clés pour bien comprendre comment fonctionne le driver, qu’est-ce que le loft, et pourquoi il faut s’éloigner des idées reçues. Quand on débute le golf, on a souvent envie de bien faire, et de ne pas s’égarer sur de mauvaises pistes.

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A l’origine, on l’appelait le « big stick » ou littéralement le gros bâton. Le terme de driver est venu de l’idée qu’il était le club le plus long du sac, et devait être « conduit » ou « drivé » aussi loin que possible depuis la zone de départ.

Le nom de driver est alors resté…

Tous les clubs de golf présentent ce qu’on appelle un degré de loft.

Par un raccourci, on parle plus souvent de loft, mais pourtant il s’agit bien d’une mesure d’un angle en degrés, entre d’une part la face du club, et un plan vertical, le sol.

Cet angle détermine directement l’angle de décollage donné à la balle, et aussi la puissance du coup, ce qu’on appelle en termes golfiques, le « smash factor ».

Le smash factor est tout simplement un ratio mathématique entre la vitesse du swing que vous créez, et la vitesse que vous donnez à la balle après l’impact avec la face du club.

Tous les clubs de golf ont donc un loft, du putter qui présente souvent l’angle le plus faible (autour de 3,5 degrés, mais cela peut varier), au lobwedge qui peut présenter un angle jusqu’à 62 degrés.

Le fait d’utiliser différents clubs de golf permet donc de varier l’angle de lancement de la balle, d’une trajectoire tendue à une trajectoire bombée.

Le driver, ou club numéro un, présente dans le commerce un loft généralement compris entre 9 degrés et 12 degrés.

L’actualité récente sur le circuit professionnel nous montre que les meilleurs joueurs peuvent descendre à des lofts bien plus bas, et même 5,5 degrés dans le cas de l’américain Bryson DeChambeau, qui est actuellement le plus long frappeur sur le circuit professionnel nord-américain (PGA Tour).

En-dehors de l’aspect science-fiction lié à l’univers des meilleurs professionnels, il faut comprendre qu’il y a lien direct entre vitesse de swing, et loft, c’est le premier élément que vous devez absolument retenir.

Mécaniquement, plus un golfeur swingue vite, et plus vous verrez qu’il aura besoin de baisser le loft de son driver, qui avec le putter, est le SEUL club du sac de golf qui doit se jouer selon un angle remontant.

Un angle remontant ?

Il n’est pas vrai de dire que tous les swings se ressemblent, et que le swing avec un driver est le même qu’un swing avec un fer ou même un bois 3 joué directement sur le sol, et par exemple depuis le fairway.

Un swing de golf ne peut être que deux choses : Remontant ou descendant vers la balle.

Avec un fer, le swing doit être descendant vers le sol pour compresser la balle, et lui transmettre le maximum d’énergie.

Avec le driver, c’est l’inverse. Le swing doit être remontant vers le ciel pour lui transmettre le maximum d’énergie, que l’on soit professionnel ou amateur !

Pourquoi ?

Parce que le driver est justement le club le plus long du sac et qu’il se joue sur un tee en bois ou en plastique, qui surélève la balle par rapport au sol.

Dans ce cas de figure, comme la balle est surélevée, l’angle remontant permet de mieux compresser la balle, et d’élever son angle de décollage.

Si vous jouez le driver depuis le fairway sans tee, alors tout change !

Dans ce cas, comme pour le bois 3, il faut chercher un angle descendant, or c’est difficile, car le club est plus volumineux, et le loft finalement assez bas.

De l’aveu de l’ingénieur Tom Olsavsky (Cobra) que j’ai rencontré à plusieurs reprises aux Etats-Unis, les golfeurs amateurs éprouvent les plus grandes difficultés à correctement swinguer des clubs dont les lofts seraient inférieurs à 23 degrés, parlant des fers.

Oui, au stade d’un débutant, choisir les bons lofts est essentiel pour trouver rapidement du confort, et donc de la confiance. C’est le premier moteur de la progression. 

Cela étant dit, comment choisir le bon loft de son driver ?

