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Index 36 et plus : Ce qu’il faut améliorer en priorité pour mieux jouer !

 

Sur un parcours 18 trous, par-72, vous jouez 108 coups, plus ou moins, vous avez débuté le golf il y a peu, ou n’y consacrez pas encore assez de temps pour jouer régulièrement sous la barre des 100 coups (28)… Ce sujet a été pensé pour vous, et justement, en se mettant à votre place, non pas avec des vidéos de conseils de pros que vous ne comprenez ou n’appliquez pas si facilement, parce qu’en réalité, elles ne s’adressent pas vraiment à vous. Trop souvent, les conseils, pour mieux jouer, s’adressent aux joueurs en recherche de perfectionnement intensif. Ici, il s’agit d’observations faites sur le terrain auprès, et avec, des joueurs qui galèrent sur le parcours, et n’osent pas toujours dire qu’ils n’ont pas complètement pris du plaisir.

Dans cet article, pas de Trackman, pas de chiffres ou de notions complexes, même si le golf est un sport de précision qui appelle la précision dans les commentaires sur ce qu’est vraiment un swing.

Quand on joue plus de 100 sur un parcours de golf, avant de se concentrer sur des notions comme le loft dynamique ou le rapport du chemin à la face, il y a le contact de balle, la faire voler, parcourir une distance, et à peu près dans une direction désirable, mais il y a aussi sortir des bunkers et faire moins de quatre ou cinq putts sur les greens.

En tant que journaliste de golf, je ne me prends pas pour un enseignant de golf, ni n’éprouve aucun sentiment de supériorité par rapport à aucun golfeur, quelque ce soit son niveau. En tant que golfeur amateur, j’ai mes propres défis, et défauts à dépasser.

Cependant, mon métier revient à observer et à rapporter. C’est la base du journalisme.

Être sur le terrain, auprès des golfeurs, les amateurs...

Donc pas professeur, mais rapporteur et peut-être incitateur à la réflexion…

Je vais écrire ci-après ce que j’ai vu, et ce qu’il me semble être révélateur du jeu de golf que nous jouons en commun.

Parce que je suis un anonyme, parce que je peux jouer avec toute le monde, avec vous, je peux vous observer, car vous m’inspirez, vous nourrissez ma créativité, et vous me rappelez le plus souvent de garder les pieds sur terres, et ne pas perdre de vues les vrais réalités du golf, et surtout SA GRANDE difficulté.

Pas plus tard que cette semaine, j’ai eu l’opportunité de jouer une partie de golf avec deux golfeurs autour, et au-dessus de 36 d’index, deux golfeurs seniors de 58 et 66 ans, sur le difficile parcours des Sangliers (Golf Club de Lyon) sous une forte pluie.

Nous avons joué une formule proche du Scramble où chacun joue sa balle sur le tee de départ, et ensuite, nous jouons la meilleure balle, puis nous terminons chacun le trou avec notre balle pour retenir au final le meilleur score de la partie.

Je fais cette précision car cela explique pourquoi j’ai autant observé mes partenaires de jeu. Nous avons en réalité joué en équipe avec un même projet commun.

Grâce à mes deux partenaires, j’ai certainement tapé mes meilleurs drives de l’année sur cette partie, car sans pression du résultat ou libéré, j’ai pris plus de risque pour plus de récompense.

C’est ma première observation à l’attention des golfeurs +36 : Jouez des formules !

Ne vous battez pas toujours et systématiquement contre le PAR.

Personne n’ose vraiment le dire, et le proposer au moment d’arriver sur le 1, mais en jouant en équipe, vous pouvez transformer une partie potentiellement difficile, en une super occasion de passer un bon moment, de jouer collectif, et au passage de vous aider légitimement de vos partenaires : Ligne de putt, alignement au départ d’un tee ou tout simplement moins de pression…

Le jeu en formule ou par équipe est LA solution pour transformer vos parties en moment d’apprentissage, de progrès et de plaisir.

C’est valable quel que soit l’index.

Deuxième observation majeure sur le jeu des golfeurs +36, la première chose qui vous manque le plus souvent est une structure de jeu.

