Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Qu'est-ce que le golf ?

Pourquoi le débat sur la distance et la balle est un faux-débat par rapport à la difficulté de scorer ?

Pourquoi le débat sur la distance est un faux-débat par rapport à la difficulté de scorer ?

Comment gagner 30 mètres au drive ? Comment gagner de la distance ? C’est souvent la principale préoccupation au golf. Récemment, certains golfeurs professionnels, dont Tiger Woods ont émis des critiques sur les balles, justement trop performantes, et trop favorables à la distance. Pour autant, la distance n’est pas nécessairement la plus grosse difficulté à surmonter sur un parcours de golf. C’est même un faux débat pour 99,9% des golfeurs amateurs.

Découvrez nos formules d'abonnements

Les problèmes de distance des professionnels de golf ne sont pas les problèmes du quotidien des amateurs !

Jack Nicklaus a été le premier à critiquer les performances de la balle, mettant à mal le dessin des parcours plus assez longs pour mettre en difficulté les golfeurs professionnels.

Il faut admettre que ce problème ne concerne même pas 0,1% des golfeurs dans le monde, à savoir seulement les professionnels.

Pour tous les autres golfeurs, les amateurs, il est difficile d’imaginer que la balle trop longue soit un problème.

En réalité, le dessin des trous est un problème bien plus ardu à résoudre que le fait d’envoyer un drive à une distance donnée.

Prenons en exemple concret avec un parcours école, comme le compact du golf de Mionnay, près de Lyon.

Un parcours compact ou parcours école ne présente pas généralement des distances faramineuses et pourtant, ce n’est pas pour cette raison que scorer soit nécessairement aisé.

Un parcours école, ce n’est pas nécessairement un parcours plus facile car plus court, c’est aussi un parcours pour apprendre plus vite.

C’est se mettre dans les conditions du véritable enjeu du golf, de ce qui rend addict à ce sport, de ce qui donne la véritable difficulté : La précision.

L’exemple du golf compact de Mionnay

Sur le trou numéro 4, un par-3 de 95 mètres au plus court et de 145 mètres au plus long, la distance est donc plutôt raisonnable.

En tout cas, elle ne peut pas être considérée comme la première problématique à résoudre.

Sur ce premier cliché, pris en hiver, si on n’y prête pas attention, on ne distingue pas encore les vrais enjeux du trou.

C’est un par-3. On a donc 3 coups pour rentrer la balle dans le trou. Pas de tracé biscornu, c’est tout droit jusqu’au green, et le visuel paraît relativement large…

Sauf que ce premier coup d’œil est très/trop parcellaire. Il faut s’intéresser aux détails pour comprendre que ce trou a beau être court…. Il n’a rien de facile, bien au contraire.

La première question qu’il faut se poser quand on arrive sur un trou est « Où sont les difficultés ? » et la seconde question « A quel endroit, est-ce que j’ai une marge de sécurité ? » ou si vous voulez « A quel endroit, je peux éventuellement rater, sans perdre plus d’un coup ? »

Cette question peut vous paraître surprenante, pourtant, c’est exactement la question qu’un cadet professionnel va se poser en arrivant sur un trou, pour conseiller son joueur sur le choix du club et du coup à exécuter.

La prise en compte du risque n’est pas une incitation à rater. C’est simplement un élément de la prise de décision.

Concernant notre petit par-3, c’est là que les choses commencent à devenir intéressantes.

Et d’un petit trou dont on se dit qu’il n’a rien de particulier, vous allez voir que l’on peut rapidement en faire un « monstre » de difficulté, sans parler de la distance.

Bien lire les difficultés sur le parcours

Premier élément à relever, face à vous, et collé au green sur sa gauche, un obstacle d’eau, un très grand étang.

Le fait qu’il y ait un plan d’eau n’est pas en soi la difficulté.

C’est la proximité au green qui l’est. Il y a à peine un mètre entre le bord gauche du green et les roseaux qui matérialisent l’entrée de l’étang.

En résumé, toute approche vers le green doit absolument éviter la gauche, et donc tous les effets en hook ou en draw sont à bannir. Or, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Sur le tee de départ, à 95 et encore plus à 145 mètres, un écart de l’angle de lancement de seulement 1 ou 2 degrés à gauche peut signifier balle dans l’eau.

La distance n’est pas le problème. Le problème, c’est la direction du lancement…

Une balle trop courte du green n’ira pas dans l’eau.

Cet étang est d’une dimension assez conséquente (Environ 60 mètres de longueur pour 30 mètres de largeur)

Ce n’est pas fini. Il y a d’autres difficultés sur ce trou que l’on pourrait faussement croire anodin.

On se dit alors qu’il vaut mieux rater à droite… Or, sur ce trou, à droite, vous avez des buttes, et deux bunkers !

A nouveau, les obstacles sont collés au green. Ils sont relativement prononcés en termes de profondeur. Sur les photos, on peut voir que les « lèvres » des bunkers ne laisseront pas sortir des balles mal contactées ou topées.

Pour rappel, si vous êtes dans un de ces bunkers, face à vous, vous aurez le drapeau, mais aussi dans le fond, le plan d’eau !

A gauche, à droite, des obstacles, mais surtout des obstacles plantés à pratiquement un mètre du bord du green de chaque côté.

En réalité, le problème numéro un, qu’il soit à gauche ou à droite, c’est la largeur du green à son entrée sans obstacles !

Elle n’excède pas 4 mètres ! C’est cela la principale difficulté de ce trou.

La précision du coup doit pratiquement être chirurgicale, pour éviter les pièges nombreux, et au maximum de l’échelle de difficulté que l’on peut trouver sur un golf.