De mon expérience, le plus souvent par manque de connaissance, on aiguille mal les débutants, car on prend trop vite des raccourcis, en oubliant l’essentiel.

Le raccourci étant de dire qu’un débutant doit jouer un loft de 12 degrés ou éventuellement 10,5 degrés.

Ce même raccourci s’applique aussi pour les seniors au motif qu’ils manqueraient de vitesse de swing.

Un club de golf, ce n’est pas qu’une tête et justement un loft !

Un club de golf, y compris le driver : C’est une tête, un manche et un grip, qui le tout ensemble forme le club.

Si ces trois parties sont nécessaires, on peut admettre qu’elles ont une relative influence sur le coup de golf, or, à nouveau, trop souvent, on se focalise que sur la tête, et le loft écrit sur cette tête.

9, 10,5 ou 12, est-ce que cela veut dire que si c’est marqué, c’est juste ?

Malheureusement, non ! Dans un domaine aussi industriel que la fabrication de clubs de golf, il ne faut pas sous-estimer les marges de tolérances dans des productions à la chaîne…

En 2020, les marques commencent à peine à parler de contrôle de qualité sur le rendement des têtes… Imaginez si elles venaient à vraiment contrôler tous les lofts au degré près…

Bon… quand on débute, on est pas non plus à 0,2 degrés de loft près.

Je veux ici surtout dire que le manche, le shaft a aussi une influence sur le loft du club.

Petit retour arrière… Le loft du club va nous aider à prévoir l’angle de lancement de la balle après l’impact. Donc le loft, c’est surtout important pour lancer la balle en l’air.

Le manche y contribue aussi.

Un manche, et c’est une autre mystification qui va vous faire perdre du temps, n’est pas qu’une seule rigidité type regular ou stiff ou encore la plus magique, Senior !

En réalité, cela n’existe pas, et ne veut strictement rien dire.

Un manche obéit à quatre points de rigidités situés à quatre segments séparés sur la longueur du manche d’environ 25% chacun de la longueur totale.

Regardez le manche de votre driver et divisez le en quatre !

Chacun des quatre segments présente une rigidité qui lui est propre. Cette rigidité peut même s’évaluer de 1 à 9, du moins rigide au plus rigide !

J’en arrive à l’impact sur le loft !

Un manche avec une rigidité en tip faible (extrémité la plus basse du manche) va beaucoup plus se mouvementer dans la zone d’impact qu’un manche inversement plus rigide.

Cette « liberté de mouvement » a un avantage, et un inconvénient.

L’avantage, c’est que cela ajoute du fouetté, et donc de la vitesse de swing. Le club parait plus facile à manier, et cela tombe bien pour un débutant.

Cela fait référence à une question de pure technique : La capacité à créer du « release », du relâchement tardif du club dans la zone d’impact.

Par définition, un débutant ne sait pas très bien comment créer du release, et par opposition à un pro.  C’est pourquoi, le plus souvent, un débutant pourra être aidé par un club qui compense ce manque de release par un tip du shaft plus souple.

Inconvénient, le placement de la tête de club à l’impact est plus aléatoire, et la dispersion plus importante. C’est très pénalisant pour l’inverse d’un golfeur débutant, à savoir un golfeur professionnel avec une vitesse de swing très rapide.

Pour autant, cette rigidité en bas du manche peut influer sur le loft…

Influer sur le loft ?

C’est là où il vous faut comprendre la deuxième notion la plus importante : Il y a une différence entre loft statique (celui écrit sur la tête de club), et le loft réel quand vous frappez la balle de golf.

Un mouvement de golf est une dynamique d’arrière en avant. Le loft n’est pas une donnée figée. C’est dans ce contexte de mouvement, un loft dynamique.

Loft statique quand le club est immobilisé au sol, et par exemple à l’adresse. Loft dynamique quand le club est en mouvement dans l’espace, et plus particulièrement à l’impact avec la balle.

Plus haut, on a parlé d’attaquer la balle vers le sol avec un fer ou attaquer la balle vers le ciel avec un driver.

Cette façon de faire agit directement sur… le loft dynamique.