Vous avez pris quelques cours, plus ou moins, vous avez enregistré ce qu’est globalement un swing de golf, plus ou moins, un putt, une sortie de bunker…. Globalement, vous avez tous les codes d’une partie de golf.

Mais, en fait, il vous manque une forme d’organisation ou de colonne vertébrale. Il vous manque souvent un projet directeur.

Par exemple, sur le tee de départ, vous n’avez pas défini un plan de jeu avec un choix de club qui tienne réellement de l’architecture du parcours que vous allez défier.

Souvent, vous craignez de manquer de distance.

Sur 14 départs (hors les par-3), vous allez pratiquement toujours sortir un driver, ce qui revient à dire que vous jouez systématiquement dans la zone de pression 100%.

Le drive est le coup le plus exigeant, le plus pressurant, et celui que l’on répète le moins sur le parcours.

Tenter 14 fairways en régulation sur 14 au drive, c’est en fait extrêmement osé.

Vous vous mettez très/trop souvent dans la zone rouge.

Surtout, vous en manquez, et dans des proportions qui vous mettent dans de plus grandes difficultés : Balles qui ne dépassent pas les rouges, balles topées, balles enroulés complètement à gauche, balles en slices très fort à droite.

J’ai toujours trouvé que la grande injustice du golf était que les coups les plus difficiles étaient pour les débutants.

En réalité, le golf, ce n’est pas plus dur pour les bons joueurs, c’est plus dur pour les golfeurs à index élevé qui enchaînent parfois des coups ou des situations de plus en plus difficiles.

Un drive qui va se mettre derrière un arbre ou dans un rough ou dans un obstacle…Pour un bon joueur, ce ne sont pas des difficultés, mais en fait des péripéties.

Pour un index élevé, c’est souvent un coup impossible qui derrière va entraîner une situation encore pire.

Alors vous manquez de structure dans votre jeu, et de recul par rapport au jeu de golf, sans doute parce qu’on ne vous a pas affranchi de cela… c’est une question pour les pédagogues trop orientés sur la technique, et pas assez sur le score, le comment à la place du combien….

Quand on joue 18 d’index, qu’est-ce que cela signifie ? Que l’on joue tout simplement 18 bogeys.

Un golfeur 18 ne peut pas prétendre viser 18 fois le par.

Il joue le bogey, c’est son véritable objectif, et cela change tout sur la façon d’aborder un parcours.

Si vous ne le jouez plus les par-4 en deux mais en trois coups, cela fait une grosse différence.

Alors si vous êtes 36, quel est votre objectif ?

Cela ne peut pas être le par sur tous les trous.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que vous n’allez pas en faire, un deux, trois ou plus par partie, mais ce n’est pas votre objectif premier.

A 36, vous devez jouer pour double-bogey.

Sur un par-4, vous devez avoir pour « structure de jeu » d’arriver en 4 sur le green pour 2 putts, ou 3 sur le green pour 3 putts.

C’est votre vrai projet, et ça change tout : Votre choix de premier coup, vos choix de clubs sur le fairway, le niveau de pression et la prise de recul sur votre partie.

L’autre chose qui me frappe quand je joue avec un golfeur 36, c’est que souvent, il retient les mauvais coups sans analyser le fait qu’il a eu des coups que je n’aurai pas voulu avoir (une balle pluggée dans une lèvre de bunker, un coup derrière un arbre, une balle plantée dans un rough profond), et au contraire, il ne jubile pas des bons coups.

Sur un par-4 de 380 mètres, mon partenaire tape un drive parfait long et droit pour atteindre 170 mètres, et surtout se placer au centre du fairway.

A la sortie du trou, il part avec un score de 8 et dépité.

Oui, il a gratté son coup de fer, il est parti sur la droite du fairway dans le rough derrière un arbre, a gratté encore une approche, traversé le fairway de l’autre côté, tapé un chip hors de contrôle et mis trois putts alors que le second putt a frôlé le trou…

C’est vrai que sur 8 coups, il y en a 6 de mauvais (je ne compte pas le dernier putt), mais il y en a surtout un qui a été excellent.

Certes, pas assez excellent pour gagner le trou !