Si la largeur du green avait été par exemple de 8 mètres, la difficulté aurait été deux fois moins importante, et cette entrée de green n’aurait pas été encore considérée comme « donnée ».

Il faut savoir que pour un golfeur professionnel, à 100 mètres, l’écartement maximum recherché est de 4 mètres !

Sur ce trou, on vous demande pratiquement cette même exigence.

Et ce n’est pas fini… car s’agissant des bunkers, il en y a encore deux au fond. Soit un total de 4 bunkers tout autour du green, en plus de l’obstacle d’eau.

Rater à droite n’est donc pas vraiment une option, même si entre l’étang et les bunkers, il faut choisir les bunkers pour économiser un coup de pénalité.

Alors on peut se dire que la meilleure solution consiste à rater devant ou derrière.

Devant, c’est un peu dommage car les difficultés subsistent sur le coup suivant.

Derrière, vous avez justement les deux bunkers au fond.

Bref, vous l’aurez compris, sur ce trou, mieux vaut ne pas rater, et donc taper un coup de fer droit, à la bonne distance. En résumé, il faut taper un coup de fer parfait.

Venons-en au green, et la position du drapeau puisqu’il faut chercher le maximum de précision.

Le drapeau est situé au centre, et en avant.

Pour l’avoir mesuré, il est concrètement à 3 mètres du bord gauche, et 5 mètres du bord droit.

Surtout, il n’est qu’à 3 mètres de l’entrée, et à 8 mètres de la sortie.

La bonne position pour « rater » est à droite et un peu long pour optimiser « l’espace » sur le green.

Sur ce trou « école », vous avez un concentré de toutes les difficultés que l’on peut retrouver sur un parcours.

L’enjeu numéro un, c’est la précision

A 95 ou même 145 mètres, la difficulté n’est pas le problème, car il « suffit » d’ajuster le choix du club à la longueur du coup à réaliser.

On se fiche de savoir si pour la distance, vous avez besoin d’un fer 6, d’un fer 7, ou d’un fer 8.

Enfin, on s’en fiche pour la distance, mais moins pour le degré de précision, lié à la roule, au spin, et à l’angle d’atterrissage de la balle.

Il y a encore une difficulté qui n’a pas été relevée : La pente !

Le green n’est pas plat. Il est même en forme de cuvette avec une pente plus prononcée à droite.

En plus d’être une « cuvette », il y a un double plateau devant-derrière.

Bref, si un directeur de golf s’inquiète que le parcours soit trop court, que les golfeurs tapent « de plus en plus loin » à cause de la balle, et puissent scorer toujours plus bas, pour durcir les conditions, la solution est toute trouvée !

Rétrécir la taille des greens, augmenter le nombre d’obstacles, ajouter des pentes sur les greens, et le tour sera joué !

Dans le cas présent, si en plus, ce par-3 était à 200 mètres et dans un couloir de vent, oui, ce serait un monstre.

Sans aller jusque-là, les difficultés sont déjà bien suffisantes pour des golfeurs amateurs qui ne jouent pas au golf toute la journée.

Affirmer que la balle est trop performante, c’est tout de même oublier pour ne pas dire mépriser 99,9% des golfeurs.

Le problème numéro un posé sur un golf n’est pas la distance en tant que telle, mais bien la précision. C’est là que va se faire la différence entre un très bon joueur et un autre joueur.

Cet exemple pour illustrer que les marques sont aussi sur un mauvais débat quand elles parlent de distance avec leurs clubs.

La distance est une mauvaise obsession. Le cas présent, ce n’est pas de gagner 5 ou 10 mètres sur un coup de fer qui va résoudre le problème posé devant nous.

Le véritable bon débat, c’est comment réduire la dispersion, en réduisant les écarts de directions de swings, ou les « fautes » liées au chemin du club qui n’est pas ramené dans l’axe, ou encore la face qui est trop rarement square.

Si on prend l’exemple d’un golfeur amateur senior qui ne tape pas forcément très long, à savoir, pour atteindre une distance de 95 mètres, il a besoin d’un fer 6.

Face à ce trou, vous avez ci-dessous, ce qu’il pourrait produire sur 12 balles tapées en direction du green, et à une moyenne de 94,3 mètres.

Sur 12 balles, 3 seraient dans l’eau à gauche, 2 avant l’obstacle d’eau à gauche, 4 au bord du green à gauche près des roseaux, 2 seraient sur le green entre le drapeau et le bunker à droite, et 1 serait derrière le drapeau à droite.

En résumé, 3 balles sur 12 pourraient donner une chance de birdie en cas d’un seul putt.

Deuxième exemple avec un golfeur un peu plus régulier, placé à 145 mètres, qui utiliserait alors un fer-7 (une lame). Sa distance moyenne a été de 133 mètres.

Une balle serait dans le bunker à droite, une balle serait à l’entrée du green, 9 balles seraient derrière le drapeau sur le green, et une balle serait au fond du green.

Entre ces deux exemples, la solution au problème posé, c’est le chemin de club plus proche de 0 degré pour réduire la dispersion.

Pour rendre les parcours du PGA Tour plus difficiles, les golfs peuvent ajouter des bunkers, rétrécir les greens, et ajouter des pentes sur les greens, plutôt que de parler de distance.

Pour les golfeurs amateurs, à défaut de demander l’inverse aux directeurs de golf, plutôt que de chercher à gagner de la distance, mieux vaut travailler sur le fait de générer un chemin de club plus neutre pour réduire les opportunités de dispersions.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.