Posté par le dans Qu'est-ce que le golf ?

Je joue au golf depuis moins d’un an. Comment progresser plus vite sur le parcours ?

Pour contrebalancer le dernier article publié sur le Spin Loft, un article très technique, je vous propose un nouveau sujet ancré dans la réalité des golfeurs, et golfeuses, que je peux croiser sur le parcours. J’ai récemment repris un abonnement sur un parcours, ce qui me permet de jouer avec tous types de joueurs, et particulièrement avec des débutants.  Ces expériences me permettent d’être encore plus au contact des questions concrètes qui se posent sur le parcours, notamment pour les golfeurs qui jouent depuis seulement quelques semaines ou quelques mois.

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L’exemple de Marcel (68 ans, et 10 mois de pratique golfique)

Après plusieurs parties jouées de manière anonyme sur le parcours de Mionnay (autour de Lyon) avec des golfeurs et des golfeuses, le plus souvent, je dois l’admettre dans une tranche d’âge supérieure à 65 ans, j’ai refait des constats sur les grandes situations qui coûtent le plus de points sur le parcours.

Je n’ai pas la prétention de me positionner comme un donneur de leçon ou un professeur de golf, en revanche, en tant que journaliste, mon métier premier est d’observer, et selon les situations, quand je suis interrogé par mes partenaires (seulement dans ce cas), je me permets de leur faire part d’expériences sur le jeu de golf.

Je constate toujours qu’on apprend à taper dans une balle, pas forcément à jouer au golf sur un parcours.

Si je prends la dernière partie jouée avec Marcel (68 ans), golfeur depuis 10 mois, qui s’est mis à jouer au golf, car il constatait que la plupart de ces amis jouaient déjà.

Selon ses propres mots « J’aimais bien l’idée de les accompagner en balade, mais à un moment, la balade c’est bien ! Jouer c’est mieux ! »

Pour 10 mois de golf, compte tenu que Marcel ne me semblait pas être un sportif endurci, j’ai été surpris par le fait qu’il avait déjà de bonnes bases, et un véritable potentiel pour swinguer.

A 54 d’index, il faut s’enlever l’objectif de faire le PAR absolu sur tous les trous à jouer. Le PAR pour un débutant est au moins à + 2 coups, à savoir 5 sur un par-3, 6 sur un par-4, et 7 sur un par-5.

Je n’ai pas intitulé cet article « Débutant, comment gagnez 10 coups sur le parcours. » Je déteste les titres racoleurs, et en plus, ce n’est pas totalement le sujet.

Seul dans la partie avec Marcel, sur 18 trous, par des conseils, non pas sur la technique pure, mais sur le jeu, Marcel n’a pas gagné 10 coups. Il a pris du plaisir !

Ce n’est pas du tout la même chose, et pardonnez-moi de penser que c’est plus important, pour ne pas dire l’essentiel.

Comme beaucoup de débutants, Marcel a commencé sa partie comme il a compris ou comme on lui a expliqué qu’il devait faire : Taper le plus loin possible devant pour se rapprocher du trou !

Le problème dans cette phrase, c’est que le golf… Ce n’est pas du baseball !

Plus que la technique, quand on débute le golf, ce qui nous manque (j’ai débuté aussi), c’est la compréhension de notre environnement, et ce que nous faisons dans cet environnement.

Je ne vais pas vous parler de spin loft, de smash factor, de trackman ou d’angle d’attaque.

De ce que j’ai pu observer ou ré-observer, le première problème, c’est de mettre la balle en jeu, et notamment avec le driver.

Sur le tee de départ…

Dans le cas de Marcel, sur 14 départs possibles, il a pris 14 fois le driver. On pourrait faire un sujet entier sur ce choix…

Sur 14 driver, il en a tapé un parfait à 110 mètres, et plusieurs dans les arbres ou dans les obstacles d’eaux, et le plus souvent directement à gauche de sa cible.

Le drive parfait est arrivé au 9 ! Pour les 8 premiers trous, cela a été plus compliqué, comme pour les trous suivants.