A 36 d’index, il faut positiver les bons coups et capitaliser dessus pour l’avenir. Il n’a pas payé cette fois, mais le joueur peut s’appuyer dessus pour se construire un autre élément aussi capital que la technique : La confiance sur le parcours.

Comme au foot, ce n’est pas parce que l’on se crée une occasion, que le ballon va forcément au fond. Au golf, c’est la même chose. Votre premier objectif, ce n’est pas le PAR, c’est de vous donner des occasions de faire le PAR.

A 36 d’index, on manque de maturité technique, mais la double peine, c’est que l’on manque d’images positives avec des coups réussis dans des situations précises sur le parcours.

Alors quand vous tapez un bon drive, un bon fer, un bon putt, même si sur le reste du trou, vous n’êtes pas dans l’objectif, ne focalisez pas sur le négatif, mais sur le positif !

Pourquoi ? Parce que sur le trou suivant, vous ne serez pas dans une spirale d’échec à enchaîner les croix, car vous avez une mauvaise lecture de votre jeu.

Le golf est un « mind game ».

C’est dans la tête ! Plus vite vous l’accepterez, et plus vite, la technique sera reléguée à un moyen au service de votre cerveau, et de votre projet de jeu.

Positivez pour mieux jouer.

Dans le détail, le golfeur 36 et plus manque de structure sur la façon d’aborder un coup de golf.

Vous êtes trop souvent « focus » sur la balle, et oubliez votre environnement.

A trop avoir peur de ne pas toucher et faire voler la balle correctement, sur le tee de départ, vous oubliez tout le reste, tout ce qui compose votre environnement, et 99% de ce qui conditionne réellement la réussite du coup.

Comment la balle est posée au sol ? Avez-vous les pieds à plat ? Vous n’êtes pas assez rigoureux sur l’alignement à la cible.

Deux fois, j’ai dit à mon partenaire/équipier qu’il était aligné direct sur la forêt à droite, et sans qu’il en ai la conscience.

Malheureusement, cela ne l’a pas aidé parce qu’il a soit enroulé sa frappe ou topé. Pourquoi ? Parce que quel que part, involontairement, j’ai perturbé son fonctionnement interne.

Je lui ai amené une information qu’il n’avait pas géré.

C’est l’autre problème : Il n’existe pas de bons conseils sur le terrain.

On est seul avec sa balle, et son environnement : Le lie, la balle en pente, la cible, les obstacles, les repères à viser…

Le point clé ici pour progresser à 36 d’index, c’est de créer une check-liste, non pas de la balle, mais de l’environnement. Plus que de la technique, vous devez développer des réflexes, une structure de réflexes.

Après la question du coup de départ, sur le fairway, la chose la plus pénalisante pour un golfeur d’index élevé est le fait de devoir jouer depuis le rough, et de tout de même vouloir tenter d’avancer vers le green, avec un club fermé, et à nouveau ne pas prendre en compte la véritable difficulté de la situation.

De là, je vois souvent les joueurs enchaîner les coups de 10 à 15 mètres depuis le rough sans jamais le quitter.

Deux, trois, quatre coups avant de retrouver un bout de fairway… c’est beaucoup trop. Dès qu’un joueur amateur se trouve dans le rough, il doit oublier l’obsession du green, et d’avancer, comme si on se sentait obligé de ne pas avoir d’autre choix.

Une fois dans le rough, il faut prendre le coup supplémentaire, et tout faire pour se replacer sur le fairway, pour ensuite reprendre le cours de sa progression, et tant pis, si cela implique un coup de recentrage ou latéral.

Encore un constat vécu, ce profil de joueur confond souvent vitesse et force.

On voit, on ressent que vous serrez le grip très fort dans le but de taper le plus loin possible.

En réalité, ce golfeur crispe tellement ses muscles sur le club qu’il n’y a déjà plus aucune chance de créer un mouvement ample et fluide.

Derrière, c’est un coup fortement gratté dans le sol, et une balle qui part à peine sur 10 mètres.

La distance ne vient pas de la pression mise sur le grip, mais de l’accélération que vous créez.

