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Labo Golf: Plomber un fer pour plus de distance ?

Labo Golf: Plomber un fer pour plus de distance ?

Dans la suite du sujet sur le driver alourdi pour le besoin d’un test, j’ai eu l’envie de voir l’effet de l’ajout de plomb sur la cavité arrière de mes fers, et ce, pour évaluer un éventuel bénéfice de smash factor, et en fait d’augmentation de la vitesse de balle à l’impact.

Pourquoi mener une telle expérience ?

A l’aide du trackman mis à ma disposition par le magasin US Golf de Lyon, j’ai testé mon fer 7 en swingweight théorique D3, puis ajouté du plomb derrière la face, et plutôt près de la semelle pour comparer versus la tête en standard.

Si jusqu’à présent, je n’avais jamais eu cette idée empruntée à la pratique du tennis pour mes clubs de golf. Certains amateurs, et beaucoup de pros ont en fait déjà recours à ce petit subterfuge.

Jean-Nicolas Billot, pro sur le Challenge Tour, et consultant pour Jeudegolf.org a par exemple souvent utilisé du plomb sur ses fers.

Adepte de lames, il place ce plomb exactement au milieu de la cavité arrière.

Dans son cas, il ne cherche pas particulièrement à augmenter la distance, mais surtout un meilleur équilibrage, et en fait de meilleures sensations de frappes, justement en modifiant le swingweight de son club à son exacte convenance.

Dans mon cas, mes fers étant légèrement rallongés, le swingweight est quelque peu modifié par rapport à la longueur standard.

Sur la machine à swingweight utilisé dans notre labo, j’ai pu mesurer le swingweight de mon club en D4.

Selon Clément Morelle, responsable du magasin US Golf de Lyon, en théorie, le swingweight d’un club peut être modifié d’un point pour 2 grammes de poids supplémentaires.

Dans le cas présent, en ajoutant, un gramme de plomb sur le fer 7, j’ai mesuré un swingweight approximatif en D4.5, et en ajoutant 3 grammes, le swingweight est passé à D6

Sans me prendre pour un clubfitter, je peux simplement confirmer que l’ajout de poids sur la tête d’un fer influe directement sur le swingweight, mesures à l’appui.

En tant que simple amateur, je peux aussi témoigner du fait qu’en mains, les sensations sont aussi un peu différentes.

Un gramme ou trois grammes, cela peut paraître marginal, pourtant, on sent la différence dans les mains.

Les résultats du test

Comme pour le test du driver, il ne semble pas que l’ajout de poids derrière la tête ait eu un quelconque effet sur la vitesse de swing.

Sans ou avec, la vitesse de swing avec le fer 7 a été autour de 79 mph, sans chercher à forcer ou à « tordre » le test.

Si la vitesse de swing est restée relativement identique, la direction de lancement, et l’angle d’ouverture de la face sont-elles aussi restées relativement identiques, et plutôt inclinées à droite de la ligne cible au démarrage de la balle.

Même constat pour l’angle de lancement et le loft dynamique, ce qui veut dire que dans tous les cas, le club est arrivé à peu près de la même façon sur la balle.

Un paramètre a pourtant changé : l’angle d’attaque qui s’est fait plus profond ou plus vers le sol à mesure que j’ai chargé le fer en plomb.

Je ne vais pas commenter l’augmentation du taux de spin. N’étant pas clubfitter, je ne me sens pas la compétence pour établir un lien de cause à effet entre ajout du plomb, et taux de spin donné à la balle.

En revanche, je peux constater la hausse nette de la vitesse de balle à l’impact avec 1 gramme de plomb, soit +3,2 mph par rapport à la version standard, et qui contribue à une hausse de la distance au carry de 7 mètres.

Hausse qui se retrouve aussi sur la distance totale, et dans la même proportion, soit toujours 7 mètres. Pas d’amélioration ou réduction de la roule…

Le smash factor a donc logiquement progressé puisque la vitesse de swing a été quasi identique.

A l’aide du tableau, on peut voir que le bénéfice se réduit plus on ajoute du poids, ce qui est assez logique.

Le club devenant plus lourd, le bénéfice du gain de « poids dans la balle » se réduit par rapport à la contrainte de déplacer plus difficilement plus de masse, ce qui résulte à une moins bonne qualité de centrage de la balle dans la face par le joueur.

On en revient à la question de l’équilibre idéal du club, qui ne sera pas le même selon les profils de joueurs.

Avec trois grammes, la distance produite revient au même niveau que celle produite sans aucun ajout de poids.

Pour trouver un réel bénéfice, dans mon cas, si je veux poursuivre dans cette direction, et « plomber tous mes clubs », il faudrait hésiter entre un ou deux grammes maximums.

Un gramme pour obtenir le gain de distance maximum, et un peu moins de spin, ou deux grammes pour diviser le gain de distance par deux, mais conserver le même niveau de spin usuel pour mon fer 7…en se fiant seulement aux chiffres, et sans faire appel à l’expertise d’un clubfitter professionnel, ce qui serait plus raisonnable.

Ce test permet de remettre en lumière que les clubs de golf ne sont pas construits au hasard.

Trop souvent les marques axent la communication sur plus de distance ou plus de tolérance, alors qu’elles pourraient parler d’équilibre.

Certes, cette notion de swingweight est moins évidente à comprendre et donc à « marketer ». Pourtant, un fer 7 ne sera jamais équilibré en D0 ou en C6 !

Au moment d’un fitting, on ne peut pas non plus trop s’éloigner des valeurs d’équilibres logiques d’un club.

Equilibrer un fer 7 avec des paramètres d’un driver à l’extrême n’aurait aucun sens. Nous parlons bien là d’ajustement à la marge.

Il convient de relativiser.

Est-ce que 7 mètres en plus sur mon fer 7 me permettra de mieux jouer au golf, et de baisser mon index ? C’est sans doute difficile de répondre catégoriquement à cette question.

D’une autre manière, jouer un club inadapté ou mal équilibré pourrait plus sûrement me pénaliser ?

En conclusion

Ce qui va m’interpeller, c’est en fait deux choses en plus de la recherche de performance : l’idée de pouvoir configurer mon club moi-même avec un bout de ficelle ou plus exactement du plomb, soit un concept d’auto-fitting, et bien entendu, les sensations que j’ai eues en mains, qui me laissent penser que je ne serais pas contre jouer un fer 7 en D4.5 plutôt qu’en D4.

J’ai aimé les sensations et l’idée de « plomber » mon club. Il y a des chances que je poursuive dans cette voie.

Quinze ans en arrière, cette idée ne m’était pas inconnue quand je jouais au tennis (plomber le cadre de la raquette). Je savais que cela pouvait théoriquement augmenter ma vitesse de balle à l’impact à vitesse de geste constant.

Par contre, je savais aussi que cela consommait plus d’énergie, et plus de tensions dans le bras en contrepartie.

S’agissant du golf, j’imagine comme 99% d’amateurs, je n’avais encore jamais eu cette idée de plomber un club…n’en concevant pas les éventuels bénéfices et contraintes.

Cet exercice m’a rappelé l’importance du swingweight. Une mesure très arithmétique que nous confondons/mêlons souvent avec la notion de sensations au touché.

J’espère que cette modeste expérience aura suscité votre curiosité.

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