Premier constat, pour un geste relativement dynamique, Marcel n’était pas efficace, régulier et finalement bénéficiaire avec son club.

Droitier, il a tendance à faussement croire qu’il faut jouer avec sa main droite. Au contraire, pour un droitier, et un inversement pour un gaucher, c’est le côté gauche qui tire le corps vers l’avant…

Sur le tout premier coup de la partie, il a commencé par un mélange de top-air shot. La balle a bougé de quelques centimètres malgré un geste vif.

De là, il m’a tout de suite lancé « Ah, je sais, je me relève trop vite ! »

C’est une phrase qu’on entend souvent au golf, mais qu’est-ce que cela veut vraiment dire ?

Sur le parcours, on est debout, et donc à priori, c’est difficile de se relever de la position debout…

Il m’a fallu plusieurs trous pour comprendre que Marcel avait deux problématiques à résoudre : Adopter un rythme, et garder les yeux sur la balle.

Alors, je sais, on commence à remettre en cause l’idée de garder la tête sur la balle. Pour certains enseignants, c’est une énorme bêtise.

Je vais être plus précis : C’est impossible de taper correctement une balle de golf quand on est la « Tour de Pise », et que l’on brinquebale de partout. Il faut un minimum de cohérence entre la tête et les pieds pour swinguer dans un plan…

Marcel avait besoin de taper la balle avec son club alors que la balle était statique, et que son club passait au-dessus.

Le fait de lui dire de toujours regarder la balle lui a changé sa partie !

Pour avoir fait du tennis, on vous dit de toujours regarder la balle avant de la frapper. Au golf, la balle ne bouge pas, mais cela semble tout aussi important.

Concernant le rythme, la faute la plus courante quand on débute, c’est de confondre le fait de vouloir taper fort dans la balle, et… toucher la balle.

Marcel lançait très vite/trop vite les bras, et alors qu’il ne se passait pas grand-chose au niveau des hanches. Ou plutôt, en lançant très vite les bras, les hanches n’avaient pas le temps de tourner.

Je lui ai indiqué un vieux truc que j’avais appris sur le parcours 20 ans en arrière, transmis par un autre amateur : Compter dans sa tête 1, 2 et 3.

Sachant qu’on tape à 3 ! 1 et 2 servent de repères pour monter le club au sommet du backswing.

Le fait de compter, et ne penser à rien d’autre permet de ralentir un geste trop haché, trop brutal où les bras agissent avant tout le reste. En gros, ralentissez !

Ce qui est le réflexe inverse de ce que l’on croit devoir faire.

Autre problématique rencontrée, Marcel avait du mal à faire monter la balle avec son driver. Il semble qu’il avait acheté des clubs d’occasions, sans trop se préoccuper de l’adéquation club/joueur.

Si c’est le golfeur qui swingue, et pas le club, le fitting est presque plus important pour le débutant versus le joueur qui connait parfaitement son swing, et le matériel.

Dans son cas, Marcel jouait avec un manche trop raide (pourtant regular).

Si vous avez-vous aussi du mal à faire décoller les balles, pensez à un driver avec un loft de 12 degrés et/ou vérifiez que le manche n’est pas trop raide par rapport à votre vitesse de swing. Quand on débute, le matériel ne fait pas tout, par contre, il peut faire mal jouer…

Sur le fairway…

Sur le parcours, à la différence du tapis de practice où l’on peut reproduire des coups, et finir par trouver une position à l’adresse plus ou moins correcte, se positionner correctement face à la cible, et face à la balle n’est pas si évident.

J’ai remarqué à plusieurs reprises, pour ne pas dire à tous les coups, que notre golfeur « cobaye », Marcel, s’alignait systématiquement à droite (il est droitier) sans vraiment avoir conscience de sa place dans l’espace. En réalité, il était obnubilé par la balle…

C’est un problème que je trouve récurrent pour les amateurs : Savoir se placer dans l’espace.

C’est peut-être un effet secondaire de l’apprentissage au practice, et sur un tapis. Le golfeur est « naturellement » orienté.

Prendre le temps de repérer des cibles, des arbres, des aides visuelles devant soi ou au sol est un point qui me paraît très important.

