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Labo Golf : Faut-il utiliser le bois 3 pour un chip en bord de green ?

Labo Golf : Faut-il utiliser le bois 3 pour un chip en bord de green ?

Vous avez sans doute déjà vu ce conseil technique insolite dans différentes revues sur le golf. En bord de green, sur un pré-rough, pourquoi ne pas sortir le bois 3 pour essayer de se rapprocher du trou, en particulier pour les golfeurs en difficulté au chipping. Cela tombe bien, je suis justement un de ses golfeurs amateurs qui perd des coups autour des greens. Je me suis mis dans la peau de celui qui reçoit le conseil pour voir si c’est efficient !

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Essai d'une technique originale pour chipper

Expérience sans prétention, je ne prétends pas être coach de golf. Simplement, je veux me mettre dans la peau de l’amateur qui lit ou reçoit un conseil technique, et essaie de l’appliquer avec plus ou moins de bonheur.

Le jeu autour du green n’a jamais été mon grand point fort. Je crains qu’avec les années, s’est installé dans mon esprit, une sorte de doute qui vire parfois à la crispation.

Pourtant, comme l’explique souvent Rory McIlroy, le secret du jeu d’approche réside dans le fait d’être particulièrement relâché.

Une fois arrivé sur la balle après avoir manqué le green, je perds sans doute un peu mes moyens.

Techniquement, si vous me demandez au putting green d’exécuter différents chips avec différents clubs, je finirai pourtant par m’en sortir très correctement.

Le souci est certainement un mélange d'appréhension et de technique.

Ce qui me rassure au bout d’une petite vingtaine d’années de golf, et quelques années comme rédacteurs, c’est que je n’ai bien entendu pas percé tous les mystères du jeu de golf, ce qui continue à alimenter ma passion d’apprendre et d’écrire.

Ce ne serait pas amusant si j’étais déjà 0 d’index…

Bref, attaquons-nous à la question du chip en bord de green.

Certains pros anglo-saxons ou parfois français n’hésitent pas parfois à recommander à des golfeurs amateurs tels que moi, de sortir le bois de parcours ou l’hybride dans des situations délicates autour du green.

L’idée est séduisante, surtout quand vous êtes légèrement anti-conformiste. Pourquoi sortir un pitch ou un sandwedge, quand on peut faire autrement ?

Le golf est un sport qui laisse une place incroyable à la créativité ! Il faut en profiter.

Quel pourrait-être l’intérêt d’un bois ou d’un hybride pour chipper ?

Selon Scott Munroe, enseignant PGA américain, chipper avec un bois 3 présente un premier gros bénéfice : c’est simple !

Le golf est un sport qui laisse de la place à la créativité, mais bon sang, que c’est difficile de scorer sur 18 trous sans jamais commettre d’erreurs de concentrations, de yips ou de crispations.

La simplicité dans ce sport si difficile n’est donc pas du luxe.

L’idée de Scott Munroe consiste à sortir le bois 3 depuis un petit rough en bord de green où justement vous avez besoin d’un coup qui produise suffisamment de loft pour lever la balle dans un premier temps, afin qu’ensuite, elle parcoure son chemin jusqu’au green en roulant.

Munroe précise qu’effectivement un lobwedge pourrait être parfait dans cette situation, mais cela suppose un coup plein d’habileté, notamment pour éviter la faute !

C’est-à-dire ce coup où la balle reste dans le rough en raison d’un mauvais dosage, d’un mauvais contact ou pire une balle qui part comme un trait, car vous l’avez touché avec le leading edge du club ou pire la semelle.

Jusque-là cet argument me parle bien. Je connais ce genre de cas de figure.

Selon Munroe, n’importe quel club de loft 11 à 15 degrés peut offrir un angle de lancement suffisamment élevé pour sortir en toute sécurité.

Comme le manche du club est beaucoup plus long que celui d’un wedge, une simple action des poignets suffit pour générer assez de vitesse, et faire sortir la balle.

Il poursuit son explication en vous incitant à vous organiser un peu comme avec un club classique pour chipper, sauf qu’il faut adresser la balle largement à l’extérieur du pied droit pour favoriser un contact balle-terre plus rapide.

Il vous incite à joindre les deux pieds, et à placer vos mains en face de la fermeture éclair de votre pantalon.

Sa technique consiste ensuite à lever le club par une simple action des poignets.

Presque comme un mouvement de balancier, les poignets font tout le travail.

Très bien, mais le conseil de Munroe s’arrête là, et il ne démontre ou ne prouve pas plus l’efficacité de son idée, qui pourrait d’ailleurs être celle de beaucoup d’autres enseignants.

Tout cela est très bien… mais est-ce que ça marche vraiment ?

C’est là où je prends le relais.

Cet article aurait pu s’appeler « Critique technique » ou « Test de technique » plutôt que « Labo Golf », une chronique que vous commencez à connaître.