Pour l’accélération, il faut au contraire du relâchement. Pour être relâché, il faut enlever toutes les images négatives, et les impératifs du type « je dois faire »  ou « je devrais faire ».

J’en arrive aux deux dernières situations sur lesquelles le golfeur 36 et plus perd beaucoup de coups : Les sorties de bunkers, et les putts.

A nouveau, c’est plus un problème de projet de jeu que de technique.

Dans le bunker, vous ne prenez pas en compte la fermeté du sable.

Prenez le temps d’enfoncer vos pieds, et de jauger ce qui se trouve sous vos pieds, mais surtout oubliez qu’il faut taper devant vous.

La plupart du temps, vous prenez un club trop fermé, notamment depuis les bunkers de fairways, encore une fois, vous voulez trop avancer plutôt que de sortir.

Dans un bunker, il ne faut pas taper devant soi mais lever la balle.

Pour cela, il faut un club le plus ouvert possible, et ne pas chercher à taper directement la balle, mais le sable juste avant.

Pour cette simple raison, je vois des amateurs perdre un, deux, trois coups à essayer de sortir du bunker en essayant de faire le même swing que sur le fairway. A nouveau, ce n’est pas vraiment prendre en compte la situation, et l’environnement.

Enfin, sur le green, c’est peut-être l’endroit où le golfeur 36 est le moins structuré dans son approche, pensant peut-être faussement qu’il ne s’agit pas de technique ou alors seulement de feeling.

A 36 d’index et plus, je ne vous vois pas regarder vraiment la ligne, lire les pentes, et mesurer la distance de vos putts. Vous jouez beaucoup avec les poignets mais ce n’est pas le principal problème.

En réalité, vous ne savez pas vraiment ce que vous devez faire, soit parcourir une distance définie et sur une trajectoire.

Vous en avez la vague intention, mais ce n’est souvent pas assez précis. Or, le putting, c’est vraiment un exercice qui ne demande que cela, de la précision.

La précision vient du fait de savoir quelle distance en pas mesuré, vous avez à réaliser entre votre balle et le trou, et de mémoriser l’amplitude dont vous avez besoin pour faire cette distance.

Sur les greens, les trois, quatre ou cinq putts viennent du fait que vous n’avez ni structure, ni vraiment de feeling ou d’analyse du putt.

En conclusion, ici, je n’ai pas évoqué réellement la technique. Ne soyez pas dominé par le fait de vous rendre compte que vous n’avez pas encore une technique pure et parfaite.

Avant tout chose, vous devez dominer votre parcours avec un projet de jeu structuré ou vous savez ce que vous allez faire ou avez l’intention de faire. Le score n’est alors que le résumé ou l’écart entre l’intention et le réalisé.

A 36 d’index, vous pouvez vous fixer des plages de performances comprises entre 32 et 40 coups au-dessus du par.

Définissez à l’avance votre score sur chaque trou, tenant compte de votre expérience passée sur ces trous.

Définissez votre plan de jeu, et ne cherchez pas à faire des coups impossibles ou d’un niveau qui n’est pas encore le vôtre.

C’est cela qui contribue à la frustration.

Ne brûlez pas les étapes, et apprécier chaque progrès, car il y en a.

On ne vient pas au golf pour se détendre.

Là, c’est un leurre, un faux projet.

Le golf demande de la concentration.

Se concentrer 4 heures sur 18 trous, ce n’est pas de la détente…. C’est de la concentration.

Le plaisir vient sur quelques coups bien tapés, et surtout à la fin de sa partie, quand on a joué les 18 trous… Là on peut se détendre.

A contrario, la tension vient du fait d’enchaîner les coups ratés, les croix sur plusieurs trous d’affilés…et tout cela, ce n’est pas une question de technique, mais une question de projet de jeu, de structure du jeu qui n'est pas définie pas ou n’est pas cohérente avec la technique.

En conclusion, ne vous faites pas dominer par le parcours, dominez-le avec vos compétences du moment, et un projet de jeu adapté.

Et là, vous allez rapidement gagner beaucoup de coups surtout en arrêtant d’en gaspiller. Je vous souhaite à tous de très bonnes parties, et au plaisir de jouer avec vous au hasard d’une partie.

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