Toujours concernant l’environnement, je constate que le débutant ne prend pas assez en compte la question du lie (comment la balle repose sur le sol), une question pourtant cruciale pour la réussite d’un coup de golf.

Sur les premiers trous de la partie, Marcel qui jouait avec une demi-série (fer 5, 7 et 9) prenait systématiquement le fer 5, obsédé par la distance à couvrir pour se rapprocher du trou.

Avec peu de vitesse de swing, sans tenir compte du lie, un fer avec un loft trop fermé (fer 5), notre joueur avait peu de chances de faire décoller la balle du sol, et ne prenait pas de plaisir.

A plusieurs reprises, je l’ai invité à taper un fer 9, notamment depuis le rough.

Pour un joueur expérimenté, rough ou fairway, il est évident que le coup à jouer est radicalement différent bien que la cible soit identique.

Pour un débutant, la distinction ne coule pas de source, et surtout quand le rough n’est pas très haut.

Quand on est dans le rough, la priorité n’est plus le green ! La priorité, c’est d’abord de revenir sur le fairway, pour se donner un coup suivant plus facile à jouer.

En adoptant cette stratégie, Marcel a été bluffé par la distance et le vol de ses balles avec un fer 9, parfois bien plus longue qu’avec son fer 5.

Il n’a pas changé sa technique ! Ce n’est pas une question de technique !

Quand vous débutez, observez votre environnement, votre position sur le parcours par rapport à la cible, et surtout vos lies (comment la balle repose au sol). Ne jouez pas des lofts trop fermés si le lie n’est pas celui du fairway.

Sur le green…

Dernier compartiment du jeu que je veux mettre en exergue dans cet article : Le putting.

Commun à tous les débutants, la plupart du temps, vous n’avez pas de stratégie de dosage.

Si on résume le putting à deux seuls paramètres : Dosage et visée. Le dosage est la compétence la plus rapide à obtenir.

Pourtant, sur un green, les débutants tapent trop forts ou pas assez, dans des proportions souvent flagrantes.

Dans l’émission MyGolfLab, Scorez moins de 90, Xavier Bretin, pro de golf à La Sorelle nous conseillait une stratégie de dosage, basée sur le fait de compter les pas entre sa balle, et le trou.

Avant de démarrer sa partie, sur le putting-green, il avait pris soin de mesurer en pas, trois amplitudes de swing avec son putter, courte, moyenne et longue.

Sur le parcours, connaissant la vitesse des greens en nombre de pas, à chaque nouveau putt, il était en mesure de déterminer le bon dosage. C’est un conseil simple, et pourtant, il fait gagner beaucoup de coups.

Conclusion

Sans prétention, avec quelques conseils, je pense que Marcel a passé une bien meilleure partie, une bien meilleure journée et apprécié son golf. Il a même gagné du temps sur son apprentissage. Je pouvais le lire sur son visage.

Quand j’ai appris le golf, il y a bien longtemps, les parties accompagnées avec le pro faisait partie du processus.  On pouvait se dire que c’était moins productif que d’enchaîner des sceaux de balles au practice, pour essayer d’avoir le plus rapidement possible, un bon geste.

Il y a pourtant beaucoup de choses à apprendre sur le parcours. Certes, cela représente un budget, mais c’est rentable à long-terme.

Pour un joueur expérimenté, quand on se retrouve dans une partie avec un débutant, l’aider permet de rendre sa partie plus rapide, et plus productive.

Ce n’est pas bénéfique de laisser un joueur « galérer », et taper 20 coups pour arriver sur le green.

La partie devient pénible pour tout le monde.

Avec un peu de diplomatie, et beaucoup de bienveillance, on peut transformer une partie avec un débutant, comme un bon moment.

Je note par ailleurs, que souvent, des golfeurs, qui sont déjà deux ou trois dans une partie entre copains, n’aiment pas trop jouer avec des joueurs inconnus, et paradoxalement des joueurs qu’ils peuvent juger comme des bons joueurs ! C’est dommage, ils perdent l’occasion d’apprendre des choses.