Plus l’angle est remontant, et plus on est susceptible d’augmenter le loft dynamique, et inversement. (En admettant que les poignets du golfeur ne viennent pas perturber plus que de raison ce mouvement).

Il faut comprendre que si votre driver est d’un loft de 12 degrés, mais que vous l’amenez à l’impact à 14 degrés de loft. Vous avez mécaniquement ajouté 2 degrés, mais vous pouvez aussi faire l’inverse, et l’amener à m’impact à 10 degrés. Vous avez réduit le loft de 2 degrés.

A quoi cela sert de savoir tout cela ?

Parce que si vous achetez un driver, et que vous voulez le conduire le plus loin possible devant vous (surtout la balle), vous êtes déjà et sans le savoir dans la recherche d’optimisation de votre distance, avec vos compétences, qu’elles quelle soient, débutant ou pas.

Débutant, cela ne veut pas dire que vous n’avez pas déjà une vitesse de swing…

Avant d’acheter votre driver, vous devez prioritairement connaître votre vitesse de swing exprimée en miles per hour, soit 1,61 km/h.

L’industrie du golf étant fortement anglo-saxonne, on parle tous en miles per hour ou mph.

Ci-dessous, notre consultant Guillaume Sauzet (AddonGolf) nous a passé un tableau fort utile.

Ce tableau vous apprend deux choses : Pour votre vitesse de swing, idéalement, vous devez chercher un angle de lancement de vos balles avec le driver, et par conséquent, la distance optimum que vous pourriez obtenir.

Un golfeur qui dispose (homme ou femme) d’une vitesse de swing de 60 mph peut obtenir 105 mètres de distance au carry (tombée de la balle au sol avant qu’elle ne roule), si son angle de lancement idéal est justement de 20 degrés.

Choisir un driver quand on débute, c’est donc connaître sa vitesse de swing, et ensuite adapter tout son choix dans le seul but de chercher un angle de décollage adapté. (Ici je ne parle volontairement pas d’offset ou de dispersion latérale).

Le choix du loft est donc guidé par cet objectif. Et donc il faut prendre en considération le loft de la tête, mais aussi l’impact de la rigidité du manche en partie basse sur ce loft.

C’est là le travail d’un vendeur conseil sérieux en magasin. Déterminer avec vous votre vitesse et l’angle de décollage de vos balles, pour aller chercher la trajectoire optimum.

Ci-après, pour vous illustrer les compétences, j'ai tapé 3 drives à sensiblement la même vitesse. J'ai seulement cherché à modifier le loft dynamique, entre trop bas pour ma vitesse de swing de 100 mph (soit 13 degrés), et trop haut (16 degrés) versus le bon angle (14 degrés). 

Vous pourrez constater que le bon angle (14 degrés) me procure la plus longue distance sans augmenter ma vitesse de swing.

Dernier point à évoquer… Une fois que vous connaissez votre vitesse de swing, la situation n’est pas pour autant figée.

Vous pouvez influer sur l’angle de lancement et donc le loft. Pour ce faire, rien de compliqué…

En décalant votre épaule droite (si vous êtes gaucher) vers le sol, vous pouvez influer sur l’angle de lancement, et en fait le loft dynamique pour l’élever, si jamais justement, malgré votre loft de driver statique, il ne serait pas suffisant ou alors inversement en ramenant les épaules à la même hauteur, baisser l’angle de lancement.

Cela étant, c'est le placement des mains par rapport à la balle qui est l'élément le plus déterminant pour ajouter ou retirer du loft. Plus vous déplacez les mains en avant du shaft, et plus vous réduisez le loft de votre club. A l'inverse, plus vous reculez les mains, et plus vous ajoutez du loft.

A retenir

En conclusion, ce n’est pas parce qu’on est débutant que l’on doit choisir son driver selon un dogme imaginé ou écrit par on ne sait qui.

Au contraire, il suffit de...

Connaître votre vitesse de swing.

Connaître l’angle de décollage que vous produisez naturellement.

Chercher une tête de driver et une rigidité de manche qui vous permet de générer l’angle de décollage optimum pour votre vitesse.

Savoir que vous pouvez influencer cet angle, par le placement de vos épaules à l’adresse.

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