Je me suis donc rendu sur un golf pour essayer cette technique autour d’un putting-green. J’ai choisi un trou à 20 mètres de ma position dans un pré-rough.

En appliquant la règle des 10%, j’ai installé des sticks à deux mètres autour du trou pour signifier la zone de performance.

En clair, chaque balle qui se situera dans un périmètre de 2 mètres devant, derrière, à droite, ou à gauche de ce trou sera considéré comme ayant atteint l’objectif minimum.

Notez que je ne parle pas de rentrer la balle directe dans le trou comme étalon de performance. C’est un objectif plutôt raisonnable que de la mettre à 2 mètres maximum.

La technique présentée par Scott Munroe est effectivement assez simple. C’est son principal intérêt.

J’ai donc pris huit balles de marque identique pour viser cette zone.

Premier point notable, effectivement, sur les huit balles, je les ai toutes sorties et amenées sur le green.

En revanche, et c’est ce que je reproche gentiment à ce type de conseils à priori bienveillant, il n’y a aucune argumentation du type avantage/inconvénient.

Pourtant, il y a bien un énorme inconvénient au fait de sortir un bois 3 pour chipper autour du green.

Même en abaissant les mains sur le grip pour réduire l’amplitude de mon geste que j’ai de toute façon limité à un élan d’une vingtaine de centimètres, je n’ai jamais réussi à contrôler distance et trajectoire !

C’est quand même un peu gênant alors que le chipping est justement un exercice de précision.

Je dis bien… jamais réussi à contrôler la distance.

Vous me direz qu’il faut peut-être s’exercer pendant des heures. Dans ce cas, ce n’est plus une solution simple…

La balle part effectivement très vite de la face, et en moyenne, avec une pente devant moi, j’ai eu du mal à parcourir moins de 25/30 mètres sur le green. Par rapport à ma cible à 20 mètres, j’ai donc systématiquement dépassé de 5 à 10 mètres. On est loin de la zone de performance.

Munroe aurait peut-être pu préciser ce détail dans son article.

J’ai donc essayé à plusieurs reprises, et tenté de raccourcir au maximum l’élan pour me limiter à une action des poignets. Franchement, je n’ai pas réussi à opérer un véritable contrôle sur la distance.

Mais que dire de la dispersion ! Pire, comme vous n’avez aucun contrôle sur la longueur du coup, un degré d’écart de la face par rapport à la cible, et c’est plusieurs mètres d’écarts à l’arrivée.

En fait, ce coup plutôt typé débutant demande une grande expérience, et beaucoup de capacité à contrôler la tête de club dans la zone d’impact pour être efficient.

Sans faire de suspens, je n’ai de toute façon mis aucune balle dans la zone de performance.

J’ai refait le même test en prenant un hybride pour le même résultat.

Par contre, je note un bénéfice évident ! Aucune balle grattée ! Et pour cause, la semelle de l’hybride ou du bois ne génère pas un angle d’attaque prononcé… Vous ne risquez pas de prendre la terre avant la balle.

Par la suite, je me suis amusé à refaire le test avec un chipper, un sandwedge 52 degrés, un 60 degrés, et un pitch.

Pour chaque club, j’ai adapté mon geste pour justement contrôler la distance.

A chaque fois sur les huit balles, j’ai retrouvé du contrôle de distance et de dispersion. En revanche, j’ai au moins gratté une à deux balles sur les huit.

Il y a donc un mix à faire au niveau du « golf pourcentage ».

Pour progresser au golf, il faut souvent améliorer les mauvaises balles plus que de chercher à perfectionner les meilleures. Je sais ce qu’il me reste à faire.

Bilan de l'expérience

En conclusion, l’idée de sortir du pré-rough en bord de green avec un bois est certes séduisante, mais jusqu’à ce que vous fassiez vous-même le test, considérez que cela présente un avantage (vous sortez la balle) et au moins un inconvénient (vous ne contrôlez pas réellement la trajectoire de la balle).

Pas de gratte, mais pas un coup à conseiller à une courte distance par rapport au drapeau !

Remarque en passant… J’ai pris le temps d’observer les golfeurs amateurs qui étaient autour de moi et s’entraînaient comme moi aux approches.

Dans 100% des cas, ils se sont entraînés avec un seul club, ne faisant varier que les distances de leurs approches.

Morale de l’histoire, même si le bois 3 n’est pas très convaincant… s’entraîner aux approches avec différents clubs à différentes distances, par rapport à différentes inclinaisons des pieds ou du green est la meilleure méthode pour développer de la créativité ou plutôt de l’adaptabilité une fois sur le parcours.

Le conseil de Scott Munroe n’est donc pas à prendre au pied de la lettre… mais il nous incite à faire quelque chose de très utile : Sortir de la croyance qu’il n’y a qu’une seule façon de faire les choses autour d’un green.

Croyance qui nous pénalise quand on arrive sur une situation totalement inédite sur le parcours…

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