Jouer avec des golfeurs meilleurs que soi devrait couler de source. On apprend plein de choses !

En résumé, sur le parcours, le débutant doit lever les yeux, et d’abord considérer son environnement, plus que de chercher à taper la balle devant lui.

Prenez en compte votre alignement dans l’espace, prenez des repères, jugez votre lie, jouez des clubs avec des lofts plus ouverts, adoptez une stratégie de dosage au putting…

Commencez aussi à apprendre vos distances avec chaque clubs pour anticiper les coups suivants.

Si vous ne passez pas un obstacle à 80 mètres avec le driver depuis le tee de départ, demandez à partir des boules avancées. En partie amicale, ce serait insensée de ne pas vous l’accorder.

Encore un dernier détail, j’ai noté que mes partenaires débutants pouvaient utiliser des montres GPS.

Revers de la médaille, ils ne regardent plus vraiment la position des drapeaux sur les greens, et notamment le petit fanion censé être placé en bas, au milieu ou en haut du mat.

Ce petit fanion indique si le trou/drapeau est en avant, au milieu ou en arrière du green.

On en revient toujours à la même chose : Le golf est un jeu d’observation !

Par crainte de jouer trop lentement, beaucoup de débutants se précipitent sur le temps nécessaire pour préparer un coup de golf.

Il faut au contraire apprendre à prendre du temps pour réfléchir aux meilleures décisions possibles dans le but de taper moins de coups, et finalement, gagner du temps…

Souvent, un débutant peut confondre vitesse et précipitation, et finalement, jouer plus longuement, tout en faisant tout trop vite !

Il y aurait beaucoup d’autres choses à écrire pour aider les grands ou grandes débutantes, cette expérience m’a paru intéressante à relater, car, pour prendre du plaisir en jouant mieux, il faut observer et apprendre son environnement.

Ce n’est pas ce qui coule le plus de source au golf.

Il m’a fallu des années de pratiques pour apprendre ce que je sais.

On devrait peut-être réfléchir dans les golfs au fait de créer des rôles de golfeurs qui aident les débutants par des petits conseils sur le jeu, et pendant la partie. Créer des rôles de golfeurs référents.

Le frein du développement du golf, ce n’est pas que l’on manque de débutants. C’est le fait que plus de la moitié des débutants abandonnent jugeant le golf trop difficile…

C’est trop difficile si on ne leur donne pas quelques ficelles pour comprendre plus rapidement ce qu’est un parcours de golf.

Pour en revenir à ma partie, avec des parties devant et derrière nous, nous avons mis 4h10 pour faire 18 trous. Parfois, Marcel a eu la gentillesse de ramasser sa balle quand il n’était plus en mesure de ramener un score.

En l’aidant sur le parcours, je n’aurai pas joué moins vite avec un autre golfeur plus expérimenté.

Jouer avec un débutant n’est pas forcément source de jeu plus lent pour un golfeur justement expérimenté.

PS : A la fin de la partie, je n’ai pas dit à Marcel qui j’étais, et ce que je faisais. J’ai senti qu’il n’était pas encore un golfeur prêt à investir dans des cours de golf, s’abonner à du contenu sur le golf, ni à acheter des clubs adaptés. Il appartient à chaque golfeur ou golfeuse débutant(e ) de se fixer des objectifs personnels et les moyens en rapport.

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Et avant tout...golfnswing@gmail.com 06-11-2019 00:17
Pour améliorer rapidement votre plaisir et votre jeu, faites vous faire le plus rapidement possible des clubs réellement adaptés à votre morphologie, à votre capacité physique et athlétique, et à votre dynamique. Sauf très rares exceptions, les clubs vendus en magasin ne le sont pas. La conséquence en est un apprentissage beaucoup trop difficile et, trop souvent, une frustration croissante menant à l'abandon du golf .
Et, bien sûr, envisagez une série bien adaptée en longueur unique. C'est quand même beaucoup plus facile de jouer 8 clubs identiques que 8 clubs différent, ne croyez-vous pas ? Et si votre pro vous le déconseille demandez-vous simplement s'il ne veut pas juste vous donner plus de leçons...

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